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Poésie

Posts Tagged ‘advenir’

Qui Quoi Où Quand Pourquoi Comment? (Serge Sautreau)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2017




Illustration: Philippe Ramette
    
Qui
Quoi

Quand
Pourquoi
Comment?

Six questions pour une seule et te voilà au monde
Six répères qui s’en vont déjà tu n’y es plus

Au septième dit-on toutes les six se rejoignent

Au septième plus de route plus de doute juste un point
ou une immensité plus étonnant encore
sans questions
sans repères
sans qui-quoi-où-quand ni pourquoi ni comment
Adieu nos sciences vive la vraie vie

Introuvable septième, toi qui hélas est non phénoménal
fais-nous signe comme tu veux et advienne que voilà

(Serge Sautreau)

 

Recueil: L’ANTAGONIE
Editions: Gallimard

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D’ici là (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017




    
D’ici là
D’un instant l’autre
L’inattendu adviendra
Quand le divin habitera l’intervalle.
Du dire à l’ouï-dire,
Du don à l’abandon,
Tout le souffle du printemps
Qu’un trait d’éclair retrace.
Les anciens rêves éclatant en bourgeon
Soif et ivresse demeurent intactes ;
Dans le rythme primordial retrouvé,
Source sera nuage et nuage averse.
D’ici là
D’un instant l’autre
Nous nous rejoindrons,
Chacun en avant de soi
S’étend de oe qu’il ouvre,
S’accroît de ce qu’il donne,
Toute fêlure offrande,
Toute en-tente
ex-tase.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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Dici là (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2017


D’ici là
D’un instant l’autre
L’inattendu adviendra
Quand les dieux habiteront l’intervalle
Du dire à l’entre-dire
Du don à l’abandon
Tout le respiré du printemps
Qu’un trait de sang retrace
La brûlure éclatant en bourgeons
Ivresse et soif demeurent intacts
Dans l’initial rythme retrouvé
Source sera nuage et nuage averse

D’ici là
D’un instant l’autre
Nous nous rejoindrons
Chacun en avant de soi
S’étend de ce qu’il ouvre
S’accroît de ce qu’il donne
Toute fêlure offrande
Toute en-tente
ex-tase

(François Cheng)

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Lorsque nous nous parlons Le rêve est à portée (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2017




    
Lorsque nous nous parlons
Le rêve est à portée
Lorsque nous nous taisons
Le rêve demeure intact

Apprenons à cueillir
Tout instant qui advient :
Sente gorgée de soleil
Grisée de lune, clairière…

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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L’éternité est là (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2017




    
L’éternité est là,
Un seul instant l’instaure.
L’instant où tu adviens
Et ouvres l’oeil et vois
Qu’avant de t’effacer
Rien ne sera su par toi

Mais que tu vois, et loue…

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Que feras-tu de moi ? (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017



Que feras-tu de moi ?

Ce grand lis de soleil
ou cet arbre dans l’ombre ?
Cette aile qui s’élève
ou ce vaisseau qui sombre ?

Je ne sais…
Mais quoi qu’il advienne,
voici mes mains :
un oiseau
une graine
à la terre et au ciel,
à la vie, à la mort,
à la mer…

Voici mes mains
entre les tiennes.

(Christiane Barrillon)

Illustration

 

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Si tu ne marches au-dedans vers la Source (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2017



Si tu ne marches au-dedans vers la Source
Où la trouverais-Tu ?

À quoi bon ces mirages
Pour capter tes eaux vives
Si tu n’osais manquer
Ce ciel inattendu ?

Il est en toi un printemps
Un éveil à la vie,
Un rendez-vous d’amour qui n’est pas advenu,
Une halte près d’un puits, une étape à midi,
Une fête au soleil qui n’est pas accomplie,

Un silence qui t’appelle,
Un désert traversé,
Un pauvre qui a soif, un dialogue secret,

–>
Un Passant méconnu.

