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Poésie

Posts Tagged ‘actif’

L’esprit (George Eliot)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019


 


 

Ettore Aldo Del Vigo 6161

L’esprit est aussi actif que le phosphore.

(George Eliot)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Parler (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



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Parler —

Art de laisser filer la sonde dans la profondeur
que ne peut soupçonner l’homme de surface, l’homme actif, psychique.
Car nous, riverains ou nageurs,
toujours nous péririons dans l’ignorance de l’altitude sous nous,
sans la parole qui opère à tout instant le sondage pour nous,
et qui ainsi est notre profondeur,

Ecrire, c’est écrire malgré tout.
Comme une barque assemblée contre l’Océan sans mesure
— et la barque tire sa forme de l’Enorme qu’elle affronte en craignant la défaite,
et différents sont les esquifs autant que les ports d’un pôle à l’autre —
ainsi le style est ajointement malgré tout, manière de se jeter à cœur perdu mesure de l’immense;
et chacun reçoit figure de l’aspect que montre l’Elément où de son côté il se trouve jeté,
de la terreur déterminée que lui inspire l’indéterminé.

Faire front dans le tumulte pour m’y tenir à flot, quelque temps, sur l’inconnaissable.
—La phrase, ligne de flottaison.

(Michel Deguy)

Illustration: Hokusai

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Pour ma part, j’ai traversé trois grandes étapes (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Pour ma part, j’ai traversé trois grandes étapes.
Tout d’abord, jeune femme,
la vita activa,
j’étais toute puissante et je me passais de toute transcendance.

Puis, la vita contemplativa
m’offrit les clés de la révélation que tout était Dieu.

Et puis maintenant, troisième étape,
voilà que ces deux univers interfèrent
dans un étrange jeu ondulatoire.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: Le livre de poche

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Le retour dans la montagne (Gao Shi)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018




    
Le retour dans la montagne

On respire un air vif et pur,
et voilà que le soleil disparaît
dans les froides profondeurs de ces rochers immenses.

Je veux vous reconduire jusqu’à votre montagne ;
ami, je connais maintenant votre cœur.

Quand l’âge mûr succède à l’active jeunesse,
le temps est venu de cesser la lutte
et de s’appartenir à soi-même ;

Vous avez su, je le vois, comprendre la vie,
et régler la vôtre comme il faut.
Qu’il vous plaise de marcher ou de vous reposer,
rien ne vous poursuit ni ne vous arrête ;

Sans entendre d’autre murmure que celui des sources,
d’autres bruits que ceux du vent ou de la pluie,
Vous foulez un sol toujours jonché
des fruits du song ou des fleurs du cannelier.

Les simples que vous vendez vous procurent largement
de quoi subvenir à vos faibles dépenses ;
Vous recueillez enfin ces herbes précieuses,
dont les sucs puissants donnent la longévité.

Les nuages blancs sont de gracieux compagnons
qui vous exhortent à boire ;

En quelque endroit que vous vous retiriez pour dormir,
la lune brillante n’est-elle point près de vous ?

J’emporte, moi, de cette journée,
des souvenirs que ne peut effacer le sommeil ;
Nous allons donc nous revoir en songe,
car mon esprit, cherchant le vôtre,
saura bien revenir ici.

(Gao Shi)

 

 

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« Ne pas tenir en sa peau » (Bernard Chambaz)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018



Illustration: Malel
    
Être face au vent — debout —
au bord
du monde — le petit matin le grand
soir la route à bride
abattue — c’est
le moment ou jamais
de penser aux joies actives
que je distinguerai modérément des joies
passives —
baies de genévriers avalées d’une traite —
« ne pas tenir en sa peau »
autrement dit — être en extrême joie —
le présent dilaté
à l’extrême

(Bernard Chambaz)

 

Recueil: Etc.
Traduction:
Editions: Flammarion

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Je regarde (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018




    
— Je regarde,
je te regarde,
je regarde ton corps,

Je cherche à savoir
pourquoi et comment,
présent ou absent,
il irradie ma pensée,
mon sang et mes rêves,

Pourquoi, envahisseur accueilli,
il occupe mon corps,
mes émotions, mes gestes,
pourquoi et comment,
il m’a fait naître
une seconde fois,

Né de ton corps choisi,
mon corps se transfigure,
Je regarde ton corps,
non pas comme je regarde la mer,
ses nuances, du gris sombre
au bleu translucide,
dont je goûte la fraîcheur, la saveur,
dont je suis le flux et le reflux,
Non, je regarde ton corps,
comme je ressens le vent,
réel car invisible,
qui rafraîchit mon visage,
dessèche ma peau,
fait trembler les feuilles,
fait voler les oiseaux,
qui, s’il s’emporte,
abat qui lui résiste,
siffle, souffle, s’apaise,
est présent, actif, toujours,
sait aussi être discret,
imperceptible presque,
au point de n’être plus
que l’idée du vent,

Je regarde,
je te regarde,
je regarde ton corps,
je lui confie le mien,
je lui confie la maîtrise
de mon désir de vivre,
le pouvoir ultime,
de ma mise à mort ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Passion et poésie (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017



Illustration: Emma Nubel   
    
Passion et poésie aspirent à la notion énigmatique de beauté.
Elle n’est point définie.
À peine murmurée.
Rarement nommée, mise en évidence.

Ceux qui en parlent sont ceux qui ne la vivent pas
mais la voient sur le visage
ou dans le souffle des êtres pris de passion.

Vincent Van Gogh, Arthur Rimbaud, Antonin Artaud,
Francisco Goya ou même Francis Bacon ont été des témoins actifs, hallucinés;
ils ont transporté dans leur création la beauté brute,
cette poésie impossible dont l’une des portes donne sur l’enfer, la folie.

Né d’une turbulence, un torrent ou un éclair foudroyant,
le poème ne s’installe jamais tout à fait dans la vie.
Il est une vérité qui sommeille dans l’enfance.
L’enfance du monde, la douleur des hommes.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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