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Posts Tagged ‘ajonc’

FIN D’ÉTÉ (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2018



 

FIN D’ÉTÉ

Déluge boréal, et la nuit entière, lâchée
à l’heure diluvienne de l’oeil. Notre volonté
aux os brisés, contrant le flot
de pierres dans notre sang : vertige
depuis les hauteurs d’hélium
de la langue.

Demain : une route de montagne
bordée d’ajoncs. Ensoleillement
dans les fissures de la roche. Dénuement.
Comme si nous pouvions retenir un simple souffle
à la limite du souffle.

Il n’y a pas de terre promise.

(Paul Auster)

Illustration: Ráed Al-Rawi

 

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LOIN DES TROPIQUES (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017




    
LOIN DES TROPIQUES

C’est tout un art de balayer
c’est un métier digne d’estime
les ruisseaux comme des torrents
cavalent cavalent cavalent

on doit savoir les diriger
y concentrer les ordures
qu’il faut absolument glisser
sous les ouatures

crottes de chiens vieilles lettres
mégots bâtonnets de sucettes
épingle à cheveux verre brisé
l’ajonc mouillé
d’une gracieuse parabole
les fait choir
en bas du trottoir
sans une parole

ces artistes municipaux
ont depuis peu souvent la peau noire
ils ont un air mélancolique.
pensent-ils à la Martinique ?
à un marigot africain ?
lorsqu’ils ont le balai en main
du matin
au soir

(Raymond Queneau)

 

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LES BULLES DE LA TERRE (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



LES BULLES DE LA TERRE

Le marais, c’est l’orbite profonde
De l’oeil énorme de la terre.
Il a pleuré si longtemps
Qu’en larmes s’est vidé son oeil
Et s’est couvert d’une herbe pauvre.
Mais à travers herbes et ajoncs
Et le blanc duvet serré des cils
Passe une verte étincelle
Qui va s’éteindre au fond du marais.
Et alors, discutent dans les villages
Les sorciers et les sorcières hirsutes
Venus d’on ne sait où :
— Le marais se moque de vous !
— L’esprit malin vous appelle !
Et lorsqu’ils parlent ainsi,
Les vieillards font le signe de croix,
Les hommes mûrs, incrédules, rient,
Mais derrière les épaules des jeunes filles,
On voit clairement des ailes blanches.

(Alexandre Blok)

Illustration

 

 

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PAYSANNES EN VILLE (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017



 

Paul Gauguin   Paysannes bretonnes

PAYSANNES EN VILLE

Par la pluie et la boue elles sont descendues
Des coteaux où l’ajonc est tondu par la dent
Du bétail et, les doigts gênés par des gants blancs,
Puissantes, elles ont l’allure des charrues.

(Francis Jammes)

Illustration: Paul Gauguin

 

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Viens nous-en… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration
    
Viens nous-en…

Viens nous-en aux pentes rudes
Où la bruyère fleurit,
Ecouter la solitude,
Le bris

De l’herbe sèche et la brume
S`égoutter des ajoncs morts;
Aux bouleaux mouillés qui fument
L’essor

Des geais fuyards, et cette aigre
Chanson vibrer du vent faux,
Promenant dans l’herbe maigre
Sa faux.

La rauque plainte s’étrangle
De l’eau sous les joncs fleuris,
D’où quelque vol en triangle
Surgit.

Ecoutons tomber les baies
Blettes au pied des sorbiers
Et pleurer la sourde plaie
De nos désirs prisonniers.

(Marie Dauguet)

 

 

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MON ÂME QUE FERONS-NOUS DE TOUTES SOUVENANCES (Xavier Grall)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



 

MON ÂME QUE FERONS-NOUS DE TOUTES SOUVENANCES

Mon âme que ferons-nous de toutes souvenances
en notre coeur meurtri dépenaillé
j’ai perdu ma jeunesse et ma lande
les feux se sont éteints au verglas des absences
ronciers givres ont descellé demeures lentement
nostalgiquement au néant de mes jours qui s’en vont
ma tête n’est que masure ouverte à tout passant
et me voici dans la colline de Hurlevent des dolences
mon âme t’en souviens-tu des harpes de Brenn-héol
mortes les saisons les braises sont éteintes
agonisent musiques dans le fond des étangs
quel drôle de Tristan fais-tu barde inécouté
chiens du Ménez-Hom venez, venez
cherchez-moi dans la tourbe et dans l’ajonc coupé
sur les villages dormants tintent les pluies mortelles
j’ai vécu ma vie j’ai crevé mon cheval
follement j’ai brûlé ma vie comme une lampe
adieu chemins adieu vallée adieu…

(Xavier Grall)

 

 

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La lande (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017




    
La lande

Maléfique, voici la mare
Que l’ombre tremblante bigarre.
Reflets de lune en verts glacis,
Par la lande qui se dénude
Etalant sa décrépitude
Glissent sur les ajoncs moisis.

