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Posts Tagged ‘airain’

Le silence d’airain (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2020




Le silence d’airain

Cinq oreilles – et pas un son n’y retentit!
Le monde est devenu muet…
J’ai écouté avec les oreilles de ma curiosité:
Cinq fois, j’ai lancé ma ligne au loin,
Cinq fois, je n’ai pas ramené un seul poisson –
J’ai questionné – aucune réponse ne s’est jetée dans mon filet
J’ai écouté avec l’oreille de mon amour

(Friedrich Nietsche)

Illustration

 

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La fin de Satan (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2020



Illustration: Odilon Redon
    
La fin de Satan

[…]

Oh; je monte et descends et remonte sans cesse,
De la création fouillant le souterrain,
Le bas est de l’acier, le haut est de l’airain,
A jamais, à jamais, à jamais; Je frissonne,
Et je cherche et je crie et j’appelle. Personne;
Et furieux, tremblant, désespéré, banni,
Frappant des pieds, des mains et du front l’infini,
Ainsi qu’un moucheron heurte une vitre sombre,
A l’immensité morne arrachant des pans d’ombre,
Seul, sans trouver d’issue et sans voir de clarté,
Je tâte dans la nuit ce mur, l’éternité.

[…]

(Victor Hugo)

 

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SALINUM (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



Jean-Francis Auburtin mf [800x600]

SALINUM

Le souci, plus léger que les vents de l’Epire,
Poursuivra sur la mer les carènes d’airain;
L’heure présente est douce : égayons d’un sourire
L’amertume du lendemain.

pourpre par deux fois rougit tes laines fines ;
ton troupeau de Sicile est immense ; et j’ai mieux:
Muses de la Grèce et leurs leçons divines
Et l’héritage des aïeux.

(Leconte de Lisle)

Illustration: Jean-Francis Auburtin

 

 

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Dimanches (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2019



Louis Tytgadt 31 [800x600]

Dimanches

Morne l’après-midi des dimanches, l’hiver,
Dans l’assoupissement des villes de province,
Où quelque girouette inconsolable grince
Seule, au sommet des toits, comme un oiseau de fer !

Il flotte dans le vent on ne sait quelle angoisse !
De très rares passants s’en vont sur les trottoirs :
Prêtres, femmes du peuple en grands capuchons noirs,
Béguines revenant des saluts de paroisse.

Des visages de femme ennuyés sont collés
Aux carreaux, contemplant le vide et le silence,
Et quelques maigres fleurs, dans une somnolence,
Achèvent de mourir sur les châssis voilés.

Et par l’écartement des rideaux des fenêtres,
Dans les salons des grands hôtels patriciens
On peut voir, sur des fonds de gobelins anciens,
Dans de vieux cadres d’or, les portraits des ancêtres,

En fraise de dentelle, en pourpoint de velours,
Avec leur blason peint dans un coin de la toile,
Qui regardent au loin s’allumer une étoile
Et la ville dormir dans des silences lourds.

Et tous ces vieux hôtels sont vides et sont ternes ;
Le moyen âge mort se réfugie en eux ;
C’est ainsi que, le soir, le soleil lumineux
Se réfugie aussi dans les tristes lanternes.

Ô lanternes, gardant le souvenir du feu,
Le souvenir de la lumière disparue,
Si tristes dans le vide et le deuil de la rue
Qu’elles semblent brûler pour le convoi d’un Dieu !

Et voici que soudain les cloches agitées
Ébranlent le Beffroi debout dans son orgueil,
Et leurs sons, lourds d’airain, sur la ville au cercueil
Descendent lentement comme des pelletées !

(Georges Rodenbach)

 Illustration: Louis Tytgadt

 

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Tout est illusion (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Tout est illusion —
Mais où pour nous le réel
Sinon dans l’apparence?
Ces tours couronnées de nuages
Plus durables que l’airain
Nos rêves.

