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Posts Tagged ‘adolescent’

Au vacarme (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



Illustration: Caroline Duvivier
    
Au vacarme
au rugissement, si l’on donnait un corps…
Aux sons du cymbalum, à la foreuse perçante
aux trépignements adolescents qui ne savent encore
ce que veut leur poitrine qui est comme si elle allait éclater
aux saccades, aux grondements, aux déferlements
aux marées de sang dans le coeur
à la soif
à la soif surtout
à la soif jamais étanchée
si l’on donnait un corps…

(Henri Michaux)

 

Recueil: Face aux verrous
Editions: Gallimard

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Où sont les amours bucoliques (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017




Où sont les amours bucoliques
Qui nous rendent mélancoliques
Quand l’adolescent pudique
A suivi l’enfance ludique?

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration

Site de Jean-Baptiste ici

 

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PAYSAGE DES SENTIERS DE LISIÈRE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



 

PAYSAGE DES SENTIERS DE LISIÈRE

Il arrive que l’on entende,
figé sur place dans le sentier aux violettes,
le heurt du soulier d’une femme
contre l’écuelle de bois d’un chien
par un très fin crépuscule,
alors le silence prend une ampleur d’orgues.
Ainsi lorsque l’adolescent,
venu des collèges crasseux,
perçoit sous les peupliers froids
la promeneuse au frémissement de sa narine
émue par le parfum des menthes.
Toutes les lueurs des villages
se retrouvent dans le diamant des villes.
Dans un univers mystérieux
ayant laissé sur ses genoux
l’étoffe où s’attachaient ses yeux,
une fille en proie aux rages amoureuses
pique de son aiguille le bout de ses doigts frêles
près d’un bouquet qui s’évapore.

(Jean Follain)

Illustration: Alan Ayers

 

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Remplis ta vie d’amour (Amado Nervo)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



Remplis ta vie d’amour

Toujours, quand il y a un vide dans ta vie

Remplis-le d’amour
Adolescent, jeune, vieux
toujours, quand il y a un vide dans ta vie

Remplis-le d’amour.
Ne pense pas « je souffrirai »
Ne pense pas « je me tromperai »
Va simplement, allégrement, à la recherche de l’amour
Cherche à aimer comme tu peux,

à aimer tout ce que tu peux
aime toujours.
Ne te préoccupe pas de la fidélité de ton amour.
Il porte en lui sa fin.
Ne le juge pas incomplet,

Parce que tu ne trouves pas de réponse à ta tendresse.
L’amour porte dans le don d’affection, sa propre plénitude.
Toujours, quand il y a un vide dans ta vie remplis-le d’amour.

***

LLénalo de amor

Siempre que haya un hueco en tu vida,
llénalo de amor.
Adolescente, joven, viejo: siempre que haya un hueco en tu vida, llénalo de amor.
En cuanto sepas que tienes delante de tí un tiempo baldío, ve a buscar al amor.
No pienses: « sufriré »
No pienses: « me engañarán »
No pienses: « dudaré »
Ve, simplemente, diáfanamente, regocijadamente, en busca del amor.

¿Qué índole de amor? No importa: todo amor está lleno de excelencia y de nobleza.
Ama como puedas, ama a quien puedas, ama todo lo que puedas… pero ama siempre.
No te preocupes de la finalidad de tu amor.
El lleva en sí mismo su finalidad.
No te juzgues incompleto porque no responden a tus ternuras: el amor lleva en sí su propia plenitud.
Siempre que haya un hueco en tu vida,
llénalo de amor.

(Amado Nervo)

Illustration: Eloi Flore

 

 

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Retouche à l’éblouissement (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2016



 

Aristide Maillol  LaCoteD'Azur+1895+MuseePetit-Palais+Paris [1280x768]

retouche à l’éblouissement

bel été mâle allongé sans un souffle
les lys à voix de femmes fortes
appellent les adolescents
au bord blanc du désir

du ciel à peine ouvert
l’odeur a l’orient des perles
et l’âme épouse son plaisir
qui dit ne servir que soi-même

(Daniel Boulanger)

Illustration: Aristide Maillol

 

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LE POÈTE (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2016



LE POÈTE (dans une mansarde où il écrit)

Mon cœur se calme. C’est octobre. Je veux laisser
un instant là l’œuvre a laquelle je travaille.
Je veux me souvenir des octobres passés,
et écouter la pluie tomber sur les platanes.

