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Poésie

Posts Tagged ‘(Alessandro Baricco)’

Cette mystérieuse circonstance (Alessandro Baricco)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2018



 

Dimo Kolibarov (3)

Cette mystérieuse circonstance qui fait que les choses de notre passé continuent d’exister
y compris lorsqu’elles sortent de notre vie, et s’épanouissent,
même, en donnant chaque saison de nouveaux fruits, pour une récolte dont nous ne saurons plus rien.

La persistance illogique de la vie.

(Alessandro Baricco)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Dimo Kolibarov

 

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Quelle saison du coeur (Alessandro Baricco)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



Dimo Kolibarov (4)

Quelle saison du coeur est-ce donc que celle-ci, où l’on se précipite
au secours des années oubliées, en feignant de les avoir entendues
crier à l’aide?

(Alessandro Baricco)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Dimo Kolibarov

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La mer (Alessandro Baricco)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



La mer

La mer ensorcelle, la mer tue, émeut, terrifie,
fait rire aussi parfois, disparaît, par moments,
se déguise en lac ou alors bâtit des tempêtes,
dévore des bateaux, elle offre des richesses,

elle ne donne pas de réponses,
elle est sage, elle est douce,
elle est puissante,
elle est imprévisible.

Mais surtout,
la mer appelle.
… Elle ne fait que ça, au fond :
appeler.

Jamais elle ne s’arrête,
elle pénètre en toi,
elle te reste collée après,
c’est toi qu’elle veut.

Tu peux faire comme si de rien n’était,
c’est inutile.
Elle continuera à t’appeler.

Cette mer que tu vois
et toutes les autres que tu ne verras pas
mais qui seront là,
toujours, aux aguets,
patientes,
à deux pas de ta vie.

Tu les entendras appeler,
infatigablement.

Voilà ce qui arrive dans ce purgatoire de sable.
Et qui arriverait dans n’importe quel paradis,
et dans n’importe quel enfer.

Sans rien expliquer, sans te dire où,
il y aura toujours une mer qui sera là
et qui t’appellera.

(Alessandro Baricco)

Découvert chez Lara ici

Illustration: William Bouguereau

 

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Tu sais ce qui est beau, ici ? (Alessandro Baricco)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



Tu sais ce qui est beau, ici ?
Regarde : on marche,
on laisse toutes ces traces sur le sable,
elles restent là, précises, bien en ligne.

Mais demain tu te lèveras,
tu regarderas cette grande plage
et il n’y aura plus rien, plus une trace,
plus aucun signe, rien.

La mer efface, la nuit. La marée recouvre.
Comme si personne n’était jamais passé.
Comme si nous n’avions jamais existé.

S’il y a, dans le monde, un endroit
où tu peux penser que tu n’es rien,
c’est cet endroit, c’est ici.

Ce n’est plus la terre,
et ce n’est pas encore la mer.
Ce n’est pas une vie fausse,
et ce n’est pas une vie vraie.

C’est du temps.
Du temps qui passe.
Rien d’autre.

(Alessandro Baricco)

Découvert chez Lara ici

 

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La vie, elle ne se passe pas comme tu imagines (Alessandro Baricco)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



La vie, elle ne se passe pas comme tu imagines.
Elle va son chemin.
Et toi le tien.
Et ce n’est pas le même chemin.

Alors… Ce n’est pas que je voulais être heureuse, non.
Je voulais… me sauver de tout ça,
voilà : me sauver.
Mais j’ai compris tard de quel côté il fallait aller.

On croit que c’est autre chose qui sauve les gens :
le devoir, l’honnêteté, être bon, être juste.
Non. Ce sont les désirs qui vous sauvent.
Ils sont la seule chose vraie.

Si tu marches avec eux, tu seras sauvée.
Mais je l’ai compris trop tard.
Si tu lui laisses du temps, à la vie,
elle tourne d’une drôle de manière, inexorable:

et tu t’aperçois que là où tu en es maintenant,
tu ne peux pas désirer quelque chose sans te faire du mal.
C’est là que tout se complique,
il n’y a aucun moyen de s’échapper,

plus tu t’agites, plus le filet s’emmêle,
plus tu te rebelles, et plus tu te blesses.
On ne s’en sort plus.

Quand il était trop tard,
c’est là que j’ai commencé à désirer.
De toute la force que j’avais.
Je me suis fait tant de mal,
tu ne peux même pas imaginer.

(Alessandro Baricco)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

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Tout serait plus simple (Alessandro Baricco)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2018



 

Tout serait plus simple si on ne t’avait pas inculqué cette histoire d’arriver quelque part,
si seulement on t’avait appris, plutôt, à être heureux, en restant immobile.

Toutes ces histoires à propos de ton propre chemin.
Trouver ton chemin.
Suivre son chemin.

Alors que si ça se trouve on est fait pour vivre sur une place,
ou dans un jardin public, là sans bouger, à faire que la vie passe,
si ça se trouve on est un carrefour,
le monde a besoin qu’on reste là sans bouger,
ce serait une catastrophe si on s’en allait, à un moment donné,
suivre notre route, mais quelle route ?

Les autres sont des routes, moi je suis une place,
je ne mène à aucun endroit, je suis un endroit.

(Alessandro Baricco)

Découvert chez Lara ici

Illustration: ArbreaPhotos

 

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L’invincible angoisse d’être heureux (Alessandro Baricco)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2016



 

Aron Wiesenfeld Postcards

J’ai adoré, moi, lorsque j’ai eu quarante ans, l’incessant crépitement souterrain, le hurlement obstiné sous la neige,
le désespoir muet au coeur du calme, la fragilité infinie, la solidité de la pierre posée sur le sable,
l’invincible angoisse d’être heureux -de cette façon-là-.
Avec toujours le soupçon qu’il aurait suffi d’un regard dans la rue, d’un moment de solitude,
quelques minutes de trop à attendre une amie, et tout se serait écroulé d’un seul coup, sans condition.
Et nous serions revenus en arrière, comme des navires rappelés au port, après la bataille.
Le port que nous étions dans notre jeunesse.

(Alessandro Baricco)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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