(Jean Lavoué)

Illustration: Piel-Colombo

 

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Comme Feuilles – Il Se déplie – Et puis – Il se referme – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Comme Feuilles – Il Se déplie –
Et puis – Il se referme –
Puis se perche sur la Capeline
De Quelque Bouton d’Or –

Puis dans sa course Il heurte
Et renverse une Rose –
Et puis il ne fait Rien –
Puis plus loin sur un Foc – Se pose –

Et balance, Grain de Poussière
Dans Midi suspendu –
Entre – revenir Ici-bas –
Ou migrer vers la Lune –

De Lui qu’adviendra-t-il la Nuit –
L’Ignorance borne
Le privilège de le dire –
De Lui qu’adviendra-t-il – Le Jour –

Où le Gel – étreindra le Monde –
Des Vitrines – le montrent –
Un Sépulcre en curieuse Soie floche –
Une Abbaye – un Cocon –

***

He parts Himself- like Leaves –
And then – He closes up –
Then stands opon the Bonnet
Of Any Buttercup –

And then He runs against
And oversets a Rose –
And then does Nothing –
Then away opon a Jib – He goes –

And dangles like a Mote
Suspended in the Noon –
Uncertain – to return Below –
Or settle in the Moon –

What come of Him at Night –
The privilege to say
Be limited by Ignorance –
What come of Him – That Day

The Frost – possess the World –
In Cabinets – be shown –
A Sepulchre of quaintest Floss –
An Abbey – a Cocoon –

(Emily Dickinson)

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Funeral blues (Wystan Hugh Auden)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



Funeral blues

Arrêtez les pendules, coupez le téléphone,
Donnez un os au chien pour l’empêcher d’aboyer,
Faites taire les pianos et dans un roulement assourdi,
Sortez le cercueil et que les pleureuses pleurent.

Que les avions qui tournent en gémissant
Dessinent sur le ciel ce message : Il Est Mort,
Nouez du crêpe au cou blanc des pigeons,
Gantez de coton noir les agents de police.

Il était mon Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest,
Ma semaine de travail, mon repos du dimanche,
Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant ;
Je pensais que l’amour durerait toujours : j’avais tort.

N’importe les étoiles à présent : éteignez-les toutes ;
Emballez la lune et démontez le soleil,
Videz l’océan et balayez la forêt,
Car rien de bon désormais ne peut plus advenir.

***

Funeral Blues

Stop all the clocks, cut off the telephone,
Prevent the dog from barking with a juicy bone,
Silence the pianos and with muffled drum
Bring out the coffin, let the mourners come.

Let aeroplanes circle moaning overhead
Scribbling on the sky the message ‘He is Dead’.
Put crepe bows round the white necks of the public doves,
Let the traffic policemen wear black cotton gloves.

He was my North, my South, my East and West,
My working week and my Sunday rest,
My noon, my midnight, my talk, my song;
I thought that love would last forever: I was wrong.

The stars are not wanted now; put out every one,
Pack up the moon and dismantle the sun,
Pour away the ocean and sweep up the wood;
For nothing now can ever come to any good.

(Wystan Hugh Auden)

Illustration: Ernest Biéler

 

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J’habiterai ce qui m’échappe (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017


 



Fait étrange: une fois perçu, ce qui s’annonce au loin
Se transforme en présage;
Et ce qui advient n’est manifeste

Qu’à la lumière de ce qu’on a vécu.
Le septième ciel, peut-être:
Toute la vérité d’un sixième sens disparu.

N’importe: le jour où la lumière se brisera sur moi
Comme naguère sur la route après Coleraine
Où le vent s’est fait plus salé, le ciel plus prompt,

Où un lamé d’argent a frémi sur Bann
Au milieu du canal, entre les poteaux peints,
J’habiterai ce qui m’échappe.

***

Strange how things in the offing, once they’re sensed,
Convert to things foreknown;
And how what’s come upon is manifest
Only in light of what has been gone through.

Only in light of what has been gone through.
Seventh heaven may be
The whole truth of a sixth sense come to pass.

At any rate, when light breaks over me
The way it did on the road beyond Coleraine
Where wind got saltier, the sky more hurried

And silver lamé shivered on the Bann
Out in mid-channel between the painted poles,
That day I’ll be in step with what escaped me.

(Seamus Heaney)

Illustration: Georges Jeanclos

 

 

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