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Poésie

Posts Tagged ‘agonie’

ÉRYTHRITE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018



ÉRYTHRITE

Fleur de cobalt, ton nom humain. Mais dit-il
cette armure d’aube, ce preux
vertige de tes prismes
devant l’émoi du feu, toi, agonie des flammes
qui rosirent le premier Jour ?

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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PEGASE (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



 

Pégase

PEGASE

Au pays basque on sonne encore l’agonie.
Et je songe à ma mort, au jour où j’entendrai
Confusément, comme bourdonne une forêt,
Ces grands coups espacés d’une aile vers la vie.

(Francis Jammes)

 

 

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De lentes hirondelles (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018




De lentes hirondelles
volent sur le terne crépuscule.
Jamais je ne serai plus morne: seulement
un peu plus fatigué, à l’agonie finale.

Ce n’est pas lâcheté:
les moribonds qui se laissent étreindre
par un râle à la gorge
sont-ils lâches aussi?

Les hirondelles haletantes,
prisonnières du ciel,
rendent fou de monotonie.

Dans mon sang qui mugit,
un atroce désir de folie
bouleverse mon esprit.

(Cesare Pavese)

Illustration

 

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AGONIE (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



Illustration: John Singer Sargent
    
AGONIE

Mon Dieu ! que je suis las d’être sans espérance,
de rouler le tonneau lourd de ma déchéance
et sans moyens d’en finir avec la terre.
Je transporte Satan comme un intermédiaire,
j’écorne mon blason avec mes haut-le-corps,
je tourne chaque nuit mes visions vers les morts,
je frappe avec mon crâne aux rochers de l’enfer
et les draps de mon lit sont en paille de fer.
Souvent dans mon sommeil la même île électrique
marque en couteau de sang mes noms patronymiques
sur ma peau. Membres, paquet d’anguilles
qu’avec un gai rictus les diables échenillent.

(Max Jacob)

 

Recueil: Derniers poèmes en vers et en prose
Traduction:
Editions: Gallimard

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La mort (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018




    
Comment la mort me surprendrait-elle ?
Elle est mienne, n’est que mienne.
Je la nourris moi-même, en vivant.

*

Il ne devrait pas y avoir de mot pour la mort,
que nous ne connaissons pas, qui n’existe pas.

*

Ne pas dire après la mort.
La mort interdit tout après.
Fixer cet étrange ensuite.

*

Le mourant ne prolonge par sa route ailleurs.
C’est sa route même, et tout l’espace derrière lui,
qui, dans l’instant s’effondre.

*

Mort, on franchit l’obstacle en le devenant.
Absorbant – absorbé.

*

Mourir est difficile.
Et pourtant, tous y parviennent.

*

C’est la sortie de ce monde qui est arrachement, agonie.
L’entrée dans le néant
ne peut qu’être inapparente et douce.

(Roger Munier)

 

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C’est la sortie du monde (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



Illustration
    
C’est la sortie du monde qui est arrachement, agonie.
L’entrée dans le néant ne peut qu’être inapparente et douce.

(Roger Munier)

 

Recueil: Requiem
Traduction:
Editions: Arfuyen

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Mes yeux sont beaux (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



 

Abdalieva Akzhan -   16

Mes yeux sont beaux
j’ai un marteau et des clous
qui veut de ma marchandise
je cloue les rêves sur les fronts

mes yeux sont beaux
j’ai un marteau et des clous
qui veut de ma marchandise
j’en fais des traînes
longues comme une agonie

j’ai longues provisions de joie
celle qui veut de ma marchandise
je l’accrocherai à un morceau de vent

mes yeux sont encore plus beaux
de n’avoir pas franchi le seuil
je vous clouerai tous aux portes des vents

chut… ma valise est vide
mais où sont les anges
qui déballeront pour moi leurs joies

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Abdalieva Akzhan

 

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Broussaille (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Je m’enfonçai
vers l’heure mortelle.
Heure de l’agonie
et des derniers baisers.
Heure grave que rêvent
les carillons captifs
Coucous
sans coucou.
Etoile de rouille
énormes papillons
livides.
Par le bocage
des soupirs
vibrait
le violon
que j’avais enfant.

Il te faudra passer par là
mon coeur!
Par là
mon coeur!

(Federico Garcia Lorca)

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Fureur et mystère (René Char)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



 

Saxifraga-stolonifera [1280x768]

Fureur et mystère
tour à tour le séduisirent et le consumèrent.
Puis vint l’année qui acheva son agonie de saxifrage.

(René Char)

Illustration

 

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Je ne sais pas qui je suis (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



Guy Lévis Mano s

 

je ne sais pas qui je suis
je viens de terres très lointaines
tant de sangs en moi sont tourmentés
mon grand-père était oriental
et j’ai on me l’a dit une aïeule juive
je ne sais pas qui je suis
mes lèvres n’acceptent jamais les lèvres présentes
je sais qu’il doit exister des lèvres meilleures
je ne sais pas où
là-bas
et mes lèvres sont tendues vers les inexistences
toujours

ils m’ont dit
votre marche est indolente
vos paroles ont des lenteurs chantantes
elles sont toutes de douceur
ils m’ont dit aussi
avec leurs yeux déchirés d’amertume
vous avez des sursauts cruels
vous étranglez les cœurs avec vos dents ardentes
et votre inconscience est terrible

je ne sais pas
j’ai parfois des yeux qui ne sont plus les miens
je viens de terres si lointaines
et tant de races tant de passions jouent en moi
mon grand-père était oriental
mon aïeule on me l’a dit était une juive
qui avait des yeux merveilleux

mes yeux sont pleins d’horizons dorés
j’ai mes mains lourdes de tendresse
sans cesse
mon corps appelle les corps
et je n’ai jamais trouvé
celle des mains douces et de mes rêves fervents
je vais incliné vibrant vers d’incertaines beautés
parfois m’a serré le désir du vulgaire
et mes contradictions sont immenses

parce que mes yeux sont noirs
frissonnant de sensualités profondes
parce que ma peau est brune
l’on me demande d’où je viens
et qui je suis

je sais que je viens de terres très lointaines
là les mers sont couleur de beau ciel
les soirs elles pleurent d’étranges agonies
en des couleurs qui ont déteint dans mon âme
je ne sais pas les chanter
mais elles sont berçantes et nostalgiques
comme mes mers étales

je sais que je viens de très loin
mais je ne sais pas qui je suis
mes solitudes et mes absences incomparables
ne me l’ont jamais appris

(Guy Lévis Mano)

 

 

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