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Poésie

Posts Tagged ‘albatros’

Île de Pâques (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2019




    
Île de Pâques
À Luis Mizôn

Je ne suis jamais allé
dans l’île esseulée de Pâques,
sauf en rêve
dans le vol d’un albatros
ou sur le dos d’une jubarte.
Là, muets, lourds de mystères,
se dressent des hommes de pierre
aux pensées indéchiffrables.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Lumière de mes nuits Youki (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Adrien Henri Tanoux 23_XXXL [1280x768]

Lumière de mes nuits Youki

Te souviens-tu des nuits où tu apparaissais
Sur le rectangle clair des vitres de ma porte ?
Où tu surgissais dans les ténèbres de ma maison
Où tu t’abattais sur mon lit comme un grand oiseau
Fatigué de passer les océans et les plaines et les forêts.
Te souviens-tu de tes paroles de salut
Te souviens-tu de mes paroles de bienvenue
de mes paroles d’amour
Non, il ne t’en souvient pas.
On ne se souvient pas du présent, personne…
Or, il est nuit,
Tu surviens, tu arrives, tu t’abats sur mon lit
Je suis ton serviteur et ton défenseur soumis à ta loi
et toi soumise à mon amour
Il est minuit il est midi
Il est minuit et quart
Il est minuit et demie
Il est midi à venir ou midi passé
Il est midi sonnant
Il est toujours midi sonnant pour mon amour
Pour notre amour
Tout sonne tout frémit et tes lèvres
Et sur mon lit tu t’abats entre minuit et quatre heures du matin
comme un grand albatros
Échappé des tempêtes.

(Robert Desnos)

Illustration: Adrien Henri Tanoux

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Air (Christian Coin)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



Air

Sur le lointain des flots, je pose
Mes yeux pleins de métamorphose.

Sur le dos du vent, je voyage
Ma main jongle avec les mirages.

Sur l’épi gracile, je grise
Mon âme de vagues de brise.

Sur la libellule, je vole
Suivant un boléro frivole.

Sur l’aile de l’effraie, je plane
Perçant son triste filigrane.

Sur un nuage blanc, je chausse
Des trajectoires d’albatros.

(Christian Coin)


Illustration

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Le Bouleau (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2018



Le Bouleau

Chaque nuit, le bouleau
Du fond de mon jardin
Devient un long bateau
Qui descend ou l’Escaut
Ou la Meuse ou le Rhin.
Il court à l’Océan
Qu’il traverse en jouant
Avec les albatros,
Salue Valparaiso,
Crie bonjour à Tokyo
Et sourit à Formose.
Puis, dans le matin rose,
Ayant longé le Pôle,
Des rades et des môles,
Lentement redevient
Bouleau de mon jardin.

(Maurice Carême)

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Femme formant, de ses jambes la voile d’un albatros (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2017



Femme formant, de ses jambes
la voile d’un albatros,
et je m’amarre à elle.
Alors dans mon visage passe
avec un moment d’avance
ce qu’elle reconnaîtra sur le sien
l’inconfort du lien,
l’anxiété de l’accomplissement,
l’attente de la montée
et tout à coup l’éclair
qui ferait accepter le fer rouge.

(Gérard Le Gouic)

Illustration: Eric Fortune

 

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Lumière de mes nuits Youki (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2016



 

Henri Gervex  rl [1280x768]

Lumière de mes nuits Youki

Te souviens-tu des nuits où tu apparaissais
Sur le rectangle clair des vitres de ma porte?
Où tu surgissais dans les ténèbres de ma maison
Où tu t’abattais sur mon lit comme un grand oiseau
Fatigué de passer les océans et les plaines et les forêts.
Te souviens-tu de tes paroles de salut
Te souviens-tu de mes paroles de bienvenue
de mes paroles d’amour
Non, il ne t’en souvient pas.
On ne se souvient pas du présent, personne…
Or, il est nuit,
Tu surviens, tu arrives, tu t’abats sur mon lit
Je suis ton serviteur et ton défenseur soumis à ta loi
et toi soumise à mon amour
Il est minuit il est midi
Il est minuit et quart
Il est minuit et demie
ll est midi à venir ou midi passé
Il est midi sonnant
Il est toujours midi sonnant pour mon amour
Pour notre amour
Tout sonne tout frémit et tes lèvres
Et sur mon lit tu t’abats entre minuit et quatre heures du matin
comme un grand albatros
Échappé des tempêtes.

