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Poésie

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BRUITS DE LA CAMPAGNE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




    
BRUITS DE LA CAMPAGNE

Le froissement des feuilles sous les pas dans les bois et sous les haies
Le craquement de la neige et de la glace pourrie dans les allées cavalières du bois et les sentiers étroits et sur chaque chaussée de rue
Le bruissement ou plutôt le bruit de ruée au bois lorsque le vent mugit à la cime des chênes comme un tonnerre
Le frou-frou d’aile des oiseaux chassés de leur nid ou volant sans qu’on les voie dans les buissons
Le sifflement que font en volant dans les bois de plus grands oiseaux tels que corneilles faucons buses etc
Le trottinement des rouges-gorges et des alouettes des bois sur les feuilles brunes et le tapotement des écureuils sur la mousse verte
La chute d’un gland sur le sol le crépitement des noisettes sur les branches des noisetiers quand elles tombent mûres
Le frrrout de l’alouette des champs qui se lève du chaume

— Quelles scènes exquises les matins de rosée quand la rosée jaillit en éclair de ses plumes brunes

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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L’ange doré l’ange sombre (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018



Illustration: LuLu Mypinkturtle 
    
L’ange doré
l’ange sombre.

L’un d’un vol léger
te danse

t’exalte tout vif
désir.

L’autre immobile
guettant

on ne sait quel
noir moment

attend que l’or
s’évapore

que s’efface
l’aile aimée

pour que règne enfin
son ombre.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’orée (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018




Illustration: Anne Vignau
    
L’orée,

quelle ombre ailée de lumière
quel silence où veille l’oiseau
quel désir d’avant l’être
quel signe à la lisière de l’air
quelle saison hors du temps
pourraient l’inclure
où nous serions sauvés.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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Autres sillages (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018



Illustration
    
Autres sillages

I
Entre îles
et presqu’îles

sans élire
notre rive

Ulysses égarés
(en quel rêve ?)

gauchement
nous aurons
dérivé.

II
D’une telle lumière
la plus simple grâce
si haut s’exaltait
qu’elle se faisait mirage

quand sur la mer
de blanches ailes
semblaient celles
du désir même

à l’éternité
enlacé.

III
Dans l’oeil violet
des calanques

comme un futur
sans abîmes

les fonds marins
se lisaient

où s’aimantaient
nos regards.

IV
Flâneurs d’un olympe
de nous-mêmes surgi
nous devenions fils des dieux

cependant qu’à ras de ciel
un éden ourlé d’écume
étendait sa promesse.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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Telle une brassée de roses (Kostas Karyotakis)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018




    
Telle une brassée de roses

j’ai vu ce soir-là.
Dorée et subtile
par les rues, une senteur.
Et dans le coeur
une tendresse brusque.
Le manteau sous le bras,
le visage levé, irradié de lune.
L’atmosphère électrisée
de baisers, on dirait.
La pensée, les poèmes,
fardeau superflu.

J’ai comme l’aile brisée.
Pourquoi nous fut échu
cet été, je ne le sais pas même.
Pour quelle joie inespérée,
pour quelles amours,
pour quel voyage de rêve ?

(Kostas Karyotakis)

Découvert ici: https://desmotsetdesnotes.wordpress.com/

Recueil: Telles des guitares désaccordées
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Le plus proche (Kiki Dimoula)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Le plus proche

Encore ignorants du monde semble-t-il
et de ses lois, de jeunes oiseaux
malgré tout déjà fatigués
car les ailes ne sont pas un bienfait
un privilège sans chute
me demandent à moi, qui ça moi,
où se trouve la branche la plus proche
pour se poser.
N’importe quoi. Si je savais
où se trouve le Plus Proche
et qu’il existe un comparatif
pour le Proche inexistant,
je courrais l’attraper la première,
tout entier sans partager,
et les oiseaux les priorités la justice
pourraient tous crever
– solidarité, branches cassées.
Ils n’ont qu’à demander, ces oiseaux
à la grande Expérience
pour entendre ce qu’elle m’a dit à moi
lorsque abattue par une fatigue sans ailes
je lui demandais pour me poser où se trouve
l’arbre le plus proche.
N’importe quoi, a ricané
la grande Expérience : si je savais
où se trouve le Plus Proche
je sauterais dessus la première,
pour l’avoir tout entier sans partage,
et toi tu pourrais crever
car l’arbre le plus proche
c’est ta mort et ma vie.

