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Posts Tagged ‘(Alain Suied)’

Les morts sont légers (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017



 

Les morts sont légers
plus légers que l’air.

C’est nous qui portons
leur poids à l’épaule.

C’est nous qui écoutons
leur vraie voix dans nos cœurs.

Les morts sont légers
plus légers que le sommeil.

Ils nous parlent en secret
dans la langue pure des galaxies.

Ils nous tirent vers le haut
tandis que l’oubli et la faiblesse

nous ramènent vers la terre.

Les morts sont légers
plus légers que le souvenir.

Ils nous parlent en secret
dans la langue oubliée des enfants.

Ils nous tirent vers l’azur
tandis que le silence du néant

nous ramène vers la vérité.

(Alain Suied)

découvert ici chez laboucheaoreilles

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Qui témoigne pour nos blessures ? (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2017



Qui témoigne pour nos blessures ?

C’est par inadvertance que vient
l’arbre dans la terre, c’est par jeu
que la feuille naît dans l’arbre
et nul ne sait pourquoi le vent
et la pluie décident soudain
de se perdre dans ses branches.

Tu pourrais vivre sans savoir
mais qui peut vivre sans témoin ?

C’est par inadvertance que vient
la faim sous la dent, c’est par jeu
que la proie devient mâchoire
et nul ne sait pourquoi le sang
et la blessure décident soudain
de hanter les rêves de la terre.

Tu pourrais vivre sans savoir
mais qui peut vivre sans témoin ?
C’est par inadvertance que vient
la pensée dans la chair, c’est par jeu
que le fantôme revient dans le coeur
et nul ne sait pourquoi la mémoire
et la justice décident soudain
de témoigner pour nos blessures.

(Alain Suied)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Jean-Georges Cornélius

 

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Qui porte mon visage ? (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2017



Qui porte mon visage ?
Est-ce moi ? Est-ce toi ?
Mémoire – tel est ton nom, visage !

Le visage est lourd, le visage est léger
des générations de silence
des gouffres traversés
des rires et des douleurs
le visage ne sait que refléter
la lumière d’un espace inconnu
oublié ou futur
le visage est tout ce qui n’est pas moi
le visage aux sept portes
ouvre sur l’inconnu du monde.

Qui invente mon visage ?
Est-ce toi ? Est-ce moi ?
Visage – tel est ton lieu, mémoire !

L’inatteignable : tel est le visage.
Et comme l’horizon, il brille
presque dénué de sens
nu, premier, natal.

(Alain Suied)

découvert ici chez laboucheaoreilles

 

 

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Ne laisse pas le Passé (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017



Ne laisse pas le Passé
blesser de son poids mort
les ailes de l’instant
ne déchire pas le pacte
de sa page blanche
ne renie pas son envol
même si un ange
devait forcer ton passage
vers le rêve aboli.

*

Ne laisse pas le Passé
briser sous son poids neutre
les chances de l’instant
ne déchire pas le pacte
de son envol vivant
ne détourne pas son envol
même si un ange
devait empêcher son passage
vers le pays oublié.

(Alain Suied)

Illustration: Misha Gordin

 

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J’écris dans les interstices du Temps (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017



J’écris dans les interstices du Temps.
Dans l’entre-deux
où l’objet et la parole se rencontrent ou seulement se croisent
– dans l’illusion de se confondre –
ou se devinent parallèles sans lien ni contact ?

J’écris dans un temps dérobé :
dérobé au Social, à la vie quotidienne – j’écris « à la dérobée » !
Le soir, après une journée de « travail », entre les « obligations » de la vie associative ou « professionnelle »,
sans disposer vraiment d’une « marge » pour ce « travail » et cette « obligation » :
écrire une parole poétique.
Devenir un individu. Devenir humain.

Écrire une « parole » – mieux :
casser l’écriture par l’irruption de la voix !
Comme un témoignage casse une « version » convenue d’un fait qui se donnait comme établi.
Écrire CONTRE – contre l’autorité de “l’écriture”
(au sens où elle se donne comme discours de pouvoir – sans discontinuer…)
et écrire pour la vérité, vers la vérité – vers la possibilité d’un « objet » à la parole…

Écrire une parole – pour laisser une trace
– une trace de qui s’évade sans fin –
ou sans recours. Dilapidée aussitôt :
la parole.

J’écris même quand la vie passe devant moi et que tout me manque (papier et stylo) pour écrire…
J’écris même quand je rêve soudain une parole intense et signifiante et que le réveil m’en prive.
J’écris même quand je traverse les épreuves de ma vie, de mes choix et que tout me manque (force et volonté)…
J’écris même lorsque l’Indicible impose à ma vue un horizon sans limites…

J’ÉCRIS DANS LES INTERSTICES DU TEMPS INVENTE PAR LA SOCIÉTÉ HUMAINE.
DANS L’ENTRE-DEUX OU L’OBJET EST ABSENT, ÉLOIGNE, INACCESSIBLE ET LA PAROLE ILLUSOIRE, INCERTAINE, INADÉQUATE
– ET OU POURTANT ILS SE RENCONTRENT, ICI ET MAINTENANT ou un jour prochain dans le cœur de l’autre –
qui est leur but et leur lieu, leur seuil imaginaire, transitoire mais voué à la seule chance d’une TRANSMISSION.

J’écris dans l’utopie de l’Être.

(Alain Suied)

Illustration: Misha Gordin

 

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Qu’est-ce qui résonne au coeur de la vie des hommes ? (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2017



Qu’est-ce qui résonne au coeur de la vie des hommes ?
Ce bruit entre les rumeurs,
ce cri entre les regards, entre les silences ?

Qu’est-ce qui se cache
et se montre à la fois ?

Qu’est-ce qui revient ?

(Alain Suied)

Illustration: Alexandre de Riquer

 

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Roués de fatigue et d’exil (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2016



Roués de fatigue et d’exil
ils ploient sous les coups
de leurs destins aléatoires.
Nous ne saurons jamais
le goût de la joie
ou de la souffrance
qui allaite leurs lèvres
le parfum perdu
de leur premier et dernier
rêve.
Nous ne saurons jamais
que le sang et le souffle
vivent une autre vie
dans nos mêmes silences.

(Alain Suied)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

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Ne cherche pas à combler le manque (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2016



Ne cherche pas à combler le manque
il te constitue. Ne cherche pas à ignorer
le manque : tu le constitues.
Être au monde – voilà ce qui compte
et voilà ce qui disparaîtra.
Le monde existe quand tu le perds.

Ne cherche pas à scruter le vide
il a tes yeux. Ne cherche pas à voiler
le vide : tu le restitues.
Aimer le monde – voilà ce qui survivra.
Le monde répond quand tu l’oublies.

(Alain Suied)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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