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Poésie

Posts Tagged ‘aimante’

Encore plus loin (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



Illustration: Salvador Dali
    
Encore plus loin

Encore plus loin
que la route qui mène nulle part

(Stanislas Rodanski)

Tout entre
en résonance
chez les mordus d’éternité

insurgés plein soleil
toujours prompts au rebond
pied au plancher

ceux-là sont semblables
à des capteurs de particules
soufflées par les vents solaires

ne sommes-nous plus
que des pianos désaccordés
disent-ils

n’avons-nous plus rien
à faire entendre
aurions-nous égaré le verbe

capable
de faire résonner
notre la souverain

écoutons vraiment
écoutons
au plus chaviré

écoutons
ce bleu ardent
la plus ancienne lumière du monde

arpentant ses pistes enflammées
nous pouvons tout délaisser
nous retrouvons notre espace

notre souffle
notre centre
le centre des centres

celui qui se laisse porter
emporter par l’ardeur
est un archange de l’énergie

aimanté
sans fin par l’oeil
de la cible

il enlace les angles morts
glisse en bulle d’éternité
entre deux vies

calligraphiant une poésie ultrasensible
qui défie toute gravité
à l’écoute du chant

au fond des impasses
ou des neurones
il danse à chaque respiration

il sait le secret cher à Michaux
d’une pente
qui dévale vers le haut

bouche d’ombre
en souffle continu
frère d’embuscade

tourbillon somnambule
il retrace l’histoire de la lumière
à travers les espaces-temps

empli tout entier
d’un oui qu’il offre
à perte de coeur

il ne fait qu’un avec le mystère
et sa dimension frémissante
il vibre et vibre encore

une confiance étrange
nous vient soudain
étrange autant qu’illimitée

qui traverse le chant
à l’écoute de l’intuition fusante
à l’écoute du bleu ardent

comment laisser flotter les choses
en rebelle éveillé
comment se redonner de l’espace

comment retrouver cet art
si parfait
du contrôle des accidents

l’absolue justesse
du tempo de l’univers
le continuum de l’énergie

dix mille photons
lancés il y a cinq millions d’années
par quelque géante gazeuse

percutent à l’instant
notre rétine
larmes à ciel ouvert

se dessine
devant nos yeux éblouis
une perle de pur enthousiasme

plus démesurée
plus abyssale même
que le désespoir

sortons du labyrinthe
chevauchons le bleu ardent
captons l’alexandrin du big bang

(Zéno Bianu)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Mon âme rétrécit (Béatrice Libert)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



Mon âme rétrécit un peu chaque matin.
Qu’y mettre à la place?
Rien n’y tient: la greffe est illusoire.
Corps stigmatisé,
traverse de vent, de grain, d’outrage,
en appui sur le vide, aimanté par l’oubli.

(Béatrice Libert)

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Seul (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Seul

Seul je serai, toujours seul en ce monde,
Ne trouverai nulle amie à la ronde

Dont les baisers chasseraient ma douleur.
Je chercherai, vainement, l’âme sœur

Et ses baisers… fidèle et pas méchante,
Fière de moi, m’appréciant, aimante,

La larme à l’œil, veillant sur mon sommeil,
De belle humeur, joyeuse, à mon éveil.

Prête à mourir pour un ami qu’elle aime,
Ressuscitant pour adorer le même.

Nul ne fondra sur moi tout sanglotant,
Sur mon tombeau… muet obstinément.

(Attila Jozsef)


Illustration

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La poésie n’aurait-elle plus rien à nous dire ? (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



Zéno Bianu [800x600]

La poésie n’aurait-elle plus rien à nous dire ?
Ne serait-elle plus le lieu privilégié des interrogations humaines ?
D’Infiniment proche au Désespoir n’existe pas, dix ans ont passé.
Dix ans en prise avec le balancier de la vie.
Dix ans d’écriture.

Des poèmes de bord, comme autant de témoignages d’amitié, d’amour, d’admiration, de deuil.
Des poèmes animés par un pari farouche : transformer le pire en force d’ascension.
Des poèmes pour reprendre souffle et tenir parole.
Des poèmes pour ouvrir un espace aimanté, irriguer le réel dans une époque vouée à l’hypnose.

Transmettre quelque chose d’irremplaçable : une présence ardente au monde, une subversion féerique.
La poésie – ou la riposte de l’émerveillement.

