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Poésie

Posts Tagged ‘aiguiser’

Sensations (Hippolyte Taine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Sensations

Des cils roides et longs, antennes hérissées,
Font sentinelle autour de son nez frémissant ;
Et le plus léger bruit qui le frôle en passant
Élargit sur son front ses oreilles dressées.

Quand la nuit a brouillé les formes effacées,
Il voit ; le monde noir à son regard perçant
Ouvre ses profondeurs ; il distingue, il pressent ;
Ses sens plus acérés aiguisent ses pensées.

Des craquements de feu courent sur son poil roux ;
Tout le long de sa moelle un tressaillement doux
Conduit l’émotion en son âme inquiète.

Les poils de son museau vibrent à l’unisson,
Et sa queue éloquente a le divin frisson,
Comme une lyre l’or aux mains d’un grand poète.

(Hippolyte Taine)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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LE CHAT (Maurice Rollinat)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    

LE CHAT

Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire
Par son être magique où s’incarne le sphinx ;
Par le charme câlin de la lueur si claire
Qui s’échappe à longs jets de ses deux yeux de lynx,
Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire.

Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,
Il ondule, se cambre et regimbe aux doigts lourds ;
Et lorsque sa fourrure abrite une chair grasse,
C’est la beauté plastique en robe de velours :
Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,

Vivant dans la pénombre et le silence austère
Où ronfle son ennui comme un poêle enchanté,
Sa compagnie apporte à l’homme solitaire
Le baume consolant de la mysticité
Vivant dans la pénombre et le silence austère.

Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre,
C’est bien l’âme du gîte où je me tiens sous clé ;
De la table à l’armoire et du fauteuil à l’âtre,
Il vague, sans salir l’objet qu’il a frôlé,
Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre.

Sur le bureau couvert de taches d’encre bleue
Où livres et cahiers gisent ouverts ou clos,
Il passe comme un souffle, effleurant de sa queue
La feuille où ma pensée allume ses falots,
Sur le bureau couvert de taches d’encre bleue.

Quand il mouille sa patte avec sa langue rose
Pour lustrer son poitrail et son minois si doux,
Il me cligne de l’œil en faisant une pause,
Et je voudrais toujours l’avoir sur mes genoux
Quand il mouille sa patte avec sa langue rose.

Accroupi chaudement aux temps noirs de décembre
Devant le feu qui flambe, ardent comme un enfer,
Pense-t-il aux souris dont il purge ma chambre
Avec ses crocs de nacre et ses ongles de fer ?
Non ! assis devant l’âtre aux temps noirs de décembre

Entre les vieux chenets qui figurent deux nonnes
À la face bizarre, aux tétons monstrueux,
Il songe à l’angora, mignonne des mignonnes,
Qu’il voudrait bien avoir, le beau voluptueux,
Entre les vieux chenets qui figurent deux nonnes.

Il se dit que l’été, par les bons clairs de lune,
Il possédait sa chatte aux membres si velus ;
Et qu’aujourd’hui, pendant la saison froide et brune,
Il doit pleurer l’amour qui ne renaîtra plus
Que le prochain été, par les bons clairs de lune.

Sa luxure s’aiguise aux râles de l’alcôve,
Et quand nous en sortons encor pleins de désir,
Il nous jette un regard jaloux et presque fauve
Car tandis que nos corps s’enivrent de plaisir,
Sa luxure s’aiguise aux râles de l’alcôve.

Quand il bondit enfin sur la couche entr’ouverte,
Comme pour y cueillir un brin de volupté,
La passion reluit dans sa prunelle verte :
Il est beau de mollesse et de lubricité
Quand il bondit enfin sur la couche entr’ouverte.

Pour humer les parfums qu’y laisse mon amante,
Dans le creux où son corps a frémi dans mes bras,
Il se roule en pelote, et sa tête charmante
Tourne de droite à gauche en flairant les deux draps,
Pour humer les parfums qu’y laisse mon amante.

Alors il se pourlèche, il ronronne et miaule,
Et quand il s’est grisé de la senteur d’amour,
Il s’étire en bâillant avec un air si drôle,
Que l’on dirait qu’il va se pâmer à son tour ;
Alors il se pourlèche, il ronronne et miaule.

