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Poésie

Posts Tagged ‘allégé’

Comme elle chante (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2019



 

Carry_Akroyd_Suffolk

Comme elle chante
Dans ma voix,
L’âme longtemps murmurante
Des fontaines et des bois !

Air limpide du paradis,
Avec tes grappes de rubis,
Avec tes gerbes de lumière,
Avec tes roses et tes fruits ;

Quelle merveille en nous à cette heure !
Des paroles depuis des âges endormies
En des sons, en des fleurs,
Sur mes lèvres enfin prennent vie.

Depuis que mon souffle a dit leur chanson,
Depuis que ma voix les a créées
Quel silence heureux et profond
Naît de leurs âmes allégées !

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Carry Akroyd

 

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Un passant sur la terre (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Illustration: Paul Delvaux
    
Un passant sur la terre emporte son âme
mal pliée sous le coeur sans doublure
et se jette, avec son ombre, dans une porte
qui le happe comme s’il ne devait plus sortir.

Du soleil saute sur le dos des vaches
et tombe, foulé, au seuil des étables.
Les nuages gagnent du retard,
hésitent dans le ciel mal éclairé.

Une femme se baigne dans un miroir.
Elle y est si nue qu’elle n’a plus de regard
et elle monte à fleur d’eau, allégée d’elle-même
et de toutes les lignes qui la séparent du monde.

Le ciel frôle la terre de ses antennes
et cherche un peu d’eau entre les herbes
pour retrouver sa route dans la nuit,
qui approche, faite de feuilles mortes et de baisers.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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APRES (Ernest Raynaud)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017



Illustration: Konstantin Andreevich Somov
    
APRES

De la secousse en tes deux bras de tout mon corps,
Dans le concert charmant d’essences si subtiles
Qu’elles sont comme autant d’ivresses volatiles
L’être voluptueux que je suis vibre encor !

Plein de langueur, plein de fraîcheur, comme une brise
Je respire allégé du fardeau de la chair,
Le lien qui retenait mon âme enfin se brise
Et la voici comme un oiseau libre dans l’air.

C’est le bonheur d’un coeur qui reprend son empire,
La mousseline d’un brouillard qui se déchire
Sur l’or clair d’un matin délicieux d’été.

Doux amants, que l’Aimée emplit d’un lent délire,
Dites? Quel vers assez suave pourrait dire
Le bien qu’en s’en allant laisse ta volupté !

(Ernest Raynaud)

 

Recueil: Chairs profanes
Editions: Léon Vanier

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