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Poésie

Posts Tagged ‘alléger’

Il n’y a aucune raison (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2019




Illustration: Gilbert Garcin
    
Il n’y a aucune raison d’occuper les espaces vides.
Les espaces vides sont plus nécessaires
que les espaces pleins.

La vacuité fonde les choses
et allège l’être
lorsqu’elle mesure les mondes.

Le vide, en outre, nous appelle,
même si nous ne savons pas répondre à l’appel.

***

No hay por qué ocupar los espacios vacíos .
Los espacios vacíos son mas necesarios
que los espacios llenos.

La vacuidad funda las cosas
y aligera el ser
mientras mide los mundos.

Además , lo vacío nos llama,
aunque no sepamos responder al llamado

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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La vacuité (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
La vacuité fonde les choses
et allège l’être
lorsqu’elle mesure les mondes.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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FLÓRA (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018




    

FLÓRA (1)
« Hexamètres»

Croulent les tas de vieille neige,
le zinc de la gouttière fuit,
Fondent les blocs de gel noircis
que le jus de l’hiver délave
Avant de gonfler d’abondance
le gargouillis des caniveaux.
En-allés les jours si légers,
ah, le pauvre azur en frissonne !
Mais déjà un rouge désir
vers l’aube lance sa chemise :
Vois combien je t’aime, inquiet
de cet éveil, ô ma Flóra !
Ô ravissant dégel, tu as
arraché le deuil de mon coeur
Comme on libère du bandage
la plaie, et je prends mon essor !
Mе revient le flux de ton nom
tout de beauté, tout de douceur,
et je tremble songeant aux jours
d’hier, à ma vie loin de toi !

2
Mystères

Quand les mystères résonnent,
je suis au guet, mon amour.
Ma fidélité est comme
un carcan pour mon corps gourd.

Tu rougiras, comprenant
ce que ronde et le vent disent :
oeil et coeur… mes postulants
pour ta dévotion acquise…

Moi aussi, j’écris mon chant :
Si je t’aime, mon amour,
fais de même en allégeant
cet attachement si lourd !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Peut-être fallait-il (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018




    
Peut-être fallait-il cette pluie abrupte
sur les roses mourantes et sur les toits d’été
pour remettre le ciel gris de niveau
avec les yeux du rêveur

et ramener du fond lentement la figure
de l’absent à sa fenêtre du troisième,
rue Poliveau, quand les généreux platanes
avaient encore de quoi rendre

son salut au poète, et du souffle, des
couleurs à sa chambre, allégeant la poigne
de vivre et la double question du même
dans le miroir à cru : qui

suis-je, qui? et ma vie où es-tu ?

(Guy Goffette)

 

Recueil: Tombeau du Capricorne
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’INTERDICTION (John Donne)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Isabelle Zimmermann
    
L’INTERDICTION

Garde-toi de m’aimer,
Ou ma défense, au moins, songe à te rappeler!
Non que je me paierais de ma folle dépense
De salive et de sang sur tes pleurs et soupirs
En te rendant les coups dont tu me sus férir.
Mais, comme un tel Bonheur passe notre existence,
De peur que ton amour par ma mort soit frustré
Si tu m’aimes un jour, garde-toi de m’aimer.

Garde de me haïr,
Ou bien de ce succès de trop t’enorgueillir
Non point qu’en répondant par ma haine à la tienne
Je voudrais de mes torts m’instituer vengeur;
Mais tu t’aliénerais le style du vainqueur
Si je devais, vaincu, succomber à ta haine.
Donc, pour que mon néant ne te vienne amoindrir
Si tu me hais un jour, garde de me haïr.

Joins la haine à l’amour :
Ces extrêmes, ainsi, s’annuleront toujours.
Aime-moi, que je souffre une mort allégée;
Hais-moi, car ton amour pour moi serait trop grand;
Ou qu’ils me laissent vivre en s’entre-déchirant :
Je vivrai ton Théâtre, et non pas ton Trophée.
Pour ne m’anéantir avec eux même jour.
Pour ma vie épargner, joins la haine à l’amour.

***

THE PROHIBITION

Take heed of loving mee,
At least remember, I forbade it thee;
Not that I shall repaire my’unthrífty vast
Of Breath and Blood, upon thy sighes, and tearer,
By being to thee then what to me thou wart;
But, so great Joy, our life at once outweares,
Then, least thy love, by my death, frustrate bee,
If thou love mee, take heed of loving mee.

Take heed of hating mee,
Or too much triumph in the Victorie.
Not that I shall be mine owne officer,
And hate with hate againe retaliate;
But thou wilt lose the stile of conquerour,
If I, thy conquest, perish by thy hate.
Then, least my being nothing lessen thee,
If thou hate mee, take heed of hating mee.

Yet, love and hate mee too,
So, these extremes shall neithers office doe;
Love mee, that I may die the gentler way;
Hate mee, because thy love’is too great for mee;
Or let these two, themselves, not me decay;
So shall I, live, thy Stage, not triumph bee;
Lest thou thy love and hate and mee undoe,
To let mee live, O love and hate mee too.

(John Donne)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: J.Fuzier et Y. Denis
Editions: Gallimard

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DERRIÈRE LA FENÊTRE (Julie Delaloye)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Francisco Bajén
    
DERRIÈRE LA FENÊTRE

Derrière la fenêtre, il s’esquisse un visage,
puis une main, toute blanche, qui dit adieu.

Est-ce le matin, le soir ? Ou toute autre lumière,
doucement inquiète, qui allège son ombre.

Derrière la fenêtre, s’efface l’absence, rose,
de ces yeux sans cesse présents.

