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Poésie

Posts Tagged ‘alarme’

Les cloches du soir (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2019



Les cloches du soir

Quand les cloches du soir, dans leur lente volée
Feront descendre l’heure au fond de la vallée,
Si tu n’as pas d’amis ni d’amours près de toi,
Pense à moi ! Pense à moi !

Car les cloches du soir avec leur voix sonore
A ton coeur solitaire iront parler encore,
Et l’air fera vibrer ces mots autour de toi :
Aime moi ! Aime moi !

Si les cloches du soir éveillent les alarmes,
Demande au temps ému qui passe entre nos larmes,
Le temps dira toujours qu’il n’a trouvé que toi
Près de moi !

Quand les cloches du soir, si tristes dans l’absence,
Tinteront sur mon coeur ivre de ta présence,
Ah ! c’est le chant du ciel qui sonnera pour toi !
Pour toi et pour moi !

Quand les cloches du soir, qui bourdonne et qui pleure,
Ira parler de mort au seuil de ta demeure,
Songe qu’il reste encore une âme près de toi :
Pense à moi ! pense à moi !

(Marceline Desbordes-Valmore)

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Iris (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019




    
Iris, à son brillant mouchoir,
De sept feux illumine
La molle averse qui chemine,
Harmonieuse à choir.

Ah, sur les roses de l’été,
Sois la mouvante robe,
Molle averse, qui me dérobe
Leur aride beauté.

Et vous, dont le rire joyeux
M’a caché tant d’alarmes,
Puissé-je voir enfin des larmes
Monter jusqu’à vos yeux.

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES JARS (José Juan Tablada)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018


 


William Bouguereau  La gardeuse d'oies

 

LES JARS

Pour n’importe quoi les jars
sonnent l’alarme
avec leurs trompettes d’argile.

(José Juan Tablada)

Illustration: William Bouguereau

 

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Ce n’était plus le même qui revenait le soir (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



Je croyais les avoir perdus,
Hagard, ne pouvant plus courir,
Entendant, dernière alarme,
La cloche de mon moi dans le manteau de ma poitrine.

Et soudain je les vis
Dans la paix et heureux,
Le soleil était une casserole de cuivre,
Les arbres des buffets
Et l’herbe un doux tapis
Où des brindilles
Finissaient un ménage familier.

Alors l’angoisse, grave draperie
Descendit au-dessous
De mon théâtre affreux.
Peut-être je disparus
Ce n’était plus le même
Qui revenait le soir
Avec eux
Et pour eux.

(Pierre Morhange)


Illustration: Caspar David Friedrich

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Emploi du temps (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018



Emploi du temps

Le vent pointu
Secoue les démons de la fête
Il me reste très peu de temps
Pour reconnaître enfin la nuit

Je ne sais pas si je vais vivre
Assez pour suivre ces flocons
Oui s’entêtent à ne pas fondre

Je ne sais pas si ce sang fluide
Oui fait comme un rempart entre les jours
Où rien ne se passe et les arcs-en-ciel de gaieté
Fera assez de bruit aux tempes des années

Mais il faudra quand même se lever
Et pousser cette porte
Oui donne sur les pavés du soleil
Et chasser les lièvres de l’aube
Avant que les démons de l’intérieur donnent l’alarme

Il faudra bien faire toilette
Pour les amis qui vont venir
Ensemble nous nous posterons près du sablier.

(Robert Momeux)

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Les poètes (Jacques Caçao)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



Ils naissent de la nuit
Sur des chemins d’étoiles
Avec au bout des cils
Des chants d’outre-espace
Avec au creux du cœur
Des fleuves à descendre
Et dans leurs mains tendues
Des partages étranges.
Les Poètes.

Ils montrent des chemins
Pour les temps à venir
Leur tête est balayée
Par des vents versatiles
Qui décrochent leurs feuilles
Quand l’hiver est venu
Et font de leurs cheveux
Des neiges éternelles
Les Poètes

Ils célèbrent nos messes
ET nos fêtes galantes
Ils expatrient l’amour
De la fange vénale
Ils arriment des sons
A nos gestes futiles
Et des signaux d’alarme
A notre devenir.
Les Poètes.

La mort ne les prend pas
Elle enseigne leur force
Purifie leur essence
Et leur cosmologie
Quand leur métamorphose
S’illustre d’un soleil
Tous les peuples résonnent
De croyances obscures;

Ils disent: les Poètes
Ce sont des gentils;
Ou les Poètes ce sont …
Ce sont des visionnaires;
Ou encore, les Poètes
Ce sont des sorciers;
Et même certains disent:
Les Poètes, ce sont des fous!

