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Poésie

Posts Tagged ‘adoration’

SPHINX (Germain Nouveau)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



Illustration: Gustave Moreau
    
SPHINX

Toutes les femmes sont des fêtes,
Toutes les femmes sont parfaites,
Et dignes d’adoration,
Sous les fichus ou sous les mantes
Toutes les femmes sont charmantes,
Oui, toutes, sans exception;

Toutes les femmes sont des Belles
Sous les chapeaux ou les ombrelles
Et sous le petit bonnet blanc;
Toutes les femmes sont savantes,
Les princesses et les servantes,
Les ignorantes… font semblant;

Toutes les femmes sont des reines :
Impératrices souveraines
Et grisettes de magasin,
Et premières communiantes,
Avant comme après si liantes
Avec les lèvres du cousin;

Toutes les femmes sont honnêtes,
Le coeur loyal et les mains nettes,
En sabots, ou sur les patins;
Adorables prostituées,
Nous mériterions vos huées :
C’est nous qui sommes les… pantins.

Toutes les femmes sont des saintes,
Surtout celles qui sont enceintes
Tous les neuf mois sans perdre un jour,
Et qui de janvier à décembre
Se pâment la nuit dans leur chambre
Par la volonté de l’Amour.

Toutes, toutes, sont bienheureuses
D’élargir leurs grottes ombreuses
D’où l’amour a fichu la peur
Par la fenêtre… déchirée,
« Et la fille déshonorée »?
Rit dans sa barbe… de sa peur,

Plus fines que nous et meilleures,
Efles nous sont supérieures…
Chaque Français, dans tous les cas,
S’il les aborde se découvre
Et c’est le plus grand, dans le Louvre,
Qui sait saluer… le plus bas,

Belle, parfaite, reine, sainte,
Honnête si ce n’est enceinte,
Tout cela s’applique fort bien
A la femme que tu veux être…
Mais… si l’on pouvait Vous connaître,
Ah!… quant à moi… je ne sais rien…
Devant Vous je songe, immobile,
Tel, droit, sur son cheval Kabyle,
Bonaparte, au regard de lynx,
Sans suite, seul, un grand quart d’heure,
Au soleil des sables, demeure
Fixe et rêveur, devant le Sphinx!

(Germain Nouveau)

 

Recueil: La Doctrine de l’Amour Valentines
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pourquoi ne pas dire JOIE (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Illustration: Noèla Morisot
    
L’annulation du temps

Pourquoi
ne pas dire JOIE
à êtrе
dans le bruissement d’un peuple
intérieur, toutes ramures confondues
sur l’annulation du temps,
aspiré par quelque douceur du ciel
aux hanches de femme, l’amphore
de l’homme aux dents d’artiste ; là
où s’envole claire la spirale en forme
de secondes qui trace l’espace
sans frontière.

Joie.
Pourquoi ne pas dire joie
à l’instant
absolu qui réconcilie le monde
parfois avec cette simple tasse
de thé, et relie la terre
à l’inspiré,
dans la joie sans partage
du partage inspiré, au feu de bois
qui brûle en cheminée.

Pourquoi ne pas dire Joie
l’éventualité du sans-mesure
dont la durée ravive l’ adoration.
La foi n’est pas mirage mais dérive
du risque d’absolu au rivage du
futur. Pourquoi ne pas dire passion
si brûle encore en nous au présent
les puissants vaisseaux du passé.

Pourquoi
à ne pas dire joie
devant l’infante en robe de velours noir
et la « maja desnuda », nue d’amour puis
vêtue du regard de l’ aventure. Joie
du regard ravaudé par le rêve d’un défunt.
Pourquoi ne pas ranimer l’oeil du buveur
en chemise bleue et rendre au paysan
mélancolique la jeune paysanne d’antan

Pourquoi ne pas dire
Joie
aux passants des montagnes
qui saluent et s’embrassent
dans les genêts et les misères,
aux fantômes qui jouent, axel espiègle
au coeur des légendes et des forêts.

Pourquoi ne pas dire joie aux mercis
des hommes dont le coeur bat encore
et à l’esprit, qui n’est pas toujours frappeur (?)

