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Poésie

Posts Tagged ‘aimable’

Ne parlez pas d’amour (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017




    
Ne parlez pas d’amour –
faites voir, ou faites,
des choses aimables.

(Kenneth White)

 

Recueil: En toute candeur
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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A Mme du Châtelet (Voltaire)(François Marie Arouet)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017




Emilie du Châtelet   
    
A Mme du Châtelet

« Si vous voulez que j’aime encore,
Rendez-moi l’âge des amours ;
Au crépuscule de mes jours
Rejoignez, s’il se peut, l’aurore.

Des beaux lieux où le dieu du vin
Avec l’Amour tient son empire,
Le Temps, qui me prend par la main,
M’avertit que je me retire.

De son inflexible rigueur
Tirons au moins quelque avantage.
Qui n’a pas l’esprit de son âge,
De son âge a tout le malheur.

Laissons à la belle jeunesse
Ses folâtres emportements.
Nous ne vivons que deux moments :
Qu’il en soit un pour la sagesse.

Quoi ! pour toujours vous me fuyez,
Tendresse, illusion, folie,
Dons du ciel, qui me consoliez
Des amertumes de la vie !

On meurt deux fois, je le vois bien :
Cesser d’aimer et d’être aimable,
C’est une mort insupportable ;
Cesser de vivre, ce n’est rien. »

Ainsi je déplorais la perte
Des erreurs de mes premiers ans ;
Et mon âme, aux désirs ouverte,
Regrettait ses égarements.

Du ciel alors daignant descendre,
L’Amitié vint à mon secours ;
Elle était peut-être aussi tendre,
Mais moins vive que les Amours.

Touché de sa beauté nouvelle,
Et de sa lumière éclairé,
Je la suivis; mais je pleurai
De ne pouvoir plus suivre qu’elle.

(Voltaire)(François Marie Arouet)

 

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Sonnet (François de Malherbe)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



Illustration: Jean Raoux

    

Sonnet

Beaux et grands bâtiments d’éternelle structure,
Superbes de matière, et d’ouvrages divers,
Où le plus digne roi qui soit en l’univers
Aux miracles de l’art fait céder la nature.

Beau parc, et beaux jardins, qui dans votre clôture,
Avez toujours des fleurs, et des ombrages verts,
Non sans quelque démon qui défend aux hivers
D’en effacer jamais l’agréable peinture.

Lieux qui donnez aux coeurs tant d’aimables désirs,
Bois, fontaines, canaux, si parmi vos plaisirs
Mon humeur est chagrine, et mon visage triste :

Ce n’est point qu’en effet vous n’ayez des appas,
Mais quoi que vous ayez, vous n’avez point Caliste :
Et moi je ne vois rien quand je ne la vois pas.

(François de Malherbe)

 

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A présent (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017



Illustration: Nupur Choudhary 
    
A présent le souci de parler
sur tant d’évidences
pèse lourd
Le livre est à sa fin
sans plus de forces
Les formes aimables
le débordent

Et donc regarde-moi
C’est ma supplique
A la dérobée regarde-moi
Puis viens vers tous ces signes
noircis en juste perte
Accorde-leur l’amitié
d’un long regard

Que ta noblesse les anime

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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BAISER DE COMPLIMENT (Guillaume Colletet)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2017



Illustration: Francesco Hayez
    
BAISER DE COMPLIMENT

Source de mes plaisirs, belle et divine bouche,
Qui tirez d’une rose un air délicieux,
Dont vous charmez nos sens et parfumez ces lieux,
Et dont vous pourriez même animer une souche.
Lorsque vous permettez que ma lèvre vous touche,
Je suis dessus la terre ainsi que dans les cieux;
Je savoure un nectar si désiré des Dieux,
Qu’ils dédaignent au prix les plaisirs de leur couche.
Ce qui peut amoindrir pourtant cette faveur,
Ce baiser animé d’une aimable saveur
Qui me flatte les sens d’une si douce atteinte,
Belle bouche, où la grâce établit son séjour.
C’est que vous me donnez par respect et par feinte,
Ce que vous pourriez bien me donner par amour.