(Kiki Dimoula)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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CONJUGAISON D’AMOUR … POUR UN ENFANT (Jacqueline Commard)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



CONJUGAISON D’AMOUR … POUR UN ENFANT

Un vent d’Amour a conjugué
Au « présent » le verbe s’aimer
Et c’est ainsi qu’en doux murmures
La vie engendra le « futur ».

Le « passé », « simple ou composé »
De rêve et de réalité
Se voit subitement refait
Par un désir « plus-que-parfait » …

Au « présent » du « conditionnel »
L’espérance prendra des ailes
Criant son bonheur à tout prix
D’un « verbe » haut ! Avec des si …

Si l’on peut ceci … ou cela …
Si l’enfant est beau comme un Roi …
S’il a la grâce de sa mère …
La force tranquille de son père …

Mais, le « futur » n’en a que faire
Il dort … tout au creux de sa mère
Ne demandant que de l’Amour
A partager jour après jour.

Il pourra bientôt « conjuguer »
A tous les « temps » le « verbe » aimer
Et celui d’ « être » à part entière
Au milieu de cet Univers !

Le « passé » a fermé ses portes
C’est le vent d’Amour qui l’emporte
Il se tient fier, droit comme un if
Le Bonheur est « impératif » ! …

(Jacqueline Commard)

 Illustration: Jean Louis Jabalé

 

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LE POÈTE PAYSAN (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration: Louis-Philippe Kamm
    
LE POÈTE PAYSAN

Il aimait le ruisseau chanteur
Le coup d’aile de l’hirondelle
Le sol vêtu de pâquerettes
La robe pommelée du ciel
Pour lui l’orage fracasseur
Était la voix même de Dieu
Où se dressait le roc du soir
Il voyait Moïse et sa verge
Tout ce qu’embrassait son regard
Jusqu’aux insectes des fougères
Créatures du Tout-Puissant
Il l’aimait pour l’amour de Lui
Homme à respecter le silence
Dans les affaires de la vie
Penseur dès son adolescence
Paysan de par ses soucis
Et poète pour sa joie grande.

***

THE PEASANT POET

He loved the brook’s soft sound
The swallow swimming by
He loved the daisy-covered ground
The cloud-bedapled sky
To him the dismal storm appeared
The very voice of God
And when the evening rock was reared
Stood Moses with his rod
And everything his eyes surveyed
The insects i’ the brake
Were creatures God Almighty made
He loved them for his sake —
A silent man in life’s affairs
A thinker from a boy
A peasant in his daily cares
A poet in his joy.

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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IMPRÉVU (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



 

Illustration: Frida Kahlo
    
IMPRÉVU

il n’y a plus un seul sol pour les pas
déconcertés les visages s’effritent
toute aile soudain se fait paille

certains questionnent les cailloux
d’autres cherchent d’anciens atlas
les enfants mendient un peu d’air

je rencontre en rêve un vieux roi
qui me conjure de l’oublier
on dit que la mer se retire

ces seuls mots brûlants qu’à peine
un murmure oserait toucher
enfin nous rafraîchiront

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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N’épelle pas les noms de l’origine (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
n’épelle pas les noms de l’origine
où ta nuit nue recevra son cri blanc
dans l’exténuation tout à coup de tes membres
sans recours sera son étreinte
les souvenirs n’auront laissé que la couleur de leurs ailes
d’impérieux flots de lave feront vapeur des mots
ton coeur presque battra plus clairement que l’aube

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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