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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Tous se vouent à Ton adoration (Râbi’a)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



Tous se vouent à Ton adoration
Car ils sont tous terrorisés par Ton enfer

Ce qu’ils espèrent obtenir, c’est le salut
Qui est pour eux le seul garant de leur dû

Sur l’enfer et sur le paradis
Moi, je n’ai rien à formuler

Sinon que simplement je dirai non
A tout ce qui prétendrait en moi prendre la place de mon Aimé

(Râbi’a)

Illustration: Bernard Buffet

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LOUANGE A LI-TAÏ-PÉ (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018



Li Bai
    
LOUANGE A LI-TAÏ-PÉ
Thou-Fou

La poésie est ton langage,
comme le chant est celui des oiseaux.

Que ce soit à la clarté du soleil ou à l’ombre du soir,
tu vois la poésie de toutes choses.

Lorsque tu bois le vin doré, sur le nuage de l’ivresse,
te viennent des idées de vers.

Tu es le premier des hommes, et comme le soleil,
tu répands sur eux les rayonnements de ton esprit.

De celui qui t’admire dans l’ombre
reçois cette adoration inconnue.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Soleil plus blanc (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2018




    
Soleil plus blanc

Et la lumière
sur sa foulée.

Et par mille voix
le silence gardé.

Et encore
l’adoration.

(Mohammed Dib)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: De la Différence

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De la rencontre aléatoire (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



    

— De la rencontre aléatoire
des yeux et des corps,
des mouvements et des mots,
des heures et des sons,
dépend la découverte imprévue
des énigmes que le réel abrite,

S’imposent le refus des contraires évidents,
l’interruption brutale des mélodies sinueuses,
l’admiration des images blessantes,
la recherche cruelle de la douceur cachée,

Naît le privilège offert au coeur lacéré,
de l’adoration muette,
à l’âme de savoir
qu’elle n’est peut-être rien ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Comme des Fleurs, ayant ouï parler de Rosées (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



Comme des Fleurs, ayant ouï parler de Rosées,
Sans penser que cette humide couronne
Attendait leur — humble Front —

Ou des Abeilles – prenant le nom de l’Été
Pour la rumeur d’un Délire
Dont nul Été — ne Les pourrait — emplir —

Ou d’Arctiques Créatures, troublées —
Par l’Accent Tropical — qu’à la Forêt
Apporte l’Oiseau Voyageur —

Ou le vif signal du Vent à l’Oreille —
Rendant banal, et austère,
Ce qui, connu, comblait hier —

Le Ciel – à l’improviste advient
Aux Vies qui croyaient l’Adoration
Un trop présomptueux Psaume –

***

Like Flowers, that heard the news of Dews,
But never deemed the dripping prize
Awaited their — low Brows —

Or Bees — that thought the Summer’s name
Some rumor of Delirium,
No Summer — could — for Them —

Or Arctic Creatures, dimly stirred –
By Tropic Hint — some Travelled Bird
Imported to the Wood —

Or Wind’s bright signal to the Ear —
Making that homely, and severe,
Contented known, before —

The Heaven — unexpected come,
To Lives that thought the Worshipping
A too presumptuous Psalm —

(Emily Dickinson)

Illustration: William Blake

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Ce qui m’intéresse c’est la joie (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



Illustration: Malel

    
Ce qui m’intéresse c’est la joie.
Elle ne vient pas par le chemin des palmes,
Elle chante derrière quelque chose,
Perpétuellement en route. Comme l’eau
Derrière le rocher, le vent derrière la porte :
Apprivoiser les mots, leur laisser passage
Entre les arbres. Par quelle route non pavée
Viennent l’adoration et la magie ?

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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Ce qui m’intéresse c’est la joie (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017



Illustration: Noèla Morisot
    
Ce qui m’intéresse c’est la joie.

Elle ne vient pas par le chemin des palmes,
Elle chante derrière quelque chose,
Perpétuellement en route. Comme l’eau
Derrière le rocher, le vent derrière la porte :

Apprivoiser les mots, leur laisser passage
Entre les arbres. Par quelle route non pavée
Viennent l’adoration et la magie ?

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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Tacite (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2017



 


Tacite

Tes yeux sont comme un lagon
Ils en ont aussi la rondeur,
Ils en ont aussi la verdeur…
Tout de noir ourlés,
Ils sont deux joyaux,
Deux émeraudes sur le velouté
De ta tête sur ma main posée…
Tu me regardes, ronronnes,
Me murmures  » Bien-aimée « …
Que d’adoration dans tes yeux mi-clos,
Que d’abandon…

Qui pourrait penser
Que l’instant d’après,
Un saut,
Et tu fais le gros dos
Et redeviens un mystérieux félin,
La terreur du jardin…

(Mireille Gaglio)

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