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Poésie

Posts Tagged ‘aimable’

A … (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018




A …

Non, non je ne dois pas, je n’ose, je ne peux
Au trouble de l’amour céder avec folie.
Pour ménager ma paix, je suis très rigoureux
Et j’épargne à mon coeur qu’il brûle et qu’il s’oublie.
Aimer, c’est bien fini! Mais, par moments, pourquoi
N’accueillerais-je pas ce rêve qui ne dure
Que l’instant, par hasard, où passe devant moi
Une céleste, jeune et pure créature?…
Qui passe et disparaît,.. Vraiment ne puis-je pas
L’admirer en mêlant plaisir avec tristesse
Et suivre du regard en silence ses pas,
La bénir pour ma joie et pour mon allégresse,
Lui souhaiter un bien conforme à ses désirs,
Des loisirs sans soucis, paix et gaieté de l’âme,
Tout, même le bonheur pour qui va la choisir,
Aimable jeune fille, et la nommer sa femme?

(Alexandre Pouchkine)

 

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SANS ESPOIR DE RIEN (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



SANS ESPOIR DE RIEN

Sans espoir de rien, aller par les rues,
C’est là un destin meilleur qu’on ne croit,
A cause des allées et venues
De toutes les gentilles qu’il y a…

Sans espoir de rien, voguer la vie,
Cela vaut la peine tout de même,
A cause d’instants ensoleillés
Qu’il fait vraiment bon sentir passer.

Qu’apercevrais-tu que tu es heureux,
Si ton bonheur durait plus d’une heure ?
Et vaut-il pas mieux
Ne pouvoir aimer qu’avec les yeux,
Et qu’un pauvre instant la nuque, les yeux,
Le mystère qui fuit à jolis pas
De toutes les gentilles qu’il y a ?

Allons donc, la vie accepte qu’on la vive
La terre n’est pas si froide encore
Et les minutes rares ne sont si rares

Où l’on se confie qu’il fait bon vivre,
Où tout simplement, on se prend à vivre
Au frais dans l’herbe, au tiède sur le sable,
Ou bien le long des rues, tout à la joie
De cueillir des yeux le passage aimable
De toutes les gentilles qu’il y a…

(Charles Vildrac)

Illustration: Eugene Blaas

 

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Le Chat se contenta de sourire (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018




    
Le Chat se contenta de sourire en voyant Alice.
Elle lui trouva l’air fort aimable ;
néanmoins, il avait des griffes extrêmement longues et un très grand nombre de dents,
c’est pourquoi elle sentit qu’elle devait le traiter avec respect.

« Minet-du-comté-de-Chester », commença-t-elle assez timidement,
car elle ne savait pas trop si ce nom lui plairait.
Le Chat s’étant contenté de sourire plus largement,
Alice pensa : « Allons, jusqu’ici il est satisfait », et elle continua :
« – Voudriez-vous me dire, s’il vous plaît, par où je dois m’en aller d’ici ?»
– Cela dépend beaucoup de l’endroit où tu veux aller.
– Peu m’importe l’endroit…
– En ce cas, peu importe la route que tu prendras.
– … pourvu que j’arrive quelque part » ajouta Alice en guise d’explication.
« Oh, tu ne manqueras pas d’arriver quelque part, si tu marches assez longtemps. »

Alice comprit que c’était indiscutable ;
en conséquence elle essaya une autre question :
« Quelle espèce de gens trouve-t-on dans ces parages ? »
– Dans cette direction-ci  , répondit le Chat, en faisant un geste de sa patte droite,
habite un Chapelier ; et dans cette direction-là  (il fit un geste de sa patte gauche),
« habite un Lièvre de Mars.
Tu peux aller rendre visite à l’un ou à l’autre : ils sont fous tous les deux.»

– Mais je ne veux pas aller parmi les fous !
– Impossible de faire autrement ; nous sommes tous fous ici.
Je suis fou. Tu es folle.
– Comment savez-vous que je suis folle ?
– Si tu n’étais pas folle, tu ne serais pas venue ici »

(Lewis Carroll)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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Confuse et timide (Bilhana)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018




Encore aujourd’hui
Il me souvient
Des cent propos mensongers et flatteurs murmurés par ma
Bien-aimée
Dans la langueur et dans le trouble du plaisir –
Aimables et indistinctes paroles que chuchotait une voix
Confuse et timide.