J’aurai bientôt trente-deux ans. lit, comme Hafiz,
nous dit Kahm, fut soucieux quand il vit blanchir sa barbe,
je sens venir le temps où les frêles jeunes filles
que j’ai aimées me salueront d’un air plus grave.

L octobre de l’enfance était la route grise
où sonnaient les brebis dans l’odeur du brouillard,
l’école délestée, mais la grande cuisine
où les rouges fagots claquaient au foyer noir.

L’octobre adolescent était l’émotion
d’une verte prairie parsemée d’anémones ;
c’était le long baiser que me laissait l’automne
pour mieux aimer l’hiver dans l’âme des tisons.

Puis l’octobre qui vint fut moins pur et plus vaste :
Ce fut l’apaisement de ce dont je souffrais.

Maintenant, que sera cet octobre nouveau ?
Ce sera-t-il les bois où je me réfugie
pour écouter le vide atroce de ma vie,
et pour guetter au loin les files de vanneaux ?

Etendu sur la mousse, ayant mis contre un chêne
mon vieux fusil dont j’aurai rabattu les chiens,
mon menton dans mes mains, à plat ventre, verrai-je
la résignation dans les yeux de mon chien ?

Cueillerai-je au bois noir le colchique d’automne ?
Tiendrai-je dans ma main la sarcelle blessée,
et chanterai-je aussi avec les bonnes pommes
la rainette qui crie au coeur des vieux rosiers ?

(Francis Jammes)

Illustration

 

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PUDEUR (Juana de Ibarbourou)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2016



PUDEUR

I.

Vous et moi, devant la face bleue de safre
De cette féerique après-midi,

Les mots restent noués, immobiles
Dans nos gorges d’adolescents émus.

Tout orange, le temps coule délicatement
A nos pieds,
Murmure, chuchote, rit, se tait,

Une rose fraîcheur tombe sur nos épaules
Prises dans les fines dentelles de la pudeur.

Tremblants, nous ne savons que faire
Des rêves enfermés dans nos mains.

II.

Fermons nos yeux, laissons le mystère du silence
Révéler au jour, dans la langue des dieux,
L’innocente poésie de nos âmes.

Que le soleil pur à la lumière d’or
Frôle nos cils
Pour rendre plus profonds nos regards !

Que les fioles des heures, pleines de couleurs,
Irisent et enluminent nos vies !

Ecoutons les chants que tissent
Avec tant de passion rouge
Les fleurs des lauriers-roses
Et les ailes joyeuses des oiseaux.

III.

Ainsi, avec les doux bruits de l’air
Et des herbes, à l’ombre des allées ouvertes sur l’infini,
S’écrit le livre essentiel de chaque cœur.

Ah, tous ces mots tus
Qui disent si clairement et avec tant de précision,
L’invisible désormais, l’impalpable empire
De l’amour.

***

PUDOR

I

Tu y yo, delante del rostro azul de safre
de esta tarde mágica.

Las palabras quedan anudadas, inmóviles
en nuestras gargantas de adolescentes conmovidos.

Aloque, el tiempo se hunde delicadamente
a nuestros pies,
murmura,, susurra , ríe, calla.

Una rosa fresca cae sobre nuestros hombros
asidos en los finos encajes del pudor.

Temblorosos, no sabemos que hacer,
los sueños se aprisionan en nuestras manos.

II

Cerremos nuestros ojos, dejemos el misterio del silencio
revelar al día, en la lengua de los dioses,
La poesía inocente de nuestras almas.

¡ Que el sol puro a la luz de oro
roce con nuestras pestañas
haciendo más profundas nuestras miradas!

¡ Qué los frascos de las horas, plenos de colores,
irisen e iluminen nuestras vidas!

Escuchemos los cantos que tejan
con tanta pasión roja
las flores de las adelfas
y las alegres alas de las aves.

III.

Así, con el dulce sonido del aire
yde las hierbas, a la sombra de las alamedas abiertas sobre el infinito,
se escribe el libro esencial de cada corazón.

Oh, todas estas palabras calladas
que dicen tan claramente y con tanta precisión,
el invisible, impalpable imperio
del amor.

