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Poésie

Posts Tagged ‘agacer’

JE RENTRE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2019




    
JE RENTRE

Mon chapeau se cabosse
j’entends maintenant les aboiements récents
la fenêtre m’applaudit aussitôt
et ma table sourit

je regarde au loin le bouton de sonnette
et le vent actif agace mes cheveux
l’être innombrablement ailé je le suis aussitôt
je partis oubliant mon cerveau

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Le beau navire (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



 

Le beau navire

Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !
Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ;
Je veux te peindre ta beauté,
Où l’enfance s’allie à la maturité.

Quand tu vas balayant l’air de ta jupe large,
Tu fais l’effet d’un beau vaisseau qui prend le large,
Chargé de toile, et va roulant
Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent.

Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
Ta tête se pavane avec d’étranges grâces ;
D’un air placide et triomphant
Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.

Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !
Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ;
Je veux te peindre ta beauté,
Où l’enfance s’allie à la maturité.

Ta gorge qui s’avance et qui pousse la moire,
Ta gorge triomphante est une belle armoire
Dont les panneaux bombés et clairs
Comme les boucliers accrochent des éclairs,

Boucliers provoquants, armés de pointes roses !
Armoire à doux secrets, pleine de bonnes choses,
De vins, de parfums, de liqueurs
Qui feraient délirer les cerveaux et les coeurs !

Quand tu vas balayant l’air de ta jupe large,
Tu fais l’effet d’un beau vaisseau qui prend le large,
Chargé de toile, et va roulant
Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent.

Tes nobles jambes, sous les volants qu’elles chassent,
Tourmentent les désirs obscurs et les agacent,
Comme deux sorcières qui font
Tourner un philtre noir dans un vase profond.

Tes bras, qui se joueraient des précoces hercules,
Sont des boas luisants les solides émules,
Faits pour serrer obstinément,
Comme pour l’imprimer dans ton coeur, ton amant.

Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
Ta tête se pavane avec d’étranges grâces ;
D’un air placide et triomphant
Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.

(Charles Baudelaire)

Illustration: John William Waterhouse

 

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Coeur mal fléché (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018


La flèche qui se prépare, qui te dépasse, qui t’agace,
qui se rapproche, qui se détourne,
la flèche qui se fichera,
qui te délivra,
ta flèche.

Qui la garde?
Tenue sous quel sein
qui peut-être s’y blesse.
Empennée d’un sang qui cherche le tien.
Elle chemine en vain, se tend, elle tremble.
Elle doit t’atteindre… Oh! Comme elle te manque,
celle qui t’attend, qui ne sait pas, qui gémit.

(André Frénaud)

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Les roses que j’aimais (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

Les roses que j’aimais …

Les roses que j’aimais s’effeuillent chaque jour ;
Toute saison n’est pas aux blondes pousses neuves ;
Le zéphyr a soufflé trop longtemps ; c’est le tour
Du cruel aquilon qui condense les fleuves.

Vous faut-il, allégresse, enfler ainsi la voix,
Et ne savez-vous point que c’est grande folie,
Quand vous venez sans cause agacer sous mes doigts
Une corde vouée à la mélancolie ?

(Jean Moréas)

 

 

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COEUR MAL FLÉCHÉ (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2018




    
COEUR MAL FLÉCHÉ

La flèche qui se prépare, qui te dépasse, qui t’agace,
qui se rapproche, qui se détourne,
la flèche qui se fichera,
qui te délivrera,
ta flèche.

Qui la garde?
Tenue sous quel sein
qui peut-être s’y blesse.
Émpennée d’un sang qui cherche le tien.
Elle chemine en vain, se tend, elle tremble.
Elle doit t’atteindre… Oh! Comme elle te manque,
celle qui t’attend, qui ne sait pas, qui gémit.

(André Frénaud)

 

Recueil: Il n’y a pas de paradis
Traduction:
Editions: Gallimard

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La grenouille (Pierre Coran)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



La grenouille

Une grenouille
Qui fait surface,
Ça crie, ça grouille
Et ça agace.

Ça se barbouille,
Ça se prélasse,
Ça tripatouille
Dans la mélasse.

Puis ça rêvasse
Et ça coasse
Comme une contrebasse
Qui a la corde lasse.

Mais pour un héron à échasses,
Une grenouille grêle ou grasse
Qui se brochette ou se picore,
Ce n’est qu’un sandwich à ressorts.

(Pierre Coran)

 

 

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La Grenouille (Pierre Coran)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



La Grenouille

Une grenouille
Qui fait surface
Ca crie, ça grouille
Et ça agace.

Ca se barbouille,
Ca se prélasse,
Ca tripatouille
Dans la mélasse,

Puis ça rêvasse
Et ça coasse
Comme une contrebasse
Qui a la corde lasse,
Lasse, lasse…

Mais un héron à échasses,
Une grenouille grêle ou grasse
Qui se brochette ou se picore
Ce n’est qu’un sandwich à ressorts.

(Pierre Coran)

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Quiescence (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Quiescence

Des rythmes attardés se lovent
Sur les branches que berce le soir.
Dans l’eau calme comme un miroir
Se réfracte une lueur mauve.

Sans bruit un pas furtif se sauve…
L’enfant pleure de désespoir…
Mais un calme et doux nonchaloir
Guide le sommeil dans l’alcôve.

Le souvenir des vieux parfums
Humés jadis sur des poitrines
N’agacera plus les narines.

Les rêves meurent un à un
Et l’Amour chasseur impassible
Vainement tire sur sa cible.

(Birago Diop)


Illustration: William Bouguereau

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Dans le champ près du portail (Issa)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2018




    
Dans le champ près du portail
Agaçant le chat
Les feuilles mortes

(Issa)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Miroirs de la nature
Traduction:
Editions: Seuil

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Le peuple des prés m’enchante (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017



Illustration
    
Le peuple des prés m’enchante.
Sa beauté frêle et dépourvue de venin,
je ne me lasse pas de me la réciter.

Le campagnol, la taupe, sombres enfants perdus dans la chimère de l’herbe,
l’orvet, fils du verre, le grillon, moutonnier comme pas un,
la sauterelle qui claque et compte son linge,

le papillon qui simule l’ivresse et agace les fleurs de ses hoquets silencieux,
les fourmis assagies par la grande étendue verte,
et immédiatement au-dessus les météores hirondelles…

Prairie, vous êtes le boîtier du jour.

(René Char)

 

Recueil: Feuillets d’Hypnos
Traduction:
Editions: Gallimard

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