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Posts Tagged ‘agité’

Par l’appel souriant de sa claire étendue (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



 

Par l’appel souriant de sa claire étendue
Et les feux agités de ses miroirs dansants,
La mer, magicienne éblouissante et nue,
Eveille aux grands espoirs les meurs adolescents.

Pour tenter de la fuir leur effort est stérile ;
Les moins aventureux deviennent ses amants,
Et, dès lors, un regret éternel les exile,
Car l’on ne guérit point de ses embrassements.

C’est elle, la première, en ouvrant sa ceinture
D’écume, qui m’offrit son amour dangereux
Dont mon âme a gardé pour toujours la brûlure
Et dont j’ai conservé le reflet dans mes yeux.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration: William Bouguereau

 

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L’ALOUETTE (René Char)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2019



L’ALOUETTE

Extrême braise du ciel et première ardeur du jour,
Elle reste sertie dans l’aurore et chante la terre agitée,
Carillon maître de son haleine et libre de sa route.

Fascinante, on la tue en l’émerveillant.

(René Char)

Illustration

 

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QUAND IL EUT DESSINÉ (Yvon Givert)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2019



QUAND IL EUT DESSINÉ

quand il eut dessiné sur le sol
un grand cercle
certains virent un soleil une lune
d’autres la terre
d’autres une pomme de terre
d’autres encore un cercle

et d’autres rien
que la poussière

il avait le gros doigt du pied droit tout sale
il alla se laver à la source

il regarda son visage dans l’eau
un cercle lui aussi
un soleil une lune
la terre
ou une pomme
ou rien qu’un peu d’eau
agitée

(Yvon Givert)

 

 

 

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Jambes allongées (Taneda Santoka)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2018



Jambes allongées dans la mer agitée
Le voyage écoulé
Le voyage à venir.

(Taneda Santoka)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Diane, Séléné, lune de beau métal (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Diane, Séléné, lune de beau métal,
Qui reflète vers nous, par ta face déserte,
Dans l’immortel ennui du calme sidéral,
Le regret d’un soleil dont nous pleurons la perte,

O lune, je t’en veux de ta limpidité
Injurieuse au trouble vain des pauvres âmes,
Et mon coeur, toujours las et toujours agité,
Aspire vers la paix de ta nocturne flamme.

(Jean de la Ville de Mirmont)

 

 

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À HELENE, QUAND ELLE NAGE (William Faulkner)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018



Illustration: Eric Zener
    
À HELENE, QUAND ELLE NAGE

L’or de quelques doux étés fait
Qu’elle revient l’été céder vite au désir
Et qu’elle calme la musique éclatante qui est sienne
Par des mains d’une eau agitée d’un feu bouillonnant.

Où le vent cisèle de son mouvement dans la vallée
Les remparts taillés et changeants, lentement mis en place,
L’eau argentée déforme de ses mains réticentes
Sa poitrine de garçon et ses flancs droits de garçon.

À travers cette cité naissante déjà ciselée
De bras de mer majestueux et continus,
L’eau et ses mains interrompent de leur vert regret
La pure musique brune de ses genoux.

***

TO HELEN, SWIMMING

The gold of smooth and numbered summers does
She back to summer give in swift desire
And hushed the flashing music that is hers
By hands of water mooned to bubbled fire.

Where wind carves of its valleyed unrepose
Hewn changing battlements in slow deploy,
Silver reluctant hands of water lose
Her boy’s breast and the plain flanks of a boy.

Throughout this surging city carven yet
To measured ceaseless corridors of seas,
Hands of water hush with green regret
The brown and simple music of her knees.

(William Faulkner)

 

Recueil: Hélène: ma cour
Traduction: Michèle Plâa et Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Le Vent (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018



Le Vent – heurta comme un Homme las –
Et moi, en Hôte – «Entrez»
Dis-je hardiment – alors pénétra
Dedans ma Résidence

Un Visiteur Rapide – ailé –
A qui offrir un Fauteuil
Eût été aussi fol qu’à l’Air
Avancer un Sofa –

Nul Os pour L’assembler –
Sa Voix était comme l’Envol
D’innombrables Colibris à la fois
D’un sublime Buisson –

Sa Physionomie – une Houle –
Ses Doigts, sur Son passage
Faisaient une musique – un trémolo
D’airs soufflés dans du Verre –

Voltigeant – Il fit sa visite –
Puis tel un Homme timide
Heurta de nouveau – tout agité –
Et ce fut la solitude –

***

The Wind – tapped like a tired Man –
And like a Host – « Come in »
I boldly answered – entered then
My Residence within

A Rapid – footless Guest –
To offer whom a Chair
Were as impossible as hand
A Sofa to the Air –

No Bone had He to bind Him –
His Speech was like the Push
Of numerous Humming Birds at once
From a superior Bush –

His Countenance – a Billow –
His Fingers, as He passed
Let go a music – as of tunes
Blown tremulous in Glass –

He visited – still flitting-
Then like a timid Man
Again, He tapped – ’twas flurriedly –
And I became alone –

(Emily Dickinson)

Illustration: William Bouguereau

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Je voudrais croire (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018




    
Je voudrais croire

Je voudrais croire et les dieux me rejettent.
Si je croyais, je dirais des prières.
Pourtant je prie et ne sais qui je prie,
toi mon poème ou l’inconnu du socle
que vit saint Paul et que l’on attendait.

