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Poésie

Posts Tagged ‘acquiescement’

Communiquons (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018




    
Communiquons, par la lumière, avec le fugace.
Organisons la fugacité.
Recherchons l’acquiescement qui nous lie
à la béance du Beau primitif.

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE BLEU (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Illustration: Sudarshan Pattnaik
    
LE BLEU

Lorsqu’on renverse la tête sur le sable,
Soudain les yeux s’entrouvrent : c’est le bleu
Du ciel immense, l’espace transparent du ciel, pays
De la lumière vive au-dessus de la joie.
Dense, impavide, absolu bleu.

Nous oublions les tristesses d’un coeur et la distance.
Le bleu traverse l’air impalpable, visite la branche fine qui salue.
Se laisse étreindre par les yeux qui le pénètrent.
Dans ce vitrail, la fanfare du jour
Infuse un doux acquiescement de la lumière.

Même un nuage infime et haut fait concevoir
Au pli de la tenture une aiguille suivie
D’un fil qui s’effiloche. Une invisible main
Tente de coudre à l’aube le crépuscule.
Le soleil emporté par son poids déchire la mandorle
Où le temps le suspend. Le bleu pâlit à l’horizon.
La mer répand sur ses genoux qui tremblent
Le drap où flambent ses ciseaux, berçant nos coeurs
Qui se désolent, qui s’enchantent,
D’être mortels encore sous l’éphémère azur.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je pars toujours d’une image (André Hardellet)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2015



 

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Je pars toujours d’une image. N’importe laquelle, aussi humble qu’elle soit ;
en ce domaine, ce n’est pas la beauté qui compte, mais un accord dont la cause reste obscure ;
c’est d’ailleurs cet acquiescement irréfléchi qui m’avertit avant tout autre signe.

En marchant, je laisse le hasard me poser la main sur l’épaule ; tout à coup, ça fait tilt, je brûle.
Un arbre, un balcon, un angle de rue, à côté desquels j’allais passer indifférent,
se détachent, subissent une étrange mise au point.

Une exquise agression me laisse pantois ;
ce qui fond sur moi, d’abord, est le sentiment d’une lointaine ressemblance
tentant de se faire jour à travers une épaisse couche d’oubli.

Très vite, de la similitude à peine entrevue et de la copie floue surgit l’original jusqu’alors seulement deviné.
Aussitôt je déborde les limites de mon moi, je deviens — ou plutôt je redeviens —
celui qui avait contemplé, en son temps, l’image primitive ; mon présent cède la place au sien..

(André Hardellet)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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