Son passé ressuscite, il revoit ses gouttières
Où, matou lovelace et toujours triomphant,
Il s’amuse à courir pendant des nuits entières
Les chattes qu’il enjôle avec ses cris d’enfant :
Son passé ressuscite, il revoit ses gouttières.

Panthère du foyer, tigre en miniature,
Tu me plais par ton vague et ton aménité,
Et je suis ton ami, car nulle créature
N’a compris mieux que toi ma sombre étrangeté,
Panthère du foyer, tigre en miniature.

(Maurice Rollinat)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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Le poème a la gorge claire (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2022


poeme

Aiguiser la soif et la rajeunir,
le poème a la gorge claire.

(Pierre Dhainaut)

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Une brise aiguise les aiguilles de pin (Chingak)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2022



Illustration: Bang Hai Ja Ciel-Terre
    
Une brise aiguise les aiguilles de pin
Monte la tristesse profonde et lointaine
La lune roule sur les vagues de mon coeur
Dans mon esprit un cristal de silence
Écoute et regard, reflets d’un miroir
Je flâne en pinçant les cordes de mon coeur
Là où l’écho s’évanouit, s’épanouit la méditation
Coeur apaisé, cendres éteintes

(Chingak)

Recueil: Les mille monts de lune Poèmes de Corée
Traduction: Sunmi Kim
Editions: Albin Michel

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SIEGE (Luca Benassi)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2021



Illustration: John Hacking 
    

Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Irish, Serbian, Macedonian, Armenian

Poem of the Week Ithaca 671 « SIEGE », Luca Benassi, Italy
from “I fasti del grigio”, Edizioni Lepisma
– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

SIEGE

Qu’est-ce donc pour un siège
ce sombre anéantissement de soldats en armes
sous les murs de Troie ?
On parle de vaisseaux en feu
et de ciel aussi noir
que la rivière saturée de sang
après la bataille.
Mais la guerre commence à présent
avec les faces noires
de créatures, vos créatures
qui braquent leurs épées vers notre maison.
Et toi, femme
mesure le bruit
le bruit de la pierre
qui aiguise les lames.

(Luca Benassi)

Traduction Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache

***

BELEGERING

Wat is dit voor belegering,
deze sombere ommanteling van gewapenden
onder de muren van Troje?
Men spreekt over schepen die in brand staan
en de lucht zo zwart
als de met bloed bedekte rivier
na de strijd.
Maar de oorlog begint nu
met de zwarte hoofden
van mensen, jouw mensen
die hun zwaarden naar ons huis richten
En jij, vrouw,
tel het geluid
het geluid van de steen
die de messen scherpt.

Vertaling Germain Droogenbroodt

***

ASEDIO

¿Qué es este asedio,
este lúgubre cinturón de ejércitos
bajo los muros de Troya?
Hablan de los barcos en llamas
y del cielo negro
como el río cubierto de sangre
después de la batalla.
Pero la guerra comienza ahora
con las cabezas negras
de los hombres, los tuyos,
que extienden sus espadas hacia nuestra casa
y tú, mujer
capta el sonido,
el sonido de la piedra
afilando las hojas.

Traducción Rafael Carcelén

***

SIEGE

What is this siege,
this gloomy enclosure of armed men
beneath the walls of Troy?
It tells of ships in flames
and of the black sky
like the river covered in blood
after the battle.
But the war begins now
with the black heads
of the men—yours
who point swords at our house,
and you, woman,
who count the sound,
the sound of the stone
which sharpens the blades.

Translation: Luca Benassi – Stanley Barkan

***

ASSEDIO

Cos’è questo assedio,
questa cinta lugubre d’armati
sotto le mura di Troia?
dicono di navi in fiamme
e del cielo nero
come il fiume coperto di sangue
dopo la battaglia.
Ma la guerra inizia adesso
con le teste nere
degli uomini, i tuoi
che tendono le spade alla nostra casa
e tu, donna
conti il suono
il suono della pietra
che affila le lame.

