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Poésie

Posts Tagged ‘affronter’

Tu creuses rampes (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2021




    

tu creuses
rampes
t’ouvres
un passage

mais tu n’es
jamais
prêt

jamais assez aguerri

jamais digne
d’affronter
la rencontre

alors tu lis
enquêtes sondes
questionnes

et sans relâche
tu progresses
puis te portes
d’un bond
au plus extrême

et là
doigts gourds
mains tuméfiées
au lieu de rafler
ce dont tu espérais
te saisir
dans un trouble
infini
tu palpes
le mystère

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Trottoirs dangereux (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2020



Trottoirs dangereux.
Mais cette année j’affronte la glace
Avec la canne de mon père.

(Seamus Heaney)

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LOIN DES YEUX (Jean-Claude Xuereb)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2020



 

LOIN DES YEUX

Loin des yeux
le coeur constant
continue de battre
dans l’inconscient
d’une chair assoupie

Aux yeux qui vont s’ouvrir
l’affût du réel offre
à vaincre l’apparence
entre refus et audace
pour oser l’affronter

Chaque instant singulier
éclate au quotidien
dans l’éblouissement du neuf
avant de s’effacer
incertain de renaître

L’écrit ou le dessin
sauraient-ils façonner
la trace délébile
de fuyante lumière
dans la trame des jours ?

(Jean-Claude Xuereb)

 

 

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Le coeur en tollé (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2019


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Le coeur en tollé
L’âme craquante
Affronte le jour

(Andrée Chedid)

Illustration

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BARDO (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2019




    
BARDO
(Métamorphose des 5 poisons)

Je garde l’énergie d’une colère sans haine,
j’affronte l’ignorance sans cérémonie,
je repousse l’émotion jalouse sans complaisance,
j’accède à l’intensité du désir sans plus d’attachement,
je sais l’orgueil nocif mais tiens au sursaut de l’être
à l’aplomb de lui-même.

(Vairocana)
Ce n’est déjà plus l’heure
de survivre à blanc
au centre des illusions ou des cieux,
la roue a pris le temps de vitesse
et distancé les dieux,
elle rejoint la sphère pareille
à la conscience pure, sans limites et sans âge.

(Aksobhya)
J’ai confié ma colère
à la lumière bleue
qui se lève à l’est,
ô sagesse, ô miroir,
comme un baiser à bouche close
chante un autre ciel
libre de nos enfers.

(André Velter)

 

Recueil: Le Haut-Pays suivi de La traversée du Tsangpo
Traduction:
Editions: Gallimard

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James Joyce (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2019


 


 

James Joyce

Dans un jour de l’homme sont réunis
les jours du temps, depuis l’inconcevable
jour initial où un Dieu effroyable
fixa d’avance jours et agonies,
jusqu’au jour où le fleuve omniprésent
du temps humain revivra sa naissance,
l’Éternel, et mourra dans le présent,
l’hier, le futur, et dans mon existence.
Entre l’aube et la mort, il y a l’histoire
universelle de la nuit, je peux
voir à mes pieds les chemins de l’Hébreu,
Carthage annihilée, Enfer et Gloire.
Accorde-moi, seigneur, joie, force, amour,
pour affronter la cime de ce jour.

(Jorge Luis Borges)

 

 

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Le Pêcheur (Jacqueline Wiener)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



Fisherman   

Le Pêcheur

Parmi les ouvriers qui vont pérégrinant
le long du chemin d’cette chienne de vie,
J’aime par-dessus tout le pauv’Pêcheur.
Il a bien des malheurs quelquefois;
il doit lutter bien dur
pour gagner sa pitance…
qu’il fasse mauvais jour,
il n’hésite jamais.
ll n’hésite jamais aux menaces du temps,
gagne le large
le front serein.
ll n’hésite jamais
d’aller vers l’inconnu…
qu’il pleuve,
qu’il tonne
toujours il se défend…
Parmi les ouvriers qui vont pérégrinant
Le long du chemin d’cette chienne de vie
J’aime par-dessus tout le pauv’pêcheur,
qui n’hésite jamais
d’affronter le danger,
de traverser la mer;
Cette mer cruelle qui offre
un triste sort,
Cette mer « qui tant a semé de deuils autour d’elle… »
J’aime le voir dans le matin clair
offrir les voiles aux vents,
Et, debout, sur sa barque brune
Scruter l’horizon…

(Jacqueline Wiener)

Illustration: Patrice Piard

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Ils ignoraient qu’on prît le train pour l’enfer (Charlotte Delbo)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2019



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Ils ignoraient qu’on prît le train pour l’enfer
mais puisqu’ils y sont
ils s’arment et se sentent prêts à l’affronter
avec les enfants les femmes les vieux parents
avec les souvenirs de famille et les papiers de famille.

(Charlotte Delbo)

 

 

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Que la lune brouillardeuse éclaire (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration: Caroline Duvivier
    
Que la lune brouillardeuse éclaire

Cette nuit que je voulais sereine et solitaire à ma table

Voici la mémoire pauvre, l’idée enfuie
Tellement je suis perméable à cet air blanc
Dans la boule de la terrestre chambre
Blanche et peu bénéfique à mon projet

Terre lunaire, brouillard d’une table
Appauvrissement du souvenir et de la volonté
Quel bénéfice ouvrirait l’air
Au cahier de
Diane et de l’orage
Entre boule blanche et vierge enfouie
Quand la seule mémoire de l’Instant
Tue la lumière du songe Ô paradoxe à vivre dans cette claire ombre et son refus énigmatique

Que la lune à cette fin me laisse

A ma paresse dans mon aire

La pauvreté larvaire de notre calendrier

Me faisant incapable d’affronter l’heure

le passage des astres divins
De lire à la volée le dedans et le dehors
Au-dessus de ma peau les nuées
En moi le rire et le regret de
Ton regret

(Jacques Chessex)

 

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Il est des créatures (Pétrarque)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2018



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Il est des créatures dont le regard
Est si altier qu’il soutient le soleil.
D’autres, que fait souffrir trop de lumière,
Ne sortent de leur antre que vers le soir.

Et d’autres, les insensées, qui ont désir
De jouir de la flamme, puisqu’elle brille.
Celles-là, c’est son autre vertu qui les consume.

Hélas, je suis de cet essaim fugace.
Car je ne puis affronter la lumière
De cette dame, et non plus ne sais faire
Un écran des lieux sombres, des crépuscules.

En dépit de mes yeux meurtris et pleins de larmes,
Je n’ai de vie qu’à chercher à la voir,
Et je sais que je cours à ce qui me brûle.

***

Son animali al mondo de si altera
vista che ‘ncontra ‘l sol pur si difende;
altri, perb che ‘l gran lume gli offende,
non escon fuor se non verso la sera;

et altri, col desio folle che spera
gioir forse nel foco, perché splende,
provan l’altra verni, quella che ‘ncende:
lasso, e ‘l mio loco è ‘n questa ultima schera.

Ch’i’ non son forte ad aspectar la luce
di questa donna, et non so fare schermi
di luoghi tenebrosi, o d’ore tarde:

perb con gli occhi lagrimosi e ‘nfermi
mio destino a vederla mi conduce;
et so ben ch’i’ vo dietro a quel che m’arde.

(Pétrarque)

 

Recueil: Je vois sans yeux et sans bouche je crie
Traduction: Yves Bonnefoy
Editions: Galilée

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