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Poésie

Posts Tagged ‘aiguille’

Ma vie diffuse et vaporeuse (Henry Thoreau)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



Ma vie diffuse et vaporeuse devient pareille
aux feuilles et aux aiguilles de givre
qui étincellent comme des joyaux sur les herbes
et les chaumes par un matin d’hiver…
Par la simplicité communément appelée pauvreté,
ma vie se concentre et s’organise, devient cosmos
de masse amorphe qu’elle était.

(Henry Thoreau)

 

 

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L’HEURE (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2019



 

L’HEURE

Rapide, aiguë et furtive,
L’aiguille sur le cadran
Perce l’heure où elle arrive
De son dard indifférent.

La rose, de ses pétales,
Compte l’instant qui se suit
En minutes inégales
Qui s’effeuillent sans un bruit.

Le temps pour toi se divise
Selon que tu l’as pensé!
Qu’il s’abrège ou s’éternise
Il deviendra ton passé.

Et, lorsqu’un jour de ta cendre
Les roses refleuriront,
Tu ne pourras plus entendre
Les aiguilles qui feront,

Sur le cadran à demeure,
Leur travail minutieux
De percer encore l’heure
Que ne verront plus tes yeux.

(Henri De Régnier)

 

 

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Secret de ton regard (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



Illustration: Vito Russotto
    
Secret de ton regard, ô souple
Source, enveloppe de soie
De ton regard dans l’eau des rêves
Goutte, cristal et la buée
De ta pudeur à l’aiguille d’ombre
Fouillant l’envers de ton visage

Secret de clairière, opaline
À luire à la lune et l’iris
À pointes de feu, l’ouverture
Du néant où je viens nager

Quand je plonge au puits de ton œil
Au centre, regard en miroir
D’un songe à jamais sans sommeil
Dans la nuit originelle

Secret de ta gloire enfouie
Dans la terre légère des morts
Si je la rejoins sous ton règne
Bénéfique ô fée
Morgane
Et l’empire enfin des sorts
A refermé les ravines
La nuit dans ses plis de suie

(Jacques Chessex)

 

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Rangées d’arbres pins (Geoffrey Squires)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019




    
Rangées d’arbres pins ou épicéas
mince lit d’aiguilles sur le sol forestier
monde symétrique et silencieux
soudain nous y sommes
la répétition des arbres
la répétition des silences

***

Rows of trees pine or spruce
soft bed of needles on the forest floor
symmetrical and silent world
we are suddenly in
the repetition of trees
the repetition of silences

(Geoffrey Squires)

 

Recueil: Poème en trois sections
Traduction: François Heusbourg
Editions: Unes

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Oiseaux (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2019




    
Oiseaux

Le trou dans le cerisier
semble le chas d’une aiguille
Le couple de moineaux friquets
s’y faufile comme des anguilles

Qu’il serait bon d’être comme eux :
Ceux qu’on aime au secret du nid
de grandes ailes dans le ciel
et puis se cacher tout petit

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’enfant d’autrefois (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




    
L’enfant d’autrefois
face offerte
accueille la pluie
cinglante
et pourtant douce
menus oiseaux
picorant la peau

L’eau s’amuse
à devenir métallique
fines aiguilles
qui piquent
sans blesser
ni transpercer

Étincelles ludiques
sur le front
le pavé

Visage au vent
l’enfant rit
ruisselante

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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TU PASSES (Maurice Henry)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018




    
TU PASSES

Tu passes derrière la vie traînant sans effort l’invisible tapis de diamants
fine sur tes aiguilles tu t’avances
et la rue tangue et bascule et disparaît dans le fracas des volets de fer
dans le parfum de l’enfance à la recherche des étoiles perdues
dans le flux des visages rendus à la nuit

Tes yeux sont des lièvres à l’heure de la rosée
tes mains sont de sable d’été

Je tombe dans ton souffle je nage dans tes murmures
mais tu passes comme une torche

(Maurice Henry)

 

Recueil: Les poètes du Grand Jeu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au soir (Henri Pichette)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018




    
Au soir,
L’endormement des petits oiseaux.
Dans le reposoir du rosier sauvage
L’aiguille libellule immobilise la gaze des ailes.
Un effet de lune bombe la face de l’étang.
Restes d’un feu de jardinier,
Mille braises tremblantes
Rêvent leur fumée.

(Henri Pichette)

 

Recueil: Poèmes offerts
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sur la pointe (Géo Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



Sur la pointe

Tu crois que c’est gai de vivre nu,
Tout nu sur la pointe d’une aiguille
Avec tout ce vide autour de soi
Avec tout ce creux dans les poumons,
Tout nu sur la pointe d’une aiguille
Sans un grain de sable pour s’asseoir
Et sans un nuage pour dormir,
Sans une chanson dans les oreilles
Tout nu sur la pointe d’une aiguille
Avec tout ce froid, ce froid, ce froid
Et ce ciel muet sur les épaules,
Tu crois que c’est gai de vivre mort
Dans l’abîme d’être et ne pas être,
Debout sur la pointe d’une aiguille ?

(Géo Norge)

Illustration

 

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Ce sentiment là (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2018



Illustration: Marie-France Le Clainche
    
Oh! Je ne me révolte pas.
Jamais je ne me suis révoltée. Il est grand!

Je l’adore, je m’incline, aussi religieuse maintenant que jadis,
devant sa pensée infinie dont je suis victime.

Et j’accepte avec une sérénité sans espoir d’être,
moi, le rien, sacrifiée à ses fins.

Il me semble que si j’étais une pauvre pièce de toile,
je me soumettrais ainsi avec une douleur affectueuse et docile
à la torture des ciseaux et de l’aiguille,

par respect et par amour
pour le chef-d’oeuvre inconnu de l’ouvrière.
Ce sentiment là, ce doit aussi être une piété.

(Marie Noël)

 

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