LUCA BENASSI, Italia

***

BELAGERUNG

Was ist diese Belagerung,
diese düstere Einfriedigung von Gewaffneten
unter den Mauern von Troja?
Man spricht von brennenden Schiffen
und vom Himmel schwarz
wie der von Blut überdeckten Fluss
nach der Schlacht.
Aber der Krieg beginnt jetzt
mit den schwarzen Köpfen
der Menschen, deine,
die ihre Schwerter nach unserem Haus strecken
und du, Frau
zählst den Klang
den Klang des Steins
der die Klingen schärft.

Übersetzung Germain Droogenbroodt – Wolfgang Klinck

***

ASSÉDIO

Que coisa é este assédio
este círculo lúgubre de armados
sob o muro de Troia?
dizem de navios em chama
e do céu escuro
como o rio coberto de sangue
depois da batalha.
Mas a guerra inicia agora
com as cabeças negras dos homens, teus
que apontam espadas afrontando a casa
e tu, mulher
relata o som,
o som da pedra
que afia as lâminas.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia

***

ASSEDIU

Chi è st’assediu,
sta cinta scurusa d’armati
sutta li mura di Troia?
Parranu di navi ca brucianu
E di celu niuru
Comu lu ciumi allurdatu di sangu
Doppu la battagghia.
Ma la guerra cumincia ora
Cu li testi niuri
Di l’omini, ca sunnu i to,
ca puntanu li spati contru la nostra casa
e tu, donna, cunti lu scrusciu
lu scrusciu di la petra
chi ammula li lami.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

ASEDIU

Ce este acest asediu,
această încercuire lugubră de oștiri
sub zidurile Troiei?
E vorba despre nave în flăcări,
despre cerul înnegurat
carâulacoperit de sânge
în urma bătăliei.
Însă războiul începe acum
cu creștetele negre debărbați,ai tăi,
care își întind spre casa noastră spada
și tu, femeie,
numeri sunetul,
sunetul pietrei
ce ascute tăișurile.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

OBLĘŻENIE

Coto za oblężenie,
Ten ponury pierścień uzbrojonych mężczyzn
wokół murów Troi?
Opowiadają o płonących okrętach
i oniebie czarnym
jak rzeka pokryta krwią
po bitwie.
Ale wojna zaczyna się od zaraz,
czarnymi głowami
mężczyzn —tychtwoich,
którzy wyciągają mieczew naszym domu,
a ty, kobieto,
zliczaszteodgłosy,
brzmieniekamienia
który ostrzy brzeszczoty mieczy.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień
Translation into Polish by Mirosław Grudzień

***

ΠΟΛΙΟΡΚΙΑ

Προς τί αυτή η πολιορκία
σκυθρωπών ανθρώπων
κάτω απ’ τα τείχη της Τροίας;
Μαρτυρεί τα φλογισμένα καράβια
και το μαύρο ουρανό
σαν το γεμάτο αίμα ποτάμι
μετά τη μάχη.
Μα ο πόλεμος τώρα ξεκινά
με τα μαύρα κεφάλια ανθρώπων
σαν το δικό σου
που σκοπεύεις το σπίτι με το σπαθί σου
κι εσύ γυναίκα
που μελετάς τον ήχο
της πέτρας που ακονίζει
τις λεπίδες

ΜετάφρασηΜανώληΑλυγιζάκη
Translated into Greek by Manolis Aligizakis

***

围 攻

这包围,
特洛伊城墙下武士的
这无望的围场是什么?
它讲述战船着火
以及战役后
黑色天空像满身鲜血的
河流的故事。
但是战争现在开始了
带着男人的
黑脑筋——你的
他们用剑指着我们的房子,
和你,女人,
你数着声音,
使刀刃锋利的
石头的声音。

原作:意大利 卢卡·贝纳西
英译:卢卡·贝纳西—斯坦利·巴坎
Translation into Chinese by William Zhou

***

حِصار

يا لِهَذا الحِصار.
ذلكَ الطَّوقُ الكَئيبُ للجُنود
تحتَ أسوارِ طَرَوادة؟
يَحكي عن سُفنٍ أُضْرِمتْ فيهَا النِّيران
وسَماءٌ تَلبَّدتْ بالدُّخان
كنهرٍ غطَّتْهُ الدِّمَاء
بعدَ معاركٍ وقتال.
لكن طُبولَ الحربِ تقرعُ الآن
ورجالٌ برؤوسٍ سود
شاهِرينَ سُيوفَهم على منازِلنا
وأنتُنَّ، أيَّتُها النسوة،
ستسمعن أصواتا،
أصواتُ الحِجارة
التِّي تشحذُ نصلَ السُّيوف.

