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Poésie

Posts Tagged ‘albâtre’

BENEDICITE NIVES (Martial de Brives)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



BENEDICITE NIVES

Belle soie au Ciel raffinée,
Neige dont l’air se déchargeant
Comme d’une toison d’argent
Rend la campagne couronnée :
Blanc du Ciel par qui sont couverts
Les lieux qui soulaient être verts,
Tremblant albâtre de nos plaines ;
Bénissez l’auguste Grandeur
Du Juge des grandeurs Humaines,
Qui veut qu’on le bénisse en esprit de Candeur.

(Martial de Brives)

Illustration

 

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Le corps de la femme que j’aime (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



Que se disperse dans la crise,
pour une nouvelle genèse, dans le cataclysme,
le corps de la femme que j’aime,
en obsidienne, en agate, en saphir,
en granite fouetté
par le vent de sel d’Antofagasta.
Que son corps menu,
ses cils,
ses pieds, ses seins, ses jambes de pain,
ses lèvres charnues, sa parole rouge
prolongent la peau de l’albâtre :
que son coeur défunt
chante en roulant et qu’il descende
avec les pierres
du fleuve, vers l’océan.

(Pablo Neruda)

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ALBATRE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



ALBATRE

Émoi du ciel aux absides du sel
oiseau blanc nidifiant dans les ergs du temps
albâtre, songe des rives où les dieux
barattèrent le clair levain de l’aube.

(Jacques Lacarrière)

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DEUX LUEURS AVANT LA NUIT (Adolphe Boschot)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Andrey Remnev  (64)

DEUX LUEURS AVANT LA NUIT

C’est l’heure : les deux sœurs divines vont venir,
Lentes, par la prairie où meurt le crépuscule…
— Mais, déjà, les voici qui passent sous les saules :
Le grand soir, caressant leurs regards attendris,
Vient guérir, dans leurs cœurs meurtris, les souvenirs

Elles passent leurs yeux reflètent le ciel mauve,

Leurs mains ont la blancheur des nuages légers ;
Sous leurs cheveux, si blonds qu’ils font de la clarté,
Glisse, comme un rayon de lune sous les saules,
La lumière d’albâtre mat de leur épaule.
L’automne !… Les deux sœurs en aiment la langueur,
Quand elle est alanguie encore au crépuscule…
Toutes deux, dans le pré qui blanchit sous la lune,
Très lentes, le front pâle encore de l’amour,
Seraient-elles la Rêverie et la Douceur ?..
C’est l’heure : les deux sœurs divines sont venues.

(Adolphe Boschot)

Illustration: Andrey Remnev

 

 

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Donne-nous la force d’endurer un peu plus longtemps (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



Alexandra Domnec  pain_120916_detail_poisson

Les murs ne tombent pas
[29]

Donne-nous la force d’endurer
un peu plus longtemps,

maintenant que l’albâtre du coeur
est brisé ;

nous pourrions nous nourrir à jamais
du rayon de miel ambré

de ton salut remémoré,
mais le vieux-moi,

encore plus ou moins à l’aise dans le monde,
s’écrie avec colère,

j’ai faim, les enfants réclament à manger
et des pierres enflammées tombent sur eux ;

notre conscience nous laisse sans défense ;
ô, pour ta Présence

au milieu des filets de pêche
près des barques échouées sur la rive du lac ;

quand, dans les volutes de la fumée de bois,
diras-tu encore, comme tu l’as dit,

le poisson grillé est prêt,
voici le pain ?

***

Grant us strength to endure
a little longer,

now the heart’s alabaster
is broken;

we would feed forever
on the amber honey-comb

of your remembered greeting,
but the old-self,

still half at-home in the world,
cries out in anger,

I am hungry, the children cry for food
and flaming stones fall on them ;

our awareness leaves us defenceless;
O, for your Presence

among the fishing-nets
by the beached boats on the lake-edge;

when, in the drift of wood-smoke,
will you say again, as you said,

the baked fish is ready,
here is the bread?

(Hilda Doolittle)

Illustration: Alexandra Domnec

 

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BAISER DE CRISTAL (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



 

Alexander Maranov   6

BAISER DE CRISTAL

Tu es faite de beaucoup de beauté,
De beaucoup de beauté, innombrable et immobile.

Avec quelles mains te retenir
Afin que l’albâtre ne se fêle ni ne se casse,
Pour que ne glisse point et ne disparaisse des yeux
Ton corps entier comme un poisson d’or.

Je ne sais que faire.

Te couvrir avec une toile
Te cacher avec un drap de lit ?

T’embrasser ou bien pleurer sur toi ?

Je cherche les seins, je fouille les cheveux,
Je baise tes lèvres pour te réveiller.

Il est une solitude sur les lèvres,
Un désert terrible.

Comme quand tu te penches et que tu baises
Tes propres lèvres dans le miroir.

