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Poésie

Posts Tagged ‘agrandi’

Le coeur soudain privé (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



 

Christian Schloe  15

Le coeur soudain privé,
l’hôte du désert devient
presque lisiblement
le coeur fortuné,
le coeur agrandi,
le diadème.

(René Char)

Illustration: Christian Schloe

 

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L’intention (Carolyn Carlson)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2017




    
L’intention c’est l’action de mon corps
la mémoire c’est la demeure de mon âme
la création c’est mon coeur agrandi

(Carolyn Carlson)

 

Recueil: brins d’herbe
Traduction: Jean-Pierre Siméon
Editions: Actes Sud

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A L’ARRIÈRE (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017



Illustration: Mitty Desques
    
A L’ARRIÈRE

Sur la banquette arrière, quand il pleuvait
et que le monde s’écartait devant la voiture
les gouttes filaient sur la vitre en oblique
avec des accélérations, d’imperceptibles pauses
et nous trois, voyageant à l’abri dans un autre temps
nous suivions du doigt ces vies minuscules
comme sur l’écran de la destinée
avant que le soleil ou le retour à la maison
nous rendent au décor agrandi du présent

(Jean-Pierre Lemaire)

 

Recueil: Le Pays derrière les larmes
Editions: Gallimard

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VAINES PAROLES (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



VAINES PAROLES

Pourquoi voulez-vous que j’oublie
Et que je mette au monument
Ou bien au bûcher consumant
Mon ancienne amour abolie?

Pourquoi voulez-vous à mes maux
Trouver l’inutile remède?
Pourquoi ce vain discours qui m’aide
A me consoler par des mots?

Vous aurez beau dire et beau faire,
Il manque pour mon cœur d’amant
Une étoile à mon firmament,
Un parfum dans mon atmosphère.

D’un bon conseil vous m’éclairez.
Mais, hélas ! je connais d’avance
Quelle pauvre et maigre chevance
On apporte aux désespérés.

On dit, je l’ai dit comme un autre.
Que les regrets sont superflus,
Que le passé ne revient plus,
Et que ce sort-là c’est le nôtre,

Et qu’une fois l’amour parti,
Le plus sage est qu’on y renonce.
Mais tout cela vaut-il une once
De son baiser le plus petit?

D’autres, pour calmer ma détresse,
Vont me parler de cieux meilleurs,
Et chanter que l’on doit ailleurs,
Là-haut, rejoindre sa maîtresse.

Ceux-là connaissent nos défauts
Et nos désirs d’âme immortelle.
Mais cette âme-là, d’où sort-elle?
Et qui l’a vue? où donc?… C’est faux.

Il faudrait croire à ces mensonges
Pour y trouver l’apaisement.
Pour moi votre hypothèse ment
Encor plus que mes anciens songes.

Je ne suis pas de vos chrétiens
Que notre ici-bas embarrasse.
Je ne suis pas de votre race.
Je crois au bonheur que je tiens.

C’est pourquoi mes regrets avides
N’espèrent pas de lendemains.
J’avais mon bonheur dans les mains
Et maintenant mes mains sont vides.

Mais je veux y penser ; je veux,
En fermant mes yeux lourds de fièvres,
Sentir sa bouche sur mes lèvres,
Sentir mes doigts sur ses cheveux;

Et dans ma pensée agrandie
Son souvenir qui vit toujours
Sur le pays de mes amours
Flambera comme un incendie.

(Jean Richepin)

 

 

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