Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘affoler’

Le bourdonnement du taon (Aphorismes Bretons)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2017



Illustration: Julien Dupré
    
Wesh-Wesh an dabonenn
Lak ar saout da vrechenn.

Le bourdonnement du taon
Affole les vaches

(Aphorismes Bretons)

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

J’ai longtemps attendu (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017



Illustration: Amedeo Bocchi
    
J’ai longtemps attendu sur le versant sud de la lumière
L’arrivée de l’aimée
Embellie des jours suspendus

J’ai imaginé sa voix
J’ai dessiné la grâce de ses mouvements
Je l’ai invitée dans mes rêves
Je l’ai habillée
Robes et kaftans d’Orient

J’ai marché sur le fil improbable du désir
Une rencontre c’est un peu de hasard
Le temps et le vide
La raison et l’absurde qui sourient

Il faut renoncer à comprendre
Prendre le train de la nuit
Les yeux fermés
Et la lumière au bout du tunnel

J’ai longtemps vécu d’espoir
Embarqué par l’illusion
Un doux mensonge à soi
Une promesse et du vent

Sur les lèvres gercées du temps
Sur le corps meurtri par l’attente
Dans la clarté des évidences
J’ai vu l’aimée
Avancer vers l’horizon où j’ai enfoui mon visage

L’ai-je vue ou imaginée
Je sais qu’elle existe
Je sais son sourire qui affole les regards
Je sais les yeux mouillés de brume
Les mains prêtes pour recevoir

Je sais qu’elle viendra un jour
Ramasser ce qui subsistera de mes solitudes
Elle m’emmènera là où on dépose
Les âmes et les armes.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Plainte d’Automne (Bernard de Louvencourt)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2017




    
Plainte d’Automne

Entends soudain, dans la rousseur des champs,
Cet hymne lent que la nature entonne…
Entends ! les bois ont des accents touchants
D’automne.

Tout s’est fané. L’été meurt aux buissons.
L’autre saison sourit, frêle et morose,
Vient se bercer au loin de longs frissons
De rose…

Adieu les fleurs ! Adieu les papillons !
L’arbre jaunit, se balance et s’allège,
Et l’on croirait, à voir ses tourbillons,
Qu’il neige.

Les gazouillis ont déserté les bois :
Il n’est plus rien des notes que tu cueilles.
C’est vrai. Mais tout est plus vibrant de voix
De feuilles.

C’est une plainte au loin se soulevant,
Et qui palpite et qui retombe, lasse ;
Et, tant de pleurs ne sont qu’un peu de vent
Qui passe…

Quand elle souffle et vient tout affoler
Devines-tu que les heures sont brèves?
Rêves-tu donc — ou crains-tu d’envoler
Tes rêves?

Peut-être au vent crispé du clair matin,
Regrettes-tu la chaleur qui sommeille ;
L’aimes-tu mieux, sur des cieux de satin,
Vermeille?

Réfléchis-tu que nous sommes ainsi
Que cette fouille à terre, tournoyante,
— Jamais constants parce que le Souci
Nous hante?

Réfléchis-tu que la feuille en remous
Est notre image et celle de la vie :
Près du bonheur que chacun d’entre nous
Dévie?

Réfléchis-tu que ce tourbillon d’or
Est le destin qui chaque jour emporte ;
Que nous mourrons… et que l’âme qui dort
Est morte ?

Écoute, long, le charme frissonnant
De ce qui tombe au grand bois qui fredonne ;
Suis cette course — au vent — traînant —
D’automne…

(Bernard de Louvencourt)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ô toi (Paule Riversdale)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Illustration: Marie Laurencin
    
Ô toi dont le beau corps est fait de volupté,
Toi, dont le clair regard séduit, affole et grise,
J’aime frôler et voir ta pâle nudité,
Et cueillir sur ta bouche une douceur promise ;

Me pâmer de bonheur et n’entendre aucun bruit ;
Oublier que j’existe et vivre dans un songe ;
Fermer les yeux, rêver, me perdre dans la nuit,
Quand l’écho des aveux ardemment se prolonge.

(Paule Riversdale)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ODE SUR LE REFUS D’UN BAISER (Charles de l’Espine)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017



Illustration: Jean Honoré Fragonard
    
ODE SUR LE REFUS D’UN BAISER

Tu te plains, petite mauvaise,
Que s’il advient que je te baise
Tout aussitôt ma langue y court.
Quoi donc, le baiser d’une fille.
Si la langue ne me frétille,
Me semble trop fade et trop court.

Baiser une bouche fermée,
Qui d’esprit n’est point animée,
Sans goût, humeur ni sentiment,
Et baiser l’image muette
Que Pygmalion s’était faite,
C’est affoler également.

Tu permets que ma lèvre touche
Le divin corail de ta bouche,
A ma langue le refusant.
Mais ne crains-tu pas qu’elle pense
Qu’on ne croit pas à son silence,
Et se venge en nous accusant?

Que la tienne, petite folle,
Avec la mienne se colle,
Et que par un si doux lien
Mon cœur avec ton cœur s’assemble ;
Puis elles jureront ensemble
Toutes deux de n’en dire rien.

Penserais-tu, bouche envieuse.
Que la manne délicieuse
D’un baiser ne fût que pour toi?
Tu n’es faite de la nature
Que pour être sa couverture
Et le receler sous ta foi.

Alors que sur tes lèvres closes
Je tâche de cueillir des roses,
J’entends, d’un murmure jaloux,
Ta langue qui te dit : Mauvaise !
Pourquoi ne serais- je bien aise
De baiser aussi bien que vous ?

Ouvre-toi donc, bouche mignarde,
Et si ma langue frétillarde
A plus d’amour que de raison,
Au retour ferme-lui la porte
Et fais si bien qu’elle n’en sorte
D’une bonne heure de prison.

(Charles de l’Espine)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ouvrez la fenêtre (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



 

Ouvrez la fenêtre
Mordez la mort
Affolez la folie
Désespérez le désespoir

(Zéno Bianu)

Illustration: Samuel Van Hoogstraten

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | 2 Comments »

Quand le vent revient ivre (Gilbert Cesbron)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



Quand le vent revient ivre,
il rabat les volets,
décroche les enseignes,
frappe à toutes les portes
et fait peur aux enfants
par chaque cheminée.

Garnement de l’espace,
as-tu bientôt fini
d’affoler les drapeaux,
de tourmenter les arbres
et de souffler partout
ces mauvaises nouvelles
où sombrent les navires ?

(Gilbert Cesbron)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :