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Poésie

Posts Tagged ‘aider’

Une petite mouche (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Une petite mouche
A envie de vomir
À cause de l’insecticide
Quelqu’un peut-il aider ?

(Abbas Kiarostami)

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Les yeux ouverts (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2019




Les yeux ouverts

Il n’y a plus de temps, il n’y a plus d’espace,
J’ai tout examiné à travers la nuit blanche:
Et le narcisse sur ta table dans le vase,
Et la fumée bleue du cigare,
Et ce miroir, où, comme dans une eau pure,
Tu pourrais en ce moment te refléter.
Il n’y a plus de temps, il n’y a plus d’espace,
Et même toi, tu ne peux pas m’aider.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Marina Podgaevskaya

 

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La passion (Mademoiselle de l’Espinasse)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2018



Illustration: Jeanine Fitou-Valens

    
La passion ne va que par soubresauts; elle a des actes, des mouvements;
la tendresse a des soins; elle aide, elle console.

(Mademoiselle de l’Espinasse)

 

Recueil: Alors, Poésie
Traduction:
Editions: Flammarion

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Monsieur (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



 

312e

Monsieur

Je vous dis de m’aider,
Monsieur est lourd.
Je vous dis de crier,
Monsieur est sourd.
Je vous dis d’expliquer,
Monsieur est bête.
Je vous dis d’embarquer,
Monsieur regrette.
Je vous dis de l’aimer,
Monsieur est vieux.
Je vous dis de prier,
Monsieur est Dieu.
Éteignez la lumière,
Monsieur s’endort.
Je vous dis de vous taire,
Monsieur est mort.

(Norge)

Illustration (petit film-animation ici)

 

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Ici (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2018



    
Croix au bord de l’abîme.
C’est ici qu’un malheur arriva. Priez !
C’est ici qu’une âme est tombée de Ciel en Enfer.
C’est ici qu’elle s’est débattue à mort sur une sente vertigineuse où personne ne passait.
(…)
C’est ici que la Bête enchaînée en elle a rompu ses liens et hurlé.
(…)
C’est ici qu’aucun homme ne l’a aidée,
C’est ici que les anges l’ont abandonnée,
C’est ici que Dieu a détourné la tête.

Ici, ce malheur arriva. Priez !

(Marie Noël)

 

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Tu crois piéger (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Illustration: René Magritte
    
Tu crois piéger le temps dans les plis de ta toge,
et la parole en toi comme un oiseau en cage.

Comme les poètes et les accoucheurs, contente-toi
d’aider ce qui vient tout seul.
Dors quand tu dors,
danse quand tu danses.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Filles de la mémoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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Rilke et Yeats (Malcom Lowry)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018



Rilke et Yeats

Aidez-moi à écrire,
Montrez-moi les portes
Où sont affichés les ordres.
Et la cage
Où mon courage
Sous le regard de mon âme fascinée
Rugit derrière les grilles.

(Malcom Lowry)


Illustration: Edvard Munch

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ADAGIO POUR UN POEME (Patricia Ruiz-Gamboa)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



Illustration: Marc Chagal
    
ADAGIO POUR UN POEME

D’un ciel qui n’a jamais pleuré, j’ai fait jaillir des larmes.
D’un arbre qui n’a jamais fleuri, j’ai fait jaillir des fruits.
D’un piano poussiéreux, j’ai fait jaillir des rires.
D’une mer calme et bleue, j’ai fait jaillir des cris.

D’un soleil ardent, j’ai fait jaillir de l’ombre.
D’un rocher de montagne, j’ai fait jaillir des perles.
D’un glacier enneigé, j’ai fait jaillir des flammes.
D’un visage sans sourire, j’ai fait jaillir l’amour.

Poésie Amie, Poésie Chérie, ton antre est mon arme,
Ton refuge d’opale que si souvent je fuis,
Est un peu ma raison, est un peu mon empire,
Poésie Chérie, Poésie Amie, aide-moi, à l’infini.

Poésie Amie, Poésie Chérie, permets qu’enfin je sombre,
Permets qu’enfin au fond de moi le chant du merle
Revive et transforme un peu cette dame
Qu’est mon âme, et qui pleure toujours.

(Patricia Ruiz-Gamboa)

 

Recueil: Concerto pour une plume
Traduction:
Editions: ARCAM

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Une zone encore plongée dans la nuit (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
une zone encore
plongée dans la nuit
mais qui s’éveille frémit
lance des appels

des concrétions
encore informes
s’attirent
s’articulent
donnent voix
à ce qui veut
monter vers le jour

le noyau
gagne en densité
s’entoure du cercle
qui l’aide
à prendre corps

la voix qui vagissait
se fait plus claire
plus forte
et le murmure
donne à entendre
ce qui aspire
à se formuler

la main transcrit
des mots tamisés
paisibles
où luit parfois
la douce lumière
de ce qui se vit
hors du temps

(Charles Juliet)

 

Recueil: une joie secrète
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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Statue de femme aux mains liées (Kikí Dimoulà)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



    

Statue de femme aux mains liées

Tout le monde t’appelle aussitôt statue
et moi aussitôt je te donne le nom de femme.

Tu décores un jardin public.
De loin tu nous trompes.
On te croirait légèrement redressée
pour te souvenir d’un beau rêve,
et prenant ton élan pour le vivre.
De près le rêve se précise :
tes mains sont liées dans le dos
par une corde de marbre
et ta posture, c’est ta volonté
de trouver quelque chose qui t’aide
à fuir l’angoisse du prisonnier.
On t’a commandée ainsi au sculpteur :
prisonnière.
Tu ne peux
peser dans ta main ni la pluie
ni la moindre marguerite.
Tes mains sont liées.

Ce n’est pas seulement le marbre qui te garde
comme Argus. Si quelque chose allait changer
dans le parcours des marbres,
si les statues entraient en lutte
pour conquérir la liberté, l’égalité,
comme les esclaves,
les morts
et notre sentiment,
toi tu marcherais
dans cette cosmogonie des marbres
les mains toujours liées, prisonnière.

Tout le monde t’appelle aussitôt statue
et moi tout de suite je t’appelle femme.
Non pas du fait que le sculpteur
a confié une femme au marbre
et que tes hanches promettent
une fertilité de statue,
une belle récolte d’immobilité.
À cause de tes mains liées, que tu as
depuis que je te connais, tous ces siècles,
je t’appelle femme.

Je t’appelle femme
car tu es prisonnière.

(Kikí Dimoulà)

 

 

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