Translation into Arab by Sarah Slim

***

घेराबंदी

यह क्या है घेराबंदी,
सशस्त्र पुरुषों के इस उदास बाड़े
ट्रॉय की दीवारों के नीचे?
यह लपटों में जहाजों के बारे में बताता है
और काले आकाश की
जैसे नदी खून में समा गई
लड़ाई के बाद l
लेकिन युद्ध अब शुरू होता है
ब्लैक हेड्स के साथ
पुरुषों की – तुम्हारा
जो हमारे घर पर तलवारें चलाते हैं,
और तुम, महिला,
कौन ध्वनि की गिनती कर रही हैं ,
पत्थर की आवाज
जो ब्लेड को तेज करता है।

लुका बेनासी, इटालिया l

Hindi translation by Jyotirmaya Thakur.

***

包囲網

この包囲網は何だ
トロイの壁の下で
武装した男たちが暗く取り囲んで
それは炎に包まれた船
そして黒い空を語っている
戦いの後に
地で覆われた河のように

ところが戦争はいま始まる
男たちの黒い頭の群れ
それは剣を私たちの家に向ける
あなたの頭でもある
そして刃を磨く石の音を数える
お前たち女もそうなのだ

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

محاصره

این محاصره چیست،
این حصار غمانگیز از مردان مسلح
زیر دیوارهای تروا؟
برایمان از کشتیهای شعلهوردر آتش میگوید
و از آسمان سیاه
مانند رودخانهیی پوشیده از خون
بعد از نبرد.
اما جنگ حالا شروع شده
با مردانی کله سیاه
و شمشرهایی که نوکشان به سمت خانههای ماست،
و تو، زن،
که صدا را میشماری
صدای سنگ

که تیغه شمشیرها را تیز میکند.
لوسیا بناسی، ایتالیا

ترجمه: سپیده زمانی
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

ОБСАДА

Каква е тази обсада,
това застрашително струпване на армия
под стените на Троя?
Тя предвещава за кораби в пламъци
и за червено небе
като реката покрита с кръв
след битката.
Но войната започва сега
с черните глави
на войниците – твоите,
които издигат мечове срещу нашата къща
и ти, жено,
която броиш звуците,
звуците на камъка,
който точи остриетата.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

UMSÁTUR

Um hvað sitja þeir,
vopnuðu mennirnir sem umkringja
múra Tróju?
Sagt er frá logandi skipum
og svörtum himni
og blóðugri ánni
eftir orrustuna.
En stríðið byrjar núna
með svörtum höfðum
mannanna — ykkar
sem beinið sverðum að húsinu okkar,
og þér, kona,
sem telur hljóðið,
hljóð steinsins
sem brýnir sverðin.

Þór Stefánsson þýddi samkvæmt enskri þýðingu Luca Benassi og Stanleys Barkan
Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

Осада

Чтоэто за осада,
темные плащисолдат
под стенами Трои?
Все говорят о сожженных кораблях,
ивоздухчёрен,
словнорека, полная крови,
после битвы.
Но вот сейчас начнут войну
черныеголовы
людей, твоих людей,
поднявших меч на нас.
Иты, госпожа,
считайзвуки,
звукикамня,
о который точат нож.

Translation into Russian by Daria Mishueva

***

PAGKUBKOB

Ano itong pagkubkob na ito,
ang malungkot na pagkabihag sa mga de armas na mga tao
sa likod ng dingding ng Troy?
Tinutukoy nito ang nasusunog na mga barko
at ang madilim na kalangitan
tulad ng ilog na nabalot ng dugo
pagkatapos ng digmaan.
Subalit ang digmaan ay nagpasimula na ngayon
sa mga itim na ulo ng tao- kayo
na nagsipagtutok ng mga espada sa aming bahay,
at ikaw, babae,
na nagbilang ng tunog,
tunog ng mga bato
na nagpatalas ng mga talim.

