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LA SOLITUDE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



 

Illustration: Edmond Grandjean
    
LA SOLITUDE

Pour qui maintenant farderais-je mes lèvres ?
Pour qui polirais-je mes ongles ?
Pour qui parfumerais-je mes cheveux ?

Pour qui mes seins poudrés de rouge, s’ils ne doivent plus la tenter?
Pour qui mes bras lavés de lait s’ils ne doivent plus jamais l’étreindre!

Comment pourrais-je dormir?
Comment pourrais-je me coucher?
Ce soir, ma main, dans tout mon lit, n’a pas trouvé sa main chaude.

Je n’ose plus rentrer chez moi, dans la chambre affreusement vide.
Je n’ose plus rouvrir la porte.
Je n’ose même plus rouvrir les yeux.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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La mort, sous un certain aspect, est affreusement inabordable (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2016



Paul Valery (1871-1945) ecrivain francais vers 1930 --- Paul Valery (1871-1945) french writer c. 1930

Paul Valery (1871-1945) ecrivain francais vers 1930 — Paul Valery (1871-1945) french writer c. 1930

La mort, sous un certain aspect, est affreusement inabordable.
On ferait je ne sais quoi pour y échapper.
Toute l’épouvante possible forme un pays infini et infiniment redoutable,
qui gît entre elle et nous c’est-à-dire entre nous et nous.

Mais par un autre regard, elle est nette, et plus claire que tout,
et subitement fin de toutes les peines,
tellement que l’on pense inévitablement à cette chose absurde
de se tuer pour ne pas mourir,
et qu’on prend cette seconde mort
comme le recours contre la première, qui est la même.

(Paul Valéry)

 

 

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