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Poésie

Posts Tagged ‘(Alain Borne)’

COEUR (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017




    
COEUR

Mon coeur, mon coeur, disent-ils, mon coeur
ainsi qu’on parle d’un malade qui se meurt
dans la chambre fermée sur des mots de délire
beaux peut-être ou fous en leur langue d’énigme

Ainsi qu’on parle d’un étranger
aux accès de douceur ou de rage
qui jette l’aventure au creux de la vie sage
comme une poignée d’or sur la table rustique
où des gens à couteaux s’égorgent pour un liard.

Chacun parle de ce lieu secret où sont des ronces
chacun montre la place où la bête s’affole
la bête aveugle et tendre que transperce le sang
la bête prise au piège tâtonnant sa prison.

Mon coeur, disent-ils, mon coeur, mon coeur
il frappe au flanc comme une pluie que rien ne console
comme un passant lassé de lieues frappe à la porte
de la maison de nuit qu’éclaire un bal

Et personne jamais n’ouvre la lumière
au visiteur inquiet de bonheur
et chacun tisse sur son coeur
le rite appris des gestes vers la boue et le pain.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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PRIERE (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017



Illustration
    
PRIERE

Mon Dieu faites que j’oublie
ce sang qui court dans mes mains et que la nuit brunit
mon Dieu faites que j’oublie
le faible bruit des portes
et la lumière qui dort sous les robes

Mon Dieu ne me détournez pas du lit étroit de la solitude
ni de la maison cachée sous les roseaux
ni de la lampe qu’emprisonnent les livres

Otez-moi ce goût de l’étrangère aux lèvres creuses
ôtez-moi le souvenir de cette immensité malade
empêchez que je sache ma soif aussi de sang
chantez, faites chanter vos anges et vos poètes
et donnez-moi la joie de faire de la musique avec des mots.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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L’enfant se balance (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017



Illustration: Danielle Blatrier 
    
L’enfant se balance
– grâce pour sa vie ! –
son rêve sourit
– grâce pour son rêve ! –

ses cheveux apportent
emportent le ciel
encens de sa grâce
et de sa jeunesse.

Il y a l’avenir
l’appel des sources
que ses songes percent…
Que ses mains transpercent

les feuilles roncières
trouvant la caresse
de l’eau sur le sang
donnez-lui le temps
de boire sa jeunesse.

Un vieil homme meurt
grelottant de larmes
il n’y a plus rien
qu’un passé menteur
le froid de son coeur
et la nuit qui vient.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Comment me lasserai-je de chanter mon amour (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017




    
Comment me lasserai-je de chanter mon amour
j’ai chanté j’ai chanté d’autres liens
c’était le neige et les pas de l’hiver
purs comme des fleurs
c’était l’espoir et son rosier sans ronce
où le plus long été jamais n’inscrivit une rose
c’était l’absence et cet appel dans le noir
qui devient un visage dans la fièvre du sang
c’était le sang et ses jeux suraigus
le jeu sans gloire qui veille sur la cendre.

Comment me lasserai-je de chanter mon amour
jamais aucun visage à portée de mes lèvres
digne de mon baiser
et pourtant et pourtant ô potence
tu n’as pas pu attendre la douce condamnée
elles ont défilé celles du doux bétail
s’étrangler à l’échafaud cruel
dont le bourreau dormait.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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SAISON (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017




    
SAISON

Mon coeur n’est pas salive mais sang
mon coeur n’est pas cendre mais feu
silence silence sur la nuit
des ailes s’assemblent des quatre vents
pour fréter des oiseaux purs
ô forêt agenouillée d’automne
d’une longue averse de feuilles
tu dépares l’autel du froid.

Je suis loin des saisons
rien n’est proche de mon sang
le ciel tourne sur son ancre
feux gelés en attente
étoiles enchaînées enchâssées dans mes veux
la sève monte à l’arbre comme un enfant léger
pris de soudain vertige
qui s’endort dans les branches.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Ne m’éveillez pas (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2017



Illustration: Giuseppe Antonio Petrini
    

Ne m’éveillez pas
si un jour je dors.
Ne soyez pas triste
si un jour
j’ai cessé pour jamais d’être triste.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Je vais t’aimer (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2017



Illustration: Oleg Zhivetin

    
Je vais t’aimer
je vais ne plus rien vouloir
dans mes yeux que ton visage
je vais ne supporter mes mains
que caressant ton corps
je vais n’accepter l’espace
que si tu l’occupes
je vais n’être rien
qu’à l’instant de te posséder
je vais
mourir interminablement je vais
vivre si tu vis contre moi
et quand ton plaisir viendra
comme les fleurs rouges sur le printemps vert
au sommet de ta chair je cueillerai
le bouquet de ta joie
afin d’y enfouir mon visage
en y mêlant mon bonheur devenir
un vivant ivre de vie
et crier que vivre est bon
lorsque vivre est vivre
lorsque vivre
est réunir nos deux sangs
lorsque vivre
est te traverser et te devenir
et ne savoir même plus que je te suis.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Si tu disparais de mes yeux trop longtemps (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2017



 

Illustration: Oleg Zhivetin
    

Si tu disparais de mes yeux
trop longtemps
je n’aurai de toi dans la nuit de ma tête
que la pâle clair de lune de ton image
je n’aurai
qu’un reflet de tes yeux
traversant des nuages
le mot double de ta bouche
illisible sur la page de ta face.

Si tu disparais de mes yeux je n’aurai
rien que leur envers incertain
perchoir où se pose
chaque vague souvenir et bientôt
je ne saurai
si c’est ton ombre que je retiens
ou un rêve déchiré
ou un passé qui jette de sa cendre
la dernière étincelle.

Si tu disparais je n’aurai
que le frisson au bout des doigts
de ta chair
fleur gardée fraîche par le désir
et que le souvenir
de tes dents derrière mes lèvres.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Je t’aime (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2017



Illustration: Oleg Zhivetin
    
Je t’aime
il n’y a rien pour mieux le dire
tout est infirme
le mot le baiser l’étreinte.

Que nous cherchions un seul cours
à nos deux sangs
que nous rêvions
que nous dormions
l’un dans l’autre
tout est infirme
il n’y a rien.

Pourtant je t’aime
je veux dire que je brûle
et seulement de toi
je veux dire qu’il faudrait
que la mort nous devienne ensemble.

Pourtant je t’aime
je veux dire que seule ta chair
fait un corps de mon corps
je veux dire que toi seule panse
la blessure de vivre.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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De ton visage (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2017



Illustration: Oleg Zhivetin
    
De ton visage
fais couler le reste de la clarté
que ton visage se répande
ainsi que d’une amphore
la cascade du lait
lisse et portant ses mûres
pour ma soif et ma faim.
Je t’aime encore
tout cela qui t’enferme
donne-le moi nu jusqu’au fond.

Ma blanche mon unique étoile
ce n’est plus au ciel
qu’il faut te clouer
mais sur la terre
où tu règnes seule
mais sur le drap
que purifient nos noces.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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