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Poésie

Posts Tagged ‘aile’

Eté précoce (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



Eté précoce

L’aube extrait des ténèbres
Une soudaine clarté
Le jour éclot
Sur la tige du matin

Pétales et heures
Secouent les cloches
De la rosée
En un joyeux carillon
De renouveau

Le soleil hâtif
D’un été pressé
Met l’émoi dans le jardin
Sur des ailes de chaleur
L’été plane
Et les fleurs me jouent
Une partition de parfums.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Certains croient prendre leur envol (Grégoire Lacroix)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Certains croient prendre leur envol
alors qu’ils ne font que battre de l’aile.

(Grégoire Lacroix)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Saraceni

 

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Chauve-Souris (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2017




    
Chauve-Souris

Vampire sans horreur et Monstre sans effroi,
Chimère sans beauté, Chauve-Souris, ô toi
Qui vas heurtant du front les ténèbres divines,
Ivre d’ombre et d’horreur, de nuit et de ruines,

Comment ne pas t’aimer en pleurant, ô ma soeur ? —
Ta laideur de sabbat éloigne la douceur, —
Ton pitoyable élan se brise dans le vide
Tant l’effort maladroit de ton lourd vol stupide

T’affolle et te tourmente, et ne t’élève pas ! —
Et tes regards meurtris sont aveugles et las
D’avoir trop adoré les astres et la lune…
Tu sembles apporter la sinistre infortune

Et les pressentiments du danger et de la mort
Tandis que l’univers se délasse et s’endort.
Ta muette souffrance erre et rôde et s’égare.
Plein de tâtonnements, ton passage bizarre

Mêle l’inquiétude et la fièvre aux beaux soirs.
C’est toi le frôlement d’étranges désespoirs,
Furtifs, enveloppés de terreur et de haine.

Passe, spectre éperdu, pareil à l’âme humaine
Dans ce qu’elle a de triste et d’ignoble et de beau,
Avec ton corps de bête et tes ailes d’oiseau !

(Renée Vivien)

 

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(Chanson) (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2017



Illustration: Andrew Wyeth
    
(Chanson)

Lorsque la lune vient pleurer
Sur les tombes des fleurs fidèles
Mon souvenir vient t’effleurer
Dans un enveloppement d’ailes.

Il se fait tard, tu vas dormir
Les paupières déjà mi-closes…
Dans l’air des nuits on sent frémir
L’agonie ardente des roses —

Sur ton front lourd d’accablement
Tes cheveux font de légers voiles…
Dans le ciel brûle infiniment
La flamme blanche des étoiles

Et la Déesse du Sommeil
De ses mains lentes fait éclore
Des fleurs qui craignent le soleil
Et qui meurent avant l’aurore —

(Renée Vivien)

 

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La Mouette qui s’éleva (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017



 

Illustration: Florence Coquais Foucault
    
La Mouette qui s’éleva

Oh ! soyez-moi cléments, mes espaces fidèles !
Car je sens remuer en moi mes grandes ailes !
Et je subis ici la volupté du vent,
Moi qui sus l’affronter et le braver souvent.

Vent qui fais s’élever en moi mes larges ailes,
Vent qui sait dominer les vagues infidèles,
Viens vers moi ! Porte-moi, comme tu fis souvent,
Toi qui sais dominer la mer immense, ô vent !

(Renée Vivien)

 

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Palais sous la Mer (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017




    
Palais sous la Mer

Puisque tu sus surprendre enfin mon coeur amer,
Je te découvrirai mon palais sous la mer !
Tu verras, comme on voit en des visions rares,
Les étranges corails, les éponges bizarres !

Je te découvrirai mes jardins, loin des vents,
Où chaque fleur respire, où les fruits sont vivants.
Puis tu verras les beaux poissons dont l’aile vole
Aussi légèrement que se dit la parole.

Tu verras le soir glauque et fuyant sous les eaux,
Et nous regarderons ainsi que des oiseaux
Passer la mouette ivre et des voiles sereines,
Et parfois chanteront, pour nous deux, les Sirènes !

(Renée Vivien)

 

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Aux Mouettes (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017




    
Aux Mouettes

Je vous envie autant que je vous aime, oiseaux
Qui traversez sans moi tout l’infini des eaux.

Vous qui passez battant tout l’infini des ailes,
Rendez-moi, rendez-moi comme vous infidèles !

Que je sois libre ainsi que vous dans le ciel clair,
Que mon domaine soit le règne de la mer !

Et partout subissant l’éternelle infortune,
J’obéirai, muette, à l’ordre de la lune.

Dans une obéissance au regard somnolent
J’endurerai son règne intermittent et lent.

Mais mon sort est parmi les choses méprisées,
Et pourtant ! Et pourtant ! — Ô mes ailes brisées !

(Renée Vivien)

 

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Dans le village (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2017



Illustration: Mathurin Méheut 
    
Dans le village encerclé par les champs,
les maisons penchées sur les bancs
voient venir les chars aussi hauts qu’elles
de moissons d’où tombe, apaisé, le soleil.

La joie s’ouvre comme un fruit
et roule jusqu’à la mer
avec des arrêts dans les villes
près des ponts d’où la terre s’enfuit.

Un tas de feuilles respire doucement
au bord du chemin que personne ne prend.
Un coup d’aile de clarté dévaste la terre,
la peur se retire de l’espace visible.

Des fleurs sèchent sur la tapisserie,
la fraîcheur est debout dans le couloir,
le vent sort un peu de sa vallée
et la fumée gagne sans peine l’éternité.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Les lieux aussi sont corps mêlés (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Les lieux aussi sont corps mêlés
Misère et grandeur s’y accouplent
On reconnaît chacun à son ciel
comme il embrasse
comme il courbe et lisse ses teintes

Le temps alors
met sa tête sous son aile
vous confie au hasard

On a la bride sur le cou
On file ses rêves

On croirait
voyant autour de soi
des champs si propres
que ces courbes vous aiment
qu’elles prennent soin aussi
de l’âme
la font chanter

On abandonne les bois noirs
de la métaphysique
dès que s’éclairent ces contrées
On oublie la nuit griffue
la nuit des petits monstres

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Natta dies quin amorem inveniat (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017




    
Nulla dies sine lima
On connaît cette fable
Le temps lui a rogné les ailes
Fable pour fable
plutôt choisir l’enchantement
plutôt vivre de l’impossible :
Natta dies
quin amorem inveniat
Aucun jour
qui n’invente l’amour

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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