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ET : SCHUBERT (Aïgui)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2016



 


ET : SCHUBERT

la douleur
de toi
apparaissait : par les lieux d’éclaircie
en la jeune chênaie ! comme net en ton âme
cet azur aurait pu retentir !
« musique » me disait-on
j’entendais — quand elle ne retentissait pas :
elle était mon silence !
plus tard j’ai su — au-delà d’elle
par la douleur s’éclaire une telle :
tout comme si — en réponse — s’éclaircissait
par le tourment : Notre Seigneur ! — et par nous
en tristesse demandé — pour nous
en Sa douleur s’apaise

(Aïgui)

 

 

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Mais comment cette douleur a-t-elle surgi ? (Aïgui)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2016



 

mais comment cette douleur a-t-elle surgi ?
tu t’en allais ainsi
qu’on eût dit que tu retirais tes mains des veines

et à chaque départ
elles apparaissaient davantage

et puis ce fut le coeur qui se dévoila
dont j’ai dit simplement : « il fait mal »

et quelque part reposait le temps
existant comme l’air par lui-même

et pour la première fois
je me suis mis à lui appartenir

lorsque j’ai appris
que je suis l’amère trace
de ta mémoire d’enfance isolée
et de tes rêves d’aujourd’hui

en moi sans le vouloir laissée
au moment de luminescence du sang et des veines

que moi-même ne suis que souvenir
pour tous — à jamais — de toi — devant Dieu

(Aïgui)

Illustration: Edvard Munch

 

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JARDIN DE NOVEMBRE — A MALEVITCH (Aïgui)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2016



 

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JARDIN DE NOVEMBRE — A MALEVITCH

état
cognant. – calme
action
comme l’arrachement
de clous d’une planche
/ jardin
comme quelque part l’introïtion de l’oeil – fervent
jardin /

(Aïgui)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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LA NUIT : EN SURSAUT (Aïgui)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2016



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LA NUIT : EN SURSAUT

La nuit, soudain
je vois, en sursaut, — entre mon visage et l’oreiller le visage d’un ami enterré :
Il est — comme du papier d’emballage / on a sorti le contenu / :
les traits — comme des plis … insupportables ces traces dénaturées!…
inerte le chagrin lui-même ! — tout — est comme fait d’une matière de plus en plus morte… —
et la douleur est révocable — sans trace — mais seulement par une douleur nouvelle : son tour sans vie ! …
l’existence — comme l’action? — d’un écourtement on dirait calculé ! … —
« tout » — comme notion ? est — comme un emballage ! … pour bruire et se dénaturer…

(Aïgui)

 

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GOUACHE (Aïgui)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2016



GOUACHE

Un champ parsemé de journaux; le vent les emmêle (il n’y a ni début ni fin).
J’erre tout le jour, examine avec attention : le titre est partout le même
(et même l’oubli : j’oublie et j’examine — le temps passe : impossible de me souvenir) ;
avec le même portrait partout (et de nouveau, l’oubli). Où suis-je? où dois-je revenir?
Vent ; absence de routes ; froissement de papiers ;
la Terre entière n’est que ce champ ; ténèbres ; solitude.

(Aïgui)

Illustration: Jean François Millet

 

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ROSE DU SILENCE (Aïgui)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2016



 

ROSE DU SILENCE

mais le coeur
à présent
ou bien n’est qu’absence
en une telle vacuité — qu’on dirait que s’est tu
dans l’attente
le lieu de la prière
/ pur-séjour-dans le pur /
ou bien — par bonds rester un peu la commençante
douleur / comme possiblement a parfois
mal — un enfant /
faible nue-vivante
comme impuissance
d’oiseau

(Aïgui)

 

 

 

 

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LA MORT (Aïgui)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2016



 

LA MORT

sans ôter de sa tête son foulard
se meurt maman
et pour la seule et unique fois
je pleure à la vue pitoyable

de sa robe tissée main

comme sont paisibles les neiges
on dirait que les ont aplanies
les ailes du démon d’hier

ô comme sont riches les congères
comme s’il y avait dessous
des monts d’offrandes
païennes

Et les flocons
sans cesse portent sur terre

les hiéroglyphes divins…

(Aïgui)

Illustration

 

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Et quoi ? (Aïgui)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2016



et quoi ? — cela seulement s’écoute ! —

et au ciel se chuchote : que dans le pays ôté
au moins parmi les étoiles
demeure non humainement
le sépulcre de l’ouïe ! — si vous
êtes déjà tombeaux des sons !… —

(Aïgui)

Illustration

 

 

 

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NUAGES (Aïgui)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2016



 

NUAGES

Dans ce
village à personne
les pauvres haillons sur les pieux des clôtures
semblaient n’appartenir à personne

Et il y avait au-dessus des nuages sans appartenance

et là-bas des réclames pour l’enfance
de petits rachitiques et sauvages

et de la musique parlant de nudité
des femmes des Huns et des Scythes

mais ici sur le lit à la hauteur des yeux
quelque part près des cils humides
quelqu’un se mourait et pleurait

tandis que je me mettais à comprendre
pour la dernière fois

que c’était ma mère

(Aïgui)

 

 

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EN GERME (Aïgui)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2016



 

porte-manteau

EN GERME

je veux bien être parmi vous
comme une pièce de monnaie poussiéreuse
parmi des billets de banque froufroutant
dans une poche de soie glissante :
elle voudrait tinter à pleine voix
mais elle n’a pas avec qui s’entrechoquer
lorsque grondent les contrebasses
et lorsque me revient en mémoire
comme dans mon enfance le vent
fumait de pluie par un matin d’automne :
je veux bien être
un porte-manteau
auquel on peut accrocher
non seulement des imperméables
mais y pendre quelque chose
de bien plus lourd
et lorsque je cesserai de croire en moi
que la mémoire des tendons
me rende la ténacité
pour qu’à nouveau je sente sur mon visage
la pression des muscles des yeux

(Aïgui)

Illustration

 

 

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