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Poésie

Posts Tagged ‘agitation’

Un coup de vent (Geoffrey Squires)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Un coup de vent soudain une agitation
de toutes parts qui passe
aussi vite qu’elle est venue
et à nouveau l’immobilité
l’immobilité étrange des arbres
l’immobilité étrange qu’ont les arbres

***

A sudden fit of wind an agitation
in all parts that passes
as quickly as it came
and then again the stillness
the peculiar stillness of trees
the peculiar stillness that trees have

(Geoffrey Squires)

 

Recueil: Poème en trois sections
Traduction: François Heusbourg
Editions: Unes

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La vie a une musique de fond (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2019



La vie a une musique de fond.
Nul ne sait reconnaître son origine,
mais il nous semble parfois nous rappeler sa mélodie.

C’est assez peut-être
pour ne pas nous sentir complètement étrangers,
quand toutes les musiques s’éclipsent
comme des soleils impuissants
dans les agitations subreptices
des espaces muets.

Bien que nous vivions à peine,
la musique de fond de la vie
nous permet pour le moins
d’écouter la rumeur de vivre.

(Roberto Juarroz)

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De l’autre côté du monde (Ion Deaconescu)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2019




    
De l’autre côté du monde

Jamais le poète n’oubliera
Ni les racines du feu
Ni la lumière du verbe.
Ses yeux que l’étonnement élargit
Saisissent le revers du monde.
Au-delà de l’agitation de l’aube
Au bord de son cœur
S’échoue l’éternité.

***

DINCOLO DE LUME

Poetul n-o să uite niciodată
Rădăcinile focului
Și ale luminii cuvântului.
Ochii lui dilatați de uimire
Văd dincolo de lume
Și de neliniștea zorilor.
Pe țărmul inimii sale
Naufragiază eternitatea.

***

Aan gene zijde van de wereld

Nooit zal de dichter
De wortels van het vuur vergeten
Noch het licht van het woord.
Zijn door verwondering verbrede ogen
Vatten de keerzijde van de wereld
Achter de rusteloosheid van de dageraad.
Aan de oever van zijn hart
Strandt de oneindigheid.

***

Beyond the World

The poet will never forget
the roots of fire
nor the light of the word.
His eyes, widened with wonder,
see beyond the world
behind the restlessness of dawn.
At the shore of his heart,
stranded in eternity.

***

ΠΕΡΑΝ ΤΟΥ ΚΟΣΜΟΥ

Πέραν του κόσμου
ο ποιητής ποτέ δεν ξεχνά
τη σπίθα που ανάβει
τη φωτιά, ούτε
το πνεύμα του λόγου
με μάτια διάπλατα ανοιχτά
διαβλέπει την άλλη μεριά του κόσμου
πίσω απ’ τη διστακτικότητα
του λυκαυγές
στην αμμουδιά της καρδιάς του
στέκεται η αιωνειότητα

***

Al di là del mondo
Il poeta mai dimenticherà
le radici del fuoco
né la luce della parola.
I suoi occhi, spalancati di stupore
percepiscono il lato opposto del mondo
dietro l’alba senza riposo.
Sulla riva del suo cuore
riposa l’infinito.

***

DETRÁS DEL MUDO

El poeta nunca olvidará
Las raíces del fuego
Ni la luz de la palabra.
Sus ojos dilatados con el asombro
Conciben el reverso del mundo
Detrás de la inquietud del amanecer.
En la orilla de su corazón
Encalla el infinito.

***

超越世界

诗人永远不会
忘记火的根
也不会忘词语的光。
他因惊奇而睁大了眼睛
在不安的黎明背后
他感知世界的另一面。
在他心灵的滨岸
搁浅无限时空。

Chāoyuè shìjiè
shīrén yǒngyuǎn bù huì
wàngjì huǒ de gēn
yě bù huì wàng cíyǔ de guāng.
Tā yīn jīngqí ér zhēng dàle yǎnjīng
zài bù’ān dì límíng bèihòu
tā gǎnzhī shìjiè de lìng yīmiàn.
Zài tā xīnlíng de bīn àn
gēqiǎn wúxiàn shíkōng.

***

Jenseits der Welt

Nie wird der Dichter
Die Wurzeln des Feuers vergessen
Und das Licht des Wortes.
Seine vor Staunen geweiteten Augen
Erfassen die Kehrseite der Welt
Hinter der Unrast der Morgendämmerung.
Am Ufer seines Herzens
Strandet die Unendlichkeit.

(Ion Deaconescu)

 

Recueil: ITHACA 568
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Roumain  original / Néerlandais / Anglais Stanley Barkan / Grec Manolis Aligizakis / Italien Luca Benassi  / Espagnol Rafael Carcelén / Chinois William Zhou / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura / Allemand Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

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La vraie liberté (Ghérasim Luca)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



Illustration
    
La vraie liberté sera transmutation
sinon rien qu’agitation de cage en cage.