(Zéno Bianu)

 

 

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Bras tendus (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017




    
Bras tendus, mieux entendre,
le temps remercie,
se dilate,
le temps aimanté

du battement des cœurs,
le reflux, même
appartient
au flux,

aucun horizon ne divise,
quand ils vont de pair,
ce qui vient,
ce qui réunit

(Pierre Dhainaut)

 

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LE VRAI COEUR DE LA PLANÈTE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017



 

Didier Delamonica - French Mystical Fantasy painter -    (9) [1280x768]

LE VRAI COEUR DE LA PLANÈTE

Dire lire écrire
dire ensemble
pour embrasser l’invisible
collecter des étincelles
révéler le vrai coeur de la planète

dire lire écrire
lire ensemble
pour saluer tous les damnés
ouvrir un espace aimanté
jouer sans fin aux derniers des Mohicans

dire lire écrire
écrire ensemble
pour réaccorder le souffle
tendre un fil d’Ariane
préparer l’intelligence à venir

(Zéno Bianu)

Illustration: Didier Delamonica

 

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SONATE A S. (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2016



SONATE A S.

(ALLEGRO)
Midi dans cet aplomb du sang
L’ardeur qui monte aux lèvres
L’azur que j’improvise
Et la vie si légère
quand elle ne faiblit pas

(LARGO)
L’ascension et la grâce
L’impératif avec ses inconnues
Un coup plus haut que tout
Et une aile partagée
qui subjugue la terre

(ALLEGRO VIVACE)
D’un mouvement le ciel
Sa joie sans autre frein
Ses anges libertins
Et les mots aimantés
qui vont perdre le nord

(André Velter)

 Illustration: Pascal Renoux

 

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Or en te voyant beaucoup moins aimante (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2016



Or en te voyant beaucoup moins aimante
Ta parole m’a, soudain, évoqué
La sombre rivière et le sombre quai
Dont le souvenir douloureux me hante.

Ta voix se traînait pareille au canal;
L’amour y dormait sous de mornes toiles,
Et mes cris brûlants comme des étoiles
Sur tes mots glacés se faisaient du mal.

Ta parole était insensible et sombre,
Comme pour cacher ton ancien serment
Qui reposait mort dans l’esseulement
De ton coeur fantasque envahi par l’ombre!

Ta parole était froide comme l’eau…
J’y semblais venir en pèlerinage
Chercher si déjà plus rien ne surnage
De l’amour parti comme un clair bateau.

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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SUITE POUR ALBERT AYLER (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016


 


 

Albert Ayler Spirits Rejoice

SUITE POUR ALBERT AYLER

cassé
fracassé
aimanté
par la plus haute force du chant

inspire
espère
tu joues
en toutes langues
tu joues pour la lumière
qui ne passe pas

cassé
fracassé
tu joues
dans le ventre même
de l’intonation
aum aum aum

tu joues
pour dire
que le monde peut tourner autrement

pour interroger les étoiles
accélérer l’immensité

inspire
espère
écoutant
sans fln sans fond
la buée d’âme
de Coltrane

oui
tu joues
pour cet autre ciel
en ton coeur

fusant
contre l’invention des larmes
ciselant
des arcs-en-ciel de bastringue

cassé
fracassé
inspire
espère
jusqu’à confesser les anges

pour explorer
les grands charniers
de la naissance
du chagrin
et de la mort

contre tous les hypocrites
toujours les mêmes
quels qu’ils soient

pour offrir
ton absolue fragilité

cassé fracassé
tu joues
pour nous faire sentir
que le temps ne passe pas

inspire
espère
saint saint trois fois saint

en plongée d’esprit saint
en réjouissance d’esprit

dans un souffle-esprit
à faire germer des oracles

cassé
fracassé
tu remercies Dieu
d’avoir créé les femmes

tu salues en sueur
la substance femme

inspire
espère
tu joues
pour guérir les univers

pour porter ta peine
jusqu’aux comètes

homme-arbre
cassé fracassé
tu joues
comme une averse de signes
dans la prière du coeur

inspire
espère
chacune de tes notes
est une perle d’étreinte

un couac habité
dans la fanfare de Dieu

(Zéno Bianu)


 

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L’amour comme (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2015


Comme un amas forestier la fille consentante.
Comme une source en haut de l’arbre la fille convoitée.

Comme une statue d’amiante une femme interdite.
Comme un ventre de jument une bouche embrasée.

Comme une rayure de quartz une femme attendant.
Comme un chaos de pierres une femme perdue.

Comme un cuivre qui luit l’épouse aimante.
Comme une branche reverdie la femme aimée.

(André Frénaud)

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