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Poésie

Posts Tagged ‘aise’

TAPIS (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019




    
TAPIS

Chaque couleur s’étend à son aise et s’installe
au milieu des autres couleurs

Pour être si vous la regardez plus seule

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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Reste, reste (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2019



Reste, reste.
Ne t’en va pas toujours,
Même tout contre moi,
Avec les vents, avec les fleuves,
Avec tous les courants
Qui sillonnent la terre.
Reste ce corps de femme
A l’aise dans un lit.

(Guillevic)


Illustration

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Sans Mots Dire (Virginie Greiner)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



Illustration: Olivier G. Boiscommun
    
Sans Mots Dire

Tel un martyr, tu gis dans mes draps, Ies bras en croix.
Toucher, caresser, lécher, sucer…
Tout ce qui peut te contenter serait aisé
Si l’on pouvait oublier que ce péché si décrié
N’existe qu’en vue de te troubler!
Et que c’est juste de l’amour!
Tout court!

(Virginie Greiner)

 

Recueil: EN MÂLES DE NUS
Traduction:
Editions: Attakus

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Tu es belle, ma mère (René Char)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



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Tu es belle, ma mère,
Comme un pain de froment.
Et, dans tes yeux d’enfant,
Le monde tient à l’aise.

Ta chanson est pareille
Au bouleau argenté
Que le matin couronne
D’un murmure d’abeilles.

Tu sens bon la lavande,
La cannelle et le lait ;
Ton cœur candide et frais
Parfume la maison.

Et l’automne est si doux
Autour de tes cheveux
Que les derniers coucous
Viennent te dire adieu.

(René Char)

 Illustration

 

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Ivre (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2018




    
Ivre, les yeux ouverts dans la maison stérile,
n’évitant pas les feux dans le creux des collines,
si je tiens un roseau leur souffle le consume
et laisse dans ma chair une longue brûlure
et la sensation de la fragilité.

Ô réserve et repos, dans un étrange exil,
sur tous les bords du ciel, des sources et des brises,
où l’étincelle change en parcelle de neige,
où de grandes clartés éblouissant l’espace,
ignorent que je marche à travers les périls,

parfois dévale un des torrents de l’insomnie,
là vivent à leur aise et trouvent leurs amours
les animaux sans nom, les charmantes figures
qui fixeront sur moi pendant une seconde
leur œil étincelant d’un singulier génie,

l’un d’eux va me sauver, l’un d’eux va me guider,
son pelage inondé de l’innocente averse,
vers le seuil ruisselant, siège des arcs-en-ciel
où viennent s’abreuver les oiseaux des présages,
le sang nouveau se mêle à la jeune rosée
et la biche aux yeux clairs qui vint guider mes pas
disparaît, quand mes bras s’ouvrent dans le printemps.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésie
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quête (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



 

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Quête

J’ai faim
d’un moment d’attention
m’ouvrant un horizon
que je mendie sans fin.

J’ai faim
de ce regard d’autrui
m’offrant comme un crédit
lorsque tout tourne à rien

J’ai faim
J’ai faim et je m’emplis
d’un rêve inaccompli.
Mon espoir est-il vain ?

J’ai faim
Et ma faim ne s’apaise.
Et mon air très à l’aise
ne me trahira point.

(Esther Granek)

Illustration: Audrey Kawasaki

 

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Comme tout est simple, mon Dieu ! (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



 

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Comme tout est simple, mon Dieu !
Ce nuage sur le mélèze,
Cette vache dans le pré bleu,
Au bord du sentier, cette fraise.

Ainsi je suis devenu sage
Sans même m’en être aperçu.
Des jours disparus, je n’ai plus
Que les clartés sur le visage.

Et mon coeur est aussi à l’aise,
Aussi calme en vos mains, mon Dieu,
Que ce nuage, ce mélèze,
Cette vache dans le pré bleu.

(Maurice Carême)

Illustration

 

 

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Ivresse rimbaldienne (Nimrod)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018




    
Ivresse rimbaldienne

Un bleu outremer guette au fond de mon oeil son écho.
Toujours je le préférai aux joies réverbérantes.
Il m’offre à toute heure du jour l’ivresse des solitudes.
je suis l’empailleur de l’espoir ici-bas, son tombeau incomparable !

L’enfance est un passeport égaré le long des routes
Indélicates. Elles desservent des foules des forêts
Abruptes et bourrues, insensibles à la patience des nuages.

Où s’en sont allées mes jeunes années ? Le temps les frictionne
De son amour universel. J’en appelle à l’ordre luciférien
Sans perdre de vue ni la douceur des nuées
Ni la beauté des ombres dociles errantes

Il ne tient qu’à moi de leur tourner le dos.
De chiffrer leurs mêlées leurs aises sur le plancher des vaches.
Le bonheur un brin paresseux suit sa pente.

(Nimrod)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Si seulement (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

Si seulement une trouée d’azur
la percée d’une étoile aguerrie
parlante
avant le rendez-vous obligé
du crépuscule
Comme il serait aisé
de nourrir
les chevaux de la raison
à même
la mangeoire des nuages

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: Tribulations d’un rêveur attitré
Traduction:
Editions: La Différence

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Habiter son corps (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Habiter son corps
n’est pas aisé
c’est une maison hantée
un champ de mines
il faudrait pouvoir le louer
juste pour des vacances

(Abdellatif Laâbi)


Illustration: Pieter Bruegel l\’Ancien

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