Translation in Filipino-Eden Soriano Trinidad

***

מצור / Luca Benassi, איטליה

מַהוּהַמָּצוֹרהַזֶּה,
הַכִּתּוּר הַקּוֹדֵר שֶׁל אֲנָשִׁים חֲמוּשִׁים
מִתַּחַתלְחוֹמוֹתטְרוֹיָה?
פֵּרוּשׁ הַדָּבָרשֶׁיֵּשׁסְפִינוֹתבְּלֶהָבוֹת
וְשָׁמַיִםשְׁחוֹרִים
כְּמוֹהַנָּהָרהַמְּכֻסָּהבְּדָם
לְאַחַרהַקְּרָב.
אֲבָלהַמִּלְחָמָהמַתְחִילָהעַכְשָׁו
עִםהָרָאשִׁיםהַשְּׁחוֹרִים
שֶׁלהַגְּבָרִים–שֶׁלָּכֶם,
שֶׁמַּפְנִיםחֲנִיתוֹתאֶלבָּתֵּינוּ,
וְאַתְּ,אִשָּׁה,
שֶׁמּוֹנָהאֶתהַצְּלִיל,
צְלִילהָאֶבֶן
שֶׁמַּשְׁחִיזָהאֶתהַלֶּהָבִים.

Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***

முற்றுகை
இது என்ன முற்றுகை
ட்ராயின் சுவர்களுக்குக் கீழே
ஆயுதம் ஏந்திய மனிதனின் இருள் படிந்த அடைப்பிற்குள்?
எரியும் கப்பல்கள்
கருத்த மேகங்கள்
போருக்குப்பின்
இரத்தம் நிறம்பிய ஆறாக.
இப்பொழுதுதான் போர் துவங்குகிறது
உங்களைப்போன்ற
கருப்புத்தலை மனிதர்களோடு
எங்கள் வீடுகளை நோக்கி வாளைக் காட்டுகிறீர்கள்
நீங்களும் , பெண்களும்
ஒலிகளை எண்ணிக்கொண்டிருக்கிறீர்கள
வ்ாளினைத் தீட்டிக் கூறாக்கும்
கற்களின் ஒலியை!
ஆக்கம்

Translation into Tamil by nvsubbaraman

***

DORPÊÇ

Çî ye ev dorpêça,
ev çepera tarî ji çekdaran
li ber dîwarê Troya?
Li ser keşitya sotîndar tê axaftin
û esmanê reş
çawa rubar bi xwînê hatibû têwerdan
piştî şergehê.
Lê ceng niha bi
seriyên reş destpêdike
yên mirovan, yên te
ewên şwîrên xwe berv mala me dirêjdikin
û tu, jinê
dengê cengê dijmêrî
awaza hesanê
twîjkirina peykanan.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

অবরোধ

কি এইঅবরোধ,
এইঅন্ধকারাচ্ছন্নসশস্ত্রযোদ্ধাদেরএইলড়াই
ট্রয়েরদেয়ালএরনিচে?
এযেবলশিখাময়নৌবহরেরকথা
আরতমসাচ্ছন্নআকাশেরকথা
ঠিকযেমননদীটিরক্তেপরিপূর্ণ
যুদ্ধেরপরে ।
কিন্তুএখনযেযুদ্ধেরসময়
সঙ্গেনিয়েকৃষ্ণময়মস্তকগুলো
আপনাদেরই – পুরুষদের
যারাকরেতলোয়ারতাআমাদেরগৃহে,
এবংআপনাদের, মহিলাদের,
যারাআওয়াজগণনাকরে,
পাথরেরশব্দ
যেপাথরশাণ দেয়অস্ত্রেরফলকগুলিকে ।
লুকাবেনাসি, ইতালি

Bangla Translation: – তাবাসসুমতাহমিনাশাগুফতাহুসেন
Translation into Bangla by Shagufta Tabassum Tahmina

***

LÉIGEAR

Cad chuige an léigearseo,
An campa míleatagrána
faoibhallaínaTraí?
Eachtraíonnséloingdhóite
An spéirdubh le toit
An abhainndearg le fuil
i ndiaidh an chatha.
Ach tosaíonn an fíorchoimhlintanois
idircloigeannachacantalacha
nabhfear—do chuidse
a dhíoraíonn a gclaimhtearárdtithe,
agustusa, a bhean,
a chloiseann an fhuaim,
fuaimnacloichefaobhair
a géaraíonn an lann.

