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Poésie

Posts Tagged ‘affamée’

Sa brûlure (Sarah Friedland Ben-Arza)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



Sa brûlure

Sa brûlure j’ai essayé de la nier
mais j’étais pour elle une proie trop facile.
Avant même d’avoir été conçue,
affamée, des briques la question me guettait.
Et je tente trop tard une deuxième fois, puis une troisième fois
de voiler ou d’émietter ou de dissoudre
avec des outils inadéquats
et brisés
la Question qui est ma place.

(Sarah Friedland Ben-Arza)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Ce vol de feuilles mortes (Jacques Canut)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Ce vol de feuilles
mortes
qui détale à ras de plaine
s’engouffre dans la cour
d’une ferme
comme un peloton
de poules rousses
affamées

(Jacques Canut)


Illustration

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Existence incendiée (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



 

Mario Sanchez Nevado   ado [1280x768]

existence incendiée
désirant l’incendie

la beauté affamée
même avec sa souffrance

elle demande un c’est ainsi
le vent maigre sur l’allégorie

(Martine Broda)

Illustration: Mario Sanchez Nevado

 

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UNE JEUNE DEMENTE (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

UNE JEUNE DEMENTE

Cette jeune fille égarée qui improvisait sa musique,
Sa poésie, en dansant sur la rive,
Son âme divisée d’avec elle-même,
Grimpant, tombant elle ne savait où,
Se cachant dans la cargaison d’un navire de ligne,
Les rotules brisées, cette jeune fille, je la dis
Une chose grande et belle, ou encore une chose
Héroïquement perdue, héroïquement trouvée.

Peu importe quel désastre se produisait,
Elle se dressait, blessée, au milieu d’une musique désespérée,
Blessée, blessée, et de sa bouche triomphante,
Parmi les ballots épars et les corbeilles,
Ne sortait aucun son intelligible,
Mais ce seul chant : « Ô affamée de mer, mer affamée.»

***

A CRAZED GlRL

That crazed girl improvising her music,
Her poetry, dancing upon the shore,
Her soul in division from itself
Climbing, fafling she knew not where,
Hiding amid the cargo of a steamship,
Her knee-cap broken, that girl I declare
A beautiful lofty thing, or a thing
Heroically lost, heroically found.

No matter what disaster occurred
She stood in desperate music wound,
Wound, wound, and she made in her triumph
Where the bales an d the baskets lay
No common intelligibile sound
But sang, `O sea-starved, hungry sea.’

(William Butler Yeats)

Illustration: Arthur Hopkins

 

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L’âme (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Une ombre! Une ombre
est apparue
une menace encore
Qui sait ce qu’elle attend
de nous

Quand elle pénètre par
taches humides et muettes
à l’intérieur de nous

Elle semble faible affamée
dirait-on
méfiez-vous

L’âme! L’âme encore
la dévoreuse de lumières
en voudra toujours plus

(Werner Lambersy)

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L’inerte chanson (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017




    
L’inerte chanson

Combien de baisers en suspens
Au bord des lèvres affamées
Et parmi les palais absents
De princesses inanimées
Dormant à jamais embrumées
Sous l’or de leurs cheveux dolents.

Combien à l’ancre au fond du port,
Et malgré les voiles vermeilles,
Souplement arquant leur essor,
De bateaux captifs qui sommeillent
Et qui jamais n’appareillent
Que vers ce havre noir, la Mort.

Combien de lys n’ont point éclos
Dont l’aube dédaigna l’offrande;
Et, sur des îles de coraux
Où leurs bras vainement se tendent,
Combien d’exilés qui t’attendent,
O Mort, sous tes verts oripeaux!

(Marie Dauguet)

 

 

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LA GLYCINE (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017



LA GLYCINE

La glycine aux mamelles gonflées,
ployée sous son poids de parfum,
s’appuie au mur de la cabane
et son lait se répand,
coule mauve à déborder des yeux,
coule chaud sur les langues
jusqu’au fond des gorges affamées…
Au sol de toutes parts les corolles dressées,
bouches ouvertes, crient
dans les buissons d’abeilles soûles.

(Christiane Barrillon)

 

 

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Ensorcelée (Karin Boye)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



Ensorcelée

Quand tu es loin, mon âme est affamée, sauvagement.
Quand tu es là, je languis tout autant-
désemparée, je vois,
figée, fermée,
comme fuit la minute,
vide et stérile.

En secret j’ai voulu boire le subtil parfum de fleurs
royal et fier, de ton être, un vin sacré-
mais me voici, appesantie
comme en songe
assoiffée comme Tantale
dans les torrents limpides.

Aux heures de solitude ma langue a brûlé
de te dire les beautés que j’ai rêvées, que j’ai senties –
mais en ta présence
ma pensée sommeille,
ma porte est close
et mon coeur s’engourdit.

(Karin Boye)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Alain Bonnefoit

 

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