***

Illusion all —
Yet where for us the real
Unless what seems?
These cloud-capped towers
More durable than brass
Our dreams.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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VOЕU AUDACIEUX (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



Illustration: René Baumer
    
VOЕU AUDACIEUX

Qu’est-ce qui fait qu’en tout lieu,
Chacun se sente heureux
Et que chacun prête l’oreille
Quand les mots s’ordonnent en harmonie?

Arrière, ce qui gêne ta course !
Pas de tristesse ni de deuil !
Avant d’ouvrir son chant, avant de le cesser,
Il faut que le poète vive.

Et qu’ainsi la corde d’airain de la vie
Fasse vibrer ton âme !
Si le poète sent son coeur angoissé,
Il trouvera de lui-même l’apaisement.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard

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L’art (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018



Illustration: Juliette Choukroun
    
L’art

Oui, l’oeuvre sort plus belle
D’une forme au travail
Rebelle,
Vers, marbre, onyx, émail.

Point de contraintes fausses !
Mais que pour marcher droit
Tu chausses,
Muse, un cothurne étroit.

Fi du rhythme commode,
Comme un soulier trop grand,
Du mode
Que tout pied quitte et prend !

Statuaire, repousse
L’argile que pétrit
Le pouce
Quand flotte ailleurs l’esprit :

Lutte avec le carrare,
Avec le paros dur
Et rare,
Gardiens du contour pur ;

Emprunte à Syracuse
Son bronze où fermement
S’accuse
Le trait fier et charmant ;

D’une main délicate
Poursuis dans un filon
D’agate
Le profil d’Apollon.

Peintre, fuis l’aquarelle,
Et fixe la couleur
Trop frêle
Au four de l’émailleur.

Fais les sirènes bleues,
Tordant de cent façons
Leurs queues,
Les monstres des blasons ;

Dans son nimbe trilobe
La Vierge et son Jésus,
Le globe
Avec la croix dessus.

Tout passe. – L’art robuste
Seul a l’éternité.
Le buste
Survit à la cité.

Et la médaille austère
Que trouve un laboureur
Sous terre
Révèle un empereur.

Les dieux eux-mêmes meurent,
Mais les vers souverains
Demeurent
Plus forts que les airains.

Sculpte, lime, cisèle ;
Que ton rêve flottant
Se scelle
Dans le bloc résistant !

(Théophile Gautier)

 

Recueil: Émaux et Camées
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le coeur navigant (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



Le coeur navigant

Loin des cultes
qui nous réduisent en cendres,
Des temples
où le ciel se force en vain une entrée,
Loin des puissances d’airain que d’autres
puissances culbutent

Élisons encore la vie
Au sommet du jour blessé.

Plutôt le fruit hasardeux
Que la lettre de marbre,
Plutôt toujours chercher
Et ne jamais savoir :

Arc à travers buissons,
Aile à travers pièges,
Que la sinistre fresque
d’une vérité bouclée.

Le temps fond comme cire,
Et les verrous ne cèdent qu’au coeur navigant.

(Andrée Chedid)


Illustration

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Le temps se plaît (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




    
Le temps se plaît sur les limites du feuillage.
Comment vivre avec douceur, dans ce silence ?
Les mots s’effondrent.
L’habitude du malheur et de la joie nous a donné
Une âme de paille et d’airain.
Et voici que désarmé je passe dans un monde sensible
Où les ombres supplient.
Le temps est amer, disent-elles.
Et je me courbe, j’ai mal au cœur,
Les taches de rouille sur les mains
Parlent de la Terre Promise.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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Le temps se plaît (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017




    
Le temps se plaît sur les limites du feuillage.
Comment vivre avec douceur, dans ce silence ?
Les mots s’effondrent.

L’habitude du malheur et de la joie nous a donné
Une âme de paille et d’airain.
Et voici que désarmé je passe dans un monde sensible
Où les ombres supplient.
Le temps est amer, disent-elles.

Et je me courbe, j’ai mal au cœur,
Les taches de rouille sur les mains
Parlent de la Terre Promise.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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