Serais-je un corps — un corps et rien de plus ?
On parle d’âme et je ne vois que chair.
La mort en moi ne va-t-elle dissoudre
ce peu de foi qu’on nomme incertitude ?

Il suffirait d’un signe, un léger signe
comme un mouchoir agité dans la brume,
comme une voix qui me chuchoterait :
tu n’es pas seul ! et je croirais la voix.
Ma surdité même pourrait l’entendre.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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BIEN QU’UN CRUEL MARTIRE (Pierre Guédron)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017



Illustration: Annette Poupard
    
BIEN QU’UN CRUEL MARTIRE

Bien qu’un cruel martire me rende languissant
Et que plus je soupire, plus mon mal va croissant.
La cause en est si belle, que soufrant le trespas
Cent fois pour elle, Je ne m’en plaindrois pas.

Tout les maux dont se trouve mon esprit agité
Ne servent que de preuve à ma fdélité
Dont la cause en est si belle, que soufrant le trespas
Cent fois pour elle, Je ne m’en plaindrois pas.

J’ai cela d’avantage sur les autres amants
Que jamais mon courage ne s’étonne aux tourments
Car la cause est si belle, que soufrant le trespas
Cent fois pour elle, Je ne m’en plaindrois pas.

Je ne crains leurs supplices Plustot je les chéris
Et les tiens pour délices les souffrant pour Cloris,
Cloris qu’on voit si belle, que soufrant le trespas
Cent fois pour elle, Je ne m’en plaindrois pas.

***

Even though a cruel martyrdom makes me listless
And the more I breathe, the greater my ill.
The cause of it is so lovely that were I to suffer death
A hundred times for her, I should not complain.

All the ills by which my mind is perturbed
Serve only as proof of my faithfulness.
The cause of it is so lovely that suffering death
A hundred times for her, I should not complain.

I have this advantage over other lovers:
My courage is never astonished by torments.
The cause of it is so lovely that suffering death
A hundred times for her, I should not complain.

I fear not their torture; rather, I cherish it
And view it as a delight, suffering it for Cloris,
Cloris, seen so beautiful that suffering death
A hundred times for her, I should not complain.

***

Auch wenn ein grausam‘ Marter mich gar sehr sehnen lässt,
Und je mehr ich seufze, desto stärker noch mein Elend,
Doch ist der Grund dafür so schön,
Dass, sollt ich hundertmal verscheiden
Für sie, ich gar nicht klagen tät’.

All‘ Übel, die meinen Geist aufwühl‘n,
Sind nichts als Probe meiner Treu‘,
Für die der Grund so schön,
Dass, sollt ich hundertmal verscheiden
Für sie, ich gar nicht klagen würd’.

Mein Vorzug ist‘s, vor andren Liebsten,
Dass niemals nicht mein Mut vor einer Qual erbebt,
Denn’s ist der Grund dafür so schön,
Dass, sollt ich hundertmal verscheiden
Für sie, ich gar nicht klagen tät’.

Ich fürcht‘ nicht ihre Qualen, vielmehr ich hoch sie schätz‘,
Und sind sie gar für Chloris, so sind mir sind sie Ergetz‘!
Chloris, die Allerschönste,
Dass, sollt ich hundertmal verscheiden
Für sie, ich gar nicht klagen tät’.

(Pierre Guédron)

 

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Que puis-je faire? (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2017



Illustration de Tassili
    
Que puis-je faire? Ma nature s’accommode mal du repos.
Mon âme est agitée comme la brise qui souffle sur le champ de coquelicots.

Lorsque l’oeil contemple une chose belle,
Le coeur aspire à une chose plus belle encore.

Je vais de l’étincelle à l’étoile et de l’étoile au soleil;
Mon voyage est sans halte, je meurs si je m’arrête.

Lorsque je lève ma coupe débordante du nectar d’un printemps,
Le désir des printemps à venir s’éveille en moi.

L’oeil impatient et le cceur plein d’espoir,
Je cherche la fin de ce qui est sans fin.

(Mohammad Iqbal)

 

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