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Poésie

Posts Tagged ‘agenouillé’

La lumière (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018




    
La lumière

Les sanglots retenus sont ma seule arme
contre le vent qui secoue sur le mur
les ombres de nos vies. Ô la lumière
agenouillée tranquille entre nos ombres.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Arpèges et paraboles
Traduction:
Editions: Gallimard

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COMPLAINTE (André Rivoire)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2018



COMPLAINTE

Ce n’est pas toi que je regrette,
C’est le rêve par toi déçu,
Mon cœur jeune et la foi secrète
Que je gardais à mon insu.

Je ne t’en veux pas, je devine…
Ton désir vain s’est effeuillé…
Je t’ai faite en moi trop divine,
Je me suis trop agenouillé.

Tu n’étais qu’une pauvre femme…
Je te croyais naïvement
Endormie au fond de ton âme,
Comme la Belle au bois dormant.

Et je me disais que sans doute
Je te réveillerais, un jour,
Neuve comme autrefois et toute
Ressuscitée à mon amour…

Mais c’est en vain que je t’apporte
L’espoir d’un suprême printemps :
La Belle au bois dormant est morte,
Elle avait dormi trop longtemps.

(André Rivoire)

Illustration: Isabelle Denechau

 

 

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Art poétique (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration
    
Art poétique

Je fis ce masque pour mes frères
Avec l’or que j’avais volé
(Dieu des chanteurs, ami sévère)
A ma vieille sincérité.

Que leurs dédains m’ont réjoui !

– Toute ma vie agenouillée.
Un dieu s’y est épanoui
Comme une rivière emportée.

On peut revivre ! On peut se taire…

Ô éternité sans recours
Selon ta flamme solitaire
Ma lyre a dit ce mot d’amour.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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SAISON (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017




    
SAISON

Mon coeur n’est pas salive mais sang
mon coeur n’est pas cendre mais feu
silence silence sur la nuit
des ailes s’assemblent des quatre vents
pour fréter des oiseaux purs
ô forêt agenouillée d’automne
d’une longue averse de feuilles
tu dépares l’autel du froid.

Je suis loin des saisons
rien n’est proche de mon sang
le ciel tourne sur son ancre
feux gelés en attente
étoiles enchaînées enchâssées dans mes veux
la sève monte à l’arbre comme un enfant léger
pris de soudain vertige
qui s’endort dans les branches.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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La couronne effeuillée (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



 

Caroline Elkington  (5)

La couronne effeuillée

J’irai, j’irai porter ma couronne effeuillée
Au jardin de mon père où revit toute fleur ;
J’y répandrai longtemps mon âme agenouillée :
Mon père a des secrets pour vaincre la douleur.

J’irai, j’irai lui dire au moins avec mes larmes :
 » Regardez, j’ai souffert…  » Il me regardera,
Et sous mes jours changés, sous mes pâleurs sans charmes,
Parce qu’il est mon père, il me reconnaîtra.

Il dira:  » C’est donc vous, chère âme désolée ;
La terre manque-t-elle à vos pas égarés ?
Chère âme, je suis Dieu : ne soyez plus troublée ;
Voici votre maison, voici mon coeur, entrez !  »

Ô clémence! Ô douceur! Ô saint refuge ! Ô Père !
Votre enfant qui pleurait, vous l’avez entendu !
Je vous obtiens déjà, puisque je vous espère
Et que vous possédez tout ce que j’ai perdu.

Vous ne rejetez pas la fleur qui n’est plus belle ;
Ce crime de la terre au ciel est pardonné.
Vous ne maudirez pas votre enfant infidèle,
Non d’avoir rien vendu, mais d’avoir tout donné.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Caroline Elkington

 

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SAINT THOMAS (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017




    
SAINT THOMAS

Poète ! René Guy Cadou ?
Mais montrez-moi trace des clous !

Montrez l’eau vive où il s’abreuve
Montrez rabots et planches neuves !

Montrez-le-moi sur le sentier
Larron avec le fer aux pieds !

Le toucherais l’écouterais
D’un doigt posé dedans la plaie

Reconnaîtrais qu’il s’agit bien
D’un Dieu déchu ou d’un vaurien

Montrez-le-moi de but en blanc
Agenouillé comme un enfant

Dans la maison couleur de pomme
Devant la femme ou devant l’Homme

Bègue à moitié navré transi
Montrez-le-moi quand il écrit

Ces mots à tort et à travers
Pareils aux vagues de la mer.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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L’Amour (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2017



L’Amour – eau nue parmi les joncs.
Agenouillé près de la source, il n’ose boire.
Il voit très haut, penché sur lui,
ce visage divin, la chevelure
comme une double pluie d’orage.