(Guillaume Colletet)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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Les deux amitiés (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



Alexandr Sulimov -    (8)

Les deux amitiés

Il est deux Amitiés comme il est deux Amours.
L’une ressemble à l’imprudence ;
Faite pour l’âge heureux dont elle a l’ignorance,
C’est une enfant qui rit toujours.
Bruyante, naïve, légère,
Elle éclate en transports joyeux.
Aux préjugés du monde indocile, étrangère,
Elle confond les rangs et folâtre avec eux.
L’instinct du coeur est sa science,
Et son guide est la confiance.
L’enfance ne sait point haïr ;
Elle ignore qu’on peut trahir.
Si l’ennui dans ses yeux (on l’éprouve à tout âge)
Fait rouler quelques pleurs,
L’Amitié les arrête, et couvre ce nuage
D’un nuage de fleurs.
On la voit s’élancer près de l’enfant qu’elle aime,
Caresser la douleur sans la comprendre encor,
Lui jeter des bouquets moins riants qu’elle-même,
L’obliger à la fuite et reprendre l’essor.
C’est elle, ô ma première amie !
Dont la chaîne s’étend pour nous unir toujours.
Elle embellit par toi l’aurore de ma vie,
Elle en doit embellir encor les derniers jours.
Oh ! que son empire est aimable !
Qu’il répand un charme ineffable
Sur la jeunesse et l’avenir,
Ce doux reflet du souvenir !
Ce rêve pur de notre enfance
En a prolongé l’innocence ;
L’Amour, le temps, l’absence, le malheur,
Semblent le respecter dans le fond de mon coeur.
Il traverse avec nous la saison des orages,
Comme un rayon du ciel qui nous guide et nous luit :
C’est, ma chère, un jour sans nuages
Qui prépare une douce nuit.

L’autre Amitié, plus grave, plus austère,
Se donne avec lenteur, choisit avec mystère ;
Elle observe en silence et craint de s’avancer ;
Elle écarte les fleurs, de peur de s’y blesser.
Choisissant la raison pour conseil et pour guide,
Elle voit par ses yeux et marche sur ses pas :
Son abord est craintif, son regard est timide ;
Elle attend, et ne prévient pas.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Alexandre Sulimov

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BAISER DE COMPLIMENT (Guillaume Colletet)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



Illustration: Frank Bernard Dicksee   
    
BAISER DE COMPLIMENT

Source de mes plaisirs, belle et divine bouche,
Qui tirez d’une rose un air délicieux,
Dont vous charmez nos sens et parfumez ces lieux,
Et dont vous pourriez même animer une souche.

Lorsque vous permettez que ma lèvre vous touche,
Je suis dessus la terre ainsi que dans les cieux;
Je savoure un nectar si désiré des Dieux,
Qu’ils dédaignent au prix les plaisirs de leur couche.

Ce qui peut amoindrir pourtant cette faveur,
Ce baiser animé d’une aimable saveur
Qui me flatte les sens d’une si douce atteinte,

Belle bouche, où la grâce établit son séjour.
C’est que vous me donnez par respect et par feinte,
Ce que vous pourriez bien me donner par amour.

(Guillaume Colletet)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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LE SEIN (Evariste Parny)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017



    

LE SEIN

Justine reçoit son ami
Dans un cabinet solitaire.
Sans doute il sera téméraire?
Oui ; mais seulement à demi :
On jouit alors qu’on diffère.

Il voit, il compte mille appas,
Et Justine était sans alarmes ;
Son ignorance ne sait pas
A quoi serviront tant de charmes.

Il soupire et lui tend les bras :
Elle y vole avec confiance ;
Simple encore et sans prévoyance,
Elle est aussi sans embarras.

Modérant l’ardeur qui le presse,
Valsin dévoile avec lenteur
Un sein dont l’aimable jeunesse
Venait d’achever la rondeur ;

Sur des lis il y voit la rose ;
Il en suit le léger contour ;
Sa bouche avide s’y repose ;
Il réchauffe de son amour ;

Et tout à coup sa main folâtre
Enveloppe un globe charmant
Dont jamais les yeux d’un amant
N’avaient même entrevu l’albâtre.

