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Poésie

Posts Tagged ‘aiguille’

INSIGNIFIANCE (Georges Bataille)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2020




    
INSIGNIFIANCE

J’endors
l’aiguille
de mon coeur

que j’ai perdu
j’ouvre
le bord
d’une larme

(Georges Bataille)

 

Recueil: L’Archangélique et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les enfants du chemin de fer (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2020



Une fois grimpées les pentes de la tranchée
Nous fûmes à la hauteur des coupes blanches
Des poteaux télégraphiques et des fils grésillants.
Comme de beaux déliés, ils ondulaient à perte de vue
A l’est et à l’ouest, s’incurvant
Sous leur fardeau d’hirondelles.
Nous étions petits et pensions ne rien savoir
D’intéressant. Nous pensions que les mots parcouraient les fils
Dans les poches scintillantes des gouttes de pluie,
Chacune ensemencée de la lumière
Du ciel, du miroitement des lignes, et de nous-mêmes
A une échelle si infinitésimale
Que nous aurions pu passer par le chat d’une aiguille

(Seamus Heaney)

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DIALOGUE AVEC MAHMÛD SHABESTARÎ (Serge Pey)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2020



 

compas  [1280x768]

DIALOGUE AVEC MAHMÛD SHABESTARÎ

Le point est le lieu du dialogue
réduire le cercle à un point sur le papier
permet de trouver l’aiguille
qui perce au centre de ce point
marqué sur le papier

Derrière le point
se cache l’aiguille

Il ne faut pas que le papier
cache le point ni l’aiguille

Celui qui ne sait pas
ne voit que le papier

(Serge Pey)

 

 

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Lorsque parait la lune citadine (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020




Lorsque parait la lune citadine sur les places
Et la ville assoupie s’en illumine lentement,
Et la nuit s’épaissit, pleine de cuivre et de mélancolie,
Et la cire mélodieuse au temps cruel fait place;

Et le coucou gémit au sommet de sa tour de pierre,
Et la blême moissonneuse, en ce monde sans souffle descendue,
Fait bruire doucement les énormes aiguilles d’ombres
Et répand la paille jaune sur le plancher de bois…

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Alina Maksimenko

 

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Village au bord de l’eau (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



Illustration
    
Village au bord de l’eau

Eau claire entourant de ses bras le village
Longs jours d’été où tout n’est que poésie

Sans crainte vont et viennent les couples d’hirondelles
Dans l’étang, les unes contre les autres, les mouettes

Ma vieille épouse dessine un échiquier sur papier
Mon jeune fils fait d’une aiguille un hameçon

Souvent malade, je cherche les plantes qui guérissent
Est-il d’autre désir pour mon humble corps?

(Du Fu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Que m’est odieuse la lumière des monotones étoiles (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2020



Que m’est odieuse la lumière
Des monotones étoiles !
Salut, mon ancien délire,
Du clocher l’essor ogival !

O change-toi, pierre, en dentelle,
Et deviens toile d’araignée !
Que le torse vide du ciel
S’ouvre à ton aiguille aiguisée !

Mon tour aussi viendra de m’élancer.
Je sens déjà l’essor d’une aile.
Mais vers quel but, de la vive pensée,
La flèche s’envolera-t-elle ?

Ou bien je serai de retour,
Ayant mon temps et ma route épuisé.
Ici je redoute l’amour,
Là-bas je n’ai pas pu aimer…

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Vincent Van Gogh

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Chanson (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2020



Illustration: Edward Hopper
    
Chanson

Quand il est entré dans mon logis clos,
J’ourlais un drap lourd près de la fenêtre,
L’hiver dans les doigts, l’ombre sur le dos…
Sais-je depuis quand j’étais là sans être ?

Et je cousais, je cousais, je cousais…
— Mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?

Il m’a demandé des outils à nous.
Mes pieds ont couru, si vifs dans la salle,
Qu’ils semblaient, — si gais, si légers, si doux, —
Deux petits oiseaux caressant la dalle.

De-ci, de-là, j’allais, j’allais, j’allais…
— Mon cœur, qu’est-ce que tu voulais ?

Il m’a demandé du beurre, du pain,
— Ma main en l’ouvrant caressait la huche —
Du cidre nouveau, j’allais et ma main
Caressait les bols, la table, la cruche.

Deux fois, dix fois, vingt fois je les touchais…
— Mon cœur, qu’est-ce que tu cherchais ?

Il m’a fait sur tout trente-six pourquoi.
J’ai parlé de tout, des poules, des chèvres,
Du froid et du chaud, des gens, et ma voix
En sortant de moi caressait mes lèvres…

Et je causais, je causais, je causais…
— Mon cœur, qu’est-ce que tu disais ?

Quand il est parti, pour finir l’ourlet
Que j’avais laissé, je me suis assise…
L’aiguille chantait, l’aiguille volait,
Mes doigts caressaient notre toile bise…

Et je cousais, je cousais, je cousais…
— Mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?

(Marie Noël)

 

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Rondeau de la moule (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2020




    
Rondeau de la moule

La moule bâille au clair de lune
Entre les étoiles de mer
L’arapède au rictus amer
Et l’oursin aux aiguilles brunes

La vague idiote l’importune
Et le crabe aux pinçons pervers
La moule bâille au clair de lune

Le vent qui souffle de la dune
Lui flanque un frisson dans la chair
Ah vivre au coeur du Loir-et-Cher
Près d’une plantation d’agrumes
La moule bâille au clair de lune

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’ONCLE ITZE (Moshe Kulbak)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2019




    
L’ONCLE ITZE

L’oncle Itze vient d’apprendre
Le métier de tailleur,
Changeant de vieilles hardes
En habits flambant neufs,
Changeant de vieilles hardes
En habits flambant neufs.

Dans un village arrive
Avec aiguille et fil,
Il y pose une affiche :
Je raccommode habits,
Il y pose une affiche :
Je raccommode habits.

Accroupi sur la table
L’oncle, hébété, découd,
Coupe et colle inlassable
Les pièces bout à bout,
Coupe et colle inlassable
Les pièces bout à bout.

Rapiécé le village
Vers un autre il s’en fut,
Tant qu’enfin sa main lâche
Tout le pays cousu,
Tant qu’enfin sa main lâche
Tout le pays cousu.

L’oncle Itze vient d’apprendre
Le métier de tailleur
Changeant de vieilles hardes
En habits flambant neufs.

(Moshe Kulbak)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Impossible d’enfiler le fil dans l’aiguille (Hosai)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2019



Impossible d’enfiler
le fil dans l’aiguille
je contemple le ciel bleu

(Hosai)

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