(Ghérasim Luca)

 

Recueil: Les poètes du Grand Jeu
Traduction:
Editions: Gallimard

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QUE N’AI-JE CONNU UNE FEMME ? (David Herbert Lawrence)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
QUE N’AI-JE CONNU UNE FEMME ?

Que n’ai-je connu une femme
qui serait comme un feu rouge dans l’âtre
rayonnante après les agitations du jour?

Ainsi l’on pourrait s’approcher d’elle
dans la rouge quiétude du crépuscule
et trouver sa joie en elle
sans avoir à faire l’effort poli de l’aimer
ou l’effort mental de faire sa connaissance.
Sans avoir à prendre froid en lui parlant.

***

I WISH I KNEW A WOMAN –

I wish I knew a woman
who was like a red fire on the hearth
glowing after the day’s restless draughts.

So Mat one could draw near ber
in the red stillness of the dusk
and really take delight in her
witbout having to make Me polite effort of loving her
or the mental effort of making her acquaintance.
Without having to take a chill, talking to her.

(David Herbert Lawrence)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Lorand Gaspar et Sarah Clair
Editions: Gallimard

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L’AIR FERMÉ (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2017



L’AIR FERMÉ

étau de tête

la force limite
nette
de plus en plus vite
la tête va heurte
dans la force qui serre

dans la cage
de plus en plus vite
le coeur bat

coeur serré
tête fermée

double tour

***

on patiente

et le poids s’en va
on ne sait pas pourquoi
il s’éloigne
un peu

reste une douleur
comme un remous
une agitation trouble
et quelques mots
reviennent

(Antoine Emaz)

Illustration: Misha Gordin

 

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MÉLANCOLIE DU SOIR (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



 

MÉLANCOLIE DU SOIR

La forêt qui défunte s’étend —
Et des ombres la cernent, comme des haies.
Le gibier quitte en tremblant ses refuges
Tandis qu’un ru glisse tout bas,

Suivant des fougères et de vieilles pierres
Et scintille argenté à travers le feuillage.
On l’entend bientôt dans des gouffres noirs —
Peut-être que déjà brillent aussi des astres.

La plaine sombre semble illimitée,
Villages dispersés, marais, étangs,
Un je-ne-sais-quoi te fait croire à un feu.
Un éclat froid sur des routes se glisse.

Au ciel se devine une agitation,
Une armée de migrateurs prend son essor
Vers ces pays là-bas, autres et beaux pays.
Et monte et retombe le rythme des joncs.

(Georg Trakl)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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Histoire de temps et de désinvolture (Denis Grozdanovitch)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2017



Plus nous circulions rapidement et facilement d’un endroit à un autre,
moins nous éprouvions la joie de nous déplacer ;
plus étrange encore : à mesure que nous tentions de faciliter nos déplacements,
cherchant à en résorber les ultimes inconvénients,
ces derniers semblaient au contraire se multiplier d’eux-mêmes,
nous entraînant dans un maelström d’agitation fiévreuse…

Le moment était peut-être venu, à vrai dire,
de nous poser sérieusement la question :
et si le temps gagné par l’entremise de la vitesse
était inutilisable pour le bonheur ?

(Denis Grozdanovitch)

Découvert chez Lara ici

 

 

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Au fond de la mer (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2017



Au fond de la mer il y a de blanches frayeurs,
Où les plantes sont des animaux
Et les animaux des fleurs

Monde silencieux que n’atteint pas
L’agitation des vagues.
Des coquillages ronds s’ouvrent en riant,
Le cheval marin se balance.
Un poulpe avance
Dans le désordre
De ses milles bras,
Une fleur danse,
Sans bruit les espaces.

Sur le sable, le temps se pose
Léger comme un mouchoir.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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AU FOND DE LA MER (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2016



sirene

AU FOND DE LA MER

Au fond de la mer il y a de blanches frayeurs,
Où les plantes sont des animaux
Et les animaux des fleurs.

Monde silencieux que n’atteint pas
L’agitation des vagues.
Des coquillages ronds s’ouvrent en riant,
Le cheval marin se balance.
Un poulpe avance
Dans le désordre
De ses mille bras,
Une fleur danse,
Sans bruit vibrent les espaces.

Sur le sable le temps se pose
Léger comme un mouchoir.
Mais aussi belle que chaque chose soit
Gît en elle un monstre qui attend.

***

FUNDO DO MAR

No fundo do mar há brancos pavores,
Onde as plantas são animais
E os animais são flores.

Mundo silencioso que não atinge
A agitação das ondas.
Abrem-se rindo conchas redondas,
Baloiça o cavalo marinho.
Urn polvo avança
No desalinho
Dos seus mil braços,
Uma flor dança.
Sem ruido vibrara os espaços.

Sobre a areia o tempo poisa
Leve como um lenço.
Mas por mais bela que seja cada coila
Tem um monstro em si suspenso.

sirene-zz

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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