(Jacques Caçao)


Illustration

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Les Poètes (Jacques Caçao)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



Les Poètes

Ils naissent de la nuit
Sur des chemins d’étoiles
Avec au bout des cils
Des chants d’outre-espace
Avec au creux du coeur
Des fleuves à descendre
Et dans leurs mains tendues
Des partages étranges.
Les Poètes.

Ils montrent des chemins
Pour les temps à venir
Leur tête est balayée
Par des vents versatiles
Qui décrochent leurs feuilles
Quand l’hiver est venu
Et font de leurs cheveux
Des neiges éternelles.
Les Poètes.

Ils célèbrent nos messes
Et nos fêtes galantes
Ils expatrient l’amour
De la fange vénale
Ils arriment des sons
A nos gestes futiles
Et des signaux d’alarme
A notre devenir.
Les Poètes.

La mort ne les prend pas
Elle enseigne leur force
Purifie leur essence
Et leur cosmogonie
Quand leur métamorphose
S’illustre d’un soleil
Tous les peuples résonnent
De croyances obscures;

Ils disent: les Poètes
Ce sont des gentils;
Ou les Poètes, ce sont …
Ce sont des visionnaires;
Ou encore, les Poètes
Ce sont des sorciers;
Et même certains disent:
Les Poètes, ce sont des fous!

(Jacques Caçao)

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Un moment (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



 

Ronnie Biccard   899_c62015fcc7_z [1280x768]

Un moment

Un moment suffira pour payer une année ;
Le regret plus longtemps ne peut nourrir mon sort.
Quoi ! L’amour n’a-t-il pas une heure fortunée
Pour celle dont, peut-être, il avance la mort ?

Une heure, une heure, amour ! Une heure sans alarmes,
Avec lui, loin du monde ! Après ce long tourment,
Laisse encor se mêler nos regards et nos larmes ;
Et si c’est trop d’une heure… un moment ! Un moment !

Vois-tu ces fleurs, amour ? C’est lui qui les envoie,
Brûlantes de son souffle, humides de ses pleurs ;
Sèche-les sur mon sein par un rayon de joie,
Et que je vive assez pour lui rendre ses fleurs !

Une heure, une heure, amour ! Une heure sans alarmes,
Avec lui, loin du monde ! Après ce long tourment,
Laisse encor se mêler nos regards et nos larmes ;
Et si c’est trop d’une heure… un moment ! Un moment !

Rends-moi le son chéri de cette voix fidèle :
Il m’aime, il souffre, il meurt, et tu peux le guérir !
Que je sente sa main, que je dise :  » C’est elle !  »
Qu’il me dise :  » Je meurs !  » alors, fais-moi mourir.

Une heure, une heure, amour ! Une heure sans alarmes,
Avec lui, loin du monde ! Après ce long tourment,
Laisse encor se mêler nos regards et nos larmes ;
Et si c’est trop d’une heure… un moment ! Un moment !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Ronnie Biccard

 

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LE MALHEUR (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Illustration
    
LE MALHEUR

C’est si peu que de nous
redit la prudente à l’asile
dans le même moment
tout conspire
à de longues alarmes
le pain est mal levé
mangeons-le quand même prononce une mère
vouée au sort mauvais
la tante le disait bien
blafarde et si peu sereine
que construire une maison
restait la plus belle espérance
pourtant la musique toujours l’endormait.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’HOMME NOIR (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018




    
L’HOMME NOIR

Mon ami, mon ami,
je suis si malade, si malade !
D’où me vient ce mal, je ne sais.
Est-ce le sifflement du vent
sur les champs vides et désolés,
est-ce l’alcool qui de matière grise me dépouille
tel en septembre le petit bois s’effeuille ?

Comme l’oiseau, de l’aile
ma tête bat des pavillons,
les jambes l’importunent
bouger est au-dessus de ses forces.
Un homme noir
noir, noir,
un homme noir, sur le lit
près de moi s’est assis,
un homme noir, de la nuit
ne me laisse de répit.

Nasillant au-dessus de moi
comme un moine sur un défunt
l’homme noir
le doigt sur un livre abject
me narre la vie
d’un faquin de noceur,
soufflant sur mon âme alarmes et terreurs.
L’homme noir,
noir, noir…

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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