Aistriúchán Gaeilge, Rua Breathnach
Translation into Irish by Rua Breathnach

***

Опсада

Каква је ово опсада,
суморна ограда наоружаних људи
испод зидина Троје?
Проповеда о бродовима у пламену,
црном небу,
реци којом плива крв
после боја.
Али рат почињу сада
црне главе
мушкараца-твојих
са мачевима упереним на нашу кућу,
а ти, жено
бројиш звуке,
звуке камена
који оштре сабље.

Са енглеског превела С.Пиксиадес
Translation into Serbian by S Piksiades

***

ОПСАДА

Каква ли е оваа опсада,
ова мрачно опколување на вооружени мажи
под ѕидовите на Троја?
Тоа зборува за бродови во пламен
и за црно небо
како реката во крв
по битка.
Но војната започнува сега
со црните глави
на мажите—твоите
кои со мечеви посочуваат на твојата куќа,
и со тебе, жено,
која го броиш звукот,
звукот на каменот
што ги остри сечилата.

Translation from English in Macedonian: Daniela Andonovska-Trajkovska

***

Պաշարում

Ի՞նչ է այս պաշարումը՝
զինվածմարդկանցմռայլպարիսպը
Տրոյայիպատերիտակ:
Այն պատմում է այրվող նավերի
և սև երկնքի մասին,
ինչպես մարտից հետո
գետն է ներկվում արյունով:
Բայց պատերազմը
նոր է սկսվում միայն՝
տղամարդկանց սև գլուխներով,
որ ուղղում են թրերը դեպի տունը մեր
և դու՝ կի՛ն,
հաշվում ես ձայնը՝
ձայնը քարի,
որ սրում է շեղբըթրերի:

Translated into Armenian by Armenuhi Sisyan

(Luca Benassi)

 

Recueil: Ithaca 671
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
Holland: https://boekenplan.nl
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
France: https://arbrealettres.wordpress.com
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
Romania: http://www.logossiagape.ro; http://la-gamba.net/ro; http://climate.literare.ro; http://www.curteadelaarges.ro.; https://cetatealuibucur.wordpress.com
Spain: https://www.point-editions.com; https://www.luzcultural.com
India: https://nvsr.wordpress.com; https://ourpoetryarchive.blogspot.com>
USA-Romania: http://www.iwj-magazine.com/journal02

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CONSTELLATIONS D’HUMILITÉ (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2020




    
CONSTELLATIONS D’HUMILITÉ
Je n’ai pas pu être ton printemps…
STANKA PENTCHEVA

Pendant que j’évoque les esprits
de mes ancêtres païens
pour qu’ils m’apprennent les pas de la ronde
qui peut amener deux jours d’été
en plein décembre,
il aiguise les cisailles rouillées
de ses devoirs familiaux
et découpe les soleils
que je dessine au-dessus de la ville.

Tu n’étais pas encore née
quand j’ai vécu mon printemps,
me dit-il, tu es venue trop tard
pour être mon automne
et je ne sais que faire
avec tous ces soleils
qui font mal aux yeux
de mon quotidien.

Chaque matin depuis lors j’étale
tous les soleils et lunes découpés
pour composer une nouvelle carte céleste :
celle des constellations d’humilité.

Chaque matin il s’assoit sur le balcon
pour boire son café
mais un brouillard épais et humide
s’empare de son corps
et j’ai du mal à trouver
sur ma carte
où placer le soleil noir
qui apparaît
au fond de sa tasse de café.

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA PLAIE ET LE BAUME (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2020




Illustration: Le Bernin

    
LA PLAIE ET LE BAUME

… le grand cœur de la région obscure des limites,
là où toutes vies, toutes consciences coïncident
dans la couronne de Nuit-Lumière…

Roger Gilbert-Lecomte

Je ne saurais rien dire de cet état,
où je fus happé derrière l’horizon.

Comme renversé d’amour,
les nerfs aiguisés à la braise,
les veines meurtries au vivant.

