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Poésie

Posts Tagged ‘acquérir’

Jamais je ne serai maître (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018



Anise Koltz
    
Jamais
je ne serai maître

Je resterai ouvrier

J’écris comme un esclave
pour acquérir ma liberté

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les feuilles tournoyaient dans l’absente forêt (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018



Schubert sur l’eau, Mozart avec l’oiseau s’égosillant,
Et Goethe sifflant sur le sinueux sentier,
Hamlet, ses pas craintifs tenant lieu de pensée,
Avaient pris le pouls de la foule, à la foule s’étaient confiés —
Qui sait — avant les lèvres le murmure a pris naissance,
Les feuilles tournoyaient dans l’absente forêt,
Et ceux à qui nous dédions l’expérience
Avant l’expérience avaient acquis leurs traits.

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Isabelle Aubry

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DONNE-MOI, DONNE-MOI UN BAISER (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
DONNE-MOI, DONNE-MOI UN BAISER

C’est le dernier ! Baise-moi, je t’en prie.
Dans tes bras blancs, étreins-moi, serre-moi.
Donne un baiser ! Donne, je t’en supplie.
Car ton amour est le prix de ma vie.
Et dès demain, je ne serai plus là.

Je suis parti. Je suis parti sans elle.
Plus de baisers. Elle n’est nulle part.
Je sens, hélas, qu’elle m’est infidèle.
Pour qui sont-ils, les baisers de ma belle ?
Qui les acquiert, par des fleurs, un regard?

La nuit, le jour, je vis dans la souffrance.
Qui flattez-vous, baisers voluptueux
Qu’offre à présent la femme à qui je pense
Et qui, par là, bafoue mon espérance ?
Je suis loin d’elle et combien malheureux!

Voici venu le bonheur sans mélange !
Je peux rentrer ! d’un seul bond ! d’un seul saut !
Je hais le train et sa lenteur étrange.
Ô juste ciel, reverrai-je mon ange?
Pourquoi, Soleil, déclines-tu si tôt?

Merci, mon Dieu, j’entre dans ma demeure.
Aucun bruit. Rien. Mon сoeuг cogne et me dit,
Près d’éclater : «T’attend-elle à cette heure? »
L’horloge dort. Suis-je seul? Est-ce un leurre ?
Une poussière en mon oeil s’introduit.

J’ai sur la bouche une main qui se gèle.
Des pleurs secouent tout mon corps éperdu.
Je la croyais déloyale, infidèle.
Mais elle aimait… et mon coeur se morcelle.
Le sien est mort d’avoir trop attendu.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Soir transparent (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

Illustration: Francis Picabia
    
Soir transparent

J’ai cru les fleurs réelles
Posant les yeux dans les mains d’herbe
Ô ma patience

Je ne sais plus franchir le fer de la distance

Loin des maisons de verre
Je n’entends plus les fleurs
Qui dorment à côté de leur songe
Avec les mêmes yeux qui cessent infiniment

Je ne sais même plus si cette nuit s’acquiert

Mais j’ai reflet
Dans un millier de larmes

Mais je marche avec l’âge silencieux d’un amour.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Ô dé du hasard (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2017



Ô dé du hasard
Pourquoi me conseilles-tu de m’asseoir
sur le siège de la nécessité?

Emporte-moi dans tes bras chaos
J’ai décidé de changer mon quotidien
d’acquérir le savoir sur le nombril du monde

(Adonis)

 

 

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Si le garçon languit en son désir (Alfred Edward Housman)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



 

Charles Edward Perugini  d8086_b [1280x768]

Si le garçon languit en son désir,
Muet, privé d’élan et pâle,
Comme gisant aux portes de la mort,
C’est vous, jeune fille, qui pouvez le guérir.

Les maux des amoureux sont tous à acheter :
L’air exténué, la voix assourdie,
La tête basse, les yeux caves,
Vous pouvez tout acquérir.

Achetez-les, achetez-les : matin et soir
Les maux des amoureux sont tous à vendre.
Alors c’est vous qui serez sans force ni courage ;
Mais lui, l’amoureux, ira mieux.

***

When the lad for longing sighs,
Mute and dull of cheer and pale,
If at death’s own door he lies,
Maiden, you can heal his ail.

Lovers’ ills are all to buy:
The wan look, the hollow tone,
The hung head, the sunken eye,
You can have them for your own.

Buy them, buy them: eve and morn
Lovers’ ills are all to sell.
Then you can lie down folorn;
But the lover will be well.

(Alfred Edward Housman)

Illustration: Charles Edward Perugini

 

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Celui qui connaît les hommes acquiert la sagesse (Lao Tseu)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



Celui qui connaît les hommes
acquiert la sagesse.
Celui qui se connaît lui-même
possède la lumière.

Celui qui conduit les hommes est fort.
Mais celui qui se maîtrise lui-même
détient la vraie puissance.
Celui qui se contente de ce qu’il a est le vrai riche.

Être sans désir, c’est posséder le monde.
C’est suivre la voie.
Si celui qui persévère fait preuve de volonté,
celui qui demeure dans l’ordre des choses est le Sage absolu.

Celui qui meurt mais reste dans le souvenir des hommes
a touché à l’éternité.

(Lao Tseu)

Illustration: Jules-Bastien Lepage

 

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Les femmes (Pascal Quignard)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2016



Les femmes ne sont pas vraiment sensibles
à la beauté invraisemblable de leur sexe.

Les femmes ne séduisent pas non plus les hommes
pour mettre la main sur leur pouvoir, ni pour l’exercer en sous-main,
ni pour les domestiquer, ni pour prendre leur argent,
ni pour acquérir ce qu’elles convoitent.

Les femmes ne veulent même pas des enfants des hommes qu’elles étreignent
afin de les reproduire, ni pour se reproduire elles-mêmes,
ni dans le dessein d’assouvir leurs vengeances en lançant leurs petites à la conquête du monde.

Les femmes n’attendent même pas des hommes des maisons
où s’ennuyer auprès d’eux et d’y vieillir.

Les femmes ont besoin des hommes
afin qu’ils les consolent de quelque chose d’inexplicable.

(Pascal Quignard)

Illustration: Salvador Dali

 

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Apparemment, tu ne fais pas de gestes (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2015



Apparemment,
Tu ne fais pas de gestes.

Tu es assis là sans bouger,
Tu regardes n’importe quoi,

Mais en toi
Il y a des mouvements qui tendent

Dans une espèce de sphère
A saisir, à pénétrer,

À donner corps
À je ne sais quels flottements

Qui peu à peu deviennent des mots,
Des bouts de phrase,

Un rythme s’y met
Et tu acquiers un bien.

(Eugène Guillevic)

Illustration: Gennadiy Ulybin

 

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Tout ce qu’elle aurait à acquérir (Sainte Thérèse de Lisieux)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2015



A la question de sa soeur Céline,
fraîchement entrer au couvent,
se plaignant de tout ce qu’elle aurait à acquérir
pour devenir une bonne religieuse,
Thérèse répond magnifiquement:
« Ne dis pas « à acquérir »
mais plutôt « à perdre »  »

(Sainte Thérèse de Lisieux)

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