Le froid baiser de cristal te fait peur

(Georges Themelis)

Illustration: Alexander Maranov

 

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Sous les saules (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



 

oiseau de feu [1280x768]

Sous les saules

L’étrange oiseau dans la cage aux flammes
Je déclare que je suis le bûcheron de la forêt d’acier
que les martes et les loutres sont des jamais connues
l’étrange oiseau qui tord ses ailes et s’illumine
Un feu de Bengale inattendu a charmé ta parole
Quand je te quitte il rougit mes épaules et l’amour
Le quart d’heure vineux mieux vêtu qu’un décor lointain
étire ses bras débiles et fait craquer ses doigts d’albâtre
A la date voulue tout arrivera en transparence
plus fameux que la volière où les plumes se dispersent
Un arbre célèbre se dresse au-dessus du monde avec des
pendus en ses racines profondes vers la terre
c’est ce jour que je choisis
Un flamboyant poignard a tué l’étrange oiseau dans la cage
de flamme et la forêt d’acier vibre en sourdine illuminée par
le feu des mortes giroflées
Dans le taillis je t’ai cachée dans le taillis qui se proclame roi des plaines.

(Robert Desnos)

 

 

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Puisque tu veux dompter les siècles tout-perdants (Abraham de Vermeil)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Puisque tu veux dompter les siècles tout-perdants
Par le rare portrait de ses grâces divines,
Frise de chrysoliths ses tempes ivoirines,
Fais de corail sa lèvre, et de perle ses dents ;

Fais ses yeux de cristal, y plaçant au dedans
Un cercle de saphirs et d’émeraudes fines,
Puis musse dans ces ronds les embûches mutines
De mille Amours taillés sur deux rubis ardents ;

Fais d’albâtre son sein, sa joue de cinabre,
Son sourcil de jayet, et tout son corps de marbre,
Son haleine de musc, ses paroles d’aimant ;

Et si tu veux encor que le dedans égale
Au naïf du dehors, fais-lui un corps d’opale,
Et que pour mon regard il soit de diamant.

(Abraham de Vermeil)

Illustration: James Sant

 

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CINQUIEME BAISER (Pierre-François Tissot)(Jean Second)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017




Illustration: Antonio Canova
    
CINQUIEME BAISER

Souvent tes bras d’albâtre et souples comme un lierre.
Passés autour de moi, serrent ton bien-aimé :
Suspendue à mon cou, je te sens tout entière
Presser mon front, mon sein, mon visage enflammé.
Ta bouche qui s’entr’ouvre et ressemble à la rose
Sur la mienne, avec art, s’applique et se compose

Pour mieux donner baiser d’amour…
Tu m’attaques d’une morsure ;
Je venge aussitôt mon injure ;
Ta douleur se plaint à son tour.

Mais bientôt une langue active,
Avec son dard voluptueux.
Livre cent combats amoureux
A ma langue faible et plaintive :

Plus doux que le bruit du zéphir,
Plus frais encor que la rosée
Le souffle humide du plaisir
Coule dans ma bouche embrasée ;

Exhalé de, la tienne, il réjouit mon cœur.
Plus calme et renaissant je respirais à peine ;
De tes lèvres soudain j’ai senti la chaleur
Et morne avide amante aspirer mon haleine
Que desséchait, hélas ! dans mon sein enflammé.
Un feu séditieux par Vénus allumé.

Euclians,rends la vie à l’amant qui t’adore !
Tes vœux sont exaucés : du feu qui me dévore
Déjà tu calmes la fureur :
Comme un parfum qui s’évapore,
Ton souffle humide et bienfaiteur
Rafraîchit tous mes sens et me ranime encore.

Source de mes transports, baisers délicieux !
Oui, l’Amour, je le jure, est le plus grand des dieux,
De l’Olympe et du monde il est le roi suprême;
Mais la jeune beauté qui m’enchante et qui m’aime,
Dont un baiser me donne ou me ravit le jour.
Est au-dessus des dieux et commande à l’Amour.

(Pierre-François Tissot)(Jean Second)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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Les premiers (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



La floraison du bâton

[12]
Ainsi les premiers — c’est écrit,
seront les individus tordus ou torturés,

hors-ligne, hors-champ du soi-disant progrès du monde ;
le premier à recevoir la promesse était un voleur ;

la première à voir en réalité Sa vie-après-la-mort ,
était une femme déséquilibrée, névrotique,

honnie naturellement pour avoir quitté sa maison
ne pas s’être occupée du ménage… ou était-ce Marie de Béthanie ?

en tout cas — quant à cette autre Marie
et ce qu’elle fit, tout le monde le sait,

mais il n’est pas attesté
où exactement et comment elle trouva la boîte d’albâtre ;

d’aucuns disent qu’elle avait pris l’argent du ménage
ou l’argent du tronc des pauvres,

d’aucuns disent qu’elle n’avait rien avec elle,
ni bourse, ni besace,

ni pièce d’or ou d’argent
frappée à l’effigie de César.

