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Poésie

Posts Tagged ‘alcool’

La poésie est une vie trop dense (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2022



Illustration
    
que la lecture de poèmes
très vite me fatigue
Les mots cognent sous mes tempes
C’est que la poésie
est une vie trop dense
comme un alcool trop fort
qui brûle le crâne
Cela ne vient pas de la poésie
mais de moi
je ne peux vivre de vraie vie
qu’un instant pas plus

On dit que nul ne peut voir Dieu
sans aussitôt mourir
Moi je crois qu’une seconde
de vie pure
non tempérée non diluée
nous éclaterait le coeur
et que nous ne pourrions la supporter

C’est peut-être quelque chose comme cela
qui arrive
dans la beauté la poésie l’amour
Nous sommes pris soulevés
dans une main de feu
qui heureusement nous repose
sur nos chemins habituels
de salamandres

Ne reste plus qu’à filer
dans les fossés les sous-bois
où le danger est moins grand
et l’amour plus lointain

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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Les semaines du calendrier, les murs (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2022



 

Les semaines du calendrier, les murs
Les lundis broyés sans murmure
Les semaines et leur succession
Inévitable et sans passion
Les semaines,
Les heures
Sans haine,
Meurent.

Soleil,
Soleil sur la mer
Plus rien n’est pareil ;
Matinées bleues en solitaire,
Je m’émerveille entre les pins ;
La journée a le goût d’une naissance sans fin ;
Alcools inépuisables, purifiés, de la Terre.

(Michel Houellebecq)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Quand je serai petit (Tristan Cabral)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2022



quand je serai petit
j’achèterai des réglisses
je ne dirai plus bonjour
je n’aurai pas d’enfants
je n’irai plus
qu’à l’école des buissons
je boirai des alcools
j’irai où je m’ignore
dans un pays de loups
j’habiterai dans les arbres
je n’aimerai personne
et je vivrai d’eau fraîche…

(Tristan Cabral)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Karen L’Hemeury

 

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IVRESSE (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2022




IVRESSE

La feuille boit l’alcool du matin
Et chante à l’orée du bois
Le vent débouche la vallée
Où pétille un ruisseau
Les collines trinquent
Et le ciel titube
Sur le pavé des nuages.

(Jean-Baptiste Besnard)

Découvert chez Jean-Baptiste ici

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L’alcool de la poésie (Georges Bataille)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2020



Illustration: René Magritte
    
L’alcool de
la poésie est
le silence
défunt.

(Georges Bataille)

 

Recueil: L’Archangélique et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Rien n’est venu de ce que nous attendions (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2020



 

Rien n’est venu
De ce que nous attendions

Avec l’obstination
De ceux qui grattent
Dans le plâtre des cellules
Le compte des jours

Aucune aube
Qui soit restée une aube

Aucune lumière
Que l’ombre ne rattrape

Et nous nous sommes mis
A aimer

La persistance du vinaigre
Et l’amertume
Insatisfaite de nos alcools
Rien n’est venu
De ce que nous attendions

L’instant
N’est pas dans ce qui attend

(Werner Lambersy)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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RÉPANDU SUR LE PLANCHER (Zisho Landau)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020




    
RÉPANDU SUR LE PLANCHER

J’ai répandu sur le plancher
Un peu d’alcool, et en silence
J’ai allumé sur le plancher
Ce peu d’alcool, et en silence
L’alcool aisément a brûlé
Aisément et calme a brûlé…

Tel au mur le bruit d’un grillon
En moi frappe et frappe un démon:
« En glaçon te changeront
Bientôt tes tremblantes mains. »
Si je réchauffe ma main droite
Gèle aussitôt ma main gauche,
Si je réchauffe ma main gauche
Gèle aussitôt ma main droite.

Et le démon, tel un grillon,
Frappe en silence, monotone,
«Comme tu es froid et vieux
Qui pourrait te réchauffer ?
Et bientôt s’éteint le feu –
Qui pourrait te réchauffer?
Tant qu’il en est temps encore
Étends vers le feu ton corps. »

Je m’étends, s’il en est temps,
Vers le feu, sur le plancher.
Je me chauffe et me réchauffe.
Si je chauffe mon côté gauche
Se glace mon côté droit,
Si je chauffe mon côté droit
Se glace mon côté gauche
Et le démon, tel un grillon,
Frappe sans fin le silence.

(Zisho Landau)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ton corps d’alcool est l’arête et l’encoignure (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019


 


 

Mario Sanchez Nevado The-Unispired-by-Mario-Sanchez-Nevado

Ton corps d’alcool est l’arête et l’encoignure
tes coudes s’effacent dans les impasses
tu combles les interstices des pavés
tu es le pieu et la lierne des palissades
et tes paupières clignent dans les balustres des balcons

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Mario Sanchez Nevado

 

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Bénédicité (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Les oeufs rangés dans les placards,
les pommes en le cellier
l’alcool qui fait justice,
le vin de bonne renommée,
et le thym sur la viande,
un bénédicité…

(Hubert Juin)

Illustration

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Nuit ma voûtée de ton destin de nuit (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018


 


 

Jeanie Tomanek shockandawe

Nuit ma voûtée de ton destin de nuit
qui fais mûre sauvage ma rue que tu émondes de ses ronces
Nuit large comme les rues et lisse jusqu’au ciel comme les toits et les pâtures
et qui t’allonges jusqu’à l’horizon comme la mort des morts
et comme la mémoire des vivants
Nuit sans fissure dessertie du diadème par les nuées
et rejetée du vif par les tentures et par ta nature

Nuit taciturne malgré le meurtrier et la victime et la plainte du sang hors la veine entaillée
Nuit lasse de ton destin de nuit et vieille de ce qu’il advient chaque nuit dans la nuit
tu es sevrée car l’homme est debout au soleil et dormant à ta face

Ton corps d’alcool est l’arête et l’encoignure
tes coudes s’effacent dans les impasses
tu combles les interstices des pavés
tu es le pieu et la lierne des palissades
et tes paupières clignent dans les balustres des balcons
Tes poings coupés par les toits feuillettent parfois une étoile dévoilée

Ma nuit creusée par les canaux de mon attente tu es attentive et courtoise
tu estimes le pas de l’homme et le répercutes dans sa haute unité et dans sa pleine lourdeur
et restitues à son corps son juste bruit

Le soleil a ses sujets qu’il comble qu’il brûle et qui dorment
toi tu as ceux qui manquent les vendanges
et s’anuitent pour rattraper d’impalpables récoltes
et pour rafraîchir la constante et matinale blessure
Et tu annexes exclusive leur passage

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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