(Jean Joubert)


Illustration: Fabienne Contat

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Quand au temple nous serons (Pierre de Ronsard)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2017



Quand au temple nous serons
Agenouillés, nous ferons
Les dévots selon la guise
De ceux qui pour louer Dieu
Humbles se courbent au lieu
Le plus secret de l’église.

Mais quand au lit nous serons
Entrelacés, nous ferons
Les lascifs selon les guises
Des amants qui librement
Pratiquent folâtrement
Dans les draps cent mignardises.

Pourquoi donque, quand je veux
Ou mordre tes beaux cheveux,
Ou baiser ta bouche aimée,
Ou toucher à ton beau sein,
Contrefais-tu la nonnain
Dedans un cloître enfermée ?

Pour qui gardes-tu tes yeux
Et ton sein délicieux,
Ta joue et ta bouche belle ?
En veux-tu baiser Pluton
Là-bas, après que Charon
T’aura mise en sa nacelle ?

Après ton dernier trépas,
Grêle, tu n’auras là-bas
Qu’une bouchette blêmie ;
Et quand mort, je te verrais
Aux Ombres je n’avouerais
Que jadis tu fus m’amie.

Ton test n’aura plus de peau,
Ni ton visage si beau
N’aura veines ni artères :
Tu n’auras plus que les dents
Telles qu’on les voit dedans
Les têtes des cimeteres.

Donque, tandis que tu vis,
Change, maîtresse, d’avis,
Et ne m’épargne ta bouche :
Incontinent tu mourras,
Lors tu te repentiras
De m’avoir été farouche.

Ah, je meurs ! Ah, baise-moi !
Ah, maîtresse, approche-toi !
Tu fuis comme faon qui tremble.
Au moins souffre que ma main
S’ébatte un peu dans ton sein,
Ou plus bas, si bon te semble.

(Pierre de Ronsard)

Illustration: Raphaëlle Zecchiero

 

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Le Corps du Christ (Benjamin Britten)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2017



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Le Corps du Christ

Il l’a transportée, il l’a emmené
Il l’a déposée sur le sol d’un verger

Lu li lu lay lu li lu lay

Le faucon m’a enlevé mon amour
Et dans ce verger, il y avait une grotte,
Qui était remplie de pourpre et d’or
Et dans cette grotte, il y avait un lit,
Et il était remplie d’or si rouge

Lu li lu lay lu li lu lay

Et sur ce lit, il y avait couché un chevalier
Sa blessure saignait jour et nuit
A son chevet, une bonne était agenouillée
Et elle pleurait nuit et jour

Lu li lu lay lu li lu lay

A son chevet était déposée une pierre
Sur laquelle était écrit Le corps du Christ

***

Corpus Christi

He bear her off, he bear her down
He bear her into an orchard ground

Lu li lu lay lu li lu lay

The falcon hath bourne my mate away

And in this orchard there was a hold
That was hanged with purple and gold
And in that hold there was a bed
And it was hanged with gold so red

Lu li lu lay lu li lu lay

The falcon hath bourne my mate away
And on this bed there lyeth a knight
His wound is bleeding day and night
By his bedside kneeleth a maid
And she weepeth both night and day

Lu li lu lay lu li lu lay

The falcon hath bourne my mate away
By his bedside standeth a stone
Corpus christi written thereon

(Benjamin Britten)

 Illustration: John Melhuish Strudwick

Groupe vocal VOCE8:

 

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PAR-DELÀ LES SIGNES (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2016



PAR-DELÀ LES SIGNES

Écrire c’est maintenant disperser les ombres,
ouvrir les portes en pierre et reposer dans l’air.
Agenouillé près d’une barque ou d’une jarre,
un dieu respire et c’est le vide le plus pur.
Par-delà les signes et à leur commencement,
un sourire, une lueur des choses familières.
Et sur les murs et les doigts, un sable
qui descendrait des nuages et dans le lointain
la forme d’un bras aimant, le rêve de l’autre.

(António Ramos Rosa)

Illustration: Francis Pessin

 

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