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Poésie

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C’est la miséricorde (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



    

C’est la miséricorde de mon vrai Maître
qui m’a fait connaître l’inconnu.

J’ai appris de Lui à marcher sans pieds, à voir sans yeux,
à entendre sans oreilles, à boire sans lèvres, à voler sans ailes.
Dans le pays où il n’y a ni soleil ni lune, ni nuit, ni jour,
j’ai aimé et j’ai médité.
Sans manger j’ai goûté la douceur du nectar;
sans eau j’ai étanché ma soif.

La joie partagée est la plénitude de la joie.
Devant qui pourrait-on jamais l’exprimer ?

Kabîr dit : « Mon Maître est plus grand que les mondes
et grande est la bonne fortune de son disciple. »

(Kabîr)

 

 

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L’ange de verre est descendu Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



L’ange de verre est descendu, l’oiseau
géant, la sentinelle des brouillards,
et le sommeil d’amour en fut voilé,
l’ombre de l’aile troublant l’eau
des seins légers sur le sable entrouvert.

Insaisissable cri sur une bouche où rage
la tempête de plumes, et déjà voici l’heure
et la rosée pesante où se séparent
jour et nuit, chair et cristal.

Un soleil bleu s’accroît. L’ange de verre
emplit les chambres nues, griffes serrées
sur les épaules des amants qui se délient.

Dans le jardin, rampe sur les terrasses,
comme un grand félin noir, échevelé,
l’odeur très pourrissante de l’automne.

(Jean Joubert)

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LES ROMANCES IMPOSSIBLES (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



    
LES ROMANCES IMPOSSIBLES

Au jardin de la vieille place,
le groupe, tel un éventail,
me rappelait, de par sa grâce,
les jeunes filles de Balbec.

En enlever une serait
mon souhait le plus véhément,
s’il n’y avait, dans le soir frais,
présente, la voix du bon sens.

La prière, le cinéma…
La nuit se tapisse déjà
de lumières, de-ci, de-là,
sous le fouet du vent; mais les croix,

tout au sommet du cimetière,
comme elles vieillissent la rue
où peut-être bien l’adultère
avec précaution s’insinue…

C’est ainsi que passent les jours,
les années, l’éternité. Et
les filles, vieilles à leur tour,
dans cette petite cité.

Un halo, visage, mystère
à la porte des maisons hèle,
léger. Quel désir humain erre
en faisant palpiter ses ailes?

Nulle réponse. Le silence
est retombé, carré, complet.
L’ennui, qui arrive, défait
de l’envie l’aimante décence.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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Que feras-tu de moi ? (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017



Que feras-tu de moi ?

Ce grand lis de soleil
ou cet arbre dans l’ombre ?
Cette aile qui s’élève
ou ce vaisseau qui sombre ?

Je ne sais…
Mais quoi qu’il advienne,
voici mes mains :
un oiseau
une graine
à la terre et au ciel,
à la vie, à la mort,
à la mer…

Voici mes mains
entre les tiennes.

(Christiane Barrillon)

Illustration

 

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Le bonheur (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017



    

Le bonheur

Quand l’aurore aux accents
D’une flûte champêtre
Saute sur ma fenêtre
Annonçant le beau temps
Quand au sommet du jour
Le soleil, dans sa force
Fier et bombant le torse
Fait rouler son tambour
Ou quand le soir descend
En posant sur la ville
Ses douces mains tranquilles
Dans mon ravissement
Je pense à ce bonheur
Dont nous rêvons sans cesse
Mais la simple sagesse
Me dit avec douceur

Le bonheur est chose légère
Que toujours, notre cœur poursuit
Mais en vain, comme la chimère
On croit le saisir, il s’enfuit
Il n’est rien qu’une ombre fugace
Un instant, un rayon furtif
Un oiseau merveilleux qui passe
Ravissant mais jamais captif
Le bonheur est chose légère
Il est là comme un feu brûlant
Mais peut-on saisir la lumière
Le feu, l’éclair, l’ombre ou le vent

En ce siècle de peur
De misère et de guerre
Il est pourtant sur terre
De très simples bonheurs
Ils sont là sous la main
Faits de très humbles choses
Le parfum d’une rose
Un beau regard humain
C’est le souffle léger
De l’enfant qui sommeille
C’est l’amitié qui veille
Et le pain partagé
Et puis voici qu’un jour
Le bonheur qu’on envie
Entre dans notre vie
Sur l’aile de l’amour

Le bonheur, dans le grand silence
De la nuit, c’est sur le chemin
Le bruit clair de ton pas qui danse
Ta main que je tiens dans ma main
Le bonheur, c’est toi, source vive
De l’amour, dans son vert printemps
Quand la nuit, dans mes bras captive
J’entends ton doux gémissement
Le bonheur, c’est de croire encore
Amants, que nous verrons un jour
Resplendir l’éternelle aurore
Qui sait, d’un immortel amour…

(Jean Villard–Gilles)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

 

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Fils de la nuit et du silence (Tristan l’Hermite)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2017



Fils de la nuit et du silence,
Qui d’une aimable violence
Charmes les soucis des Humains,
Quand sur le crêpe de tes ailes
Tu viens de tes humides mains
Clore doucement nos prunelles :
Sommeil, entre les Immortels
Tu mérites bien des autels.

(Tristan l’Hermite)

 

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Il fait noir (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2017



Willy Verginer -art-5-640x960 [800x600]

Il fait noir

Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !
Il n’est plus de nuits, il n’est plus de jours ,
Dors… en attendant venir toutes celles
Qui disaient : Jamais ! Qui disaient : Toujours !

Entends-tu leurs pas ?… Ils ne sont pas lourds :
Oh ! les pieds légers ! — l’Amour a des ailes…
Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !
Entends-tu leurs voix ?… Les caveaux sont sourds.

Dors : il pèse peu, ton faix d’immortelles;
Ils ne viendront pas, tes amis les ours,
Jeter leur pavé sur tes demoiselles…
Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !

(Tristan Corbière)

Illustration: Willy Verginer 

 

 

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Le langage irrésistible des ailes (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2017



 

Le langage irrésistible des ailes
La nuit du félin et de la naissance

Entre le ruisseau et la goutte d’eau
sa colonne vertébrale illuminait tel un soleil
J’ai profané sa tombe
déterré le bassin
et m’y suis lovée

(Aïcha Arnaout)

Illustration: Yarek Godfrey

 

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Le petit oiseau blanc (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2017




Le petit oiseau blanc
qui étend ses ailes au moment de mourir
ne l’écrase pas

N’écrase pas le petit oiseau blanc
qui étend ses ailes au moment de mourir
et tente de s’envoler
pour la dernière fois

(Aïcha Arnaout)

Illustration

 

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Coeur sans patrie (Ana Mafalda Leite)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2017




Coeur sans patrie

coeur sans patrie sans continent sans carte
coeur d’autrui étranger

coeur étrange et plus grand que n’importe quel monde

avec ce passeport

celui du coeur

je rêve qu’il soit possible d’avoir des ailes et d’être sur terre
d’avoir tige et racine de survoler l’ombre plus loin
de réunir l’eau au feu et de resplendir

connaître
entièrement

du coeur
la sublime ardeur
la générosité et l’offrande

mes racines sont aériennes

(Ana Mafalda Leite)

 

Recueil: L’inventaire des choses (Anthologie)
Traduction: Marie-Claire Vromans
Editions: Action Poétique

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