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Posts Tagged ‘agneau’

LE LYS (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017



Illustration: Malinowsky
    
LE LYS

La modeste rose avance une épine,
L’humble agneau une menaçante corne,
Tandis que le lis trouve son bonheur dans l’Amour ;
Ni épine ni menace ne souille son éclatante beauté.

***

THE LILLY

The modest Rose puts forth a thorn,
The humble Sheep a threat’ning horn,
While the Lilly white shall in Love delight,
Nor a thorn nor a threat stain her beauty bright.

(William Blake)

 

Recueil: Chants d’Innocence et d’Expérience
Traduction: Marie-Louise et Philippe Soupault
Editions: Quai Voltaire

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LE LOUP ET L’AGNEAU (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017


 


 

LE LOUP ET L’AGNEAU

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l’allons montrer tout à l’heure.

Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d’une onde pure.
Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
« Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
– Sire, répond l’Agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu’elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d’Elle,
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
– Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l’an passé.
– Comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né ?
Reprit l’Agneau, je tette encor ma mère.
– Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.
– Je n’en ai point. – C’est donc quelqu’un des tiens :
Car vous ne m’épargnez guère,
Vous, vos bergers, et vos chiens.
On me l’a dit : il faut que je me venge. »
Là-dessus, au fond des forêts
Le Loup l’emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Brisé le cristal de l’identité (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



-belier

Les murs ne tombent pas
[21]

Brisé le cristal de l’identité,
fracassé le vaisseau de l’intégrité,

jusqu’à ce que le Seigneur Amen,
bien planté sur le sol,

porteur des cornes torsadées,
mugisse à l’horizon :

me voici, moi, Amen-Ra,
Amen, Aries, le Bélier ;

temps, temps de commencer
une nouvelle spirale,

ainsi – je te lance dans le tourbillon des étoiles ;

jusqu’à ce que plein de pitié,
flairant le sol,

me voici, murmure Amen-Ra,
Amen, Aries, le Bélier,

sois cocon, emmitouflé de laine,
sois Agneau, nouvelle naissance.

***

Splintered the crystal of identity,
shattered the vessel of integrity,

till the Lord Amen,
paw-er of the ground,

bearer of the curled horns,
bellows from the horizon:

here am I, Amen-Ra,
Amen, Aries, the Ram;

time, time for you to begin a new spiral,
see—I toss you into the star-whirlpool;

till pitying, pitying,
snuffing the ground,

here am I, Amen-Ra whispers,
Amen, Aries, the Ram,

be cocoon, smothered in wool,
be Lamb, mothered again.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Souhaits (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017




    
Souhaits

Je voudrais pour prier la très vieille chapelle
Au milieu des bois frais et des eaux murmurantes;
Je voudrais pour pasteur un vieil aumônier frêle
Qui bénit les enfants avec ses mains tremblantes.

Je voudrais pour aimer la hutte sous les aulnes
Et non la tour d’ivoire aux somptueux paliers;
Je voudrais à mon seuil de pâles anémones
Et le sanglotement d’un couple de ramiers.

Je voudrais dans mon coeur cette simplicité
Grâce à laquelle on croit et l’on accepte tout,
Qui fait de ce qu’on aime une divinité
Et noue jette en pleurant devant elle à genoux.

Je voudrais pour dormir la touffe de verveine
Que les sorciers chez nous posent sur les blessures;
Je voudrais pour dormir la douceur de la laine
D’un agneau nouveau-né dans une étable obscure.

Je voudrais pour mourir la résignation
De l’herbe qui pourrit, de la feuille qui tombe;
Je voudrais pour cercueil le repli d’un sillon
Et des blés fleurissant au printemps sur ma tombe.

*

Mais je voudrais pourtant qu’il restât quelque chose
De mon âme sonore et pleine de chansons:
Un refrain d’alouette envolé des blés roses
Ou la plainte du vent qui berce les moissons.

(Marie Dauguet)

 

 

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TECTONIQUE DE LA FEMME (Marcel Moreau)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



TECTONIQUE DE LA FEMME
(extraits)

Femme, soeur, amie,
J’ai tourné autour de ton ventre plus de fois que je n’ai couru les bals.

Femme, soeur, amie, amante,
j’ai contemplé ton ventre plus souvent que les arts d’ici-bas, que les constellations là-haut.

Femme, soeur, amie, amante, prêtresse,
j’ai écouté ton ventre avec tant de croyance que ne m’en restait plus pour la croyance en l’homme.

Femme, soeur, amie, amante, prêtresse,
pécheresse, j’ai appris de ton ventre plus que ne m’enseignèrent les livres.

Femme, soeur, amie, amante, prêtresse, pécheresse,
agnelle, louve, succube, garce, grâce, FOLLE, j’ai noyé dans ton ventre plus de raison que ne s’en vidait mon esprit.

Mais, Femme unique,
jamais, au grand jamais, je ne pourrai jurer, sur ton ventre, à sa source, que je sais où je vais lorsque je vais en lui.

(Marcel Moreau)

 

 

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Je mettrai… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



Je mettrai des jacinthes blanches
à ma fenêtre, dans l’eau claire
qui paraîtra bleue dans le verre.

Je mettrai sur ta gorge blanche
et luisante comme un caillou
du ruisseau, des boules de houx.