Oui, le très-vivant.
Ce qui n’en finit pas de prendre visage
entre deux apparences.

C’est, tellement.
Et l’on voudrait que cette spirale qui noue cœur et ventre
fût traduite au mieux du monde.

On voudrait l’exact sanglot de la ténèbre,
la fièvre de tous les rires.
Et la décomposition même, si parfaite.
Sa toute blancheur.

Pour mieux accueillir le poudroiement.
Là où tout parle.
Où la pensée s’efface.
Où frémit la nuque des étoiles.

Il faut aller vers ce ressac,
traverser les atomes.
Avec toutes les langues du vertige.

La secousse,
si belle.

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche et Le désespoir n’existe pas
Traduction:
Editions: Gallimard

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VILLE (David Hofstein)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020



Illustration: Sylvie Bartczak
    
VILLE

Ville!
De très loin tu m’as appelé
Avec tes écheveaux de fer,
Je te voyais toujours du haut des monts,
De très loin tu m’as attiré
Avec l’aimant
Des clartés, des miroitements,
Tu m’as leurré
Et tu m’as capturé !
Tu as transpercé
La paix de ma maison champêtre
Avec le sifflement des trains,
Effrité, fracassé,
Avec le tremblement des rails,
Dans les hauteurs toujours se balançait
Toujours s’avançait
L’inquiétude de tes échos ensorcelés,
Ville!
Tu m’as capturé !

Sous mes yeux éblouis
Ton corps de pierre omnipotent
S’étend à présent
Au hasard des champs et des bois,
Avec ses tuyauteries enracinées dans les profondeurs
de la terre,
Les bras écartelés,
Étage sur étage, cour sur cour,
Caisse sur caisse, pièce sur pièce,
Noir par le bas et scintillant dans l’altitude,
Aiguisé par les toits, dentelé par les tours,
De rails reptiliens noué et ceinturé,
Tendu, enchevêtré,
De toiles d’araignées de fer,
Ville !
Tu m’as capturé!

(David Hofstein)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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À DEVENIR SOURD (Leib Kvitko)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2020




Illustration: ArbreaPhotos … Oradour
    
À DEVENIR SOURD

À devenir sourd
J’affinai mon ouïe.
Jusqu’à être aveugle
J’aiguisai ma vue,
Avec une acuité morbide,
Évaluant tout chuchotement
Pour le livrer totalement
À mon âme endolorie,
À ma chair brûlante,
Cherchant où se cacher
Tourbillonnent en moi
Tous les bruits et toutes les ombres,
Croissent en moi, fructifient,
Enfouis profondément dans mon fiel et mon sang.
Alors qui veut, quel bruit
Quel coup,
Celui du massacre des jeunes gens
Sur les toits de chaume ?
Celui sauvagement qui hurle et qui s’échappe
Des lits comblés ?
Chaque chose à son heure :
Tout, de mes ennemis, jour et nuit
Vit en moi.

(Leib Kvitko)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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DANS LA CHAMBRE (Isaïe Spiegel)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2019



Illustration: Ernest Pignon Ernest

    

DANS LA CHAMBRE
(extrait)

Chauve-souris — la peur sur les sombres grabats,
À leur chevet des sacs, lugubres paquetages.
Dans l’ombre du cachot, par d’étroits soupirails
Jaillissait sur les murs la peur blanche, sauvage.

Une terrible nuit de soupirs et de pleurs
S’étend nouée avec le vent sur les planètes,
Au ciel des milliers d’étoiles sont phtisiques,
Ta main tiède caresse une dernière larme.

Tu gis sur le grabat, mais tes yeux sont rivés
Aux planches du chariot de mort,
C’est le couteau de l’abattoir que le vent aiguise dehors
O qui viendra dans l’aube nous sauver?

Et des songes sereins avec les yeux mi-clos,
Les sourcils trempés dans le plomb ardent
On rêve de vergers en fleurs dans les prairies,
Des eaux qui prient chantent en passant.

Les vêtements qu’on a laissés dans les armoires,
Les voilà maintenant qui s’échappent tout seuls
Et chacun d’eux contient un visage, et l’on voit
Pendre au coeur de la chambre une lune rougeâtre.

(Isaïe Spiegel)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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