(Bilhana)

Illustration: Lucien Levy Dhurmer

 

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Contradictions (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



 

contradictions

Contradictions

Ils cohabitent en moi.
Se battent sans qu’on le voie :

Le passé le présent
Le futur et maintenant
L’illusion et le vrai
Le maussade et le gai
La bêtise la raison
Et les oui et les non
L’amour de ma personne
Les dégoûts qu’elle me donne
Les façades qu’on se fait
Et ce qui derrière est
Et les peurs qu’on avale
Les courages qu’on étale
Les envies de dire zut
Et les besoins de lutte
Et l’humain et la bête
Et le ventre et la tête
Les sens et la vertu
Le caché et le nu
L’aimable et le sévère
Le prude et le vulgaire
Le parleur le taiseux
Le brave et le peureux
Et le fier et le veule…

Pour tout ça je suis seul.

(Esther Granek)

 

 

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MEDIANOCHE (Manuel Bandeira)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



MEDIANOCHE

Quand l’Indésirée des gens sera là
(Aimable ou dure je ne sais),
Peut-être aurai-je peur.
Peut-être sourirai-je, ou dirai-je :
— Sois la bienvenue,
toi, l’inéluctable!
Ma journée fut bonne, la nuit peut descendre.
(La nuit et ses sortilèges).
Le champ est labouré, la maison propre,
La table mise,
Chaque chose est à sa place.

(Manuel Bandeira)

 

 

 

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Le monde (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Illustration: Salvador Dali
    
Le monde est de tout point aimable à contempler
Mais spécialement beau le monde des poètes ;
Sur des champs diaprés, clairs ou gris d’argent,
Jour et nuit resplendissent des lumières.
Aujourd’hui tout est splendeur pour moi ; si seulement cela durait !
Car je vois aujourd’hui par les lunettes de l’amour.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard

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Belle Cloris (Góngora)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



Illustration: James Sant
    
XV

Quel ivoire du Gange, quel marbre
blanc de Paros, quel ébène luisant,
quel ambre fauve, quel or excellent,
quel argent fin, ou quel cristal si clair,

quelle rosée si frêle, quel saphir
oriental si rare, quel rubis ardent,
ou, en l’heureux âge présent,
main si savante de sculpteur si rare

rendra le visage, quoiqu’outrage
miraculeux à la beauté
son beau labeur, son aimable fatigue,

qui ne ferait figure au soleil d’une cire,
en regard de tes yeux — son image,
belle Cloris, Ô ma douce ennemie ?

***

XV

¿ Cuál del Ganges marfil, o cuál de Paro
blanco mármol, cuál ébano luciente,
cuál ámbar rubio, o cuál oro excelente,
cuál fina plata, o cuál cristal tan claro,

cuál tan menudo aljófar, cuál tan caro
oriental safir, cuál rubí ardiente,
o cuál, en la dichosa edad presente,
mano tan docta de escultor tan raro

bulto de ellos formara, aunque hiciera
ultraje milagroso a la hermosura
su labor bella, su gentil fatiga,

que no fuera figura al sol de cera,
delante de tus ojos, su figura,
oh bella Clori, oh dulce mi enemiga?

(Góngora)

 

Recueil: Sonnets
Traduction: François Turner
Editions: Imprimerie Nationale

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ODEUR (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



 

nez

ODEUR

OH nez à l’arête puissante et aux trous profonds
qui est le mien ! que ne sentirais-tu ?
Quels ânes indiscrets nous sommes, toi et moi, nez ossu,
toujours à l’aventure, toujours effronté,
et voici maintenant les fleurs amères des peupliers
en haillons : une pulpe suppurante sur la terre humide
au-dessous d’eux. De quelle soif profonde
s’exaspèrent nos désirs
pour ce parfum fétide du printemps qui passe !
Ne sois pas indécent. Ne peux-tu réserver tes ardeurs
pour des choses plus aimables ? Quelle fille prendra garde
à nous, penses-tu, si nous continuons ainsi?
Dois-tu goûter à toute chose ? Dois-tu connaître toute chose ?
Dois-tu prendre part à toute chose ?

