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Poésie

Posts Tagged ‘adolescent’

Au hasard des jours (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2016



Au hasard des jours
un adolescent se jette
du dixième étage, des insectes s’immiscent
entre mur et cloison
l’enfant retardé s’étonne d’un miroir
la page d’un cahier
est arrachée pour une tache
Ainsi s’épuise
lentement le temps

(Georges Bonnet)

 

 

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Les voyageurs éternels (Marie-Hérèse Hiégel)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2016



A coups de cafard
Je trébuche sur la vie
A roue libre
Je dévale ma misère

En bas les oiseaux
Epient mon sourire
Plus loin les arbres
Plongent sur moi
Leurs grandes ailes prisonnières
Et je vais heureuse
Dans l’eau des rires adolescents
Purifier mon coeur
Je regarde à travers
Mes cils inondés
Les voyageurs éternels
Du bonheur que tu m’as donné

(Marie-Hérèse Hiégel)

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L’amour dessine (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2016



L’amour dessine dans mes yeux le corps convoité
comme un lanceur de couteaux
tatouant sur le mur avec crainte et adresse
la nudité immobile de celle qu’il aime.

Ainsi, dans l’ombre, fragments de ceux que j’ai aimés,
lubriques visages adolescents,
parmi eux je suis un autre fantôme.

Parfois, dans la nuit,
ils m’ont dit que mon cœur n’existait pas.
mais j’écoute les chansons ambiguës
d’un pays dévasté par les pluies.

**

El amor dibuja en mis ojos el cuerpo anhelado
como un lanzador de cuchillos
tatuando en la pared con temor y destreza
la desnudez inmóvil de la que ama.

Así, en lo oscuro, fragmentos de los que amé,
lúbricos rostros adolescentes,
entre ellos soy otro fantasma.

A veces, en la noche,
me dijeron que mi corazón no existe.
pero escucho canciones ambiguas
de un país arrasado por las lluvias.

(Alejandra Pizarnik)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

 

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La machine (Léon-Paul Fargue)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2016




Ce qui ne se conçoit pas, c’est la machine à mettre fin aux sensibilités.
Il y aura toujours un adolescent qui pleure dans un coin,
des ombres qui passent dans un parc,
même si les arbres sont en duralumin.

(Léon-Paul Fargue)

 Illustration

 

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L’adolescent (André Frédérique)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2016



 

Un grand jeune homme
aux mains moites
n’arrête pas de croître
en toutes directions

Sa tête grossit comme une citrouille
son front se balade entre les nuages
ses jambes s’allongent dans la mer
ses doigts s’enroulent autour des arbres
comme du chèvre-feuille

Les parents guettent au bout du télescope
un regard lointain
de cette lune livide

(André Frédérique)

 

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A L’OREE DU BONHEUR (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2015




A L’OREE DU BONHEUR

I

L’ombre des bancouliers fera fleurir nos rêves.
Nous irons implorer, dans la ferveur du soir,
La grâce et le parfum du parc où, pour s’asseoir,
Nos âmes choisiront le banc ouaté des rêves.

Le bruit sourd de la ville errera,loin de nous.
Le souci, le chagrin éteindront leurs lumières,
Au souffle calme et sain des ténèbres premières.
Le bonheur éploiera ses frondaisons sur nous.

Nos lèvres scelleront d’un splendide silence
L’hymne d’or qu’un baiser cueillera de nos coeurs.
Et tu verras nos jours, lucides et vainqueurs,
Suspendre leur triomphe aux rameaux du silence.

II

Pourquoi retardes-tu l’heure ouverte en ta main ?
J’ai déjà composé la romance promise.
Tu me la chanteras de cette voix soumise
Qui du sort attendri conjure le dédain.

Frémissant de caresse et palmé de désir,
Tu sentiras, alors, au creux de ton épaule,
L’élan pur de mes doigts enrouler leurs plaisirs
Sur ton cou svelte ainsi qu’un collier d’auréole.

Mes songes nageront dans l’étang de tes yeux :
J’y verrai, comme un sang au rebord d’un calice,
Les gouttes de l’amour empourprer nos délices
Et combler de nos voeux le lac silencieux.

III

Les herbes dont le puits embellit sa margelle
S’enivreront de brise au vol lent des frissons.
Sous les flots des lilas que le printemps flagelle
Se formera le lit suave des gazons.

De la chute du jour s’érigera la stèle.
La main du souvenir y peindra l’écusson.
Seuls, nous déchiffrerons les signes dont s’attèle
Le chariot du temps au pré de l’horizon.