(Juana de Ibarbourou)

Illustration: Fabienne Contat

 

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LE MIROIR ET LA FLEUR (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



 

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LE MIROIR ET LA FLEUR

L’adolescent rassemble ses visages
Pour un peu mieux se pencher sur le sien
Lui qui mourrait s’il oubliait son âge
Se cherche un corps dans les reflets qui passent
Pour se prouver que l’ombre existe bien.

Il a laissé son rire à la rivière
La lavandière l’a pris pour savon
Le jour qui mousse étonne la clairière
Un dieu sauvage écarte les buissons
L’adolescent fuit bien loin de ses pièges.

Il a si peur que les branches se penchent
Que la forêt s’offre à le soutenir
Tous les oiseaux se tairaient pour l’entendre
Mais s’il chantait, il pourrait en mourir
Il court, il court vers l’horizon qui flambe.

L’adolescent rassemble ses tempêtes
Pour se mirer dans le dernier éclair
Il brûlerait d’une seule étincelle
Deviendrait torche au milieu du désert
S’il oubliait de marcher dans son rêve.

(Robert Sabatier)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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Le miroir et la fleur (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



adolescent
Le miroir et la fleur

L’adolescent rassemble ses visages
Pour un peu mieux se pencher sur le sien
Lui qui mourrait s’il oubliait son âge
Se cherche un corps dans les reflets qui passent
Pour se prouver que l’ombre existe bien.

Il a laissé son rire à la rivière
La lavandière l’a pris pour savon
Le jour qui mousse étonne la clairière
Un dieu sauvage écarte les buissons
L’adolescent fuit bien loin de ses pièges.

Il a si peur que les branches se penchent
Que la forêt s’offre à le soutenir
Tous les oiseaux se tairaient pour l’entendre
Mais s’il chantait, il pourrait en mourir
Il court, il court vers l’horizon qui flambe.

L’adolescent rassemble ses tempêtes
Pour se mirer dans le dernier éclair
Il brûlerait d’une seule étincelle
Deviendrait torche au milieu du désert
S’il oubliait de marcher dans son rêve.

(Robert Sabatier)

Illustration

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Tout s’accomplit (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2016



Tout s’accomplit

Nous nous tûmes soudain, nous attendîmes,
dans un grand calme, plein d’espoir,
un oiseau se détachant des cimes
nous n’eussions pu mieux le voir

Que cette joie qui s’avançait énorme
vers nous, dans la douce rumeur,
elle empruntait les agréables formes
enfouies au fond de nos cœurs,

C’était tout ce qu’à une époque
lointaine on avait aimé : la cour
vaste d’une auberge ; la coque
d’un navire et les sables autour.

Une maison hors des murs du village,
hospitalité, plaisir des enfants,
les amis que retient l’orage,
on parle, on rit, le matin vous surprend,

Et ce désir trop grand pour la poitrine
de tes dix ans, le voici, devant toi
le bateau qui derrière une vitrine
te menait vers le large autrefois,

La mer aussi qui entourait ta tête,
île pleine de merveilleux couchants,
l’air salé, puis les solaires fêtes
où rêvait ton âme d’adolescent,

Les jardins, les terrasses où jeune homme
tu voulais conduire la bien-aimée
la beauté qu’avec peur tu nommes
et qui déchire ses voiles de fumées,

Il y avait des paroles, des gestes
qui faisaient mal. Comment donc étaient-ils ?
Ici rien ne peut blesser et il reste
des mots que l’on a dit les lumineux fils,

Il y avait certainement quelque chose
que nous ignorions jusqu’à maintenant,
peut-être que la porte n’était pas close
mais nous n’avons pas su regarder en entrant

O ! Forêts ! O ! Montagnes ! Rivières !
Vous vous unissez à nous aujourd’hui,
nos lignes se mêlent à vos lumières.
Vous êtes les astres. Nous, la nuit.

Nous apercevons maintenant le face
du monde allumé de toutes parts.
Nous sommes au fond de lui. A la surface
Tremblent nos feuilles de nénuphars,

Nous savons ici comment faire
pour nous perdre vraiment dans tout
ce nuage en train de se défaire
n’est qu’une partie de nous.

(Ilarie Voronca)

Illustration

 

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