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Poésie

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Les fleurs ne sont pas interrogatrices (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



 

Les fleurs ne sont pas interrogatrices.
Elles n’espèrent que le destin de devenir des livres d’amour pour les oiseaux
Ou mourir simplement et sans tristesse sous un regard de jeune fille.
Elles n’ont pas de doute du probable, l’amertume de l’irrévocable.

Elles n’ont pas de mémoire. Elles ont oublié le départ initial et la nostalgie du retour.
Elles donnent sans hésiter, comme les petits enfants aux mains de la bonne journée.
Leur gloire est de s’endormir dans le sein des morts.

Elles ne sont pas interrogatrices et ne demandent pas au vent d’où il vient
Ni où il va. Elles ne creusent pas la neige pour
trouver l’extrémité de la blancheur ; elles ne réfléchissent pas
Pour connaître le sort de leur ombre qui se perd dans les corridors de l’eau,
Et ne se demandent pas pourquoi roulent les voitures
pourquoi sonnent les horloges en blessant la mémoire,
Pourquoi naissent et meurent — meurent et naissent
les hommes,
Pourquoi les morts n’écoutent pas, pourquoi ils ne
parlent pas, pourquoi ils ne se présentent pas à l’autre entrée,
Ni ce qu’il est advenu de l’autrefois, cet avant tout
l’avant qui n’existe et ne revient pas en arrière,
Et ce qui est arrivé pour que le soleil s’en tienne à sa course en multipliant les chevaux,
en transformant les chevaux.

Qui sait, qui peut dire vers où se dirigent et vont les axes de l’éternel ?

Peut-être se dirigent-ils vers le point du début pour parfaire la circonférence

Pour terminer l’aventure de la fuite lointaine et
exclure du domaine de l’accompli, tous les possibles et tous les vols inutiles
En rejetant leur moi, en annulant leur moi
Sans commencement ni fin dans l’immobilité de la plénitude,
Scellant le mouvement parfait dans l’immobilité complète
Comme une statue, vaisseau en relief qui voyage, voyage…

Les fleurs seront pleinement accomplies en retrouvant leur réalité totale
Et leur gloire sera de se donner spontanément à ton regard parfait

(Georges Themelis)

Illustration

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Floraison (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
à Lucie Guillevic

Floraison
Une durée se ramifie
— Bois patient vers le ciel —
Jusqu’à fleurir

Quand nous advient-il
De rendre grâce ainsi ?

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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En l’an trois mille (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018


 


Adrian Chesterman 86

 

Nous n’avions rien et c’était peau de l’ange.
On nous disait de bâtir nos maisons,
qu’en l’an trois mille adviendrait la revanche,
symbole et foi, la joie des compagnons,
qu’au crayon bleu à biffer les frontières
la Terre en bloc serait un seul Pays,
que le Sacré remplacerait la guerre,
et que l’enfer deviendrait paradis.
C’est l’an trois mille et sommes en jachère
à repenser le problème des sots.
– L’argile tremble encore au cimetière
et l’on entend le combat des robots.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Adrian Chesterman

 

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Il advient au poète (René Char)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Il advient au poète d’échouer au cours de ses recherches sur un rivage
où il n’était attendu que beaucoup plus tard, après son anéantissement.
Insensible à l’hostilité de son entourage arriéré le poète s’organise,
abat sa vigueur, morcelle le terme, agrafe les sommets des ailes.

(René Char)

 

Recueil: En trente-trois morceaux et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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NUITS BLANCHES (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



 

NUITS BLANCHES

Personne ici,
et le corps dit : tout ce qui est dit
n’est pas à dire. Mais aussi
personne n’est un corps, et ce que dit le corps
n’est entendu de personne
hormis toi.

Chute de neige et nuit. La répétition
d’un meurtre
parmi les arbres. La plume
court à travers la terre : elle ne sait plus
ce qu’il adviendra, et la main qui la tient
a disparu.

Cependant, elle écrit.
Elle écrit : au commencement,
parmi les arbres, un corps venait
de la nuit. Elle écrit :
la blancheur du corps
est couleur de la terre. Elle est terre,
et la terre écrit : tout
est couleur du silence.

Je ne suis plus ici. Je n’ai jamais dit
ce que tu dis
que j’ai dit. Et pourtant, le corps est un lieu
où rien ne meurt. Et chaque nuit,
du silence des arbres, tu sais
que ma voix
s’avance vers toi.

(Paul Auster)

Illustration: Arthur Hughes

 

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Qui Quoi Où Quand Pourquoi Comment? (Serge Sautreau)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2017




Illustration: Philippe Ramette
    
Qui
Quoi

Quand
Pourquoi
Comment?

Six questions pour une seule et te voilà au monde
Six répères qui s’en vont déjà tu n’y es plus

Au septième dit-on toutes les six se rejoignent

Au septième plus de route plus de doute juste un point
ou une immensité plus étonnant encore
sans questions
sans repères
sans qui-quoi-où-quand ni pourquoi ni comment
Adieu nos sciences vive la vraie vie

Introuvable septième, toi qui hélas est non phénoménal
fais-nous signe comme tu veux et advienne que voilà

(Serge Sautreau)

 

Recueil: L’ANTAGONIE
Editions: Gallimard

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D’ici là (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017




    
D’ici là
D’un instant l’autre
L’inattendu adviendra
Quand le divin habitera l’intervalle.
Du dire à l’ouï-dire,
Du don à l’abandon,
Tout le souffle du printemps
Qu’un trait d’éclair retrace.
Les anciens rêves éclatant en bourgeon
Soif et ivresse demeurent intactes ;
Dans le rythme primordial retrouvé,
Source sera nuage et nuage averse.
D’ici là
D’un instant l’autre
Nous nous rejoindrons,
Chacun en avant de soi
S’étend de oe qu’il ouvre,
S’accroît de ce qu’il donne,
Toute fêlure offrande,
Toute en-tente
ex-tase.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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Dici là (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2017


D’ici là
D’un instant l’autre
L’inattendu adviendra
Quand les dieux habiteront l’intervalle
Du dire à l’entre-dire
Du don à l’abandon
Tout le respiré du printemps
Qu’un trait de sang retrace
La brûlure éclatant en bourgeons
Ivresse et soif demeurent intacts
Dans l’initial rythme retrouvé
Source sera nuage et nuage averse

D’ici là
D’un instant l’autre
Nous nous rejoindrons
Chacun en avant de soi
S’étend de ce qu’il ouvre
S’accroît de ce qu’il donne
Toute fêlure offrande
Toute en-tente
ex-tase

(François Cheng)

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Lorsque nous nous parlons Le rêve est à portée (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2017




    
Lorsque nous nous parlons
Le rêve est à portée
Lorsque nous nous taisons
Le rêve demeure intact

Apprenons à cueillir
Tout instant qui advient :
Sente gorgée de soleil
Grisée de lune, clairière…

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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L’éternité est là (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2017




    
L’éternité est là,
Un seul instant l’instaure.
L’instant où tu adviens
Et ouvres l’oeil et vois
Qu’avant de t’effacer
Rien ne sera su par toi

Mais que tu vois, et loue…

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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