C’est ainsi qu’à la volupté
Valsin préparait la beauté
Qui par lui se laissait conduire :

Il savait prendre un long détour.
Heureux qui s’instruit en amour
Et plus heureux qui peut instruire

(Evariste Parny)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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Isis, la grande enchanteresse (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



isisAilee

Les murs ne tombent pas
[34]

Nous avons vu comment les plus aimables,
soumis à une tension physique,

deviennent des loups, des chacals,
des chiens bâtards ;

nous savons en outre que la faim
peut transformer en hyène les meilleurs d’entre nous ;

en conséquence (mais nous n’oublions pas
Amour, la Créatrice,

son chariot et ses colombes blanches),
supplions Hest,

Aset, Isis, la grande enchanteresse,
avec les attributs de Serket,

la grand-mère originelle,
qui conduisait

des scorpions harnachés
devant elle.

***

We have seen how the most amiable,
under physical stress,

become wolves, jackals,
mongrel curs;

we know further that hunger
may make hyenas of the best of us;

let us, therefore (though we do not forget
Love, the Creator,

her chariot and white doves),
entreat Hest,

Aset, Isis, the great enchantress,
in her attribute of Serqet,

the original great-mother,
who drove

harnessed scorpions
before her.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Dans la suave minuit d’été (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017



Dans la suave minuit d’été
Une lune pure brillait à travers
La fenêtre ouverte du parloir
Et les rosiers mouillés de rosée —

Je songeais assise en silence —
Le vent caressait mes cheveux
Le Ciel, me disait-il, est splendide
Et belle la Terre en son sommeil —

Point n’était besoin de son haleine
Pour m’inspirer de telles pensées
Mais toujours chuchotant il ajouta :
« Comme les bois vont être noirs ! —

«Mon murmure comme en rêve
Fait bruire les feuillages épais,
Et leurs myriades de voix
D’âme semblent douées.»

j’ai dit : « Va, aimable chanteur,
Ta voix tendre veut séduire
Mais ne crois pas qu’elle a pouvoir
D’atteindre mon esprit —

«Joue avec la fleur odorante,
Le rameau souple du jeune arbre —
Mais laisse mes sentiments humains
Suivre leur propre cours. »

L’Errant ne voulait pas me quitter
Son baiser s’est fait plus ardent —
« Ô viens, susurrait-il,
Je ferai malgré toi ta conquête —

«Ne sommes-nous pas des amis d’enfance ?
N’y a-t-il pas longtemps que je t’aime?
Aussi longtemps que tu aimes la nuit
Dont le silence éveille mon chant ?

«Et quand ton coeur reposera en paix
Sous la pierre du cimetière
J’aurai tout loisir de me lamenter
Et toi d’être solitaire» —

***

In summer’s mellow midnight
A cloudless moon shone through
Our open parlour window
And rosetrees wet with dew —

I sat in silent musing —
The soft wind waved my hair
It told me Heaven was glorious
And sleeping Earth was fair —

I needed not its breathing
To bring such thoughts to me
But still it whispered lowly
`How dark the woods will be ! —

« The thick leaves in my murmur
« Are rustling like a dream,
« And all their myriad voices
« Instinct with spirit seem. »

I said, « Go gentle singer,
« Thy wooing voice is kind
« But do not think its music
« Has power to reach my mind —

« Play with the scented flower,
« The young tree’s supple bough —
« And leave my human feelings
In their own course to flow »

The Wanderer would not leave me
Its kiss grew warmer still —
« O come,’ it sighed to sweetly
« I’ll win thee ‘gainst thy will —

« Have we not been from childhood friends ?
« Have I not loved thee long ?
« As long as thou hast loved night
« Whose silence wakes my song ?

« And when thy heart is laid at rest
« Beneath the church-yard stone
« I shall have time enough to mourn
« And thou to be alone » —

(Emily Brontë)

Illustration: Szinyei Merse Pál

 

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