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Poésie

Posts Tagged ‘acier’

La vie descend (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018




    
La vie descend

Fraicheur dans l’étendue où sont les sources noires
Peu à peu on pénètre une infidélité

La vie descend
On peut marcher
Des mains saluent l’apparence du soir

Le chemin s’ouvre aux verdures rêvées
Des vieillesses d’oiseaux s’élancent
En sommeillant

Tout tarde, aux pentes réelles
Et vois tout se maintient dans le temps constellé

Là-bas, là-bas sont les jardins de feuilles
Les pierres sous l’eau mûre, là-bas sont les oiseaux
Et d’autres meurent de faim auprès des mains fertiles

La vie descend, on peut marcher
Le pas éclaire
L’immense peur d’être soi dans le temps

Des portails d’acier sont nos deux mains d’amande

Et vois comme il fallait tout l’amour des forêts
Pour adopter les yeux de l’invisible.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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L’alluvion (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018




    
L’alluvion

Au fer de ta métamorphose
Au pont d’acier de tes deux fleuves
Je t’ai nommée
La souveraine vive

Et je t’avais conviée
Parmi les nids
(L’oiseau de proie descend, calme et livide)
Parmi les nids et les gravats
Et les combes herbeuses

D’où venait que j’aimais l’ordre improbable de ton sang
Ta voix d’ivresse entre les feuilles
Et les feuillages de ton nom

J’ai aimé
J’ai vécu
Dans la circulation rêvée de ton passage
Et j’aimais que tes mains se répandent

Dans l’alluvion où l’autre preuve est la rosée.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Franchissement (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Illustration: Emil Nolde
    
Franchissement

Nous sommes revenus, tardifs
Inventés
Nous semblait que respiraient mieux les astres
Inquiets, jusqu’à l’acier des verdures
Le ciel
S’épaississait ce soir à notre épaule

Passage de neige, âge des chemins courts
Nous sommes revenus, tardifs
Hâtant l’ombrage
La nuit s’était levée sur les quais de sel

Dans le vert immobile des sèves
Des pensées
Au fond des grilles
Où nous passions légers comme des ailes.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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VIEUX PAYS (Jean-Luc Pouliquen)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2018



 

VIEUX PAYS

Vieux pays
Découpé dans le ciel
Je ne veux pas
Qu’une avalanche de béton
Enferme ta mémoire

Je veux garder vivaces
les chemins de l’enfance
le jardin de l’été
à l’heure du silence (…)
J’entends tes cris
Quand leurs mâchoires d’acier
répètent les outrages

Vieux pays
exilé de toi-même
tu as pris le maquis
regagné les sommets
tu ne veux plus sourire
au premier gars venu

Il faut pour t’approcher
bruire comme une fontaine
et plonger ses deux mains
dans un buisson de thym.

(Jean-Luc Pouliquen)

 

 

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Front commun! (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Front commun!

1
Front commun! (bis)
Nous triompherons demain
Courage! (bis)

2
Front commun! (bis)
Aujourd’hui et pas demain
Bataille! (bis)

3
Front commun! (bis)
Nous nous tenons tous la main
Victoire! (bis)

4
Front commun! (bis)
Ouvrier fais ton chemin
Vengeance! (bis)

5
Front commun! (bis)
Paysan Bonn’ nous la main
En frère! (bis)

6
Front commun! (bis)
Les soldats sont nos copains
Nos frères! (bis)

***

Front commun

1
Si le pain est cher pour l’ouvrier
Si le travail est dur dans les champs
Camarade as-tu pas oublié
Pour qui le blé rapporte l’argent?
Tant de soucis et tant de peines
Et puis la famine en plaine
Pourquoi vivre, amis, si tristement
Quand nous pouvons cesser nos tourments
Et supprimer nos misères
Aujourd’hui! Pas demain! Aujourd’hui

Refrain
Pour combattre avec nos frères,
Aujourd’hui! Pas demain!
Aujourd’hui!
Contre l’exploiteur, Front Commun!

2
À chacun sa part et son labeur
Et à chacun aussi son repos
La machine enfin aux travailleurs
N’imposera plus de lourds fardeaux
Que moins longue soit la semaine,
Plus de travail à la chaîne,
Les barons de l’or et de l’acier
Seront forcés, amis, de plier
Dressons l’ordre populaire
Aujourd’hui! Pas demain! Aujourd’hui!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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SONNET (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



 

Illustration: Jean-Jacques Henner
    
SONNET

J’ai peur de la femme qui dort
Sur le canapé, sous la lampe.
On dirait un serpent qui mord,
Un serpent bien luisant qui rampe.

