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Poésie

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Devant cet arbre immense et calme (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018




    
Devant cet arbre immense et calme
Tellement sûr de son amour
Devant cet homme qui regarde
Ses mains voltiger tout autour
De sa maison et de sa femme

Devant la mer et ses calèches
Devant le ciel épaule nue
Devant le mur devant l’affiche
Devant cette tombe encor fraîche

Devant tous ceux qui se réveillent
Devant tous ceux qui vont mourir
Devant la porte grande ouverte
A la lumière et à la peur

Devant Dieu et devant les hommes
A chaque vie d’être vécue.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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LES DIMENSIONS DU JOUR (VIII) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017



 

Illustration: Paul Delvaux
    
LES DIMENSIONS DU JOUR (VIII)

Dans les trains que les gares tirent
à bout portant sur la nuit,
dans la chambre où nous nous brûlons
au plomb fondu de l’amour,

dans la rue où tu passais tout à l’heure
en faisant descendre le ciel jusqu’à toi,
dans les mains qui ne peuvent déchirer
les dernières affiches du plus beau des couchants,

dans l’espace qu’on voudrait tirer à soi
pour le contraindre à s’ancrer quelque part,
dans les paroles lancées comme des amarres
qu’autour de nous rien ne peut retenir,

il y a toujours le même miroir où la vie regarde
sans savoir pourquoi les pas qu’elle entend décroître
sont ceux d’un être qui n’existe plus
que par les gestes que lui permet ton amour.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (II) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2017



Illustration: William Merritt Chase
    
LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (II)

Dis que tu entres dans ma chambre
tu la fais se tourner vers le soleil.
Le front sur toi de la plus faible lueur
et c’est tout le ciel qui t’enjambe.

Pour que mes mains puissent te toucher
il faut qu’elles se fraient un passage
à travers les blés dans lesquels tu te tiens,
avec toute une journée de pollen sur la bouche.

Nue, tu te jettes dans ma nudité
comme par une fenêtre
au-delà de laquelle le monde n’est plus
qu’une affiche qui se débat dans le vent.

Tu ne peux pas aller plus loin que mon corps
qui est contre toi comme un mur.
Tu fermes les yeux pour mieux suivre les chemins
que ma caresse trace sous ta peau.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Vivre ou ne pas vivre (Marc Lavoine)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017



    

Vivre ou ne pas vivre
Vivre son rêve même à tout prix
Tout donner le jour et la nuit
S’abandonner à l’infini

Vivre ou ne pas vivre
Pour la gloire, pour les sous
Pour un rêve devenu fou
Faut-il y aller à genoux

Vivre ou ne pas vivre
Pour cette passion qui nous dévore
Ou l’on peut voir passer la mort
Puisqu’elle fait partie du décor

(Vivre ou ne pas vivre)
Etre seul, être là
Etre enfin face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre fort, être faible,
Etre encore face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre nu, être bon
Etre doux face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre un jour, une nuit
Etre en vie face à soi même
Vivre ou ne pas vivre

Renoncer au grand amour
Danser sans arrêt, toujours
Mais y’a rien qui dure

Vivre ou ne pas vivre
Le paradis a son enfer
Est-ce la paix ? est-ce la guerre ?
La vie vaut-elle une carrière ?

(Vivre ou ne pas vivre)
Etre seul, être là
Etre enfin face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre fort, être faible,
Etre encore face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre nu, être bon
Etre doux face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre un jour, une nuit
Etre en vie face à soi même
Vivre ou ne pas vivre

Vivre ou ne pas vivre
Oh mon amour, ma raison
A l’affiche il y a mon nom
Comment dire oui, comment dire non ?

Vivre ou ne pas vivre
Dans les poussières de la scène
Ou doivent se jeter dans la Seine
A corps perdu
A perdre haleine

(Vivre ou ne pas vivre)
Etre seul, être là
Etre enfin face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre fort, être faible,
Etre encore face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre nu, être bon
Etre doux face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre un jour, une nuit
Etre en vie face à soi même
Vivre ou ne pas vivre

(Marc Lavoine)

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La peste (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2016



RETOUR-PESTE  0

La peste

Dans la rue un pas retentit. La cloche n’a qu’un seul
battant. Où va-t-il le promeneur qui se rapproche
lentement et s’arrête par instant? Le voici devant
la maison. J’entends son souffle derrière la porte.

Je vois le ciel à travers la vitre. Je vois le ciel où les
astres roulent sur l’arête des toits. C’est la grande
Ourse ou Bételgeuse, c’est Vénus au ventre blanc, c’est
Diane qui dégrafe sa tunique près d’une fontaine de lumière.

Jamais lunes ni soleils ne roulèrent si loin de la
terre, jamais l’air de nuit ne fut si opaque et si
lourd. Je pèse sur ma porte qui résiste…

Elle s’ouvre enfin, son battant claque contre le
mur. Et tandis que le pas s’éloigne je déchiffre
sur une affiche jaune les lettres noires du mot «Peste».

(Robert Desnos)

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LE VOYAGE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2016




LE VOYAGE

Dans la station de métro.
Le coude à coude entre les affiches
dans une lumière morte au regard égaré.

Le train arriva pour emmener
les visages et les porte-documents.

À la prochaine, l’obscurité. Nous étions assis
comme des statues dans ces voitures
qui dérapaient dans les cavernes.
Contraintes, rêveries, servitudes.

On vendait les nouvelles de la nuit
aux arrêts situés sous le niveau de la mer.
Les gens étaient en mouvement, chagrins et
taciturnes sous le cadran des horloges.

Le train transportait
les pardessus et les âmes.

Dans tous les sens, des regards
lors du voyage dans la montagne.
Et nul changement en vue.

Près de la surface pourtant, les bourdons
de la liberté s’étaient mis à vrombir.
Nous sortîmes de terre.

Une seule fois, le pays battit
des ailes avant de s’immobiliser
à nos pieds, vaste et verdoyant.

Les épis de blé arrivaient en vol
au-dessus des quais.
Terminus! J’étais allé
bien au-delà.

Combien étions-nous encore? Quatre,
cinq, à peine plus.

Et les maisons, les routes, les nuages,
les criques bleues et les montagnes
ouvrirent leurs fenêtres.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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ROSA FÂCHÉE (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2015



 

William Dyce   (8)

ROSA FÂCHÉE

Une querelle. Pourquoi ?
Mon Dieu ! parce qu’on s’adore.
A peine s’est-on dit Toi
Que Vous se hâte d’éclore.

Le coeur tire sur son noeud ;
L’azur fuit ; l’âme est diverse.
L’amour est un ciel, qui pleut
Sur les amoureux à verse.

De même, quand, sans effroi,
Dans la forêt que juin dore,
On va rôder, sur la foi
Des promesses de l’aurore,

On peut être pris le soir,
Car le beau temps souvent triche,
Par un gros nuage noir
Qui n’était pas sur l’affiche.

(Victor Hugo)

Illustration: William Dyce

 

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J’écris sur le ciel (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2015



J’écris
Sur le ciel
Avec une plume arrachée au vol de l’oiseau rapide
Sur le sable avec mon doigt
Sur tous les murs de la ville avec de la peinture
Sur la feuille vierge
Avec un crayon bien taillé
Sur l’écorce de l’arbre avec un couteau
Sur le tableau noir
Avec des craies de toutes les couleurs
J’écris ton prénom
Qui n’est pas toujours le même
Car à chaque fois
Le vent l’emporte
La vague le submerge
Les affiches le recouvrent
La gomme l’efface
La cognée l’abat
Le chiffon l’essuie.

(Jean-Baptiste Besnard)

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