Je mettrai sur la pauvre tête
du malheureux chien tout rogneux
qui a des taches dans les yeux

la plus douce de mes caresses,
pour qu’il s’en aille grelottant
un tout petit peu plus content.

Je mettrai ma main dans la tienne,
et tu me conduiras dans l’ombre
où tournent les feuilles d’automne,

jusqu’au sable de la fontaine
que la pluie si douce a troué,
où se détrempe le vieux pré.

. . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . la pluie fine
ma pensée douce comme la bruine.

Je mettrai sur l’agneau qui bêle
une branche de lierre amer
qui est noir parce qu’il est vert.

(Francis Jammes)

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Âme de nuit (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



Christiane Vleugels _web2

 

Âme de nuit

Mon âme en est triste à la fin ;
Elle est triste enfin d’être lasse,
Elle est lasse enfin d’être en vain,
Elle est triste et lasse à la fin
Et j’attends vos mains sur ma face.

J’attends vos doigts purs sur ma face,
Pareils à des anges de glace,
J’attends qu’ils m’apportent l’anneau ;
J’attends leur fraîcheur sur ma face,
Comme un trésor au fond de l’eau.

Et j’attends enfin leurs remèdes,
Pour ne pas mourir au soleil,
Mourir sans espoir au soleil !
J’attends qu’ils lavent mes yeux tièdes
Où tant de pauvres ont sommeil !

Où tant de cygnes sur la mer,
De cygnes errants sur la mer,
Tendent en vain leur col morose,
Où le long des jardins d’hiver,

J’attends vos doigts purs sur ma face,
Pareils à des anges de glace,
J’attends qu’ils mouillent mes regards,
L’herbe morte de mes regards,
Où tant d’agneaux las sont épars !

(Maurice Maeterlinck)

Illustration: Christiane Vleugels

 

 

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PLACET FUTILE (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2017



 

Anne-Marie Zilberman (10)

PLACET FUTILE

Princesse ! à jalouser le destin d’une Hébé
Qui poind sur cette tasse au baiser de vos lèvres,
J’use mes feux mais n’ai rang discret que d’abbé
Et ne figurerai même nu sur le sèvres.

Comme je ne suis pas ton bichon embarbé,
Ni la pastille ni du
rouge, ni Jeux mièvres
Et que sur moi je sais ton regard clos tombé,
Blonde dont les coiffeurs divins sont des orfèvres !

Nommez nous… toi de qui tant de ris framboisés
Se joignent en troupeau
d’agneaux apprivoisés
Chez tous broutant les voeux et bêlant aux délires,

Nommez nous… pour qu’Amour ailé d’un éventail
M’y peigne flûte aux doigts
endormant ce bercail,
Princesse, nommez nous berger de vos sourires.

(Stéphane Mallarmé)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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SOIR (Albert Samain)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2016



berger

 

SOIR

Le ciel comme un lac d’or pâle s’évanouit ;
On dirait que la plaine, au loin déserte, pense ;
Et dans l’air élargi de vide et de silence
S’épanche la grande âme triste de la nuit.

Pendant que ça et là brillent d’humbles lumières,
Les grands bœufs accouplés rentrent par les chemins ;
Et les vieux en bonnet, le menton sur les mains,
Respirent le soir calme aux portes des chaumières.

Le paysage, où tinte une cloche, est plaintif
Et simple comme un doux tableau de primitif,
Où le Bon Pasteur mène un agneau blanc qui saute.

Les astres au ciel noir commencent à neiger,
Et, là-bas, immobile au sommet de la côte,
Rêve la silhouette antique d’un berger.

(Albert Samain)

Illustration: Castanheira Amilcar

 

 

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Elle (Xavier Forneret)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2016



 

Andrius Kovelinas

Elle

Vous ne savez son nom ? – Celle pour qui je chante
La vie d’amour de feu, puis après est mourante :
C’est un arbre en verdeur, un soleil en éclats,
C’est une nuit de rose ou languissants ébats.
C’est un torrent jeté par un trou de nuage ;
C’est le roi des lions dégarni de sa cage :
C’est l’enfant qui se roule et qui est tout en pleurs,
C’est la misère en cris, – c’est la richesse en fleurs.
C’est la terre qui tremble et la foudre qui tonne,
Puis le calme du soir, au doux bruit qui résonne ;
C’est un choc qui renverse en tuant de frayeur,
Puis un pauvre qui donne, – ou le soupir qui meurt.
C’est un maître qui gronde, – un amant qui caresse ;
C’est la mort, désespoir, deuil, bonheur, allégresse.
C’est la brebis qui bêle en léchant son agneau,
Puis la brise aux parfums, ou le vent dans l’ormeau. –
Bien sûr elle a deux coeurs : l’un qui vit et palpite ;
L’autre, frappé, battu, qui dans un coin habite.

On pense que son pied ne la soutiendra pas,
Tant il se perd au sol, ne marquant point de pas.
Ses cheveux sont si beaux qu’on désire se pendre
Avec eux, si épais qu’on ne peut pas les prendre.
Si petite est la place où l’entoure un corset
Qu’on ne sait vraiment pas comment elle le met.
Quelque chose en sa voix arrête, étreint, essouffle.
Des âmes en douceur s’épurent dans son souffle.
Et quand au fond du coeur elle s’en va cherchant,
Ses baisers sont des yeux, sa bouche est leur voyant.

(Xavier Forneret)

Illustration: Andrius Kovelinas

 

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