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Poésie

Posts Tagged ‘adresse’

Ah si cette plume (Alirezâ Rôshan)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2019



 

ah si cette plume
pouvait écrire ton adresse
et non mon errance

(Alirezâ Rôshan)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

 

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La main (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



La main

I

Main qui chantais, main qui parlais,
Main qui étais comme une personne,
Main amoureuse qui savais
Comment on prend, comment on donne ;

Main sur laquelle on a pleuré
Comme d’une fontaine fraîche,
Main sur laquelle on a crié
D’amour, de joie ou de détresse ;

Main qui reçus les confidences
Que la peur fait à la volupté,
Main de calme et d’impatience,
Main de grâce et de volupté ;

Main que des dents ont mordue
Et que des ongles ont déchirée
Dans leur frénésie ingénue,
Main que des lèvres ont pansée ;

Main des rêves, main des caresses,
Main des frissons, main des tendresses,
Main de la ruse et de l’adresse,
Ô main, maîtresse des maîtresses ;

Main qui donnas tant de joies
A tant de chairs éperdues,
Ô main comme de la soie
Sur les belles poitrines nues ;

Ô main, toi qui avais une âme
Pour l’heure douce du désir,
Et qui avais encore une âme
A l’heure âpre du plaisir,

Ô main, tu trembles encore aux souvenirs charnels !

II

Afin que tu éprouves des tendresses nouvelles,
Je te donne à l’amie qui régit mon destin :
Ses yeux sont des fleurs vives, ses cheveux sont des ailes,
Son esprit se promène en un songe hautain,

Sois sage, ô main trop tendre, et cache le passé
Sous tes ongles, aux replis secrets de tes jointures,
Comme je cache au fond de mon vieux cœur blessé
Le souvenir sacré des belles meurtrissures.

Ô main, je te regarde avec mélancolie.

(Remy de Gourmont)

 

 

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JE VOUDRAIS PERDRE LA MEMOIRE (Christian Arabian)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



 

Max Gasparini -  (32) [1280x768]

JE VOUDRAIS PERDRE LA MEMOIRE

Je voudrais perdre la mémoire
Te rencontrer une seconde fois
Et te dire au revoir
Avoir un rendez-vous dimanche
Le coeur battant en déguisant ma voix
Sans montrer patte blanche

Recommencer de la même façon
Et te chanter ma première chanson
Ne plus jamais penser
Ne plus jamais penser
Vivre sans passé

Je voudrais perdre la mémoire
Jouer ma chance une seconde fois
Pour te connaître mieux
Apprendre ton nom, ton adresse
Renouveler nos maladresses
Interroger tes yeux

Te retrouver pour un partage
Tantôt soleil, tantôt nuage
Ne plus jamais penser
Ne plus jamais penser
Vivre sans passé

Je voudrais perdre la mémoire
Te murmurer en te prenant la main
A demain, demain.

(Christian Arabian)

Illustration: Max Gasparini

 

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La Bohème (Charles Aznavour)(Jacques Plante)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2018



 

Illustration: Alcide Théophile Robaudi
    
La Bohème

Je vous parle d’un temps
Que les moins de vingt ans
Ne peuvent pas connaître
Montmartre en ce temps-là
Accrochait ses lilas
Jusque sous nos fenêtres
Et si l’humble garni
Qui nous servait de nid
Ne payait pas de mine
C’est là qu’on s’est connu
Moi qui criait famine
Et toi qui posais nue

La bohème, la bohème
Ça voulait dire
On est heureux
La bohème, la bohème
Nous ne mangions qu’un jour sur deux

Dans les cafés voisins
Nous étions quelques-uns
Qui attendions la gloire
Et bien que miséreux
Avec le ventre creux
Nous ne cessions d’y croire
Et quand quelque bistro
Contre un bon repas chaud
Nous prenait une toile
Nous récitions des vers
Groupés autour du poêle
En oubliant l’hiver

La bohème, la bohème
Ça voulait dire
Tu es jolie
La bohème, la bohème
Et nous avions tous du génie

Souvent il m’arrivait
Devant mon chevalet
De passer des nuits blanches
Retouchant le dessin
De la ligne d’un sein
du galbe d’une hanche
Et ce n’est qu’au matin
Qu’on s’asseyait enfin
Devant un café-crème
Épuisés mais ravis
Fallait-il que l’on s’aime
Et qu’on aime la vie
La bohème, la bohème
Ça voulait dire
On a vingt ans
La bohème, la bohème
Et nous vivions de l’air du temps

