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Poésie

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La mémoire (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019


 


 

Gene Pressler

La mémoire

Souvent, lorsque la main sur les yeux je médite,
Elle m’apparaît, svelte et la tête petite,
Avec ses blonds cheveux coupés courts sur le front.
Trouverai-je jamais des mots qui la peindront,
La chère vision que malgré moi j’ai fuie ?
Qu’est auprès de son teint la rose après la pluie ?
Peut-on comparer même au chant du bengali
Son exotique accent, si clair et si joli ?
Est-il une grenade entr’ouverte qui rende
L’incarnat de sa bouche adorablement grande ?
Oui, les astres sont purs, mais aucun, dans les cieux,
Aucun n’est éclatant et pur comme ses yeux ;
Et l’antilope errant sous le taillis humide
N’a pas ce long regard lumineux et timide.
Ah ! devant tant de grâce et de charme innocent,
Le poète qui veut décrire est impuissant ;
Mais l’amant peut du moins s’écrier : « Sois bénie,
O faculté sublime à l’égal du génie,
Mémoire, qui me rends son sourire et sa voix,
Et qui fais qu’exilé loin d’elle, je la vois ! »

(François Coppée)

Illustration: Gene Pressler  

 

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Les nuages sont si purs (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2017



Les nuages sont si purs
dans le ciel de l’aube
que tout est bleu
pour le regard né de la mer
la terrasse la prairie les montagnes
et bleu aussi le soleil
comme le fond de la pensée

un bleu si pur
qu’il efface tout sommeil
réveille une pensée seconde
qui s’agenouille au sein
du monde
illuminé
jusqu’au-delà de l’horizon
sans aucun éclat
comme si une phrase retenue
voulait se faire entendre

avec moins de mots que de silences

une phrase
adorablement
sous-entendue.

(Jean Mambrino)

Illustration

 

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Amour sylvestre (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016



Amour sylvestre

Comme si vous aviez pris racine en mon cœur,
Je vous dirai toujours : Beaux arbres, je vous aime !
Érables, vous surtout, dont la feuille est l’emblème
Du pays où je vis ma joie et ma douleur.

Qu’un tendre amour rend l’âme encline à la douceur !
Depuis que j’ai passé sous votre ombre, un poème
Chante adorablement au-dedans de moi-même,
Comme si vous chérir faisait l’homme meilleur !

Honneur à vos rameaux, gloire à vos vertes cimes
Qui composent, le soir, sur de fluides rimes,
L’hymne le plus léger, le plus fin, le plus grand !

Lorsque je vous écoute aux clartés de la lune,
Dans le grave silence, un désir fou me prend
D’étreindre vos troncs vieux couverts d’écorce brune !

(Albert Lozeau)

 

 

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