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Poésie

Posts Tagged ‘alerte’

La nuit palpite comme un sein alerté (Amina Saïd)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



la nuit palpite
comme un sein alerté

je dors dans la marée du ciel
son vertige ciselé

nuit errante
ressuscitée perdue
immobile

je rêve d’espaces ivres
d’ailleurs de suds
d’heures désertes

tu poses la main
sur ma peau

les yeux sur l’autre nuit

je rêve de loups rouges
de sang sur les pierres

tu sculptes mon épaule
du sommeil de tes doigts

la nuit bat des paupières
noie mon chant

je rêve de visages
ouverts comme des fleurs

d’oiseaux suspendus
au fil des jours

ma nuit s’attarde

nous nous retrouvons
au coeur d’une nuit nouvelle

(Amina Saïd)

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C’était tiède – au début – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018


le-froid-laisse-des-traces_313

C’était tiède – au début – comme Nous –
Puis peu à peu s’y déposa
Une Froideur – de givre sur la Vitre –
La scène entière – s’effaça –

Le Front imita la Pierre –
Les Doigts s’engourdirent –
Et comme un Ruisseau sous les Glissades –
Les yeux alertes – se figèrent –

Il se raidit – et ce fut tout –
Entassa Froide sur Froid –
Multiplia l’indifférence –
Fort de son seul Orgueil –

Et même lorsqu’avec des Cordes –
On le descendit, tel un Poids –
Sans un Signe, sans hésitation,
Comme un Roc il s’abîma.

(Emily Dickinson)

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SONNET A MADAME S. C. (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2018



 

Schnorr von Carolsfeld Ruth

SONNET A MADAME S. C.

Bien que
Parisienne en tous points, vous avez
Conservé dans votre être un parfum bucolique,
Legs immatériel des poèmes rêvés
Par votre mère; ainsi votre forme s’explique.

En effet, votre voix a des sons dérivés

Du parler berrichon lent et mélancolique.

Et tous vos mouvements, que j’ai bien observés,

Me font penser à
Ruth, la glaneuse biblique.

De vous s’échappe un vague arôme de foins mûrs.
Comme ceux des lézards qui dorment sur les murs,
Vos yeux pleins de soleil sont prêts à toute alerte,

Et, par bonté pour ceux que ces yeux ont touchés,
Sous des aspects mondains et roués, vous cachez
Que vous n’aimez au fond que la campagne verte.

(Charles Cros)

Illustration: Schnorr von Carolsfeld

 

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Alerte (Anonymes)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018



Ils dorment, harassés
alerte:
le feu sur nous, le feu!

***

Soir de bataille
au loin, les canons…
Tout près, les blessés.

***

Attaque de nuit;
Tirez ! Mais tirez donc !
dans le tas…

***

Il neige encore — encore un haïkaï!
La terre a recouvert les corps.
La neige veut recouvrir les ruines.

(Anonymes)

(Guerre de 1914)

 

 

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DES batailles se livrent (Álvarez Ortega)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018




    
DES batailles se livrent à chaque rencontre,
des solitudes qui auparavant, dans l’isolement initial,
supportaient l’oeuvre commune.

Dans l’espace révélé, après chaque conjonction,
seule demeure la terreur,
le mystère qui à l’âme ne suffit pas.

En alerte, cependant,
une absence rôde, rôdera toujours,
autour des humides dépouilles du lit.

(Álvarez Ortega)

 

Recueil: Genèse suivi de Domaine de l’ombre
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Le Taillis Pré

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EN CHINE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2018



EN CHINE

Alors, la jambe, ça va, père Wan-tou-fou ?
Vous êtes alerte, ce matin.
— Guérie, cher enfant, elle est meilleure que l’autre maintenant.
— Et madame Wan-tou-fou ?
— Rajeunie, délicieuse, de nouveau dix-sept ans ;
les seins de jade et elle m’adore.
— C’est le bonheur, ô Wan-tou-fou et cependant ce fils mort et la guerre ?
— Ressucité, mon ami, resssucité. Il remplit la maison de ses chants.
J’ai demandé ces bienfaits à Bouddha qui m’a tout accordé sur l’heure.

Et Wan-tou-fou s’en fut, claudiquant de plus belle.

(Norge)

 

 

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Alerte! (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018



Hier soir j’ai rêvé que j’entendais
Dieu me crier : Alerte!
C’était ensuite Dieu qui dormait
et moi je criais : Réveille-toi!

(Antonio Machado)

 

 

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TOTEM (Efraín Huerta)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



 

crocodile  2

 

TOTEM

Toujours
J’ai aimé
Avec la
Fureur
Silencieuse
D’un
Crocodile
Alerté

(Efraín Huerta)

Illustration

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Renégat (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



 

Aron Wiesenfeld Dog

Renégat

Dans le grand parc
derrière la cité
un chien
se cachait.
II était trop malin
pour les gardiens alcooliques
et avait fait du sous-bois
son royaume.
Il se montrait parfois
au pied des premiers arbres
un calme d’assassin
autour des mâchoires.

Il a vécu
dans une cave sans lumière
aux ordres d’un dealer
qui n’a pas fait long feu.
Il dormait sur des armes
c’est pendant la perquise
qu’il a fui emportant
les doigts
d’un flic
en civil.
Depuis
il attend
ivre de soleil
de pluie et de vent
la punition
certaine.
Le souvenir du sang
le maintient en alerte
il connaît trop les hommes
pour n’être
qu’une bête.

(Balbino)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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ENDYMION (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



ENDYMION

La chasse l’habite encore. Au travers de ses veines
comme d’un fourré, jaillit la bête.
Des vallées prennent forme, des étangs en forêt
reflètent la biche, tandis que derrière elle

alerte court le sang du dormeur clos,
tourmenté par la brutale évanescence
de l’arsenal confus des rêves.
Mais la déesse, elle qui n’a jamais connu l’union,

va, adolescente, par les nuits de tous les âges,
elle qui s’est accomplie elle-même
dans les cieux, sans rencontrer personne,

elle se pencha sans bruit sur les flancs du dormeur,
et de ses épaules elle fit briller
soudain la coupe où il buvait le sommeil.

***

ENDYMION

In ihm ist Jagd noch. Durch sein Geäder
bricht wie durch Gebüsche das Tier.
Täler bilden sich, waldige Bäder
spiegeln die Hindin, und hinter ihr

hurtigt das Blut des geschlossenen Schläfers,
von des traumig wirren Gcwäfers
jähem Wicderzergehn gequält.
Aber die Göttin, die, nievermählt,

Jünglingin über den Nächten der Zeiten
hingeht, die sich selber ergänzte
in den Himmeln und keinen betraf,

neigte sich leise xu seinen Seiten,
und von ihren Schultern erglänzte
plötzlich seine Schale aus Schlaf.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Edward John Poynter

 

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