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Posts Tagged ‘affinité’

Allégorie du temps (Concha García)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



 

 Illustration: Oreste Conti 
    
Allégorie du temps

Nous sommes relativement heureux,
et ensemble nous vivions dans une affinité
absolue ; les mots
ne peuvent exprimer l’expérience.
Moi non plus.

***

Alegoría del tiempo

Somos moderadamente felices,
los dos vivíamos en una afinidad
absoluta: las palabras
no pueden expresar la experiencia.
Yo tampoco.

(Concha García)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Affinité d’ombres et de fleurs en le soir (Wincenty Korab-Brzozowski)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2016



Albert Lynch 00

 

Affinité d’ombres et de fleurs en le soir

Ô le tournoiement d’Ombres mortes
En l’espace bleu des airs vifs,
Et les cascades sous les portes,
Des noir palais pensifs des ifs !

Ô les danses sans pleurs de violes
Des diamants du ciel pâli,
Et les valses des lucioles
Sur l’herbe en pleurs, en fleurs d’oubli !

Aimez-vous les camélias,
Ophélia ?
Julia ?

Aimez-vous les acacias
Languissant au vent sonore,
Porcia ?
Léonore ?

La tubéreuse au long abandon,
Ninon ?

Sur la pourpre royale, le lys,
Alice ?

Ô le tournoiement d’Ombres mortes
– Ophélia, Julia, Porcia, Léonore, Ninon, Alice –
En l’espace bleu des airs vifs,
Et les cascades sous les portes
Des noirs palais pensifs des ifs !

La lune, pâle esquif d’acier,
Emporte la Fleuriste triste ;
Les fleurs meurent sur les glaciers
– Camélias, acacias, tubéreuses, lys –
Toutes les fleurs de la Fleuriste !

Ô les danses sans pleurs de violes
Des diamants du ciel pâli,
Et les valses des lucioles
Sur l’herbe en pleurs, en fleurs d’oubli !

(Wincenty Korab-Brzozowski)

Découvert ici : poetespolonais

Illustration: Albert Lynch

 

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Cette quête (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2016



Les murs ne tombent pas
[38]

Cette quête de parallèles historiques,
recherche dans les affinités psychiques,

a déjà été usée jusqu’à la corde,
sera recommencée ;

aucun commentaire ne peut altérer les réalités spirituelles
(dis-tu) ou à nouveau ;

quelle lumière nouvelle pourrais-tu
jeter sur elles ?

mon esprit (le tien),
ta façon de penser (la mienne),

chacun a sa propre carte complexe,
des fils se tissent au-dessus et au-dessous

de l’expansion végétale
des aptitudes biologiques,

tendances héritées,
effort intellectuel

de toute la race,
son flux et son reflux ;

mais mon esprit (le tien)
a sa propre approche

égocentrique et spécifique
des réalités extérieures,

et diffère de tous les autres
par de minuscules particularités,

comme le tracé des veines sur chaque feuille
diffère de celui de tout autre feuille

dans la forêt, comme chaque flocon de neige
a sa forme particulière d’étoile, de corail ou de prisme.

***

This search for historical parallels,
research into psychic affinities,

has been done to death before,
will be done again;

no comment can alter spiritual realities
(you say) or again,

what new light can you possibly
throw upon them?

my mind (yours),
your way of thought (mine),

each has its peculiar intricateap,
threads weave over and under

the jungle-growth
of biological aptitudes,

inherited tendencies,
the intellectual effort

of the whole race,
its tide and ebb;

but my mind (yours)
has its peculiar ego-centric

personal approach
to the eternal realities,

and differs from every other
in minute particulars,

as the vein-paths on any leaf
differ from those of every other leaf

in the forest, as every snow-flake
has its particular star, coral or prism shape.

(Hilda Doolittle)

Illustration

 

 

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Madrigal panthéiste (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2016



Mara Dominioni 544

Affinités secrètes

Madrigal panthéiste

Dans le fronton d’un temple antique,
Deux blocs de marbre ont, trois mille ans,
Sur le fond bleu du ciel attique
Juxtaposé leurs rêves blancs ;

Dans la même nacre figées,
Larmes des flots pleurant Vénus,
Deux perles au gouffre plongées
Se sont dit des mots inconnus ;

Au frais Généralife écloses,
Sous le jet d’eau toujours en pleurs,
Du temps de Boabdil, deux roses
Ensemble ont fait jaser leurs fleurs ;

Sur les coupoles de Venise
Deux ramiers blancs aux pieds rosés,
Au nid où l’amour s’éternise
Un soir de mai se sont posés.

Marbre, perle, rose, colombe,
Tout se dissout, tout se détruit ;
La perle fond, le marbre tombe,
La fleur se fane et l’oiseau fuit.

En se quittant, chaque parcelle
S’en va dans le creuset profond
Grossir la pâte universelle
Faite des formes que Dieu fond.

Par de lentes métamorphoses,
Les marbres blancs en blanches chairs,
Les fleurs roses en lèvres roses
Se refont dans des corps divers.

Les ramiers de nouveau roucoulent
Au coeur de deux jeunes amants,
Et les perles en dents se moulent
Pour l’écrin des rires charmants.

De là naissent ces sympathies
Aux impérieuses douceurs,
Par qui les âmes averties
Partout se reconnaissent soeurs.

Docile à l’appel d’un arome,
D’un rayon ou d’une couleur,
L’atome vole vers l’atome
Comme l’abeille vers la fleur.

L’on se souvient des rêveries
Sur le fronton ou dans la mer,
Des conversations fleuries
Prés de la fontaine au flot clair,

Des baisers et des frissons d’ailes
Sur les dômes aux boules d’or,
Et les molécules fidèles
Se cherchent et s’aiment encor.

L’amour oublié se réveille,
Le passé vaguement renaît,
La fleur sur la bouche vermeille
Se respire et se reconnaît.

Dans la nacre où le rire brille,
La perle revoit sa blancheur ;
Sur une peau de jeune fille,
Le marbre ému sent sa fraîcheur.

Le ramier trouve une voix douce,
Echo de son gémissement,
Toute résistance s’émousse,
Et l’inconnu devient l’amant.

Vous devant qui je brûle et tremble,
Quel flot, quel fronton, quel rosier,
Quel dôme nous connut ensemble,
Perle ou marbre, fleur ou ramier ?

(Théophile Gautier)

Illustration: Mara Dominioni

 

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N’est-ce pas cela : la beauté ? (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016



Lorsque le réel nous saisit, cette impression, tout à la
fois, d’étrangeté et de profonde affinité, n’est-ce pas cela :
la beauté ?

Étrangers à cette réalité que nous avons désertée. Et
pourtant : cette familiarité qui demeure avec les choses.
Ce merveilleux sentiment d’une commune appartenance.

L’étranger fait retour. Il est d’ailleurs, et le voici,
soudain, en ce lieu ancien, comme parfaitement chez lui.

(Gérard Pfister)

Illustration

 

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