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Posts Tagged ‘agilité’

Si j’avais comme vous, mignardes colombelles (Jean de Sponde)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2019



 

Jonathon Earl Bowser CelestialApparition-3

Si j’avais comme vous, mignardes colombelles,
Des plumages si beaux sur mon corps attachés,
On aurait beau tenir mes esprits empêchés
De l’indomptable fer de cent chaînes nouvelles,

Sur les ailes du vent je guiderais mes ailes,
J’irais jusqu’au séjour où mes biens sont cachés,
Ainsi, voyant de moi ces ennuis arrachés,
Je ne sentirais plus ces absences cruelles.

Colombelles, hélas ! que j’ai bien souhaité
Que mon corps vous semblât autant d’agilité,
Que mon âme d’amour à votre âme ressemble :

Mais quoi ! je le souhaite, et me trompe d’autant.
Ferais-je bien voler un amour si constant
D’un monde tout rempli de vos ailes ensemble ?

(Jean de Sponde)

Illustration: Jonathon Earl Bowser

 

Jonathon Earl Bowser

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L’amour de mes pensers (Pierre de Marbeuf)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2019



 

Alphonse Mucha XG [1280x768]

L’amour de mes pensers …

L’amour de mes pensers, comme de son pinceau,
Vous peint à mon esprit, si je clos ma paupière,
Je vous vois en dormant, si je suis sans lumière,
Pour m’éclairer de nuit vous êtes mon flambeau.

Si je suis sur la terre, ou si je suis sur l’eau,
Vous me suivez sur terre, et dessus la rivière,
Car je vous vois toujours et devant et derrière
La croupe du cheval, la poupe du bateau.

Encor que de mon corps le vôtre soit absent,
A mon esprit toujours votre corps est présent :
Concevez-vous cela, ma divine maîtresse ?

Si pénétrer les corps par son agilité
Est la propre action de la divinité,
L’amour m’avait bien dit que vous étiez déesse.

(Pierre de Marbeuf)

Illustration: Alphonse Mucha

 

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Elévation (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



 

Elévation

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
– Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!

(Charles Baudelaire)

 

 

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DANS LA CLAIRIÈRE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration
    
DANS LA CLAIRIÈRE

Pour plus d’agilité, pour le loyal duel,
Les témoins ont jugé qu’Elles se battraient nues.
Les causes du combat resteront inconnues;
Les deux ont dit : Motif tout individuel.

La blonde a le corps blanc, plantureux, sensuel;
Le sang rougit ses seins et ses lèvres charnues.
La brune a le corps d’ambre et des formes ténues;
Les cheveux noirs-bleus font ombre au regard cruel.

Cette haie où l’on a jeté chemise et robe,
Ce corps qui tour à tour s’avance ou se dérobe,
Ces seins dont la fureur fait se dresser les bouts,

Ces battements de fer, ces sifflantes caresses,
Tout paraît amuser ce jeune homme à l’oeil doux
Qui fume en regardant se tuer ses maîtresses.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au bois (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



Au bois

Terreurs enracinées vous ai-je visitées !
Cognant mon front pendable à vos transes parentes.
Le dix-corps lui, sacré de branches affluentes
Sous leur poids se dérobe, avec agilité.

(Olivier Larronde)

Illustration: Claude Verlinde

 

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Si ce n’était que tes yeux ont couleur de lune (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



Si ce n’était que tes yeux ont couleur de lune,
couleur de jour, avec argile, travail, feu,
si tu n’avais conquis l’agilité de l’air,
et si tu n’étais pas une semaine d’ambre,

si ce n’était que tu sais être l’heure jaune
où l’automne s’élève avec la vigne vierge
et que tu es le pain que la lune odorante
fabrique en promenant dans le ciel sa farine,

oh, ma bien-aimée, moi je ne t’aimerais pas !
Tout ce qui est, je l’embrasse dans ton baiser,
et le sable, et le temps, et l’arbre de la pluie,

tout ce qui est vivant vit pour que moi je vive :
à quoi bon m’éloigner puisque je peux tout voir :
tout ce qui est vivant, je le vois dans ta vie.

***

Si no fuera porque tus ojos tienen color de luna,
de día con arcilla, con trabajo, con fuego,
y aprisionada tienes la agilidad del aire,
si no fuera porque eres una semana de ámbar,

si no fuera porque eres el momento amarillo
en que el otoño sube por las enredaderas
y eres aún el pan que la luna fragante
elabora paseando su harina por el cielo,

oh, bienamada, yo no te amaría !
En tu abrazo yo abrazo lo que existe,
la arena, el tiempo, el árbol de la lluvia,

y todo vive para que yo viva :
sin ir tan lejos puedo verlo todo :
veo en tu vida todo lo viviente.

(Pablo Neruda)

 

 

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L’homme noir (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2017



L’homme noir

Le bonheur disait-il,
C’est une affaire d’agilité
Des mains et de l’esprit.

Les âmes maladroites, on le sait,
Sont malheureuses dans la vie.
Et peu importe que les gestes
Distordus, mensongers
Soient une source de tourments.

Dans les orages et les tempêtes,
Au coeur du quotidien fade et figé,
Dans les plus lourdes des pertes
Et quand la tristesse t’inonde,

Paraître simple et souriant
Est l’art le plus sublime au monde.

(Sergueï Essénine)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

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Âge,voyages et paysages (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2015



 

Âge,voyages et paysages

Rien ne ressemble plus à l’inspiration
Que l’ivresse d’une matinée de printemps,
Que le désir d’une femme.
Ne plus être soi, être chacun.
Poser ses pieds sur terre avec agilité.
Savourer l’air qu’on respire.
Je chante ce soir non ce que nous devons combattre
Mais ce que nous devons défendre.
Les plaisirs de la vie.
Le vin qu’on boit avec ses camarades.
L’amour.
Le feu en hiver.
La rivière fraîche en été.
La viande et le pain de chaque repas.
Le refrain que l’on chante en marchant sur la route.
Le lit où l’on dort.
Le sommeil, sans réveils en sursaut, sans angoisse du lendemain.
Le loisir.
La liberté de changer de ciel.
Le sentiment de la dignité et beaucoup d’autres choses
dont on ose refuser la possession aux hommes.

J’aime et je chante le printemps fleuri
J’aime et je chante l’été avec ses fruits
J’aime et je chante la joie de vivre
J’aime et je chante le printemps
J’aime et je chante l’été, saison dans laquelle je suis né.

(Robert Desnos)

Illustration: Kristoff L

 

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