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Poésie

Posts Tagged ‘airain’

Le coeur navigant (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



Le coeur navigant

Loin des cultes
qui nous réduisent en cendres,
Des temples
où le ciel se force en vain une entrée,
Loin des puissances d’airain que d’autres
puissances culbutent

Élisons encore la vie
Au sommet du jour blessé.

Plutôt le fruit hasardeux
Que la lettre de marbre,
Plutôt toujours chercher
Et ne jamais savoir :

Arc à travers buissons,
Aile à travers pièges,
Que la sinistre fresque
d’une vérité bouclée.

Le temps fond comme cire,
Et les verrous ne cèdent qu’au coeur navigant.

(Andrée Chedid)


Illustration

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Le temps se plaît (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




    
Le temps se plaît sur les limites du feuillage.
Comment vivre avec douceur, dans ce silence ?
Les mots s’effondrent.
L’habitude du malheur et de la joie nous a donné
Une âme de paille et d’airain.
Et voici que désarmé je passe dans un monde sensible
Où les ombres supplient.
Le temps est amer, disent-elles.
Et je me courbe, j’ai mal au cœur,
Les taches de rouille sur les mains
Parlent de la Terre Promise.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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Le temps se plaît (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017




    
Le temps se plaît sur les limites du feuillage.
Comment vivre avec douceur, dans ce silence ?
Les mots s’effondrent.

L’habitude du malheur et de la joie nous a donné
Une âme de paille et d’airain.
Et voici que désarmé je passe dans un monde sensible
Où les ombres supplient.
Le temps est amer, disent-elles.

Et je me courbe, j’ai mal au cœur,
Les taches de rouille sur les mains
Parlent de la Terre Promise.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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ANYTA DE MYTILÈNE (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2017



ANYTA DE MYTILÈNE

D’INVISIBLES pipeaux charment ma solitude.
Le soir voit défleurir le mélilot des prés.
O nymphes aux yeux verts, et toi, Pan au poil rude,
Je vous offre ces fruits que l’automne a dorés.

Lorsque j’ai convoité la fraîcheur des fontaines,
Etendu sur la roche et las des longs chemins,
Vous m’avez apporté l’eau des sources lointaines,
O nymphes ! dans le creux frissonnant de vos mains.

Je n’ai plus redouté l’aridité des sables,
Bouclier d’or où se double l’airain du ciel,
Car j’ai bu longuement, dans vos mains pitoyables,
L’eau claire qui me fut plus douce que le miel.

(Renée Vivien)

Illustration: Julius LeBlanc Stewart

 

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ABSENCE (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2016



ABSENCE

Absence ! Le matin où je partirai
plus loin que le loin, vers le Mystère,
comme poursuivant une inéluctable raie,
tes pieds glisseront jusqu’au cimetière.

Absence ! Le matin où sur la plage
de la mer d’ombre et de l’empire muet,
je partirai tel un oiseau lugubre,
un caveau blanc ta captivité sera.

La nuit en tes regards sera chue ;
et tu souffriras, et tu revêtiras alors
de pénitentes blancheurs mortifiées.

Absence ! Et dans tes souffrances mêmes,
parmi la plainte de l’airain, devra s’enfoncer
une meute de remords.

***

AUSENTE

Ausente! La mañana en que me vaya
más lejos de lo lejos, al Misterio,
como siguiendo inevitable raya,
tus pies resbalarán al cementerio.

Ausente! La mañana en que a la playa
del mar de sombra y del callado imperio,
como un pájaro lúgubre me vaya,
será el blanco panteón tu cautiverio.

Se habrá hecho de noche en tus miradas;
y sufrirás, y tomarás entonces
penitentes blancuras lanceradas.

Ausente! Y en tus propios sufrimientos
ha de cruzar entre un llorar de bronces
una jauria de remordimientos!

(César Vallejo)

Illustration: Caspar David Friedrich

 

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Mystiques (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2015



Edward Henry Corbould (1815-1905), Astarte [800x600]

Mystiques

Mystiques sont, là-bas, les clairs de lune bleus :
O votre front poli nimbé de clair de lune !
Berceuse est la chanson des archipels houleux :
O vos cheveux errants aux brises de la dune !

Sous votre pied d’airain, Astarté, foulez-nous :
Voici le Koh-innor, les jades de Palmyre !
Etes-vous la Madone adorée à genoux ?
Mon âme montera comme un parfum de myrrhe !

(Jean Moréas)

Illustration: Edward Henry Corbould

 

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