***

SMELL

OH strong ridged and deeply hollowed
nose of mine ! what will you not be smelling ?
What tactless asses we are , you and I, boney nose,
always indiscriminate, always unashamed,
and now it is the souring flowers of the bedraggled
poplars : a festering pulp on the wet earth
beneath them. With what deep thirst
we quicken our desires
to that rank odor of a passing springtime !
Can you not be decent ? Can you not reserve your ardors
for something less unlovely ? What girl will care
for us, do you think, if we, continue in these ways ?
Must you taste everything? Must you know everything ?
Must you have a part in everything ?

(William Carlos Williams)

 

 

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LA MONTÉE DU MONT-CARMEL (Saint Jean de la Croix)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018




    
LA MONTÉE DU MONT-CARMEL

I

Pendant une nuit obscure,
enflammée d’un amour inquiet,
ô l’heureuse fortune!
je suis sortie sans être aperçue,
lorsque ma maison était tranquille.

II

Étant assurée et déguisée,
je suis sortie par un degré secret,
ô l’heureuse fortune !
et étant bien cachée dans les ténèbres,
lorsque ma maison était tranquille.

III

Pendant cette heureuse nuit,
je suis sortie en ce lieu secret,
où personne ne me voyait,
et où je ne voyais rien,
sans autre guide
et sans autre lumière
que celle qui luisait dans mon cœur.

IV

Elle me conduisait plus sûrement
que la lumière du midi,
au lieu où celui
qui me connaît très bien m’attendait,
et où personne ne paraissait.

V

O nuit oui m’as conduite!
ô nuit plus aimable que l’aurore!
ô nuit qui as uni le bien-aimé avec la bien-aimée,
en transformant l’amante en son Bien-Aimé !

VI

Il dort tranquille dans mon sein
qui est plein de fleurs,
et que je garde tout entier pour lui seul :
je le chéris et le rafraîchis
avec un éventail de cèdre.

VII

Lorsque le vent de l’aurore
faisait voler ses cheveux,
il m’a frappé le cou
avec sa main douce et paisible,
et il a suspendu tous mes sens.

VIII

En me délaissant et en m’oubliant moi-même,
j’ai penché mon visage sur mon bien-aimé.
Toutes choses étant perdues pour moi.
je me suis quittée et abandonnée moi-même,
en me délivrant de tout soin,
entre les lis blancs.

***

I

En una noche oscura,
Con ansiosos amores inflamada,
0 dichosa ventura!
Salí sin ser notada,
Estando ya mi casa sosegada.

II

A oscura, y segura
Por la secreta escala disfrazada,
O dichosa ventura!
A oscura y enzelada,
Estando ya mi casa sosegada.

III

En la noche dichosa,
En secreto que nadie me vela,
Ni yo mirava cosa,
Sin otra luz ni guia,
Sino la que en el coraron ardía.

IV

Aquesta me guiava
Mas certo que la luz de medio día,
Adonde me esperava
Quien yo bien me sabía,
En parte, donde nadie parecía.

V

O noche que guiaste,
O noche amable mas que el albora
O noche que juntaste
Amado con amada,
Amada en el amado transformada !

VI

En mi pecho florido,
Que entero para él solo se guardava,
Allí quedó dormido;
Y yo le regalava,
Y el ventalle de cedros ayre dava.

VII

El ayre del amena
Cuando ya sus cabellos esparcía,
Con su mano serena
En mi cuello hería,
Y todos mis sentidos suspendía.

VIII

Quedóme y olvidóme,
El rostro recliné sobre el amado :
Cesó todo y dexéme,
Uexando mi cuidado.
Entre las azuzenas olvidado.

(Saint Jean de la Croix)

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/carmel/jeandelacroix/jeandelacroix05.htm

 

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