[ 13]
En tout cas, elle conclut un étrange marché
(du moins, certains le disent) avec un Arabe,

un étranger sur la place du marché ;
en fait, il avait une petite maison, une échoppe

installée à gauche, à l’arrière du marché
quand on passe par la porte du bas ;

ce qu’il avait n’était pas à vendre ; il allait
à un couronnement, à des obsèques — en même temps –

ce qu’il avait, sa myrrhe inestimable, introuvable ailleurs
était pour la double cérémonie, funérailles et intronisation ;

sa myrrhe et son encens n’étaient pas ordinaires
et d’ailleurs, n’étaient pas à vendre, dit-il ;

il écarta sa robe d’un geste noble
mais la femme peu virginale ne saisit pas l’allusion ;

elle avait vu la noblesse de première main ;
rien ne l’impressionnait, c’était facile à voir ;

elle ne s’inquiétait pas de se voir acclamée ou
dédaignée par lui ou pire ; que sont les insultes ?

elle savait comment rester détachée,
un autre péché impardonnable,

et quand des pierres étaient lancées,
elle n’était tout simplement pas là ;

elle n’était pas là et puis elle apparut,
pas vraiment une belle femme — ne penses-tu pas ?

certainement pas jolie ;
ce qui frappa l’Arabe était qu’elle était imprévisible ;

ce n’était encore jamais arrivé — une femme —
eh bien — en tout cas, lui, il connaissait le monde — une dame

n’avait pas saisi l’allusion, ne s’était pas gracieusement soustraite
devant un geste implicite de congé

et sans offense apparente en fait,
pour sortir par la porte.

[ 14]
Il était aisé de voir qu’il n’était pas un marchand ordinaire ;
elle en était certaine — il était ambassadeur ;

presque personne à qui l’on puisse faire confiance
avec cette marchandise précieuse,

bien que les jarres fussent scellées,
la fragrance s’en échappait un peu,

et la rumeur s’était propagée,
même quand on parvenait à rester à l’écart

des lieux habituels des marchands ;
certains disaient que cette distillation, cette essence

durait littéralement à jamais, avait ainsi duré —
bien que personne naturellement, ne sût en fait

ce qu’il y avait ou non dans les boîtes d’albâtre
des princesses des rois de Hyksôs,

c’étaient des jarres d’onguent, sans nul doute ;
mais qui allait les ouvrir ?

des charmes y étaient gravés,
sigils et figures étaient peints sur toutes les jarres ;

personne ne démantelait les tombes,
ce serait pure méchanceté — mais il savait une chose,

son peuple avait pendant des siècles et des siècles,
chuchoté les secrets des processus sacrés de la distillation ;

ce n’était jamais écrit, même en symboles, car ils savaient ceci —
aucun secret n’est en sécurité avec une femme.

***

So the first—it is written,
will be the twisted or the tortured individuals,

out of line, out of step with world so-called progress;
the first to receive the promise was a thief;

the first actually to witness His life-after-death,
was an unbalanced, neurotic woman,

who was naturally reviled for having left home
and not caring for house-work … or was that Mary of Bethany?

in any case—as to this other Mary
and what she did, everyone knows,

but it is not on record
exactly where and how she found the alabaster jar;

some say she took the house-money
or the poor-box money,

some say she had nothing with her,
neither purse nor script,

no gold-piece or silver
stamped with image of Caesar.

In any case, she struck an uncanny bargain
(or so some say) with an Arab,

a stranger in the market-place;
actually, he had a little booth of a house

set to the left, back of the market
as you pass through the lower-gate;

what he had, was not for sale; he was on his way
to a coronation and a funeral—a double affair—

what he had, his priceless, unobtainable-elsewhere myrrh
was for the double ceremony, a funeral and a throning;

his was not ordinary myrrh and incense
and anyway, it is not for sale, he said;

he drew aside his robe in a noble manner
but the un-maidenly woman did not take the hint ;

she had seen nobility herself at first hand;
nothing impressed her, it was easy to see;

she simply didn’t care whether he acclaimed
or snubbed her—or worse; what are insults?

she knew how to detach herself,
another unforgivable sin,

and when stones were hurled,
she simply wasn’t there;

she wasn’t there and then she appeared,
not a beautiful woman really—would you say?

certainly not pretty;
what struck the Arab was that she was unpredictable;

this had never happened before—a woman—
well yes—if anyone did, he knew the world—a lady

had not taken a hint, had not sidled gracefully
at a gesture of implied dismissal

and with no apparent offence really,
out of the door.

It was easy to see that he was not an ordinary merchant;
she saw that certainly—he was an ambassador;

there was hardly anyone you could trust
with this precious merchandise,

though the jars were sealed,
the fragrance got out somehow,

and the rumour was bruited about,
even if you yourself managed to keep out

of the ordinary haunts of the merchants;
some said, this distillation, this attar

lasted literally forever, had so lasted—
though no one could of course, actually know

what was or was-not in those alabaster boxes
of the Princesses of the Hyksos Kings,

there were unguent jars, certainly;
but who would open them?

they had charms wrought upon them,
there were sigils and painted figures on all the jars;

no one dismantled the tombs,
that would be wickedness—but this he knew,

his own people for centuries and centuries,
had whispered the secret of the sacred processes of distillation;

it was never written, not even in symbols, for this they knew—
no secret was safe with a woman.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Léonard de Vinci

 

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