Quand au hasard des jours
Je m’en vais faire un tour
À mon ancienne adresse
Je ne reconnais plus
Ni les murs, ni les rues
Qui ont vu ma jeunesse
En haut d’un escalier
Je cherche l’atelier
Dont plus rien ne subsiste
Dans son nouveau décor
Montmartre semble triste
Et les lilas sont morts

La bohème, la bohème
On était jeunes
On était fous
La bohème, la bohème
Ça ne veut plus rien dire du tout

(Charles Aznavour)(Jacques Plante)

 

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À l’improviste (Bruno Mabille)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



    

À l’improviste
une inconnue ouvre la porte

me donnant son nom
en guise d’adresse

ni ange ni spectre
sinon qu’à contre-jour
je n’en devine
que le tremblement des lèvres
et des perles qui brillent.

(Bruno Mabille)

 

Recueil: A celle qui s’avance
Traduction:
Editions: Gallimard

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POSTE RESTANTE (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



poste restante  -19

POSTE RESTANTE

On s’écrivait de tendres choses
Des mots pervers mais innocents
Et rouges comme notre sang
De les redire ici je n’ose

J’ai tenté de brûler ces pages
Rien à faire et je les relis
Tes arrondis les yeux remplis
De ces courbes à ton image

On s’écrivait poste restante
Au rendez-vous des apprentis
Au rendez-vous des sans-logis
Que sont les amours débutantes

Quand tu me griffais de ta plume
Je restais tout pâle interdit
Sous ta griffe encore aujourd’hui
Ma fièvre ancienne se rallume

Depuis lors sous d’autres couleurs
J’ai battu je me suis fait battre
Ta guerre seule est opiniâtre
Tu m’avais fait battre le coeur

Un jour ma lettre me revint
Tu n’allais plus jusqu’à la poste
Tu avais déserté le poste
Et mes lettres partaient en vain

Et revenaient me prendre ailleurs
Ici là je changeais d’adresse
Et m’atteignaient dans ma détresse
Tous ces retours à l’envoyeur

Que monte une flamme nouvelle
Sur cette cendre désormais
Si tu vois combien je t’aimais
Entre tes lignes se révèle

Ce qu’hier je n’ai pas su lire
Il faut du temps pour faire un coeur
N’as-tu pas détruit par rancoeur
Ce qu’hier je n’ai pas su dire

On s’écrivait poste restante
Au rendez-vous des apprentis
Au rendez-vous des sans-logis
Que sont les amours débutantes

(Guy Béart)

 

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Retour (Gu Cheng)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2018



Retour

Reste éveillée, reste mon amour,
la route est longue encore.
N’écoute pas l’appel de la forêt !
Ne perd pas l’espoir !

Avec l’eau froide de la neige, dans ta main
écris l’adresse ou appuyée sur mon épaule.
Passons la brume de l’aube !

Derrière le voile de l’orage,
nous arriverons au pays,
cette terre verte et ronde
qui s’étend au pied de la tour.

Là bas, Je veillerai tes rêves fourbus.
Je chasserai toutes ces nuits.
Je te laisserai tambours et soleils.

De l’autre coté de la tour,
il y aura de petites vagues muettes,
s’accrochant à la plage,
amassant leur musique tremblante

(Gu Cheng)

 

 

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Comme un qui s’est perdu… (Étienne Jodelle)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2017




    
Comme un qui s’est perdu…

Comme un qui s’est perdu dans la forêt profonde
Loin de chemin, d’orée et d’adresse, et de gens :
Comme un qui en la mer grosse d’horribles vents,
Se voit presque engloutir des grandes vagues de l’onde :

Comme un qui erre aux champs, lors que la nuit au monde
Ravit toute clarté, j’avais perdu longtemps
Voie, route et lumière, et presque avec le sens,
Perdu longtemps l’objet, où plus mon heur se fonde.

Mais quand on voit, ayant ces maux fini leur tour,
Aux bois, en mer, aux champs, le bout, le port, le jour,
Ce bien présent plus grand que son mal on vient croire.

Moi donc qui ai tout tel en votre absence été,
J’oublie, en revoyant votre heureuse clarté,
Forêt, tourmente et nuit, longue, orageuse, et noire.

(Étienne Jodelle)

 

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La pomme (François Caradec)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017




    
La pomme

La sagesse de l’archer
la perfection de son arc
la posture du tireur
la force de son bras
la position de ses doigts
la vibration de la corde
le sifflement de la flèche
le tir impeccable

l’adresse de la cible.

(François Caradec)

 

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Le Papillon (Jules Renard)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Le Papillon

Ce billet doux plié en deux
cherche une adresse de fleurs.

(Jules Renard)

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