Je ne suis pas un homme fort,
Mais ce soir le sang bat ma tempe.
L’amour va bien avec la mort;
Mon poignard, essayons ta trempe.

Arrêtons son rêve menteur.
Nulle langueur, nulle senteur,
Acier, n’empêchera ton oeuvre.

Ô lâcheté! le lendemain
J’aspirais l’odeur de jasmin
De ma triomphante couleuvre!

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le héros (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018



Illustration: Johann Heinrich Füssli
    
Le héros

Avec les yeux bien ouverts,
le coeur entre les mains
et les poches pleines de colombes,
il regarde le fond du temps.

Il voit son propre désir, hautes lumières,
guirlandes, flèches vertes, tours
d’où tombent les chevelures
et surgissent les splendides batailles.

Il court, la ferveur le heurte,
elle est sa torche et son propre palefroi,
il cherche l’entrée de la ville,
brandit le futur, clame comme les vents.

Tout est là, la rue ouverte
et à distance le miroitement,
l’inexplicable proximité de ce qu’il n’atteint pas
et croit atteindre, et il court.

Un trébuchement n’est pas nécessaire ni une estocade
les corps tombent de leur propre poids,
les yeux reconnaissent un moment
la vérité de l’ombre.

Il se dresse encore,
encore le faucon d’acier bat dans son poing.
Parmi les pierres rebondit la question implorante
de l’homme enfin seul à l’arrivée.

Ensuite c’est la titubation,
le soupçon que la fin n’est pas le commencement ;
et au bout de la rue
qui paraissait si belle
il n’y a plus qu’un arbre sec
et un éventail cassé.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Une course blanche (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017




Illustration: Takahiro Hara
    
Une course blanche,
de l’or mêlé,
deux sangs déserts,
un cilice de baisers.

Quatre mains pour jouer,
de l’acier pour mourir,
un feu très clair,
et des veilleuses sans compter.

L’haleine de l’enfer
à la gorge des vents,
le souvenir d’un ciel
où les astres explosent.

Un manteau de tonnerre
où la foudre est humide,
un ruisseau d’herbes sèches
où sommeillent des pierres.

Le plus doux des néants
sous la souffrance intime,
les deux âges complices
endormis de ciguë.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Automne (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2017




    
Automne

Il y eut donc le printemps et son fleuve de fleurs
— Avec ses mains de feuilles fermées sur l’ombre en fruit
oh ! cet automne, là, qui dure sur nos vies
et ferme l’horizon du long cri de son sang. —

Il y eut donc l’été lourd comme l’angélus de midi
où nos mains en prison glissaient le long des livres
— oh ! Nos corps roués d’ombre, roués d’eau, de soleil —
où le sommeil
veillait sur l’ivresse des mouches et des pensées.

C’est l’automne, va, c’est l’automne, paix des forêts,
tu n’as pas reconnu la grive immortelle et gavée
grise, grise, que ne fleurira plus son sang dernier
car il y a chasse aux hommes cette année.

Les vieux fusils sommeillent près des vieilles poupées
le plomb de nos soldats d’enfants coule en sang sur la terre
les abeilles d’acier essaiment vers nos coeurs
nouvelles fleurs d’où coulera le miel chaud de la mort.

De mes songes tristes a surgi ton visage, ma mort,
soudain le nuage de ton visage pâle de vie.
Plaisir, désir, ton sourire
éclairait de neige l’au-delà
et je comptais mes pas sous ta lumière
dévalant vers l’hiver.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Jeunes mortes (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




Illustration: Lionel Valot
    
Jeunes mortes

Par-delà la tiédeur enivrante des choses
il y a le doux froid, vois la ville des girouettes
les lits caressés de jeunesse fleurante dorment dans l’aube,
l’acier de l’innocence perce les coeurs adolescents
le pic-vert d’amour veille les nénuphars et tremble
les chevelures étranges montent des puits lourdes de songe,

Dans l’aube sonne et dans le sang le premier son des cloches
dans l’aube et dans le sang des cloches de vos gorges
soeurs mes sources solitaires prisonnières de toiles
l’ombre du rossignol pleure sur vos quinze ans
mortes givreuses mortes de satin blanc
mais la pierre est moins rude que l’étreinte de l’homme.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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