(Julie Delaloye)

 

Recueil: Dans un ciel de février
Traduction:
Editions: Cheyne

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ÉTÉ (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




Illustration: Alejandra Atarés

    

ÉTÉ

Voici l’été qui vient à nous, l’été s’en vient c’est chose sûre
Car les bois sont pleins de jacinthes et les haies foisonnent de fleurs
Et la corneille est sur le chêne en train de bâtir sa demeure
Et l’amour est diamants de feu dans le sein de ma douce amante
Qui tresse là-bas ses cheveux sous le buisson d’épine blanche
Ah je veux l’aller retrouver lui faire ma tendre demande
Et contempler son clair visage et reposer en sa beauté
Et sur son doux sein alléger ma peine de coeur lancinante
La bête à bon Dieu va quêtant sur la fleur épanouie du mai
L’abeille allègre butinant de l’aube jusqu’à la vêpraie
Et le pinson couve en son nid que tapisse la mousse grise
Dans le buisson d’épine blanche où sur son sein je m’appuierai
Oui je m’appuierai sur son sein en lui chuchotant à l’oreille
Que je ne puis plus fermer l’oeil à force de penser à elle
Que j’ai perdu tout appétit que je me consume d’amour
Pareil à la rose des haies qu’assassine l’ardeur du jour

Sous le buisson d’épine blanche au bout du pré ma douce amante
Fait un ouvrage de filet et nulle à voir n’est plus charmante
Elle n’a chapeau ni bonnet mais un peigne incrusté de perles
Dont la diamantine rosée sur sa tête exquise étincelle
Sa robe de moire ou de soie est rouge ensemble que bleu ciel
Brillant écrin où son coeur bat comme un balancier très fidèle
Je veux enlacer de ce bras le tendre sein de mon amie
Et la baiser sans émouvoir le pinson qui couve en son nid

***

SUMMER

Come we to the summer to the summer we will come
For the woods are full of bluebells and the hedges full of bloom
And the crow is on the oak a building of her nest
And love is burning diamonds in my true lover’s breast.
She sits beneath the white thorn a-plaiting of her hair
And I will to my true love with a fond request repair
I will look upon her face I will in her beauty rest
And lay my aching weariness upon her lovely breast
The clock-a-clay is creeping on the open bloom of May
The merry bee is trampling the pinky threads all day
And the chaffinch it is brooding on its grey mossy nest
In the white thorn bush where I will lean upon my lovers’s breast
I’ll lean upon her breast and I’ll whisper in her ear
That I cannot get a wink o’sleep for thinking of my dear
I hunger at my meat and I daily fade away
Like the hedge rose that is broken in the heat of the day.

Among the white thorn bushes at the edge of the green
My Love is doing network and is lovely to be seen
No cap or bonnet on her hair her comb with pearls inlaid —
They shine like diamond drops o’dew upon the lovely maid
Her gown is silk or satin — its colours red and blue
And her heart beats ‘neath the gloss on’t like a pendulum so true
I’ll go and clasp an armful about her bonny breast
And kiss and ne’er disturb the chaffinch on its nest

(John Clare)

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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Si seule ta présence (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018




    
— Si seule ta présence
me fait battre le coeur,
m’allège de mes charges,
me fait aimer le monde,
me donne envie de vivre,

Seule ton absence
active ma mémoire,
produit ces images
dont mes rêves sont faits,
génère la tristesse
aux couleurs de deuil
que sur mon visage
ta mort fixera ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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TES BAISERS (Jean Rameau)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2017




    
TES BAISERS

Oh ! laisse-les tomber en cataracte folle
Tes baisers, tes divins baisers, tous tes baisers!…
Lorsque l’un d’eux m’effleure, un an de moi s’envole
Comme un oiseau d’un temple aux autels embrasés.

As-tu vu le vent ivre assaillir les vieux chênes ?
As-tu vu leur bois mort s’abattre?… Tes baisers
M’allègent de douleurs, me libèrent de chaînes
Et font tomber de moi des deuils pulvérisés.

As tu au mai rieur souffler sur les prairies
Et leurs flancs verts se rompre en parfums?… Tes baisers
Fout gronder du printemps rous mes tempes flétries
Et les lis de mon cœur renaissent, mal brisés.

Mon Dieu, j’ai tes baisers! Prenez-moi tout. Qu’importe?
Prenez mes biens, prenez mes jours: j’ai tes baisers!
Le souffle qui me vient de tes lèvres m’apporte
L’odeur des edens bleus dans ta chair infusés.

Que la haine m’entoure ou le mal me terrasse.
Qu’importe? J’ai pour moi ces gardiens: tes baisers!
Enveloppe-m’en tout comme d’une cuirasse,
Mon corps émoussera les crocs coalisés.

Tes baisers sont la force et l’extase infinie,
Tes baisers sont la gloire et l’orgueil, tes baisers
Sont des abeilles d’or distillant du génie
Sur les fronts noirs où ton amour les a posés.

Ah! pose, donne, accorde, éparpille, parsème!…
Emprisonne mon âme en leurs nœuds irisés !
La mort oblique a peur et passe quand on s’aime…
Mais quels pleurs faudra-t-il pour payer ces baisers ?

(Jean Rameau)

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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A l’Heure du Couchant (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Illustration: Alphonse Osbert
    
A l’Heure du Couchant

Voici : Mon coeur est plein de chuchotements tristes
Et mes yeux sont remplis de brume, vers le soir…

En vain le couchant fait pleuvoir ses améthystes
Et me promet la nuit et le silence noir…

Rien ne peut alléger le poids lourd qui m’oppresse
Et m’inflige soudain une étrange paresse.

Je sens la vanité de tout ce que j’aimais,
Et qui ne me sera plus si cher désormais…

Puisque mes souvenirs deviennent infidèles,
Que je m’enfuie enfin ! Qu’on me prête des ailes !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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