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Poésie

Posts Tagged ‘adieu’

AVANT LE DÉLUGE (Günter Kunert)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019



Illustration: Higorca Gómez Carrasco
    
AVANT LE DÉLUGE

Dans les arbres du soir
échafaudages d’air pur
étirés tels des cris
venus de loin
et je me demande
si ceci serait l’adieu
ou quelque autre signe
de la fin

Car la terre sombre
derrière son horizon
rien ne s’élève plus
c’est certain
et il ne reste
de nous tous
qu’un reflet changeant
qu’un bref instant
d’existence.

***

VOR DER SINTFLUT

In den Abendbäumen
Gebilde aus purer Luft
langgezogen wie Rufe
aus weiter Ferne
und ich frage mich
ob das der Abschied sei
oder sonst ein Zeichen
des Endes

Denn die Erde versinkt
hinter ihrem Horizont
nichts geht mehr auf
das ist klar
und es bleibt
ein fahriger Widerschein
von uns allen
noch eine Weile
bestehen.

***

ÎNAINTE DE POTOP

În arborii nocturni
aer în formă pură
prelung chemând
din depărtări.
Mă-ntreb acum
de-i rămas bun
sau altă prorocire
a capătului.

Pământul se coboară
sub propriul orizont,
nimic nu mai răsare.
E clar că nu ne mai rămâne
decât fugara oglindire,
chip reflectat în care
pentru-o vreme
încă mai dăinuim.

***

PRZED POTOPEM

w wieczornym drzewach
kształty z czystego powietrza
rozciągnięte jak wołania
z daleka
i stawiam sobie pytanie,
czy to pożegnanie,
czy inny znak
końca.

Jako że ziemia zapada w głąb,
za jej horyzontem
nic więcej się nie wyłania.
To jest jasne
i to, co pozostaje,
to niespokojne odbicie
nas wszystkich
jeszcze na chwilę

***

BEFORE THE FLOOD

In the evening trees
figures of pure air
elongated like cries
from afar
and I wonder
if this is the farewell
or another sign
of the end

Because the earth is sinking
behind its horizon
nothing works anymore
that is clear
and what continues to exist
is a whimsical reflection
from all of us
just for a while…

***

ΠΡΙΝ ΤΟΝ ΚΑΤΑΚΛΥΣΜΟ

Κάθε βράδυ σχήματα του αγέρα
μακρουλά σαν μακρινά κλάματα
κι αναρωτιέμαι
αν είναι αυτό το γεια χαρά
ή άλλο ένα σημάδι του τέλους
που επέρχεται.

Κι αφού η γη βυθίζεται
στο τέλος του ορίζοντα
τίπτα πια δεν δεν είναι ακριβές
κι ότι απομένει
η ιδιότροπη αντύγεια μας
των μερικών λεπτών.

***

洪水之前
在夜晚的树上
纯空气数据
像远方来的哭声
一样拉长
我想知道
是否这就是诀别
或是末日的任何
其它迹象

因为大地正下沉到
地平线后
没什么起作用了
很明显
还将继续存在的
是来自我们所有人
一种异想天开的反映
只那么一会儿。

***

ANTES DEL DILUVIO

En los árboles de la tarde
las sombras de aire puro
prolongadas como gritos
en la lejanía
y me pregunto
si eso será la despedida
o cualquier otro signo
del fin

Puesto que la tierra se hunde
detrás de su horizonte
ya no despunta
eso está claro
y permanece
un reflejo inconstante
de todos nosotros
por un tiempo
todavía.

***

PRIMA DEL DILUVIO

Di sera alberi
forme d’aria pura
si allungano come grida
da lontano
e io mi chiedo
se questo sia un addio
o qualche altro segno
della fine

Perché la terra sta annegando
dietro il suo orizzonte
niente più funziona
è chiaro
e ciò che continua ad esistere
è questo strano riflesso
di tutti noi
solo per un attimo.

***

PRIMA DEL TEMPORALE

Dentro gli alberi della sera
correnti di aria pulita
allungate come grida
venute da lontano
e io che mi domando
se questo è un addio
o qualche altro segno
della fine

Perché la terra precipita
dietro il suo orizzonte
niente si distingue più
questo è certo
e non resta
di noi tutti
che un riflesso cangiante
un breve istante
di esistenza.

