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Posts Tagged ‘additionner’

L’INSOMNIE (José Juan Tablada)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



 

L’INSOMNIE

Sur son tableau noir
il additionne des chiffres de phosphore.

(José Juan Tablada)

 

 

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Additionner (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018




    
Additionner est affaire de soustractions.
Le plus démentit le moins,
mais aussi le plus.

Une arithmétique flottante
retient en gage tous les résultats.

C’est ainsi que deux mains parfois
sont une seule main
qui n’en serre aucune.

Additionner est un raccourci
vers la soustraction cachée à l’affût.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie verticale 15
Traduction: Jacques Ancet
Editions: José Corti

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Monsieur Monsieur aux bains de mer (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2017



Illustration: René Magritte
    
Monsieur Monsieur aux bains de mer

Un jour près de la mer
Monsieur et Monsieur seuls
parlaient tranquillement
et mangeaient une pomme
en regardant les cieux.

— Voyez donc, dit l’un d’eux,
l’agréable néant!
et quel apaisement
quand l’abîme sans bord
mélange sans effort
les choses et les gens!
Pour qui ressemble à Dieu
les jours particuliers
ne sont pas nécessaires.

La question n’est pas là
Monsieur (répond Monsieur)
nous sommes éphémères,
or la totalité
de la grande Unité
nous étant refusée,
c’est par la quantité
que nous nous en tirons.
Et nous additionnons
et nous thésaurisons!
Donc la diversité
pour nous sur cette terre
est la nécessité.
Regardez ce poisson
qui n’est pas un oiseau
qui n’est pas une pomme
qui n’est pas la baleine
qui n’est pas le bateau…

— Ah, pour moi c’est tout comme,
interrompit Monsieur,
la baleine et la pomme
devant l’éternité

A ces mots le vent souffle
emportant leurs chapeaux
et les deux personnages
dans le ciel bleu et beau
s’effacent aussitôt.

(Jean Tardieu)

 

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Je voudrais être une femme (Maram al-Masri)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



Abraxsis Der Jen n11

 

Je voudrais être une femme.
Signe distinctif :
un sourire éternel sur les lèvres,
des baisers
profonds comme le miel.

Je voudrais être une femme
Qu’on ne peut ni additionner
ni soustraire
ni multiplier
ni diviser
ni gommer
ni sommer
ni assommer.

(Maram al-Masri)

Illustration: Abraxsis Der Jen

 

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La vie ne dure que quinze jours (Casimir Prat)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2017



La vie ne dure que quinze jours

Si l’on retenait, simplement, dans le désordre et sans vouloir juger de leur importance respective :

les quelques instants où nous sommes tombés amoureux,

les quelques minutes que nous avons passées à rêver
devant tel tableau ou à l’audition d’une certaine mélodie ;

la demi-heure où notre regard s’est trouvé hypnotisé par le poudroiement de la lumière,
une fin d’après-midi, en août, le long du tronc d’un tilleul ;

la durée infinitésimale au cours de laquelle, en plongeant dans un ruisseau de montagne,
notre corps a ressenti ce qu’était vraiment la fraîcheur ;

le soir où nous avons détaché pour toujours notre main du barreau de fer d’un certain portail ;

le matin, en nous levant, quand nous avons constaté tout le sable que nous avions encore gardé dans nos chaussures ;

l’interminable seconde pendant laquelle nos doigts ont effleuré la main ou la joue d’un mort ;

la fin de la matinée où nous avons enfin reconnu notre nom dans la liste des « Admissibles » ;

le temps qu’a exigé pour notre esprit de réaliser que quelqu’un qui nous tournait le dos en définitive pleurait silencieusement ;

l’instant où nous avons lu pour la première fois les pages qui commencent ainsi :
 » Longtemps je me suis couché de bonne heure  » et les avons trouvées au début rébarbatives et sans grand intérêt ;

la nuit où nous avons lu L’île au trésor d’un seul trait ;

le moment d’angoisse que nous avons traversé en pensant qu’à sa descente du train, il (ou elle) ne nous reconnaîtrait pas ;

ce bout de route en voiture, quand, à la couleur des feuilles des platanes qui la bordaient,
il nous a semblé évident que les étés ne seraient plus pour nous les mêmes qu’avant ;

tout cela et quelques autres broutilles,
tous ces moments, dans une vie, si on les additionnait,
ne devraient pas dépasser une petite quinzaine de jours, non ?

( extrait de Le sable entre mes doigts)

(Casimir Prat)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration

 

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