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Poésie

Posts Tagged ‘aggraver’

Souveraine (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Illustration: Alexander Nedzvetskaya
    
Souveraine

Parente
Et souveraine de l’exil
Un grand désordre d’astres te comblait

De tes pas nus tu froisses les oiseaux du serment
Et je suis la mesure éclaircie de tes mains
Je suis dans la fragilité des vergers
Sous les pas
Et toi le souvenir aggravé de la lumière

Un arbre permanent servait ton grand courage
Et tu es parmi ceux pensifs et abrasés
Qui ont sombré plus bas
Que la rosée d’été qui meurt sous l’orage

Parente et souveraine la nuit te dit l’ardente
Tes pas nus sont au-delà des forêts les plus sombres

Ils traversent ma voix avec un chant du monde
Aux limites de ma voix de roches
Et de pensées.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Fleur de pêcher (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



Fleur de pêcher

—Je suis née dans un verger, de parents honnêtes;
mais … ici, un violent accès de toux lui coupa la parole.
—Ne faites pas attention, reprit-elle
en coupant chacun de ses mots:
malgré le mauvais temps, j’ai voulu me montrer
avec une robe blanche un dimanche d’avril dernier,
et j’ai pris un catarrhe.
Elle voulut continuer, mais à chaque instant
une toux de plus en plus opiniâtre l’arrêtait.
—Reposez-vous, lui dit le Cactus: vous êtes frileuse de votre nature,
et malheureusement pour vous, aussi coquette que frileuse.
Nous devinons votre histoire sans qu’il soit besoin que vous la racontiez.
Ne faites pas d’efforts inutiles qui aggraveraient encore votre mal.
Vous étiez jeune, l’hiver vous avait claquemurée dans votre cellule,
vous étiez impatiente de vous faire voir avec votre beau déshabillé neuf,
qui vous rendait si jolie;
mais une robe blanche ne fait pas le printemps.

(J.J. Grandville)

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Que veut dire exister ? (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
Que veut dire exister ? je suis sans être moi.
J’ai confondu l’exil, l’existence et l’extase.
Être soi-même est aggraver son désarroi.
Vivre devient vivre sans vie parmi les phrases.

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

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JE VIENDRAI QUAND TU CONNAITRAS LA PIRE ANGOISSE (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



Illustration: Johann Heinrich Füssli
    
JE VIENDRAI QUAND TU CONNAÎTRAS LA PIRE ANGOISSE

Je viendrai quand tu connaîtras la pire angoisse,
Allongé, seul, dans la chambre assombrie,
La folle joie de la journée évanouie
Et l’heureux sourire banni
Des ténèbres glacées du soir.

Je viendrai quand le vrai sentiment de ton coeur
Régnera pleinement, sans rien pour le gauchir,
Et que mon influence, se glissant en toi,
Aggravant la désolation, gelant la joie,
Emportera ton âme.

Ecoute : voici l’heure, voici
Pour toi le moment redoutable;
Ne sens-tu pas déferler sur ton âme
Un flot d’étranges sensations,
Signes avant-coureurs d’un plus rude pouvoir,
Hérauts de mon avènement?

***

I’LL COME WHEN THOU ART SADDEST

I’ll come when thou art saddest,
Laid alone in the darkened room;
When the mad day’s mirth has vanished,
And the smile of joy is banished
From evening’s chilly gloom.

I’ll
come when the heart’s real feeling
Has entire, unbiassed sway,
And my influence o’er thee stealing,
Grief deepening, joy congealing,
Shall bear thy soul away.

Listen, ’tis just the hour,
The awful time for thee;
Dost thou not feel upon thy soul
A flood of strange sensations roll,
Forerunners of a sterner power,
Heralds of me?

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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LE SOMMEIL VIENT SANS NULLE JOIE (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



Illustration: Eugène Carrière
    
LE SOMMEIL VIENT SANS NULLE JOIE

Le sommeil vient sans nulle joie;
Jamais ne meurt le souvenir;
Mon âme vit dans la détresse
Et les soupirs.

Le sommeil vient sans nulle paix;
Les ombres des morts que jamais
Mes yeux ouverts ne peuvent voir
Hantent ma couche.

Le sommeil vient sans nul espoir;
Son règne les fait apparaître,
Et leur dolent cortège aggrave
L’ombre funèbre.

Le sommeil vient sans nul regain
De force neuve et de courage :
J’affronte une mer plus sauvage,
Un flot plus noir.

Le sommeil vient sans nul ami
Qui m’apaise, m’aide à souffrir;
Dans tous les yeux, rien que mépris;
Je désespère.

Le sommeil vient sans nul désir
Dont réarmer mon coeur meurtri —
Sinon du sommeil de la Mort
Et son oubli.

***

SLEEP BRINGS NO JOY TO ME

Sleep brings no joy to me,
Remembrance never dies;
My soul is given to misery
And lives in sighs.

Sleep brings no rest to me;
The shadows of the dead
My waking eyes may never see
Surround my bed.

Sleep brings no hope to me;
In soundest sleep they come,
And with their doleful imagery
Deepen the gloom.

Sleep brings no strength to me,
No power renewed to brave,
I only sail a wilder sea,
A darker wave.

Sleep brings no friend to me
To soothe and aid to bear;
They all gaze, oh, how scornfully,
And I despair.

Sleep brings no wish to knit
My harassed heart beneath;
My only wish is to forget
In sleep of death.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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Si je chante c’est d’une voix sombrée (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2016



Si je chante c’est d’une voix sombrée :
aucun motif, aucun ornement qui doive ici sa beauté à la lumière,
mais chacun, tirant son eclat de la nuit
et son rayonnement de la tristesse, aggravera sa misère…

Tout ce qui dans vos chants console ici consternera,
tout ce qui illumine assombrira.
Comme la lune en passant devant le soleil l’obscurcit,
ma pensée en passant devant la vôtre l’éclipsera,
mon âme portera sur la vôtre une ombre donc elle ne guérira pas
et que le temps lui-même ne pourra pas effacer.

De même que le croissant noir aveugle et ne se peut contempler sans dommages,
quiconque assistera en ces pages à l’éclipse de la beauté en sera à jamais assombri,
quiconque contemplera en ces phrases la face maudite de la beauté en sera à jamais affecté.

(Lydie Dattas)

 

 

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Aux flancs de ton sourire (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2015



reve

Aux flancs de ton sourire un chemin part de moi
Rêveuse toute en chair lumière toute en feu
Aggrave mon plaisir annule l’étendue
Hâte-toi de dissoudre et mon rêve et ma vue

(Paul Eluard)

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