***

VÓÓR DE ZONDVLOED

In de avondbomen
bouwsels uit zuivere lucht
langgerekt zoals geroep
uit de verte
en ik vraag mij af
of dit het afscheid zou zijn
of enig ander teken
van het einde

Want de aarde zinkt weg
achter haar horizon
gaat niets nog op
dat is duidelijk
en er blijft
een grillige weerspiegeling
van ons allemaal
nog een tijdje
bestaan

***

(Günter Kunert)

 

Recueil: ITHACA 601
Traduction: Français Germain Droogenbroodt Elisabeth Gerlache / Allemand / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Polonais Mirosław Grudzień / Anglais / Grec Manolis Aligizakis / Chinois William Zhou / Espagnol Rafael Carcelén / Italien Laura Garavaglia / Italien Renato Fiorito / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Indi Shotamoy ThakurEditions: POINT

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Sans un seul mot (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2019



    

Sans un seul mot
D’un simple signe de tête
Nous fîmes nos adieux
Ce jour-là était le six
Et nous étions un et deux

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Retouche à l’adieu (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



Retouche à l’adieu

en fin de jour à long halage
l’ortie ranime le canal
le soleil touche l’eau
son odeur de cheval fait trembler la haie d’ombre
de rive à l’autre un couple se sépare
poussiéreux de tilleul et sur un même signe

un oiseau roule en larme sur la joue du ciel

(Daniel Boulanger)


Illustration: Pierre-Auguste Renoir

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Tu ne peux pas dire au Nil (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2019




    
Tu ne peux pas dire au Nil:
« Adieu! »

(Adonis)

 

Recueil: Toucher la lumière
Traduction: Anne Wade Minkowski
Editions: Imprimerie Nationale

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Nos corps ne connaissent pas l’adieu (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2019



Illustration: Anne-Marie Zylberman
    
Nos corps ne connaissent pas l’adieu
Rencontre est le nom
de chacune de nos cellules

(Adonis)

 

Recueil: Toucher la lumière
Traduction: Anne Wade Minkowski
Editions: Imprimerie Nationale

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MON AMI, TON COEUR… (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019



anneau rouillé

Mon ami, ton coeur est le vieux port déserté
Dont les vaisseaux ne viennent plus troubler le songe.
Les lourds anneaux de fer que l’humidité ronge
N’ont plus à retenir tous ceux qui l’ont quitté.
Ils sont partis, tous les vaisseaux… toutes les joies.
Et depuis, le soleil en vain brûle les quais,
En vain, le ciel des nuits, plein de rêves, s’éploie,
Tu songes à ceux-là qui se ,sont embarqués
Te laissant seul au bord de l’eau que le vent ride…

Pensent-ils quelquefois au port silencieux,
Que, délaissé par eux, il est demeuré vide,
Et que tu vis encor de leur dernier adieu… ?

(François Mauriac)

 

 

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Mon pas, sur la route d’automne (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2019



 

David Hockney _FELLED_TREES

Mon pas, sur la route d’automne,
Berce la chanson des adieux
Au rythme monotone
De la plaine grise et des cieux ;

Je me sens si fort et si leste
Que je marche au son de mes pas,
Entre le double geste
Balancé de mes bras ;

Ma pensée monte, lente,
Comme l’étoile du soir
Et je ne sais si je chante
La certitude ou l’espoir ;

Tant ma jeunesse fut ivre
De ce grand rêve hasardeux
Et du poème de vivre
À sa guise, au soleil de Dieu,

Et tant mon rêve est sage
De cette folie éternelle,
Et tant est belle la page
Qui s’ouvre dans le ciel…

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: David Hockney

 

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Ô conscience (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019




    
Ô conscience, à laquelle il faut toujours et toujours, des événements !
Il suffit que tu sois, et sois éveillée pour être remplie
Toujours tu préfères le hasard au vide et le chaos au zéro.

Tu es faite pour toute chose,
et tu fais n’importe quelle chose pour subsister.
Et quel monstre que tu fasses, tu veux lui donner une signification, ne pas l’avoir vu en vain…

Et invinciblement aussi, tu te divises,
tu préfères quelqu’une de tes parties.
Tel fantôme sera le roi des autres.
Telle parole sera plus puissante.
Telle idée plus étendue,
plus maîtresse que son instant.

— Adieu

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Partir, c’est mourir un peu (Edmond Haraucourt)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2019



 

Partir, c’est mourir un peu,
C’est mourir à ce qu’on aime :
On laisse un peu de soi-même
En toute heure et dans tout lieu.

C’est toujours le deuil d’un vœu,
Le dernier vers d’un poème ;
Partir, c’est mourir un peu.

Et l’on part, et c’est un jeu,
Et jusqu’à l’adieu suprême
C’est son âme que l’on sème,
Que l’on sème à chaque adieu…
Partir, c’est mourir un peu.

(Edmond Haraucourt)

Illustration: Ryszard Miłek

 

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DÉPART (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2019




DÉPART

L’heure
Adieu
La foule tournoie
un homme s’agite
Les cris
des femmes autour de moi
chacun se précipite me bousculant
Voici que le soir tombant
j’ai froid
Avec ses paroles j’emporte son sourire.

(Philippe Soupault)

Illustration: Gassem Oussman

 

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