(Robert Desnos)

Illustration: Henri Gervex

 

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Famines (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



Famines

Notre péché : nous mangeâmes le monde
Et ses forêts en de cruelles faims.
Je m’habillais de soleil, d’altitude
Pour saluer mon ange : le condor,
Et je régnais sur une orange rouge
Et qui brûlait : la terre sous mes pas.

Je danserai loin de vos lits funèbres.
Jungles, pampas, steppes, disparaissez !
Tel je vous garde avec neige et royaume,
Où fut mon rire, il naquit une fleur.

Le cormoran pour mes larmes. Le cygne
Pour page blanche où je vous écrirai.
Et l’albatros pour tracer le paraphe
D’un autre vol où la faim renaîtra.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

 

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COMME L’ALBATROS (Pastiche) (Christian Coin)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2016




COMME L’ALBATROS (Pastiche)

Souvent pour m’amuser, griffonnant sur la page
J’aime à te chanter toi, le vaisseau de mes mers,
Qui suivant souverain mes élans et ma rage,
Tempère doucement mes souvenirs amers.

A peine est-il écrit ton nom que c’est dimanche,
Que s’ouvrent devant moi des étés fabuleux,
Laissant mon oeil hagard devant ta beauté blanche
Et mes bras interdits autour de tes cheveux.

Ce Poète, dis-moi, n’est-ce pas Baudelaire ?
Lui naguère inspiré, de nos jours pastiché ;
L’un compose en silence un poème scolaire,
L’autre mime en rêvant le géant détaché.

Le poète est soumis à l’ombre de sa Muse,
Qui rêve de beauté, de spiritualité ;
Exilé sur le sol, non plus rien ne l’amuse,
Loin de toi je ne suis qu’un voyageur blessé.

(Christian Coin)

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Lumière de mes nuits youki (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2015



Lumière de mes nuits youki

Te souviens-tu des nuits où tu apparaissais
Sur le rectangle clair des vitres de ma porte?
Où tu surgissais dans les ténèbres de ma maison
Où tu t’abattais sur mon lit comme un grand oiseau
Fatigué de passer les océans et les plaines et les forêts.
Te souviens-tu de tes paroles de salut
Te souviens-tu de mes paroles de bienvenue
de mes paroles d’amour?
Non, il ne t’en souvient pas,
On ne se souvient pas du présent, personne…
Or, il est nuit,
Tu surviens, tu arrives, tu t’abats sur mon lit
Je suis ton serviteur et ton défenseur soumis
à ta loi et toi soumise à mon amour.
Il est minuit il est midi
Il est minuit et quart
Il est minuit et demie
Il est minuit à venir ou midi passé
Il est midi sonnant
Il est toujours midi sonnant pour mon amour
Pour notre amour
Tout sonne tout frémit et tes lèvres
Et sur mon lit tu t’abats entre minuit
et quatre heures du matin comme un grand albatros
Échappé des tempêtes.

(Robert Desnos)

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La mer est grise, calme, immense (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2015



La mer est grise, calme, immense,
L’oeil vainement en fait le tour.
Rien ne finit, rien ne commence :
Ce n’est ni la nuit, ni le jour.

Point de lame à frange d’écume,
Point d’étoiles au fond de l’air.
Rien ne s’éteint, rien ne s’allume :
L’espace n’est ni noir, ni clair.

Albatros, pétrels aux cris rudes,
Marsouins, souffleurs, tout à fuit.
Sur les tranquilles solitudes
Plane un vague et profond ennui.

Nulle rumeur, pas une haleine.
La lourde coque au lent roulis
Hors de l’eau terne montre à peine
Le cuivre de ses flancs polis;

Et, le long des cages à poules,
Les hommes de quart, sans rien voir,
Regardent, en songeant, les houles
Monter, descendre et se mouvoir.

Mais, vers l’Est, une lueur blanche,
Comme une cendre au vol léger
Qui par nappes fines s’épanche,
De l’horizon semble émerger.

Elle nage, pleut, se disperse,
S’épanouit de toute part,
Tourbillonne, retombe, et verse
Son diaphane et doux brouillard.

Un feu pâle luit et déferle,
La mer frémit, s’ouvre un moment,
Et dans le ciel couleur de perle
La lune monte lentement.

(Leconte de Lisle)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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