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Poésie

Posts Tagged ‘affût’

Attendre attendre (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020



Illustration: Viviane-Josée Restieau
    
attendre attendre
demeurer inerte
laisser s’approfondir
le silence

mais la faim ronge
s’exacerbe
voudrait me contraindre
à forcer le seuil

surtout
ne rien tenter
ne rien forcer
et d’un mouvement feutré
suspendre l’affût

endurer la brûlure

attendre
encore
attendre

aller plus avant
dans la nudité
qui ouvrira
le passage

(Charles Juliet)

Découvert ici: https://misquette.wordpress.com/

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Les tueurs sont à l’affût (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2020



Brahim Bouarram    
    
Les tueurs sont à l’affût*

Mère, ma superbe
mon imprudente
Toi qui t’apprêtes à me mettre au monde
De grâce, ne me donne pas de nom
Car les tueurs sont à l’affût

Mère, fais que ma peau
soit d’une couleur neutre
Les tueurs sont à l’affût

Mère, ne parle pas devant moi
Je risque d’apprendre ta langue
et les tueurs sont à l’affût

Mère, cache-toi quand tu pries
laisse-moi à l’écart de ta foi
Les tueurs sont à l’affût

Mère, libre à toi d’être pauvre
mais ne me jette pas dans la rue
Les tueurs sont à l’affût

Ah mère, si tu pouvais t’abstenir
attendre des jours meilleurs
pour me mettre au monde
Qui sait
Mon premier cri
ferait ma joie et la tienne
Je bondirais alors dans la lumière
comme une offrande de la vie à la vie

* Poème à la mémoire de Brahim Bouarram,
jeune Marocain jeté et noyé dans la Seine, le 1er mai 1995,
par un groupe de skinheads venant d’une manifestation du Front national.

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Voulez-vous m’accorder cette danse (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2019



Illustration
    
voulez-vous m’accorder cette danse
et le supplicebonheur de vivre à l’affût
d’être touché par l’infime

(Jacques Dupin)

 

Recueil: Coudrier
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Ombres (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2019




    
Ombres

Vous voilà de nouveau près de moi
Souvenirs de mes compagnons morts à la guerre
L’olive du temps
Souvenirs qui n’en faites plus qu’un
Comme cent fourrures ne font qu’un manteau
Comme ces milliers de blessures ne font qu’un article de journal
Apparence impalpable et sombre qui avez pris
La forme changeante de mon ombre
Un Indien à l’affût pendant l’éternité
Ombre vous rampez près de moi
Mais vous ne m’entendez plus
Vous ne connaîtrez plus les poèmes divins que je chante
Tandis que moi je vous entends je vous vois encore
Destinées
Ombre multiple que le soleil vous garde
Vous qui m’aimez assez pour ne jamais me quitter
Et qui dansez au soleil sans faire de poussière
Ombre encre du soleil
Écriture de ma lumière
Caisson de regrets
Un dieu qui s’humilie

(Guillaume Apollinaire)

 

Recueil: Bris de vers Les émeutiers du XXè siècle
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Illusion de jardins accomplis (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



Aux racines du rêve
et dans la chair gourmande

Encordés aux mots
à l’affût des étoiles

Nous naviguons vers l’illusion de jardins accomplis

(Andrée Chedid)

Illustration: Marc Chagall

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Le chant qui tourne et qui s’élève (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



Illustration: Noèla Morisot
    
Le chant qui tourne et qui s’élève
À la merci du vent d’été
Quand un poème se compose
Dont personne n’est l’auteur

Il y a des jours il y a des heures
Où je suis ivre d’avoir été,
En tel jour tel homme telle heure
À l’affût du plus jamais.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Trézeaux
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le coeur se tourne vers sa nuit (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018



Le coeur se tourne vers sa nuit,
Scrutant le coin le plus sombre à l’affût de l’aube
D’un soleil enseveli :
Il n’en est pas d’autre.

***

Heart turns into its night
Scanning the darkest quarter for the dawn
Of a sun that set:
Else there is none.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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Chant de l’Âme (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2018



Chant de l’Âme

transparent et dévasté
il ouvre
le fond des mondes

ouvre
les étoiles
aimantées
aux gravats du coeur

il marche
vers l’intérieur de soi
par foulées
d’incantations

marche
vers les tables de l’abandon

où il faut
revenir
fièvre en haleine
aux récits du ciel sombre

où il faut
obstinément
revenir
en poignées d’infini

recueillant
des passages ciel-terre
des sommeils
renversés

obstinément

rendre grâce
aux livres d’épreuves
aux caps d’engouffrement
tatouage de ruines
et poudre de vie

il montre
ce qui fleurit sans fin
dans l’ombre
bleue

à l’affût de lui-même
à l’affût du très vif

la pulpe
d’arc-en-ciel
sépulture de rosée
sur la montagne des vivants

(Zéno Bianu)


Illustration

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Chagrin funambule (Michel Thion)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2018



le regard
un chagrin
funambule

une araignée
à l’affût

(Michel Thion)


Tiré de son livre “Origami” ici

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GRAMMAIRE DES ÉTOILES (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



Illustration: Noèla Morisot
    
GRAMMAIRE DES ÉTOILES

un livre des haltes
pour recueillir
le ciel épuisé

une boîte crânienne
où le désespoir
n’existerait pas

stèle de vie
pour mourir aux choses

chambre sans fin
de l’arc-en-ciel

on entre ici
dépeuplé
pour éprouver
tout son être

on ne fuit plus
le monde
c’est lui
qui nous quitte

pierre d’angle
du dernier tiers
de la nuit

pierre noire
au plus haut
de l’esprit

à l’extrême instant
d’un battement
de paupières

à l’affût de soi-même
pour s’arracher
au sommeil

ébloui
ébloui
devant les murs
du cœur

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment Proche suivi de Le désespoir n’existe pas
Traduction:
Editions: Gallimard

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