Et nous regarderons, par les sentes désertes,
Conduire jusqu’à nous la richesse des voeux
Le séraphin des nuits que, seule, déconcerte,
Comme moi, la splendeur lourde de tes cheveux…

IV

Tu n’auras pas de mot. Je serai sans parole.
Insensible aux versets que clameront les sens,
La Fierté saura taire au pied de son idole
Le chant originel dans l’odeur des encens…

L’amour resplendira des choses virginales.
Des tiges du tanguin qui nous tiendra captifs,
Nos mains feront jaillir quelles sèves finales
Et baigner nos désirs dans le lac primitif.

L’azur allumera ses promesses stellaires
Sur nous deux ; il fera, comme un phare d’honneur,
Etinceler dans l’ombre où mourront les colères
Notre coeur chavirant aux confins du bonheur…

V

L’ivresse surprendra ma lèvre sur ta lèvre.
La Quiétude lourde, O soeur d’élection,
Pèsera sur nos fronts comme une fleur de fièvres
Dont l’aromate embaume avant l’éclosion.

Un souffle adolescent mourra de rêveries
Sous tes cheveux défaits trop chargés de langueur.
La lune, souveraine, au tournant des prairies,
Mûrira sur ton sein en fondantes vigueurs…

Tu ne bougeras pas. Nous serons immobiles.
Les vagues du secret hausseront, baisseront
En vain le rythme pur de nos oeuvres débiles
Que les doubles torpeurs du destin berceront…

(Jacques Rabemananjara)

Illustration: Lydia Percheron

 

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LE CHANTEUR (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2015




LE CHANTEUR

Avez-vous entendu aux bois la voix nocturne
du poète d’amour chantant son infortune ?
Lorsque les champs au matin se taisaient,
ce chant pur et traînant du pipeau,
l’avez-vous entendu ?

L’avez-vous rencontré au plus sombre des bois,
le poète d’amour chantant son infortune ?
Avez-vous reconnu la trace de ses larmes,
son sourire, ses yeux, voilés par la langueur ?
L’avez-vous rencontré ?

Avez-vous soupiré, oyant la douce voix
du poète d’amour chantant son infortune ?
Voyant l’adolescent errer dans la forêt
et croisant le regard de ses yeux embués,
avez-vous soupiré ?

(Alexandre Pouchkine)

Illustration: David Jay Spyker

 

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Veux-tu connaître ma richesse? (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2015



Veux-tu connaître ma richesse?
Le cheval galope,
Les morts — dorment, les oiseaux — chantent.

L’adolescent — halète et furète,
Les femmes insensées — pleurent.
Ma richesse — un présent de larmes!

(Marina Tsvétaïéva)


Illustration: Anne-Louis Girodet de Roussy Trioson

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Je vous ai bien eus (Michel Sardou)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2015




Je sortais tout droit du Grand Meaulnes
Avec mes airs d’adolescent.
Je n’étais pourtant plus un môme
Depuis déjà longtemps.

Tu me prenais pour un poète,
Le pauvre type de toujours.
Les filles se payaient ma tête
Quand je parlais d’amour.

Je vous ai bien eus.
Je vous ai bien eus.

Je disais souvent : « L’Amérique,
Je sais que moi j’irai un jour
Et que j’en reviendrai plus riche
Que Dupont de Nemours. »

J’ai pris tous les avions du monde,
Dormi dans tous les trains de nuit,
Aimé dans des bordels immondes
Des femmes aux cheveux gris.

Je vous ai bien eus.
Je vous ai bien eus.

Je n’vous ressemblais pas.
Vous ne m’avez pas cru
Mais je vous ai bien eus,
Je vous ai bien eus.

J’ai toujours dansé sur les vagues
Quand on croyait que je sombrais.
Ma vie avait l’air d’une blague
Et pourtant, c’était vrai.

Je me suis fait, des jours de fête,
Eclater des fusées d’amour,
Comme je vais faire sauter ma tête
A l’aube du dernier jour.

Je vous ai bien eus.
Je vous ai bien eus.

Y avait déjà longtemps
Que je ne m’aimais plus
Mais je vous ai bien eus,
Je vous ai bien eus.

(Michel Sardou)

Illustration

 

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les rives adolescentes (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2015


belle

ailleurs
sera le paysage

je t’attends
là-bas

il fera beau
sur les rives adolescentes

et tu seras belle
le sais-tu

(Mohammed Dib)

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