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Poésie

Posts Tagged ‘aïeul’

L’ÉCOLIER (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



Illustration: Robert Doisneau
    
L’ÉCOLIER

J’écrirai le jeudi j’écrirai le dimanche
quand je n’irai pas à l’école
j’écrirai des nouvelles j’écrirai des romans
et même des paraboles
je parlerai de mon village je parlerai de mes parents
de mes aïeux de mes aïeules
je décrirai les prés je décrirai les champs
les broutilles et les bestioles
puis je voyagerai j’irai jusqu’en Iran
au Tibet ou bien au Népal
et ce qui est beaucoup plus intéressant
du côté de Sirius ou d’Algol
où tout me paraîtra tellement étonnant
que revenu dans mon école
je mettrai l’orthographe mélancoliquement

(Raymond Queneau)

 

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LA POMME VERTE (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Illustration: Christian Otte
    
LA POMME VERTE

Oubliée au jardin
dans la brume
le gel

frileuse elle se clôt
sur le secret de
son parfum.

L’enfant la voit
et la porte
à l’aïeule

qui dans son tablier
mauve la fait
briller

puis sur la maie la
pose près de la
planche à pain.

De son mystère
elle illumine la maison
la pomme verte.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Actes Sud

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STANCES A LA CHATELAINE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



Illustration: John Duncan Fergusson 
    
STANCES A LA CHATELAINE

Madame, c’est moi qui viens.
Moi, cela ne vous dit rien !
Je viens vous chanter quand même
Ce que mon cœur a rimé
Et si vous voulez m’aimer ?
Moi : c’en est un qui vous aime !

Oh ! vos mains, dont les pâleurs
Bougent, en gestes de fleurs
Qu’un peu de brise caresse !
Oh ! vos beaux yeux impérieux !
Un seul regard de ces yeux
Dit assez votre noblesse !

Vos aïeules ont été,
Sous le grand chapeau d’été
Fleuries comme un jour de Pâques,
Marquises de Trianon,
Et moi, fils de gens sans nom,
J’ai des goûts à la Jean-Jacques !

Votre parc est doux et noir :
Il y ferait bon ce soir
Pour achever ce poème
Que mon cœur seul a rimé.
Donc, si vous voulez m’aimer,
J’y serai, moi qui vous aime !

– Je chantais cela tantôt,
Aux grilles de son château.
A la fin, compatissante,
Elle dit à son larbin :
« Joseph, portez donc du pain
Au pauvre mendiant qui chante ! »

(Gaston Couté)

 

 

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LE PONT DES SOURIRES (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



Le-pont-des-sourires

 

LE PONT DES SOURIRES

Y a toujours un pont quelque part,
Pour que la rive aille au rivage,
Un village à l’autre village,
Pour l’aïeul et pour le moutard,
Pour les baladins du voyage
Éternellement de passage,
Y a toujours un pont quelque part.
Dans un repli du paysage,
Rudimentaire… ouvrage d’art,
Pour sécuriser le têtard,
En place du vieux gué sauvage,
Pour joindre la terre en partage,
Y a toujours un pont quelque part.
Que tu sois fou, que tu sois sage,
Quel que soit ton choix, ton bagage,
Ta fortune, ton étendard,
Ta misère que l’on outrage,
Si tu sais bannir haine et rage,
Pour l’arrivée et le départ,
Y a toujours un pont quelque part.

(Jean-Charles Michel)

Illustration

 

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Calvaire lorrain (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration
    
Calvaire lorrain

Ce calvaire très vieux, fait de pierres informes,
Comme un fruste dolmen, dresse au soleil levant
Sa silhouette grise entre des branches d’ormes
Dans la solitude et le vent.

L’escalier de granit étend sa masse énorme
A travers l’herbe sèche; au faîte, se rivant
A deux blocs écornés, la croix mêle sa forme
Aux branches qu’agite le vent.

Rien à l’entour que le lointain bleu qui poudroie,
Rien au-dessus, peut-être un vol d’oiseau de proie:
Tout est si loin du monde ici, tout est si vieux!

Pourtant on y respire un souffle qui caresse,
Un soupir inconnu dont la douceur oppresse;
Ici dort l’esprit des aïeux.

(Marie Dauguet)

 

 

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CHOEUR NOCTURNE (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017




    

CHOEUR NOCTURNE

Seigneurs, nous sommes les Vers de terre.
On vous avait prêté la vie, et ce beau corps, que voilà.
La créance est échue, le terme est arrivé,
et nous allons reprendre le bien de notre aïeule…

Gracieux Seigneurs, nous sommes les Vers de terre.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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La Loire (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2017




    

 

La Loire est une aïeule
qui se souvient
de son éternité liquide

Elle est l’eau millénaire
où l’arbre couche son ombre

et tu bois ton rêve
à ses rives vertes
pour préserver l’imaginaire.

(Pierre Albert-Birot)

 

 

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Tu deviens plus lucide (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2017



Tu deviens plus lucide de ce que tu es
À l’écoute de la nature
tu lis la poésie de la vie à la vie qui lit
la poésie de l’homme
la terre est un corps
la montagne un aïeul
le fleuve une veine la forêt musique
les étoiles sortent pour danser
les oiseaux pour applaudir et chanter
les ombres portent les clés de la lumière

(Adonis)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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PROFANATION (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2017





PROFANATION

Je n’ai pas d’ami,
Ma maîtresse est morte.
Ce n’est qu’à demi
Que je le supporte.

Peut-on vivre seul ?
Mon désir qui dure
Retrousse un linceul
Plein de pourriture.

Comme elle a blêmi
Sa chair fière et forte
Sur qui j’ai dormi !
Partons sans escorte !

Pire qu’un aïeul,
Sans broncher j’endure
L’odeur du tilleul
Les bruits de ramure.

Musc, myrrhe, élémi,
Chants de toute sorte,
Je m’endors parmi
Votre âcre cohorte.

Je puis vivre seul,
Car j’ai la peau dure.
Recouvre, linceul,
Cette pourriture.

(Charles Cros)

Illustration: Julien Bourdon

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J’AIMERAIS ÊTRE AIMÉ (Endre Ady)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



J’AIMERAIS ÊTRE AIMÉ

Ne suis ni relation, ni parent,
Ni aïeul comblé, ni descendant,
Je ne suis pour personne,
Je ne suis pour personne.

Comme tout homme suis : majesté,
Mystère, Cap-Nord, étrangeté,
Lueur de feu follet,
Lueur de feu follet.

Mais, oh ! ne puis ainsi demeurer,
Je voudrais, je voudrais me montrer,
Que, visible, on me voie,
Que, visible, on me voie.

Pour ça le chant, le mal pour soi-même,
J’aimerais, j’aimerais que l’on m’aime,
Et puis être à quelqu’un,
Que je sois à quelqu’un.

(Endre Ady)

 

 

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