Le réel absurde s’évade;
La chaotique cavalcade
Surgit des fantômes dressés
Sous les tâtonnantes étoiles
Dont le vent écarte les voiles,
Surgit aux lointains effacés.

Comme un encensoir la braise,
Leur coeur flambant que rien n’apaise,
Pas même le tombeau, reluit
Au creux sombre de leur poitrine;
Des gestes brûlants se devinent
Dont l’éclair traverse la nuit.

Brisant les dalles et les pierres,
Dénouant les rameaux des lierres,
Les amants ont joint leur essor,
Comme les mélèzes frémissent,
Les lèvres ardentes bruissent
Se baisant par delà la mort.

Froissant le houx et la bourdaine
L’âpre galop qui les entraîne,
Rapproche genoux à genoux
Et vertèbres contre vertèbres
Les spectres vêtus de ténèbres
Et secoués de spasmes fous.

La lande étangement fermente…
Plus que toi la mort est clémente
Dont s’entr’ouvre parfois le seuil.
O vie amère!… – D’écarlates
Roses, d’oeillets et d’aromates.
Que l’on remplisse mon cercueil!

D’un linceul aux blancheurs de soie
Qu’on m’enveloppe, que je sois
Prêt aux réveils extasiés;
Que vainqueur de la mort, j’étreigne
Mon rêve à cette heure où se baigne
La lune par les verts bourbiers.

(Marie Dauguet)

 

 

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Septembre (Thorkild Bjørnvig)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



 

papillon grande-tortue

Septembre

Ajoncs d’or derrière les branches,
silence du soir,
comme si j’étais seul
avec l’appel du merle.
Mais tout est ici,
le lézard épie
attentivement
d’un trou dans le fossé.
De l’eau monte
le pur mouvement de cloche
de la méduse
en moi.
Le papillon grande-tortue
se replie noir
sur le chevron, se préparant
au sommeil hivernal.
Des pommes tombées depuis peu
gonflent dans ma main,
faisant disparaître un instant
ma ligne de vie.
Ah, tout est ici
frais et délicieux,
coulant sans fin
dans ma bouche.

Ce rare
moment d’équilibre
qui vient, non recherché,
est un cadeau de la patience.
Vois, l’air est soulevé
par le soleil couchant
et voltige doré
haut sur le jardin.
(…)

(Thorkild Bjørnvig)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

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SOUFFLE (Jacques Basse)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2017



Illustration
    
SOUFFLE

de nuit comme de jour

le mistral siffle
sur la colline
dans les buissons
dans les ajoncs

sur les maisons

sur les pins
et le romarin
et les peupliers
dans les cyprès

sur la canopée

la beauté magique
de cette musique
du vent qui passe
si près ne nous lasse

là depuis toujours
il souffle tous les jours

(Jacques Basse)

 

Recueil: Le temps des Résonances
Editions: Rafaël de Surtis

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Soleil couchant (José-maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



Soleil couchant

Les ajoncs éclatants, parure du granit,
Dorent l’âpre sommet que le couchant allume ;
Au loin, brillante encor par sa barre d’écume,
La mer sans fin commence où la terre finit.

A mes pieds c’est la nuit, le silence. Le nid
Se tait, l’homme est rentré sous le chaume qui fume.
Seul, l’Angélus du soir, ébranlé dans la brume,
A la vaste rumeur de l’Océan s’unit.

Alors, comme du fond d’un abîme, des traînes,
Des landes, des ravins, montent des voix lointaines
De pâtres attardés ramenant le bétail.

L’horizon tout entier s’enveloppe dans l’ombre,
Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
Ferme les branches d’or de son rouge éventail.

(José-maria de Heredia)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos

 

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